Archéologie, changement climatique et sciences citoyennes



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Marie-Yvane Daire et Elías López-Romero (CReAAH) sont co-diteurs d'un ouvrage intitulé Public Archaeology and Climate Change (chez Oxbow books).

Marie-Yvane Daire et Elías López-Romero (CReAAH) sont co-diteurs d'un ouvrage intitulé Public Archaeology and Climate Change (chez Oxbow books). A travers 18 exemples, l'ouvrage met en avant de nouvelles approches pour étudier et gérer les sites menacés par le changement climatique, en particulier les actions qui engagent les communautés ou les initiatives de "sciences citoyennes", encore appelées "sciences participatives".

Les chercheurs et les gestionnaires du patrimoine partout à travers le monde sont confrontés à des défis conséquents et développent des mécanismes novateurs pour y faire face. De plus en plus, les archéologues adoptent des pratiques tirées du secteur du patrimoine naturel, qui a depuis longtemps travaillé avec le public dans des projets de relevés pratiques, d'inventaire de terrain etc.

En impliquant le public dans les projets et en rendant les données accessibles, les archéologues impliquent ainsi la société civile dans le débat sur le patrimoine menacé et dans des discussions plus larges sur le changement climatique. La participation du grand public implique également des stratégies plus larges d'adaptation au changement climatique, et les projets de sciences citoyennes peuvent aussi contribuer à influencer et à informer les décideurs politiques.

La multiplication des menaces sur le patrimoine est connue dans le monde entier et, comme le montrent les différentes contributions de l'ouvrage, de nouveaux partenariats et collaborations traversent les frontières nationales. Avec des exemples d'horizons géographiques très variés, cette sélection de 18 articles détaille l'ampleur du problème grâce à diverses études de cas. Ensemble, ils démontrent que les professionnels du patrimoine, travaillant dans des environnements divers et avec une archéologie qui leur est propre, interpellent le public pour le sensibiliser à cette ressource menacée.

Les auteurs examinent également les différentes réponses et des méthodologies proactives pour la protection, la préservation et l'enregistrement des sites à risque. Ils montrent comment de nouvelles approches peuvent mieux impliquer les citoyens, contribuant ainsi à la résilience de notre patrimoine commun et partagé.

On lit notamment dans cet ouvrage une présentation du projet de sciences participatives ALeRT (Archéologie, Littoral et Réchauffement Terrestre) créé en 2006 par le CReAAH et animé par Chloë Martin.


Présentation d'ALeRT (extrait du site)

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Le contexte :
Les changements climatiques touchent les zones côtières avec des effets diversifiés ; ainsi l’érosion littorale, combinée à certaines pressions anthropiques, affecte non seulement les systèmes naturels mais aussi l’ensemble du patrimoine culturel, historique et archéologique des côtes de la Manche et de l’Atlantique. Cette perte de patrimoine et de données scientifiques demandait à être prise en compte d’urgence.
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Une démarche participative est engagée, permettant aux chercheurs mais aussi aux bénévoles de travailler en lien avec les archéologues. Afin de permettre aux observateurs de terrain de renseigner les informations concernant les sites menacés, une version web dédiée a été développée, sous la forme d’une base de données interactive. Plus récemment, la démarche a été élargie par la création d’une version mobile pour Smartphone ‘ALeRT Mobile’ qui intègre, d’une façon claire et simple, la grille d’évaluation de la vulnérabilité et la base de données.
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Alert Mobile


Le projet :
Le projet ALeRT (Archéologie, Littoral et Réchauffement Terrestre) est développé depuis 2006 au sein du CReAAH (Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire) par un groupe de chercheurs (archéologues, géographes, géomorphologues) investis dans les recherches en archéologie littorale et sensibilisés à la fragilité du patrimoine littoral, côtier et insulaire.

Très rapidement, ce groupe a développé une approche interdisciplinaire visant à l’élaboration d’un « modèle de vulnérabilité » du patrimoine culturel côtier, à travers une évaluation normalisée des risques, l’élaboration de cartes de vigilance et la mise en place de stratégies de recherche et d’action adaptées aux différentes échelles (du local au régional).

Le premier résultat a été l’élaboration d’un outil dédié, permettant d’évaluer la vulnérabilité des sites, sous la forme d’une grille d’évaluation normalisée et suffisamment simple pour être utilisable par différents types d’opérateurs (VEF = Vulnerability Evaluation Form).

Cet outil a été testé et appliqué sur un certain nombre de sites de l’Ouest de la France (notamment dans le cadre d’un partenariat avec le Conservatoire du Littoral et les gardes du littoral) ainsi que dans d’autres pays européens, notamment en Espagne dans le cadre d’un partenariat entre le CSIC (Consejo Superior de Investigaciones Científicas – Conseil supérieur de la Recherche scientifique) et le Parc national des îles de Galice. Des collaborations sont également en cours avec le projet eSCOPES: Evolving spaces: coastal landscapes of the Neolithic in the European Land’s Ends (Durham University, Royaume-Uni).
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>>> Pour en savoir plus
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Références :
Public Archaeology and Climate Change [Paperback]. Tom Dawson (Editor); Courtney Nimura (Editor); Elías López-Romero (Editor); Marie-Yvane Daire (Editor)
ISBN: 9781785707049 | Published by: Oxbow Books | Year of Publication: 2017 |


Contact OSUR

Marie-Yvane Daire (CReAAH) / @
Chloë Martin (CReAAH) / @