Le “Breizh Glace” est sur le départ : l'expédition Rennes-Pôle Nord est aussi un défi scientifique



Vincent_Grison_Breizh_Glace.jpg

Le 24 avril 2021, Vincent Grison quittera Rennes avec le “Breizh Glace”, son bateau de 75 kilos, pour atteindre le Pôle Nord

Le 24 avril 2021, Vincent Grison quittera Rennes avec le “Breizh Glace”, son bateau de 75 kilos, pour atteindre le Pôle Nord, sans aide motorisée. Des chercheurs du laboratoire LETG-Rennes et des étudiantes de l’Université Rennes 2 du master TELENVI l’aideront à se frayer un chemin à travers la banquise grâce à un traitement des images satellites permettant de caractériser les glaces.


Afin d’accroître ses chances de progression jusqu’au pôle, Vincent Grison a demandé l’appui de l’antenne rennaise du laboratoire Littoral - Environnement - Télédétection - Géomatique (LETG). “Il aura besoin de recevoir des indications cartographiques en temps réel détaillant les surfaces en eaux libres et en glace”, explique Samuel Corgne, le directeur du LETG à Rennes. Contrairement à ce que son nom laisse entendre, le “Breizh Glace” est trop léger et fragile pour fendre la glace. Deux étudiantes du master TELENVI à l’Université Rennes 2, Hei-Taina Marais et Shiva Karimi (Master mention Géographie, aménagement, environnement et développement, parcours Télédétection-environnement) ont donc consacré leur projet professionnel à mettre au point une méthode permettant de mieux détecter la glace grâce aux images radar Sentinel-1.



Vincent Grison Breizh Glace Fuzzy
Images de la zone des Svalbard avant et après application du fuzzy (méthode de la logique floue). Le rouge établit la présence certaine de glace et le bleu la présence certaine d’eau.



>>> En savoir plus : "L’Université Rennes 2 partenaire de l’expédition Rennes-Pôle Nord" >>>



Contact OSUR
Samuel Corgne (Université Rennes 2, LETG-Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, OSUR multiCOM) / @


La vie sexuelle d'une espèce à reproduction asexuée. L’exemple de la jussie, une plante aquatique invasive



Jussiaea_grandiflora.jpg

Article dans Plant-Environment Interactions

Les plantes présentent deux modes de reproduction, la reproduction asexuée (encore appelée végétative ou clonale) et la reproduction sexuée qui aboutit à la formation de fruits et de graines. La nouaison – i.e. phase initiale de la formation du fruit - et la formation de graines dépendent des conditions environnementales et des systèmes de reproduction. Ce sont des composantes importantes du succès de la reproduction sexuée chez les plantes. Ils contrôlent également le succès écologique et l'adaptation des plantes invasives dans leurs écosystèmes non indigènes. Les chercheurs des UMR ESE et IGEPP (l’Institut agro Agrocampus Ouest / INRAE / Université de Rennes 1), autour notamment des travaux de Luis O. Portillo Lemus et Dominique Barloy, ont étudié les facteurs responsables de la fructification et la formation des graines dans les populations invasives de la plante aquatique Ludwigia grandiflora subsp. hexapetala, communément appelée Jussie. L'article est publié dans Plant-Environment Interactions en mars 2021.

La question fondamentale à laquelle ils souhaitaient apporter une réponse est la suivante : pourquoi existe-t-il deux types de populations de Jussie en France présentant deux modalités de reproduction sexuée différentes, à savoir des populations fertiles et des populations stériles?

Pour répondre à cette question, ils ont donc analysé la fructification et la production de graines de 37 populations (fig. 1) se développant sous des conditions climatiques variables en Europe occidentale.

Deux hypothèses ont été explorées :

(1) La première se base sur une distribution des deux types de populations en fonction du climat,

(2) la seconde se base sur l'existence d'un système génétique de contrôle de la reproduction sexuée appelée système d'auto-incompatibilité.

Ils ont effectué des autopollinisations et des pollinisations croisées, et mesuré la morphométrie florale.

 

La comparaison de la production des fruits dans les populations fertiles et stériles in situ et en ‘common garden’ (en conditions contrôlées) a montré que les populations stériles restaient stériles et que les populations fertiles restaient fertiles quel que soit l'environnement testé.

Ces résultats ont donc réfuté l'hypothèse 1 : la distribution des deux types de populations n’est pas fonction du climat.

Pour l'hypothèse 2, des croisements contrôlés (avec pollinisation de centaines de fleurs à la main réalisées en serre) entre les plantes issues des 2 types de populations ou entre des plantes appartenant à un seul type de populations ont permis de mettre en évidence les résultats suivants (fig. 2) :

(1) une morphologie florale différente existe entre les fleurs des populations fertiles et des populations stériles, respectivement morphe-1 et morphe-2

(2)  les fleurs fertiles pollinisées entre elles donnent des fruits et les fleurs stériles pollinisées entre elles ne donnent pas de fruits

(3) par contre, lors des croisements entre les fleurs des populations stériles et les fleurs des populations fertiles, des fruits sont formés.


L'ensemble de ces résultats révèle par conséquent que dans les populations stériles, la reproduction sexuée est sous contrôle génétique avec l'existence d'un système d'auto-incompatibilité, c’est-à-dire un système qui empêche la fécondation d'une fleur par son propre pollen.

Cependant, les chercheurs de l’institut agro Agrocampus Ouest et de INRAE ont également montré que ce système génétique est perméable et que des fruits (et donc des graines) peuvent être produits dans les populations stériles. C’est un résultat tout à fait surprenant et contre-intuitif, qui questionne par conséquent les recommandations de gestion actuelles qui ne prennent pas en compte cette perméabilité. C’est une caractéristique d’autant plus importante qu’en France, 75% des populations de Jussie sont stériles et 25 % sont fertiles... Ces 2 types de populations sont également observés au niveau mondial et dans les mêmes proportions que celles observées en France.

 

 

Barloy Fig1
Fig. 1 : Localisation des neuf populations étudiées fertiles (cercles bleus) et des 28 populations stériles (cercles orange) cartographiées avec les conditions climatiques. Les numéros dans les cercles indiquent les positions géographiques des sept populations échantillonnées : 1, Maze (Mazerolles) ; 2, Pont (Ponts-de-Cé) ; 3, Orl (Orléans) ; 4, Poui (Pouilly-sur-Loire) ; 5, Gill (Gilly-sur-Loire) ; 6, Chat (Châtel-de-Neuvre) et 7, Cham (Chambéon). Le symbole de la cible localise le ‘common garden’. Les trois cartes ont été générées à partir des bases de données météorologiques de Météo France :

(a) carte thermique des heures d'ensoleillement cumulées en été

(b) carte thermique des millimètres de précipitations cumulées en été

(c) carte thermique des températures moyennes en été.

 

 

Barloy Fig2
Fig. 2 : Développement des fruits en fonction des morphologies florales et des types de croisements chez Ludwigia grandiflora subsp. hexapetala.

(a) Résultat de l'autopollinisation des morphologies florales (morphe-1 ; population fertile ou morphe-2, population stérile).

(b) Résultat des croisements intra-morphes (morphe-1 x morphe-1 ; morphe-2 x morphe-2) et inter-morphes réciproques (morphe-1 x morphe-2 ; morphe-2 x morphe-1).

Les fruits verts sont des fruits en formation avec des graines en développement (fertiles) ; les fleurs jaunes sont des fleurs fécondées mais sans formation de fruits et sans graines (stériles). Les nombres séparés par une barre oblique indiquent le rapport entre les fruits obtenus à partir d'un nombre fixe de 30 fleurs pollinisées. Lors de l'autopollinisation et de la pollinisation croisée intra-morphe, seules les populations de type morphe-1 ont produit des fruits. Dans la pollinisation croisée inter-morphes, tous les croisements réalisés avec les fleurs de morphe-1 utilisée comme parent mâle ou femelle ont donné des fruits.

 


Référence
Portillo Lemus, L.O., Bozec, M., Harang, M., Coudreuse, J., Haury, J., Stoeckel, S. and Barloy, D. (2021), Self‐incompatibility limits sexual reproduction rather than environmental conditions in an invasive water primrose. Plant‐Environment Interactions. doi.org/10.1002/pei3.10042



Jussiaea Grandiflora
Source wikiwand : Ludwigia Grandiflora



Contact
Dominique Barloy (l'institut agro Agrocampus Ouest, ESE) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, OSUR multiCOM) / @


La flotte de drones de la plateforme D2T s'étoffe


 AHLeGall    14/04/2021 : 09:04

Drone_D2T_eBee_2021.jpg

Plus sophistiqués, les drones et leurs nouvelles caméras analysent de mieux en mieux la végétation

La plateforme D2T (Drone, Terrain, Télédétection) a bénéficié à l’automne 2020 d’un soutien financier de l’OSUR pour participer à l’acquisition d’un nouveau drone (eBee X © Sensefly). Cette évolution matérielle a permis d’anticiper l’évolution de la réglementation française quant à l’usage des drones, conformément aux futures dispositions européennes. L’OSUR a participé à hauteur de 30%, le reste ayant été pris sur les fonds propres de D2T.

Doté d’une plus grande autonomie et de nouveaux capteurs, ces nouvelles capacités permettront également d’améliorer la qualité des données acquises. Doté d’une caméra photogrammétrique permettant des prises de vues obliques, les modèles numériques de surfaces produits prennent mieux en compte la végétation. Complété d’une caméra multispectrale (Micasense MX) dont l’acquisition a été largement soutenue par la Zone Atelier Armorique, il est désormais possible d’avoir des données dans cinq bandes spectrales (Bleu, Vert, Rouge, Red-Edge, Proche Infrarouge) similaires à celles des satellites Sentinel-2 et d’une résolution comprise entre 8 et 10cm (pour un vol à 120m d’altitude).


Landes Canut Lassy35
Landes humides près de la vallée du Canut (Commune de Lassy - 35


Compte tenu des conditions climatiques hivernales, il n’a malheureusement pas été possible de tester ce nouveau matériel avant la fin mars 2021. Les premières images ont été acquises dans le cadre du projet LANDMAN (ECOBIO – F. Binet, B. Andrieux, S. Chollet, V. Jung / LETG-Rennes – T. Houet, H. Chedeville) soutenu par la Région Bretagne et l’OSUR (AO Blanc 2021). Il porte sur le suivi et l’évolution de landes bretonnes en lien avec les dépôts atmosphériques d’azote. Les premiers vols ont été effectués sur la vallée du Canut (35) dans des conditions météorologiques idéales (vent faible, couverture nuageuse homogène).

Les images multispectrales (ci-dessous) ont une résolution spatiale de 10x10 centimètres, et présentent une belle diversité de réponses spectrales. Se distinguent sur ces images, les patchs de fougères qui sont brunâtres (stade senescent) sur la composition colorée vraie couleur (gauche) et verts sur la composition colorée fausse couleur (droite), de la lande herbacé (molinie et agrostis) qui apparaissent jaune pâle / blanche et des patchs triangulaires de callune qui sont verts sur la composition colorée vraie couleur et rouge sur la composition colorée fausse couleur.

Ce matériel va notamment permettre cette année l’acquisition de données s’intégrant dans des suivis à long terme (Marais de Sougéal – Zone Atelier Armorique ; Tourbières de Landemarais – SNO Tourbières / Zone Atelier, Landes de Paimpont – Projet LANDMAN).


Image Sat1
Image Sat2
Image Sat3
Image Sat4


Contact OSUR
Thomas Houet (CNRS, LETG-Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, OSUR multiCOM) / @


Les projets ALeRT et ALOA invités au G20



G20_MY_Daire_ALERT_ALOA_avril2021b.jpg

G20, changement climatique et impact sur le patrimoine culturel

Dans le cadre du congrès du G20 "CULTURE MINISTERIAL Webinar”, 9-13 avril 2021, Marie-Yvane Daire et Elías López-Romero (UMR 6566 CReAAH et Université Complutense Madrid) ont été invités à présenter une communication dans le cadre de la priorité 2 « Addressing the climate crisis through culture - Preserving Cultural Heritage, Supporting the Green Transition » et de la session IV « Advanced technologies for the preservation of cultural heritage. Social and economic benefits”, communication orale invitee. Ils ont présenté une communication intitulée : ‘ALeRT Mobile’ managing coastal archaeological heritage.

Cette manifestation contribue au Congrès des Ministres de la Culture du G20 Culture, organisé par la présidence italienne du G20. Elle a rassemblé des experts des pays du G20 et les a invités à présenter les dernières preuves des scenarii du changement climatique et de leur impact sur le patrimoine culturel. Les objectifs du webinaire étaient de :

   - parvenir à un accord sur un mécanisme d'échange systématique de stratégies, d'expériences, d'outils et de pratiques visant à atténuer l'impact du changement climatique sur le patrimoine culturel,

  - fournir des recommandations sur la manière d'assurer une meilleure représentation de la culture et du patrimoine culturel dans le discours et les politiques sur le changement climatique, et intégrer la durabilité environnementale et les questions climatiques dans l'élaboration et la pratique des politiques culturelles et vice-versa.

 - améliorer la sensibilisation des professionnels de la culture et du patrimoine culturel, des institutions, de la société civile et des communautés locales aux menaces liées au climat et promouvoir des comportements et des pratiques socialement responsables.


Retrouvez toutes les présentations sur https://whc.unesco.org/fr/actualites/2273 et https://youtu.be/5h2tyWCPOLQ



>>> Pour en savoir plus sur ALOA >>>


Contact OSUR
Marie-Yvane Daire (CNRS, CReAAH) / @


Les premiers bûcherons d'Armorique



Lucie_Beneteaud_past_and_curious_avril2021.jpg

Past & Curious, un joli projet de courts dessins animés d'archéologie avec Lucie Bénéteaud

Lucie Bénéteaud, doctorante au labo CReAAH à l'université Rennes 1 a été retenue pour la série Past and Curious, la série d'animation documentaire qui donne la parole aux jeunes chercheurs et chercheuses en archéologie.



En France, les archéologues retrouvent de nombreuses lames en pierre polie... Il y a plus de 5000 ans, elles ont permis de déforester pour créer des champs et construire les maisons. Allons rencontrer ces premiers bûcherons néolithiques !

Lucie Beneteaud Lucie Beneteaud est doctorante à l’Université de Rennes 1, au labo CReAAH sous la direction de Grégor Marchand et Guirec Quéré. On sujet de thèse prote sur " Sociétés Préhistoriques en réseau : acquisition, production, usage et diffusion des haches néolithiques sur le Massif armoricain"

Elle consacre donc ses recherches au Néolithique, période la plus récente de la Préhistoire, et plus particulièrement à l’industrie des lames polies dans le quart nord-ouest de la France. Sa thèse mêle analyse du mobilier et reconstitution expérimentale d’abattage d’arbres. Cette approche interdisciplinaire vise à mieux comprendre ce qu’impliquait de fabriquer, posséder et utiliser une hache au Néolithique. Elle contribue ainsi à comprendre les sociétés par leur relation avec l’environnement, ainsi que par leurs structures intra- et extra-communautaires.






Dans la même série PAsta nd Curious, voir aussi
>>> "Le deuil des nouveaux-nés en Gaule romaine" avec Mélissa Tirel (Université de Rennes 2, CReAAH) >>>



Contact OSUR
Avec Lucie Bénéteaud (Université de Rennes 1, CReAAH) / @


Des insectes et des fleurs, la clé pour optimiser la production agricole ?



Lucy_Alford_breal.jpg

Projet européen FAB – Action Marie S. Curie Financement (HORIZON 2020)

La biodiversité utile à l’homme dans les paysages agricoles est en danger.

Une étude a été réalisée par Lucy Alford et Joan van Baaren du laboratoire ECOBIO (Université de Rennes 1/CNRS - OSUR) dans le cadre du projet européen FAB.

Elle a pour objectif de comprendre comment favoriser cette biodiversité.

Les « services écosystémiques » sont des services rendus à l'homme par les écosystèmes naturels. Ils comprennent les services écosystémiques de régulation, dont la pollinisation et la régulation naturelle des insectes ravageurs des cultures. Ces deux services sont considérés comme les plus importants que peut rendre la biodiversité à l'agriculture dans le monde...

>>> Lire l'article sur le site de l'université de Rennes 1 >>>


Contact OSUR
Lucie Alford (ECOBIO, Université de Rennes 1) / @


La science parle-t-elle seulement en anglais ?



David_Renault__STOTEN_mars2021.jpg

Article dans STOTEN

Les langues non anglaises enrichissent les données scientifiques. Par exemple, lorsque les chercheurs estiment les coûts économiques des espèces exotiques envahissantes, inclure 10 langues différentes ajoute plus de 200 milliards de dollars par rapport aux données en anglais. L'étude est publiée en mars 2021 dans STOTEN Science of the Total Environment, pilotée par Elena Angulo et Franck Courchamp (Université Paris-Saclay, CNRS, AgroParisTech), et dans laquelle on retrouve également David Renault (Université de Rennes 1, ECOBIO, IUF).

[source : INEE CNRS]


Les déplacements internationaux de l’Homme et de ses marchandises a pour effet secondaire de déplacer des milliers d’espèces dans de nouveaux écosystèmes, parmi lesquelles certaines s’installent, prospèrent et causent des dégâts. La science étudie et communique sur le sujet, mais toujours en anglais. Mais est-ce qu’elle prend en compte toutes les informations disponibles ?

 

Pour répondre à cette question, les écologues Elena Angulo et Franck Courchamp de l’Université Paris Saclay ont mené un groupe de jeunes scientifiques de 18 pays différents à la recherche de données des coûts des espèces envahissantes. Chaque expert s’est dévoué à chercher les coûts existants dans tous les pays où sa langue native est parlée.

 

Dans un article publié en mars 2021 dans le journal Science of the Total Environment, cette équipe internationale a pu alors mettre en évidence la surprenante richesse des informations en langues non-anglaises. Partant d’une base de données pourtant déjà riche de près de 2500 coûts, l’équipe a mutliplié par quatre les données grâce à ces autres langues; ils ont également trouvé des coûts pour plus de 240 espèces nouvelles, et pour 15 pays où il n’y avait pas des coûts reportés en anglais. Alors, dans quelle langue la science parle-t-elle ?

 

« Lorsque l’on a lancé cette étude, on espérait enrichir notre base de données de quelques pourcents, 10% tout au plus » explique Franck Courchamp ; « l’augmenter de 300% a été une réelle surprise : même nous avons été sidérés par l’ampleur des données scientifiques existant dans d’autres langues que celle qui sert classiquement à véhiculer la science, l’anglais ».

 

Les auteurs insistent sur la nécessité de ne pas négliger les langues non-anglaises dans les synthèses ou méta-analyses globales. Du français à l’espagnol et au portugais, en passant par l’allemand, le hollandais et le grec, mais aussi le russe, l’arabe, le chinois ou le japonais, des coûts ont été trouvés dans presque toutes les langues recherchées. En plus d’une science sans frontières linguistiques, les auteurs ont montré l’importance du langage pour une communication efficace entre tous les acteurs qui travaillent avec les espèces exotiques envahissantes : experts scientifiques et experts professionnels de la gestion sur le terrain.

 

Elena Angulo, auteur principale de l’étude conclut : « une information globale fiable nécessite donc une information multi langues et multi acteurs. En ce qui concerne nos travaux, c’est la base d’une meilleure compréhension du coût des espèces envahissantes, pour informer correctement les plans de gestion de ces espèces au niveau mondial ».


Référence
Angulo E, Diagne C, Ballesteros-Mejia L, Adamjy T, Ahmed DA, Akulov E, Banerjee AK, Capinha C, Dia CAKM, Dobigny G, Duboscq-Carra VG, Golivets M, Haubrock PJ, Heringer G, Kirichenko N, Kourantidou M, Liu C, Nuñez MA, Renault D, Roiz D, Taheri A, Verbrugge L, Watari Y, Xiong W, Courchamp F. (2021) Non-English languages enrich scientific knowledge: the example of economic costs of biological invasions. Science of the Total Environment. doi.org/10.1016/j.scitotenv.2020.144441




La contribution des sources non-anglaises aux coûts mondiaux des espèces invasives



David Renault  STOTEN Mars2021 Fig2a
Nombre d'espèces partagées et non partagées entre la base de données non anglaise et la base de données anglaise (InvaCost), en considéran
(a) uniquement les données comparables (N = 569 espèces) et
(b) toutes les données en langues non anglaises (N = 705 espèces)
(c) La carte montre le nombre d'espèces que l'ensemble de données comparables non anglaises a apporté moins le nombre total d'espèces de l'ensemble de données comparables anglaises par pays (échelle turquoise-magenta). Les pays n'ayant que des espèces dans l'ensemble de données comparables non anglaises sont marqués par des rayures et les pays n'ayant que des espèces dans l'ensemble de données comparables anglaises sont marqués par un treillis (NB : les frontières illustrées dans la carte peuvent ne pas représenter la réalité politique actuelle
(pour l'interprétation des références aux couleurs dans la légende de cette figure, le lecteur est renvoyé à la version web de cet article).





Lire aussi :
>>> Combien coûtent les espèces envahissantes à l’humanité ? >>>


Contact OSUR
David Renault (Université de Rennes 1, ECOBIO, IUF) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Les insectes aquatiques, potentiels alliés des agriculteur·ice·s


 AHLeGall    23/03/2021 : 10:38

Benjamin_Bergerot_ARB_23mars21.jpg

Agence Bretonne de la Biodiversité

L'Agence Bretonne de la Biodiversité dresse les portraits de Benjamin Bergerot, maître de conférences à l’Université de Rennes 1, ainsi que de Rémi Gerber, doctorant et Romain Georges, ingénieur de recherche au CNRS : tous les trois travaillent à ECOBIO. Au sein de ce laboratoire pluridisciplinaire, les trois chercheurs affinent leur compréhension des insectes aquatiques émergeant des rivières pour prouver l’impact de leur présence sur les milieux. On part donc avec eux sur le terrain à Trans-la-Forêt (35), au coeur de la Zone Atelier Armorique de l'OSUR (vidéo de 4:25)

>>> Découvrir leurs activités de recherche sur le site de l'ARB >>>






Contact OSUR
Benjamin Bergerot (Université de Rennes 1, ECOBIO) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


MICROSCALE Lab : un Laboratoire Commun en microbiologie et en biologie moléculaire, pour l’analyse de cellules procaryotes uniques


 AHLeGall    22/03/2021 : 15:29

research_5297028_1280.jpg

MICRObial Single Cell AnaLysEs Laboratory (MICROSCALE Lab)

Les LabCom - Laboratoires Communs - sont des structures communes de recherche CNRS/entreprises : l’UMR ECOBIO et la société Cellenion proposent de créer le Laboratoire Commun MICROSCALE-lab, en lien avec la plateforme EcogenO de l'OSUR, dans les domaines de la microbiologie et de la biologie moléculaire, avec comme objectif l’analyse de cellules procaryotes uniques.


MICROSCALE-lab s’articule autour de trois axes de R&D :

(i) IsoCell qui vise l’isolement de cellules uniques microbiennes à partir d’une communauté complexe à l’aide des systèmes cellenONE,

(ii) IsoGenes, (iii) IsoTrans, respectivement centrés sur l’analyse des génomes et des transcriptomes des cellules microbiennes uniques.

Ces trois axes ont pour objectif global de proposer un système complet (isolement, préparation de librairies de séquençage et analyse bioinformatique) pour l’étude des cellules microbiennes uniques, créant une rupture conceptuelle et technologique pour l’étude des communautés microbiennes, face aux outils ‘méta-omiques’ actuellement employés. En effet, ces derniers laissent percevoir leurs limites malgré les avancées significatives qu’ils ont permis dans le domaine de la microbiologie ces dernières décennies. Un besoin de nouveaux outils de décryptage de la diversité microbienne, et de ses fonctions, émerge donc actuellement.

En développant des systèmes de tri de cellules procaryotes jusqu’alors utilisés uniquement sur cellules eucaryotes, et en les associant à des outils d’analyse moléculaire et bioinformatique, MICROSCALE-lab compte répondre à ce besoin. Ces avancées ouvriront de nouvelles voies dans différents domaines de recherche, à la fois fondamentaux et appliqués, ciblés sur le microbiote. MICROSCALE-lab bénéficiera de l’alliance des expertises du laboratoire ECOBIO et de la plateforme EcogenO en écologie microbienne et génomique environnementale, et de l’entreprise Cellenion en conception d’outils pour l’isolement et l’étude de cellules uniques et la biologie moléculaire. Les deux partenaires du projet avanceront en étroite collaboration sur les trois axes de R&D, exploitant au mieux leurs infrastructures, compétences et expertises respectives.

Depuis 20 ans, ECOBIO développe une activité de recherche dans les domaines de l’écologie microbienne et de la microbiologie environnementale reconnue à l’échelle internationale grâce à la publication de nombreux articles à comité de lectures internationaux dans des revues à haut facteur d’impact. L’équipe de recherche mobilisée pour MICROSCALE-lab est ainsi constituée de microbiologistes de spécialités complémentaires, à l’intersection de différentes disciplines scientifiques centrées autour de l’écologie microbienne. De plus MICROSCALE-lab s'appuiera sur les moyens techniques et humains de la plateforme EcogenO hébergée par l’UMR ECOBIO.

De son côté, Cellenion, SASU en très forte croissance, développe des produits et solutions pour l’isolement de cellules uniques et notamment la technologie cellenONE, commercialisée à l’échelle internationale. L’équipe de recherche pluridisciplinaire de Cellenion allie savoir-faire démontré en biologie moléculaire et cellulaire et microbiologie, et fortes compétences en (bio)informatique et ingénierie de l’automatisation et de l’optique.

Forte de cette association entre ECOBIO et Cellenion, MICROSCALE-lab ciblera le marché industriel de l’analyse de cellules uniques actuellement en plein développement, se positionnant dans le domaine de l’étude des microbiotes en santé, environnement, bioproduction, agroalimentaire, cosmétique..., tout en ouvrant de nouvelles possibilités de générer des données inédites sur les microbiotes et leur fonctionnement, augmentant les connaissances fondamentales majeures en microbiologie et en écologie microbienne.

A noter que MICROSCALE Lab sera le deuxième LabCom créer à l'OSUR après la fractory en 2018, un labcom entre le labo Géosciences et la société ITASCA dédié au monitoring et aux méthodes numériques pour les géosciences et l’environnement, hébergé sur la campus de Beaulieu de l'université de Rennes 1.

>>> En savoir plus sur la société Cellenion >>>
Logo Cellenion





Contact OSUR
Philippe Vandenkoornhuyse (Université de Rennes 1, ECOBIO) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Virginie Vergnaud co-pilote le GT Eau & Milieu du réseau B2E


 AHLeGall    18/03/2021 : 13:22

Virginie_Vergnaud.jpg

B2E - BRETAGNE ÉCO-ENTREPRISES est le pôle régional de la transition écologique et énergétique en Bretagne

Le réseau B2E (Bretagne Eco Entreprises) est un réseau de facilitation pour le développement des écoactivités et Centre de ressources pour les projets écoresponsables.

B2E associe des acteurs bretons (entreprises, collectivités, établissements d’enseignement supérieur et de recherche ainsi que divers partenaires) dont l’objectif est de mettre en œuvre les solutions concrètes de la transition écologique et énergétique.

Il est organisé en plusieurs groupes de travail (GT) autour de thématiques partagées. Virginie Vergnaud, animatrice de la plateforme Condate Eau et Ingénieure de Recherche à l'OSUR vient d'accepter le co-pilotage du GT Eau & Milieu avec Jean-François Commaille de la société SCE, également connu à l'OSUR en tant que membre du Conseil de l'Observatoire.

Leur vision complémentaire de la thématique "eau" leur permettra d'animer le groupe dans toutes les facettes de la ressource : du milieu au traitement et passant par les économies d'eau et la REUSE - réutilisation des eaux usées , fil rouge du groupe.

>>> Pour en savoir plus sur B2E >>>

>>> Réutilisation des eaux usées >>>



Contact OSUR
Virginie Vergnaud (Université de Rennes 1, UMS OSUR) / @