Les cycles astronomiques expliquent probablement la présence discontinue des Néandertaliens en Bretagne



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ARTICLE DANS QUATERNARY INTERNATIONAL

Les occupations discontinues de néandertaliens en Bretagne et leurs disparitions temporaires de nos latitudes a généré de nombreuses hypothèses : manque de nourriture, empoisonnements, problèmes de naissances, problèmes génétiques, épidémies, variations brusques du climat, désastres naturels, attaques par des animaux, rivalités avec l’homme moderne, communautés trop petites etc.. Un article publié dans Quaternary International en février 2019, avec notamment Jean-Pierre Lefort et Jean-Laurent Monnier (CReAAH), démontre pour la première fois que ces disparitions étaient probablement d’ordre climatique et liées à des paramètres astronomiques tels que l’insolation et la précession.


La production totale de coquilles typiques de l'association à Pupilla (mollusque gastéropode qui constitue un marqueur important pour le Pléistocène européen) prélevées sur le site côtier de Nantois (Baie de Saint Brieuc, Bretagne, France) a mis en évidence pour la première fois quatre épisodes de légers réchauffements humides et brefs au moment du dépôt des loess pendant la période glaciaire « MIS 6 ». Le loess est une roche sédimentaire meuble déposée au cours d'une période froide de l'histoire récente de la Terre. Elle est formée par l'accumulation de particules fines déposées par le vent et issues de l'érosion des régions désertiques périglaciaires, en l'occurrence de la Manche occidentale qui était alors à sec.

Ces légers réchauffements sont d'autant plus remarquables qu'ils sont intervenus au Saalien Supérieur, nom donné en Europe à l'avant-dernière glaciation Quaternaire qui a duré de -190 000 à -130 000 ans.



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Fig1. Localisation des quatre sites étudiés où des sections datées du Saalien Supérieur ont été reconnues à l'ouest de l'Europe. Les sites sont figurés sur une carte montrant le moment de la régression saalienne maximale.
LCSB : La Cotte de Saint Brelade (Jersey)
MD 03-2692 : Forage effectué en la mer Celtique
N : Nantois
Va : Villiers-Adam.
Flèches noires : direction des vents catabatiques issus de la calotte glaciaire britannique.
Figuré vertical : calotte glaciaire britannique.



Des améliorations climatiques ont également été observées, à la même époque, dans des dépôts marins de la mer Celtique. L’étude des variations contemporaines du niveau de la mer montre que les épisodes de "réchauffement" n'étaient pas seulement régionaux mais correspondaient à des événements globaux régis par les cycles astronomiques de précession (mouvements liés à l’inclinaison de l'axe de rotation de la Terre) et d'insolation (intensité du rayonnement solaire) qui conditionnaient alors la température à la surface du globe.

Des comparaisons avec des marqueurs biologiques tels que des mollusques marins et continentaux, des végétaux (actuellement trouvés sous forme charbons de bois) ou des rongeurs, préalablement étudiés dans le Bassin de Paris (Villiers-Adam) et sur l'île de Jersey (La Cotte de Saint Brolade), confirment l'existence de ces courts événements climatiques.

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Fig2. Extension de l’avancée de la Manche occidentale lors des différents épisodes de "réchauffement" du Saalien Supérieur.
Les sites archéologiques de Bretagne Nord et de Jersey sont indiqués.
Contours de la mer d'après P. Stephan, IUEM Brest (légèrement modifié).


Des corrélations entre l’âge des traces archéologiques montrant la présence discontinue des néandertaliens en Bretagne et les périodes d’amélioration climatique, suggèrent que ces populations ne devaient migrer vers la Bretagne et l’Europe occidentale que lors de ces courts épisodes de climat plus clément.



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Fig3. Corrélations entre les "épisodes de réchauffement" du Saalien supérieur et les périodes d’habitats néandertaliens.
Colonne de gauche : âges des différents sites néandertaliens datés en Bretagne lors du Saalien supérieur superposés aux quatre épisodes de "réchauffement" identifiés à terre et en mer.
Colonnes de droites : calculs d’erreurs.


Référence
J.P. Lefort, G.A. Danukalova, F. Eynaud, J.L. Monnier, Onshore and offshore evidences for four abrupt “warming” episodes during MIS 6  at the westernmost tip of continental Europe: did they control the migrations of Neanderthals?, Quaternary International, 2019, https://doi.org/10.1016/j.quaint.2019.02.024.


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Jean-Pierre Lefort (CReAAH) / @
Alain-Hervé Le Gall (multiCOM OSUR) / @


Pour une révolution dans la mer. De la surpêche à la résilience



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Didier Gascuel est professeur à Agrocampus Ouest, directeur du Pôle halieutique, responsable du Master Sciences halieutiques et aquacoles.

Didier Gascuel est professeur à Agrocampus Ouest, directeur du Pôle halieutique, responsable du Master Sciences halieutiques et aquacoles. Il est chercheur à l'UMR INRA "Ecologie et Santé des Ecosystèmes" (ESE) associé à l'OSUR. Il publie ne avril 2019 chez Actes Sud un livre grand public de vulgarisation scientifique, en même temps qu'un essai politique. Il y est évidemment question de pêche, de gestion des pêches ou d'impacts écologiques, mais aussi de développement durable, de socio-économie, de gouvernance, de citoyenneté  ou d'éthique. Il y est question de diagnostic, mais aussi de propositions, avec l'idée que le secteur des pêches cristallise quelques une des grandes questions qui traversent aujourd'hui nos sociétés, dans le contexte du changement global (l’alliance Homme/Nature, le partage des richesse, le local versus global...).

En mer, sans doute plus tôt et plus fort qu’ailleurs, l’homme a percuté les limites de la biosphère. Au cours du xxe siècle, avec la généralisation de la surpêche, nous avons vidé la mer d’une partie de ses poissons et perturbé le fonctionnement des écosystèmes en profondeur. Mais les premières victimes sont les hommes eux-mêmes. La crise écologique, ce sont des ports qui se vident et des communautés humaines laissées à l’abandon.

Cette histoire rarement évoquée nous concerne tous, pêcheurs, consommateurs et citoyens. Elle pose des questions nouvelles : peut-on exploiter une ressource naturelle de manière vraiment durable ? Sommes-nous capables de mettre des bornes à notre propre capacité d’autodestruction ? Que faudrait-il changer radicalement pour enfin assurer un avenir durable à l’exploitation des ressources vivantes de l’Océan ?

À ces questions, Didier Gascuel apporte un nouvel éclairage. Il propose un diagnostic de la surexploitation des mers et des principes nouveaux pour mettre sur pied la “pêchécologie”, qui réconcilierait l’exploitation et la conservation, les hommes et leur territoire, le local et le global.

La pêche maritime est un test de notre capacité à muter vers le durable et la résilience. C’est un morceau, petit mais significatif, de la grande histoire des hommes confrontés à leur propre crise écologique. Une révolution dans la mer est possible, pour qu’avec les poissons, les écosystèmes et la diversité du vivant, l’aventure humaine continue.


>>> Pour en savoir plus >>>

>>> Présentation de l'ouvrage chez Actes Sud >>>


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Didier Gascuel (ESE) / @


Hoedic, une île atlantique à la veille de la Conquête romaine.10 ans d’étude pluridisciplinaire


 AHLeGall    01/04/2019 : 12:59

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Ouvrage publié sous la direction de Marie-Yvane Daire et Anna Baudry (CReAAH).

Ouvrage publié sous la direction de Marie-Yvane Daire et Anna Baudry (CReAAH).

Ancrée au large de la côte atlantique bretonne, à quelques brasses de Belle-Île-en-Mer et de Houat, l'île d'Hoedic a connu plusieurs périodes de fréquentation humaine, au cours de la Préhistoire, de la Protohistoire et des périodes historiques. Cet ouvrage est consacré aux riches occupations de la fin de l'âge du Fer qui ont marqué Hoedic et ses îles soeurs du Mor Braz.

Les recherches archéologiques, conduites sous la direction de Marie-Yvane Daire sur les sites de Port-Blanc et de Sterflant entre 2004 à 2015, ont généré des études multidisciplinaires des structures et mobiliers archéologiques, des assemblages archéozoologiques et de l'environnement du site. Elles offrent une vision inédite de l'économie de subsistance des populations insulaires et de la place des îles dans le contexte atlantique à la veille de la conquête romaine...



Ouvrage publié sous la direction de Marie-Yvane Daire et Anna Baudry, préface de Jean-Marc Large, avec les contributions de :

Mathis Arthur, Salvador Bailon, Anna Baudry, Charlotte Choisy-Guillou, Marie-Yvane Daire, Klet Donnart, Yvon Dréano, Catherine Dupont, Benjamin Gehres, Yves Gruet, Mikael Guiavarc'h, Fany Jude, Loïc Langouët, Solenn Le Forestier, Nancy Marcoux, Laurent Quesnel.

et la collaboration de : Jean-Christophe Le Bannier, Klervi Le Nagard, Caroline Mougne, Pau Olmos, François Pustoc'h, Guirec Querré, Delphine Rambaud et Anne Tresset.

Ouvrage de 296 p., couleur, co-édité par le CeRAA et l’AMARAI

Diffusion : CeRAA, Centre Régional d’Archéologie d’Alet. BP 60. 35413 - Saint-Malo cedex

http://ceraaalet.free.fr/contact.htm



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Marie-Yvane Daire (CReAAH) / @


L'(épi)génome : la face cachée pour le succès des espèces invasives ! Ecrevisse, frelon, jussie, même combat !



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ARTICLE DANS FUNCTIONAL ECOLOGY

Dans un article publié dans Functional Ecology en février 2019, Julien Genitoni (INRA ESE) et ses collègues font un état de l’art des études du lien entre épigénétique, éléments transposables et plasticité phénotypique chez les espèces invasives et le rôle de ces mécanismes dans l’adaptation et la réussite des invasions.


Les changements globaux d’origine anthropique affectent de manière importante les écosystèmes. La vitesse de ces altérations engendre une réduction de la biodiversité, un grand nombre d’espèces n’ayant pas le temps de s’adapter à leur nouvel environnement. Les activités humaines offrent de nouvelles opportunités de dispersion pour les espèces exotiques envahissantes, ou plus communément appelées par son anglicisme « invasive ». Ce sont des espèces animales ou végétales qui, transportées dans un nouvel environnement, vont s’y développer, s’étendre plus que de raison et in fine causer des problèmes économiques et écologiques. L’exemple le plus connu est celui du frelon asiatique bien plus agressif que son cousin européen. Le préjudice financier représente plusieurs milliards par an uniquement aux États-Unis et ces invasions représentent la troisième menace qui pèse sur la biodiversité derrière le changement climatique et la destruction des habitats. L’étude de ces espèces invasives est donc devenue primordiale pour réussir à limiter leurs impacts.


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Illustration 1 : Trois espèces invasives, en France, l’écrevisse de Louisiane, le frelon asiatique et la jussie grande fleur



On peut également voir les invasions biologiques comme des expériences naturelles permettant de mieux comprendre les mécanismes d’adaptation des espèces. Ainsi, le chercheur utilise ces espèces invasives comme modèles pour comprendre des phénomènes complexes et difficilement observables au laboratoire.

Comment une espèce, qui n’est pas adaptée localement, peut réussir à s’installer et remplacer les espèces autochtones ? Les scientifiques ont longtemps vu le succès des invasions biologiques comme un paradoxe. L’effet de goulot d’étranglement subi par la population introduite, goulot d’étranglement qui correspond à un faible nombre d’individus arrivant dans un nouvel environnement, devrait engendrer une réduction de son potentiel adaptatif. De nombreux chercheurs se sont penchés sur ce paradoxe, aujourd’hui résolus, et ont proposé de multiples hypothèses pour l’expliquer. Par exemple, Davidson et al. (2011) expliquent que ces espèces possèdent une plasticité phénotypique plus importante que les espèces dites natives. Cette dernière est définie comme le fait qu’un génome puisse donner plusieurs phénotypes correspondant à différents environnements.


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Illustration 2 : Le processus d’invasions comprend une étape d’introduction puis d’établissement et d’expansion et durant toute la durée de l’invasion des facteurs déterminants influencent sa réussite



Parmi les hypothèses plus récentes, on retrouve les mécanismes épigénétiques (Rey et al., 2016). Terme né/utilisé en 1942 par Conrad Waddington, l’épigénétique concerne les modifications moléculaires de l’expression du génome, sans changement de la séquence d’ADN, qui peuvent être héritables. Cette définition prend en compte plusieurs niveaux de modification nommée marques épigénétiques : la méthylation de l’ADN appelé “méthylome”, l’acétylation des histones et les ARN non codants. (Duncan et al. 2014).

Pourquoi s’intéresser à l’épigénétique chez les espèces invasives ? Parce que ces marques épigénétiques, comme la méthylation, sont sensibles à l’environnement. On peut citer l’exemple de la vernalisation, derrière ce phénomène qui décrit le processus qui promeut la floraison après une période de froid, se cache des mécanismes épigénétiques. Ces derniers interviennent dans de multiples processus liés de près ou de loin, au développement des organismes, à la mémoire et à la réponse aux stress biotiques ou abiotique mais aussi à l’expression de la plasticité phénotypique (Meyer, 2015, Crisp et al. 2016). La question de l’héritabilité de ces marques épigénétiques est centrale pour déterminer si ces mécanismes interviennent dans l'adaptation. De plus en plus de preuves s’accumulent et montrent que les marques épigénétiques peuvent être transmises à travers les générations. Et, si la capacité des modifications épigénétiques à se transmettre à la descendance est importante pour jouer un rôle dans l’adaptation, leur caractère réversible permet un ajustement aux conditions environnementales. En outre, ces mécanismes régulent les éléments transposables qui, découverts en 1950 par Mc Clintock, sont des petites séquences ADN nombreuses et capables de se déplacer (de « transposer ») dans le génome. Conjointement, ces processus pourraient participer à l’adaptation des organismes à de nouvelles contraintes. C’est l’objet de l’article de Marin/Genitoni et al., 2019 publié dans Functional Ecology et intitulé « Biological invasion: The influence of the hidden side of the (epi) genome ».

Les chercheurs font l’état des lieux des connaissances liant l’épigénétique, les éléments transposables et la plasticité phénotypique chez les invasions biologiques. Dans le sillage de Rey et al (2016), l’hypothèse d’un rôle primordial des éléments transposables et des mécanismes épigénétiques dans le succès des invasions biologiques est posée. Ces processus sont encore trop peu étudiés chez les espèces invasives. En effet, les espèces invasives, contrairement à Arabidopsis thaliana, ne sont pas des espèces modèles. Ainsi, on dispose de peu de données et de ressources les concernant. Cet état de fait complique l’étude approfondi des mécanismes génétiques et épigénétiques. S’ajoute à cela, la difficulté de séparer la composante génétique de la composante épigénétique dans des systèmes naturels, c’est pourquoi les chercheurs travaillent sur des populations dont la diversité génétique est presque nulle (population clonale et epiRILs, qui sont des lignées génétiquement identiques, mais qui différent au niveau épigénétique). Néanmoins, l’apport des nouvelles technologies de séquençage haut débit et d’outils bio-informatique venant des espèces modèles peuvent permettre de connaitre le génome et l’épigénome à moindre coût et donc de surmonter ces difficultés.



Référence
Marin, P, Genitoni, J, Barloy, D, et al. Biological invasion: The influence of the hidden side of the (epi)genome. Funct Ecol. 2019; 00: 116. https://doi.org/10.1111/1365-2435.13317



Références complémentaires
- Crisp PA, Ganguly D, Eichten SR, et al (2016) Reconsidering plant memory: Intersections between stress recovery, RNA turnover, and epigenetics. Science Advances 2:e1501340–e1501340. doi: 10.1126/sciadv.1501340
- Davidson, A. M., Jennions, M., & Nicotra, A. B. (2011). Do invasive species show higher phenotypic plasticity than native species and, if so, is it adaptive? A meta-analysis: Invasive species have higher phenotypic plasticity. Ecology Letters, 14(4), 419–431. doi:10.1111/j.1461-0248.2011.01596.x
- Duncan, E. J., Gluckman, P. D., & Dearden, P. K. (2014). Epigenetics, plasticity, and evolution: How do we link epigenetic change to phenotype?: EPIGENETICS, PLASTICITY, AND EVOLUTION. Journal of Experimental Zoology Part B: Molecular and Developmental Evolution, 322(4), 208–220. doi:10.1002/jez.b.22571
- Meyer, P. (2015). Epigenetic variation and environmental change: Fig. 1. Journal of Experimental Botany, 66(12), 3541–3548. doi:10.1093/jxb/eru502
- Rey O, Danchin E, Mirouze M, et al (2016) Adaptation to Global Change: A Transposable Element–Epigenetics Perspective. Trends in Ecology & Evolution 31:514–526. doi: 10.1016/j.tree.2016.03.013




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Julien Genitoni (INRA ESE, Agrocampus Ouest) / @


Distinctions pour services rendus à l'enseignement : Erwan Hallot reçoit les Palmes académiques


 AHLeGall    29/03/2019 : 07:24

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Neuf personnels de l'Université de Rennes 1 ont été décorés, jeudi 28 mars 2019, des insignes des palmes académiques.

Neuf personnels de l'Université de Rennes 1 ont été décorés, jeudi 28 mars 2019, des insignes des palmes académiques. Lors de la cérémonie, David Alis, président de l'Université de Rennes 1, a présenté la carrière de chacun des récipiendaires. Guy Cathelineau, commandeur des palmes académiques, leur a ensuite remis l'insigne correspondant à leur grade.


Erwan Hallot fait partie des récipiendaires : enseignant-chercheur à Géosciences Rennes, directeur-adjoint de l'OSUR en charge de l'enseignement de 2012 à 2017, Erwan est désormais vice-président de la commission formation et vie universitaire du conseil académique de l'université de Rennes 1.


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Rivières2070 : lauréat de l’appel à projet 80|Prime dans le cadre des 80 ans du CNRS


 AHLeGall    25/03/2019 : 13:46

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Une nouvelle approche des rivières : prospective à 50 ans au croisement des dynamiques naturelles et anthropiques

Dans le cadre des 80 ans du CNRS, la Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires (MITI) vient d’annoncer en mars 2019 les 80 lauréats de l’appel à projet 80|Prime destiné à soutenir et renforcer l’interdisciplinarité entre instituts du CNRS. Le projet porté par Laurent Longuevergne (chercheur à Géosciences Rennes, INSU) et Véronique Van Tilbeurgh (ESO Rennes, INSHS, professeure à l’université de Rennes 2) a été retenu.


Rivières 2070 propose une nouvelle vision des rivières par une approche intégrée de leurs dynamiques naturelles et anthropiques, considérant le lien indissociable entre l’évolution de nos rivières et la question des ressources en eau, notamment dans la perspective des changements climatiques à venir. Il est ainsi nécessaire de repenser les systèmes de gestion de la ressource en eau et de co-construire avec les différents acteurs des outils d’adaptation partagés. Rivière2070 a donc pour ambition de développer des expériences numériques pour représenter virtuellement les futurs probables des paysages usuels (notamment rivière et ripisylve) tels qu’ils sont décrits dans des simulations de transfert d’eau.

Les objectifs sont doubles :
(1) définir si les politiques et outils de gestion de la ressource en eau restent pérennes avec la variabilité climatique et les attentes des populations ;
(2) scénariser les changements pour que les acteurs (scientifiques, politiques, gestionnaires de l’eau au sens large, citoyens) puissent partager leurs connaissances, se projeter et réagir dans la perspective de prise de décisions. Il s’agit donc ainsi de poser les premières briques de la réalité virtuelle comme outils de la gouvernance environnementale, voire « d’intelligence environnementale » collective.



Un projet expérimental qui couple virtuel et réalité, données qualitatives et quantitatives, facteurs physiques et sociaux

L’enjeu du projet Rivières2070 réside dans le couplage des formes de modélisation issues de plusieurs disciplines, allant des sciences physiques et naturelles aux sciences sociales. Les connaissances scientifiques mobilisées dans ces expériences numériques de scénarisation s’appuient sur notre compréhension des contrôles climatiques, écologiques et socio-économiques, qu'il faut ensuite intégrer dans des modèles numériques représentant les divers chemins de l'eau connectant versant, aquifère et rivière. Il s’agit notamment de créer une base de connaissance virtuelle des ouvrages et de tester leurs sensibilités aux pressions climatiques et la résilience qu’ils offrent. Ces scénarisations scientifiques ambitionnent d’intégrer et donc de s’enrichir par les connaissances des autres parties-prenantes afin d’enraciner les simulations prédictives dans les expériences sensibles et inductives des milieux et dans les territoires.

Si ces approches de modélisation intégrant l’ensemble des aspects de la gouvernance se développent à l’échelle globale (on pense notamment aux travaux du GIEC), l’originalité de ce projet s’appuie sur l’ancrage au plus près des sociétés locales, de leurs intérêts, de leurs relations aux milieux et sur la représentation de l’avenir des paysages usuels tels qu’ils seront décrits dans les simulations numériques (notamment rivière et ripisylve). Ainsi, les simulations réalisées seront « fondues » dans des données 3D de haute résolution spatiale qui permettent de décrire les paysages avec un réalisme inégalé (voir les illustrations ci-dessous).

Ces paysages numériques virtuels évolueront avec les simulations pour représenter l’impact probable des politiques de gestion sous contrainte climatique (évènements extrêmes sur les débits, éventuellement de stress hydrique sur la végétation etc.). Pour ce faire, les scientifiques s’appuieront sur le lidar topo-bathymétrique Nantes-Rennes, outil spécialisé dans la numérisation de tous les éléments constitutifs des corridors fluviaux (sol, bathymétrie végétation, connectivité hydraulique, infrastructures…). Ces nouveaux outils de scénarisation des avenirs probables permettront de réduire l’incertitude de la décision (politique, de gestion) tout en conservant, en partie, la complexité des enjeux qu’elle soulève. Pour cela, une attention particulière sera portée à la prise en compte des éventuelles tensions que les décisions créeront en termes de conflits d’usage et de choix politiques.

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Figure 1 : représentation d’un milieu naturel par traitement d’une image lidar-bathymétrique haute résolution spatiale. Les outils de classification par apprentissage automatique permettent d’identifier et singulariser les principaux éléments d’un paysage (rivière, sol, végétation, lignes électriques, …), et de représenter la bathymétrie de la rivière (nuances de bleu). Une texturation de ces modèles permettrait de leur donner un aspect plus réaliste, devenir un support dans les entretiens et un outil de pédagogie sur l’impact du changement climatique. Il est également possible de faire apparaitre l’invisible (aquifère), de faire évoluer le paysage et représenter les conséquences d’évènements particuliers (inondation, débit d’étiage faible, impact du stress hydrique etc.)



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Figure 2 : Image non classifiée (pont de l’Ain), mais illustrant le réalisme des données numériques à haute résolution spatiale sur les infrastructures humaines.



Le contexte breton est un laboratoire intéressant à plusieurs titres

D’une part, le contexte géologique cristallin hétérogène (du massif armoricain) ne favorise ni l’accès à la ressource, ni le stockage d’eau sur de longues périodes, ce qui implique
(1) un système d’alimentation qui s’appuie essentiellement sur des prélèvements dans les eaux de surface, qui deviendront risqués, et l’ambition de développer des sources d’approvisionnement alternatives, telles que les ressources souterraines
(2) des arrêtés réguliers pour inondation et sécheresse (hivernales et estivales).

D’autre part, la Bretagne est une région dynamique qui voit sa population augmenter plus rapidement qu’à l’échelle nationale avec un attrait particulier pour les zones côtières. Ainsi, la pression anthropique peut devenir équivalente aux débits minimums réservés pour les écosystèmes. La Bretagne est en outre une région ou les problèmes de gestion de l’eau se posent avec beaucoup d’acuité, depuis les années 1990 en particulier, en raison en partie de la prégnance du débat sur la dégradation de la qualité de l’eau de surface, donnant lieu à de nombreux conflits dans l’espace public et engageant des visions de l’avenir très différentes. Enfin, depuis 2018 la Région Bretagne est la première, en France, à se voir confier, par décret ministériel, le rôle d’animation et coordination en matière de politiques de l'eau.

Dans cette optique, les scientifiques de l’OSUR peuvent s’appuyer sur l’ancrage local fort de la ZA Armorique et de l’observatoire de Ploemeur pour définir les transitions socio-écologiques. Le modèle, quant à lui, sera mis en oeuvre prioritairement sur les observatoires gérés par l’OSUR, la Zone Atelier, mais également sur le SAGE du Scorff, où des tensions se cristallisent autour du projet de mise en pompage sur le site de Guidel (associé à l’observatoire de Ploemeur), situé à 2 km de la mer en amont d’une zone Natura2000, qui aura certainement un impact localement important.


Implication des équipes et la contribution des participants : un projet fédérateur pour l’OSUR et ses partenaires

Rivières2070 est porté par des chercheurs reconnus en sciences de l'environnement et en sciences humaines et sociales en partenariat avec des jeunes chercheurs (Mélanie Congretel de ESO Rennes et Joris Heyman de Géosciences Rennes). Il s'appuie sur les compétences et ressources de l'OSUR et de ses partenaires sur les questions de paysage, de la modélisation des écoulements (Laurent Longuevergne et Olivier Bour de Géosciences Rennes), l’imagerie lidar topo-bathymétrique (Dimitri Lague de Géosciences Rennes) et l’imagerie par drone (Thomas Houet du LETG-Rennes), de géomorphologie et de processus en rivière (Simon Dufour du LETG-Rennes, Alain Crave et Joris Heyman de Géosciences Rennes), les relations entre quantité d’eau et écologie (Christophe Piscart d’ECOBIO). Il utilisera et contribuera aux observatoires et zones ateliers portés par l'observatoire (ZA Armorique et l’observatoire de Ploemeur (SNO H+). La Plateforme de modélisation hydrogéologique nationale AquiFR, pour lequel l’OSUR est partenaire sera sollicitée pour les simulations des climats actuels et futurs.

Partenaire de l’OSUR, l’UMR ESO est mobilisée à travers ses chercheurs, géographes et sociologues, qui possèdent une pratique de recherche concernant, soit directement la gestion des ressources en eau, soit l’analyse de l’hybridation et de la traduction des savoirs (Véronique van Tilbeurgh et Mélanie Congretel).

Le projet s’appuie également sur l’ancrage local et la qualité des observations long-termes et thématiques disponibles sur les observatoires et différents projets d’envergure sur le terrain qui font intervenir scientifiques et acteurs (e.g. BERCEAU, avec le transfert de compétence pour le suivi de restauration des cours d’eau). Le CRESEB, Centre de ressources et d'expertise scientifique sur l'eau de Bretagne, structure régionale qui favorise les interactions entre les acteurs de l’eau (dont les scientifiques), est également impliqué dans le projet. Les capacités de modélisation des systèmes naturels développées depuis plusieurs années à Rennes auront une place centrale. Citons par exemple Floodos ou les approches couplées surface-profond (avec les thèses de Jean Marçais et Luca Guillaumot).



Tour du CNRS en 80 jours


A noter que dans le cadre de l'appel à projet de Tour de France des 80 ans du CNRS, deux projets portés par les unités ont été financés :
- à Géosciences Rennes : "La circulation de l’eau souterraine : rendre visible l’invisible"
Réalisation d'une vidéo de 3 mn montrant l'état de l'art de la recherche scientifique en matière d'observation et d'imagerie du sous-sol, et plus particulièrement de la ressource en eau. Il s'agit de « rendre visible l'invisible », de présenter plus globalement la problématique du cycle de l'eau, de la vulnérabilité de la ressource, au regard notamment des changements globaux, en centrant plus particulièrement sur les particularités de la Bretagne.
Correspondants : Camille Bouchez et Alain-Hervé Le Gall
- à ECOBIO : "Pourquoi l'homme a-t-il besoin de la biodiversité ?"
Manifestation déclinée sous forme de plusieurs évènements :
* Mardi de l’Espace des Sciences, avec une conférence grand public avec Joan van Baaren
* Café des Sciences, bar des sciences, 2 rencontres prévues : avec Philippe Vandenkoornhuyse sur "La biodiversité cryptique et l’holobionte" et David Renault sur "La biodiversité en réponse aux changements climatiques et aux invasions biologiques en région polaire"
* Journée Ecologie urbaine, journée portes ouvertes organisée en collaboration avec la ville de Rennes à l'occasion de l'inauguration des Prairies Saint Martin
Correspondante : Myriam Bormans



Pour en savoir plus
>>> Depuis 80 ans, nos connaissances bâtissent de nouveaux mondes : le tour du CNRS en 80 jours >>>



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Véronique van Tilbeurgh (ESO-Rennes) / @
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Les parures au début de la préhistoire : étude comparative de parures personnelles et d’objets d'ornementation issus de deux sites funéraires de chasseurs-cueilleurs



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ARTICLE DANS PALEOANTHROPOLOGY JOURNAL

La revue PaleoAnthropology journal publie en mars 2019 un numéro spécial consacré aux parures associées au corps de la préhistoire ancienne. Luc Laporte et Catherine Dupont, auxquels il faut ajouter Laurent Quesnel qui a réalisé la DAO des squelettes et des parures, consacrent un article à l’étude comparative de parures personnelles et d’objets d'ornementation issus de deux sites funéraires de chasseurs-cueilleurs, l'un en France à La Vergne (Charente-Maritime) et l'autre en Argentine (Arroyo Seco II). Il traite notamment de la nature de ces objets associés, des matières premières et du degré de modification des coquilles utilisées.



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Figure 1. Carte de localisation des deux études de cas : A) Arroyo Seco II, Argentine (photo L. Laporte), B) La Vergne, France (photo H. Duday/P. Courtaud)



Cet article présente deux études de cas de secteurs géographiques et ambiances culturelles, puisqu’ils se trouvent sur les deux côtés de l'océan Atlantique : le premier site est celui du cimetière d'Arroyo Seco II, dans la pampa en Argentine (7800 à 6300 BP et 4800 à 4300 BP), et le second se trouve dans l'ouest de la France, à La Vergne (Charente-Maritime), daté du Mésolithique ancien (9280 à 9000 BP). Ces deux cimetières, dont les vestiges sont exceptionnellement bien conservés, appartiennent à des populations de chasseurs-cueilleurs dont les coquillages sont une composante majeure. De tels lieux de sépulture, en particulier les tombes en pleine terre, permettent de discuter du statut des objets de parure et d'ornementation en lien avec les défunts, mais également de leur emplacement dans la tombe. Certains d'entre eux contiennent des parures corporelles en abondance, tandis que d'autres semblent correspondre au dépôt d'objets en matière périssable richement ornés. Chacun d'entre eux contribue à la mise en scène des funérailles. La comparaison d'exemples aussi éloignés oblige à aller au-delà des contingences strictement locales et permet de mieux souligner les similitudes. C'est aussi l'occasion de mettre en lumière différents types d'actions humaines sur la matière, parmi lesquelles nous opposerons une appropriation d'entités naturelles au façonnage de matière première. En ce qui concerne les ornements personnels préhistoriques, ce débat rappelle la distinction antérieure entre les coquilles et les coquillages. Dans ce schéma comparatif, un nouvel exemple - l'ensemble funéraire néolithique de Germignac en Charente-Maritime (6090 avant notre ère) où les coquillages sont aussi un élément majeur de parure – permet de mettre en évidence comment les premiers agriculteurs, au moins dans ce cas, ont effacé l'identité originelle (et donc l’origine naturelle) de certains éléments.



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Figure 2. Arroyo Seco II, Argentine : Les parures corporelles de ces deux individus de la même classe d'âge (respectivement des Secteurs A et B) ont plus ou moins le même emplacement. Néanmoins, les objets sont le résultat dans un cas d'une appropriation des espèces naturelles ; dans l’autre, d'une transformation de la matière première (photographies de L. Laporte, DAO de L. Quesnel).




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Figure 3. Parure des derniers chasseurs et des premiers agriculteurs de l'Ouest de la France. Les premiers éléments en haut utilisent la forme originelle des coquilles, les seconds en bas modifient totalement la forme d’origine du mollusque (après Bonnardin 2009 ; Dupont et al. 2014 ; Gaillard et al. 1984 ; Verjux et al. 1998).




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Figure 4. Mégalithes dans l'ouest de la France : l'utilisation de grosses pierres "brutes", qui rappellent souvent la forme des affleurements, pourrait être considérée comme une forme d'appropriation des entités naturelles. Ces blocs sont intégrés dans un monument construit principalement en pierres sèches, qui les transforme en matière première.



Référence
Luc Laporte and Catherine Dupont (2019) "Special Issue: Early Personal Ornaments --- Personal Adornments and Objects of Ornamentation: Two Case Studies From Hunter-Gatherer Burials in France (La Vergne) and Argentine (Arroyo Seco II)" PaleoAnthropology 2019:156-176
L'intégralité des articles de ce numéro du PaleoAnthropology journal est accessible ici




Contact OSUR
Luc Laporte (CReAAH) / @
Catherine Dupont (CReAAH) / @
Alain-Hervé Le Gall (multiCOM OSUR) / @


Science citoyenne et stations biologiques de terrain : la station biologique de Paimpont a une ambition internationale !



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Projet BFS3 : vers une opportunité pour les citoyens de participer à la recherche sur les changements globaux pour la société

Dans le cadre d’un appel à projet européen H2020-SwafS sur les sciences citoyennes, des chercheurs d'ECOBIO (Daniel Cluzeau et Annegret Nicolai) associés à la Station Biologique de Paimpont ont décidé de candidater avec un projet intitulé "Biological Field Station Science for Society (Acronyme : BFS3). Cette candidature se compose de plusieurs pays européens et internationaux. Afin de co-rédiger de façon optimale cet appel à projet, un workshop de 2 jours a eu lieu à la Station Biologique de Paimpont les 6 et 7 février 2019. Ces deux jours d’ateliers ont été riches en idées et en discussions et ont permis de définir la structure et les différents “work-packages” nécessaires à la réussite d’un tel projet d’envergure.

Ce workshop a été possible grâce à un financement “Boost” de la Région Bretagne. Ce financement permet de préparer dans les meilleures conditions une candidature H2020. Enfin, cette candidature H2020 est montée en étroite collaboration avec Claire Bajou ingénieure projet de la plateforme 2PE - Plateforme projet Européens. La candidature est déposée le 2 avril.

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de gauche à droite :
Hugues Sansregret (biologiste et directeur de la Forêt Montmorency), Xim Cerda (chercheur en écologie et directeur de la Station de Donana), Alexandra Langlais (chercheuse en droit de l'environnement à l'IODE - CNRS UR1), Caroline Cieslik (photographe et enseignante à Ecole Européenne Supérieure d'Art de Bretagne - Rennes), Freerk Molleman (chercheur en écologie Adam Mickiewicz University), Romain Julliard (chercheur en écologie au MNHN), Annegret Nicolai (chercheuse en socio-ecosystèmes, Agrocampus Ouest / ECOBIO UR1), Olivier Norvez (médiateur scientifique à la Station Biologique de Paimpont), Mariusz Pelechaty (chercheur en écologie et directeur de la Station de Jeziory), Claire Bajou (ingénieure projet pour la Plateforme 2PE)




Résumé scientifique du projet

Face aux changements globaux, l'accès à la science est indispensable pour les décideurs politiques, mais également pour le grand public afin de s'assurer de son appui. En faisant participer les citoyens à la recherche sur le changement planétaire grâce à la science participative, le grand public et les acteurs territoriaux acquièrent une connaissance plus approfondie de la science.

Les Stations Biologiques de Terrain (BFS - Biological Field Station) jouent un rôle important en veillant à ce que la science citoyenne soit solide et efficace, à ce que le citoyen puisse prendre part aux décisions en sciences et à ce que les résultats soient traduits en politique.

L’objectif du projet BFS3 est de développer et d’expérimenter un cadre de travail pour un réseau de BFS en Europe pour mettre en œuvre une science participative efficace (de la conception aux résultats en passant par l’analyse de la méthodologie) ayant des impacts sur la science, le citoyen et la société. Pour atteindre cet objectif, le consortium est piloté par la Station Biologique de Paimpont - Université de Rennes 1, qui développe depuis plusieurs années une expertise en médiation scientifique et en pilotage de projets faisant appels aux sciences participatives (BioBlitz, Observatoire Participatif des Vers de Terre, projet communal d’inventaire de biodiversité sur la Communauté de communes de Brocéliande, etc.).

Ce consortium de recherche se compose de :
● 4 Station de terrain en Europe (Station Biologique de Paimpont en France, Station de Jeziory en Pologne, Station de Doñana en Espagne, et la Station de l'Université d'Hasselt en Belgique
● 1 Station de terrain en Amérique du Nord (la Forêt Montmorency, Canada)
● de chercheurs de plusieurs laboratoires (CNRS, Muséum National d’Histoire Naturelle - Vigie nature, Université de Goettingen, Université de Rennes 1 et Rennes 2, Université A&M du Texas, Université d'Etat du Colorado, Université Laval, Université de Grenada, Système mondial d'information sur la Biodiversité - GBIF)
● et d’acteurs territoriaux dans chaque pays (parcs nationaux, collectivités, associations)



Focus sur 4 stations emblématiques du réseau international

BFS3 Montmorency
Au Canada (Québec) : la Forêt Montmorency, c'est l'Université Laval en pleine nature ! Couvrant une superficie de 412 km2, elle est la plus grande forêt d'enseignement et de recherche au monde. C'est plus de 50 ans de recherche et d'expérience pour continuellement améliorer les pratiques d'aménagement durable de la forêt. Le grand public peut aussi y pratiquer des activités de plein air et dormir dans le pavillon principal ou les chalets situés au cœur de la forêt.


BFS3 Jeziory
En Pologne : dans la station Jeziory, un certain nombre de travaux sont basés dans le parc national de Wielkopolski, principalement dans le bassin versant du lac Górecki. Des travaux de recherche dans le domaine des sciences biologiques, chimiques, géographiques et géologiques portent entre autres sur le changement de l’écosystème aquatique. Les activités éducatives concernent les étudiants mais aussi les écoles secondaires dans le cadre du programme européen POWER.


BFS3 Donana
En Espagne : la station biologique de Doñana fait partie du réseau des LTER en Europe. La mission fondamentale est de mener des recherches multidisciplinaires du plus haut niveau afin de comprendre, d’un point de vue évolutif, la manière dont la biodiversité est générée, maintenue et détériorée, ainsi que les conséquences de sa disparition et les possibilités de sa conservation. Le transfert de ce savoir vers la société est également au centre des activités de cette station dans la Reserve de Doñana.



BFS3 Hasselt
En Belgique, la Station de terrain de l'Université d'Hasselt est un centre de recherche situé dans le parc national Hoge Kempen afin d’effectuer des recherches sur les problèmes liés au changement climatique et à la biodiversité. Les principaux objectifs du centre de recherche sur le terrain sont les suivants :
- permettre à la recherche internationale de bénéficier et d'accroître la connaissance sur la biodiversité, qu'elle soit directement liée à la biologie, à la géographie, au droit de l'environnement, à la géologie, à l'écologie du paysage ou à la gestion de l'environnement,…
- permettre et faciliter l'échange d'expertise et d'expérience en matière de biodiversité, de conservation et de gestion de la nature
- fournir et proposer des modules pour les excursions et la formation des étudiants dans l'enseignement supérieur dans plusieurs disciplines




>>> En savoir plus sur la station biologique de Paimpont

SBP



Contact OSUR
Daniel Cluzeau (ECOBIO, directeur de la station biologique de Paimpont) / @
Annegret Nicolai (ECOBIO) / @
Olivier Norvez (Chargé de mission médiation scientifique, Station Biologique de Paimpont - Université de Rennes 1) / @


Décrire la géographie initiale du Tibet juste après la collision Inde-Asie



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ARTICLE DANS TECTONICS

Une équipe internationale à laquelle participe Marc Jolivet (Géosciences Rennes – CNRS) publie en janvier 2019 dans la revue Tectonics un article qui s’attache à reconstituer la topographie initiale du Tibet, en recherchant les indices géologiques permettant de reconstituer les paysages du début du Cénozoïque (~50 millions d'années).

Le plateau tibétain, qui résulte de la collision entre les plaques indienne et eurasiatique depuis environ 50 millions d’années (ou Ma) constitue, avec la chaine de l’Himalaya sur sa bordure sud, la plus vaste zone de haute altitude du globe. Cette topographie unique est notamment à l’origine du phénomène de mousson : l’air humide, remontant vers le nord depuis l’océan indien, se trouve bloqué par la chaine himalayenne et le plateau tibétain conduisant à des pluies diluviennes en Asie du Sud-Est ou en Inde. Très peu d’humidité parvenant à franchir cette barrière, plus au nord en Asie centrale, le climat est aride favorisant la formation de déserts tels le Takla Makan ou le Gobi.

Comprendre l’évolution climatique à long terme de l’Asie implique donc de connaître l’évolution de la topographie du Tibet depuis 50 Ma. Plusieurs modèles de construction du plateau existent qui diffèrent notamment sur la topographie initiale de la région : la région du Tibet était-elle plate et à faible altitude au moment de la collision entre les continents ou existait-il, comme le pensent certains chercheurs, un proto-plateau tibétain et des chaines de montagnes ?



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Carte topographique du Tibet et des régions environnantes.. Le bassin du Qaidam, sujet de cette étude, forme la bordure nord du plateau tibétain. Les couleurs indiquent l’altitude (vert : plaines < 500 m, jaune : 500 à 2000 m, marron : 2000 à 5000 m, blanc : > 5000 m)


L’équipe internationale à laquelle participe Marc Jolivet s’attache à reconstituer cette topographie initiale du Tibet, en recherchant les indices géologiques permettant de reconstituer les paysages du début du Cénozoïque (~50 Ma). Ces indices sont principalement contenus dans les sédiments déposés au cours du temps dans les bassins sédimentaires répartis sur et autour du plateau. En effet, le type de sédiments ainsi que les restes fossiles qu’ils contiennent varient en fonction de la pente locale (blocs et sable grossier pour un torrent de montagne, sable fin et argile pour un lac), du type de roche érodée à la source, du climat ou encore de l’altitude.



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Paysage désertique dans la partie centrale du bassin du Qaidam montrant les dépôts cénozoïques à l’affleurement (© M. Jolivet)

Fig3
Sédiments grossiers à la base de la Formation de Lulehe basculés à la verticale par la tectonique récente sur la bordure est du bassin du Qaidam. Ce type de sédiment correspond à une ancienne rivière coulant au pied d’un relief (© M. Jolivet)



A ce titre, le bassin du Qaidam, situé à plus de 1000 km de l’Himalaya, dans la partie nord du Tibet, représente une archive unique de l’évolution topographique, climatique et tectonique de la bordure nord du plateau tibétain. Ce bassin est entièrement entouré de chaines de montagnes et représente donc un piège sans échappatoire pour les sédiments issus de l’érosion du plateau. Avec une accumulation d’environ 15 km d’épaisseur de sédiments cénozoïques, il est l’un des plus importants bassins sédimentaires d’Asie. L’équipe s’est concentrée sur l’étude des sédiments cénozoïques les plus anciens déposés dans le bassin, connus sous le nom de Formation de Lulehe (« Rivière de Lule »), datée du début de l’Eocène (~55 Ma), soit du tout début de la collision entre l’Inde et l’Asie. L’équipe a obtenu auprès de la Qinghai Oilfield Company, une compagnie pétrolière associée à PetroChina, des profiles d’imagerie sismique et des échantillons de forages d’exploration répartis sur le pourtour du bassin. Ces données montrent une série de rivières s’écoulant depuis le pourtour du bassin du Qaidam vers une zone centrale formée par une plaine comportant des lacs peu profonds. Ces conclusions suggèrent donc qu’il y a 50 millions d’années, le Qaidam était une dépression fermée, relativement large et plate, entourée par des reliefs en érosion. Les failles visibles sur les profils sismiques montrent en outre que les bordures nord et est du bassin étaient soumises à des déformations tectoniques probablement à l’origine des reliefs.

Afin d’obtenir une idée de l’importance des reliefs qui entouraient le bassin au début de l’histoire cénozoïque, l’équipe a cherché à « restaurer » la forme initiale de la base du bassin. En effet, dans un contexte de compression tectonique du type de celui induit par la collision entre l’Inde et l’Asie, la croûte terrestre qui supporte les bassins sédimentaires va se déformer sous l’effet de plusieurs facteurs : la charge que représente les sédiments déposés dans le bassin va entrainer une subsidence (un déplacement vers le bas) de la croûte ; les chaines de montagnes qui croissent à proximité du bassin vont aussi, du fait du poids croissant de roche accumulées, « appuyer » sur la croûte terrestre, entrainant là aussi un mouvement vers le bas de la bordure du bassin ; enfin, la croûte, de par sa résistance mécanique à la flexure va s’opposer à cette déformation.


Fig4

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Carte de l’épaisseur des dépôts sédimentaires de la Formation Lulehe dans le bassin du Qaidam. Les forages utilisés pour décrire les sédiments sont indiqués en jaune. Les deux coupes verticales du dessous montrent la géométrie des dépôts sédimentaires cénozoïques dans leur état actuel (coupe du haut) et celle restaurée des dépôts de la Formation Lulehe il y a 50 Ma


En se basant sur les données de sismique et sur plusieurs types de modèles mécaniques de déformation de la croûte terrestre, l’équipe a montré qu’au moment du dépôt des sédiments de la Formation de Lulehe, la bordure nord du bassin du Qaidam, qui représente l’extrême nord du plateau tibétain, était déjà formée par une chaine de montagnes élevées. Au sud du bassin, la chaine du Kunlun existait déjà mais était située plus au sud que sa position actuelle.

Cette étude démontre que la topographie du Tibet avant la collision entre l’Inde et l’Asie était déjà complexe, comportant des montagnes élevées. La bordure nord du plateau, située il y a 50 Ma à au moins 1500 km de la zone de collision s’est déformée tectoniquement dès le début de l’affrontement entre les deux plaques, augmentant l’altitude des chaines de montagnes pré-existantes et perturbant probablement très tôt la circulation atmosphérique et donc le climat régional.


Référence
Cheng, F., Garzione, C. N., Jolivet, M., Guo, Z., Zhang, D., Zhang, C., & Zhang, Q. (2019). Initial deformation of the northern Tibetan Plateau: Insights from deposition of the Lulehe Formation in the Qaidam Basin. Tectonics, 38. https://doi.org/10.1029/2018TC005214



Contact OSUR
Marc Jolivet (Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (multiCOM OSUR) / @


Quand deux génomes se rencontrent : histoire évolutive des deux sous-génomes d’une espèce polyploïde, la capselle bourse-à-pasteur


 AHLeGall    28/02/2019 : 14:16

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ARTICLE DANS PLoS GENETICS

Sylvain Glémin (ECOBIO) est co-auteur dans PLoS Genetics d'une étude publiée en février 2019 qui retrace l’histoire évolutive des deux sous-génomes de la capselle bourse-à-pasteur (Capsella bursa-pastoris, Brassicaceae) basée sur l'analyse de la diversité génétique et les variations d’expression de ses gènes.


Au cours de leur cycle de reproduction, les eucaryotes alternent entre une phase haploïde (où le génome est en une seule copie) et une phase diploïde (où le génome est en deux copies). Les individus diploïdes sont issus de la fécondation de deux gamètes haploïdes et possède donc deux jeux de chromosomes, en provenance de chacun des parents. Le mécanisme de la méiose permet de reformer des cellules haploïdes en séparant équitablement les deux jeux de chromosomes. Certaines espèces cependant possèdent plus de deux copies de leurs chromosomes. On parle d’espèces polyploïdes. Si le nombre de copies est un multiple de deux, l’alternance entre méiose et fécondation peut se produire normalement et les espèces peuvent donc parfaitement se reproduire. La polyploïdie est particulièrement fréquente chez les plantes et beaucoup d’espèces sont d’origine allopolyploïde, c’est-à-dire issue de l’hybridation entre deux espèces différentes associée à une duplication du génome. Malgré l’importance de la polyploïdie chez les plantes, l’évolution de deux génomes une fois qu’ils se retrouvent au sein d’un même organisme reste encore mal connue. Est-ce que leur évolution dépend des différences initiales entre les espèces parentales ? Comment sont-ils affectés par leur histoire commune ? Ont-ils tendance à diverger ou converger suite à leur mise en commun ?

Dans une étude publiée en février 2019 dans la revue PLoS Genetics en collaboration entre l’équipe « Evolution, Génome, Adaptation » (Sylvain Glémin), l’université d’Uppsala (Suède) et l’université de Toronto (Canada), l’histoire évolutive des deux sous-génomes de la capselle bourse-à-pasteur (Capsella bursa-pastoris, Brassicaceae) a été étudiée en analysant la diversité génétique et les variations d’expression des gènes. La capselle bourse-à-pasteur est une espèce polyploïde assez récente (~100 000 ans) et une « mauvaise herbe » très commune, répandue dans toute l’Eurasie (et plus récemment en Amérique du nord et en Australie). Une particularité intéressante de cette espèce est que les deux espèces parentales ont des caractéristiques contrastées : C. grandiflora est une espèce allofécondante extrêmement diverse génétiquement avec une distribution géographique limitée au nord de la Grèce, alors que C. orientalis est une espèce autofécondante, génétiquement très uniforme avec une large aire de distribution en Asie centrale.

Cette étude a montré qu’après environ 100 000 générations de coexistence au sein de la même espèce, les deux sous-génomes ont gardé une partie des différences initiales présentes entre les espèces parentales. Par exemple, le sous-génome dérivé de l’espèce autofécondate C. orientalis ayant la plus grande quantité de mutations délétères dans son génome a continué à accumuler plus de mutations délétères que le génome issu de l’autre espèce. A l’inverse, le sous-génome issu de l’espèce allofécondante et très diverse est celui qui a le plus contribué à l’adaptation chez la polyploïde. Ces différences, ainsi que les différences d’expression des gènes, dépendent aussi des différentes régions géographiques étudiées. Enfin, de façon inattendue, de forts flux de gènes entre l’espèce allopolyploïde et les différentes espèces diploïdes proches ont été détectés dans les différentes régions de l’aire de répartition. Ces flux de gènes diploïdes-polyploïdes ont affecté les relations entre les différents génomes dans les différentes régions.

Cette étude illustre comment la trajectoire évolutive d’une espèce polyploïde peut dépendre à la fois de son héritage parental et des spécificités de son histoire post-polyploïdisation, en particulier des flux de gènes avec les espèces diploïdes apparentées.

Pastoris

Fig1 : Capsella bursa-pastoris


FigCapsella 

Fig 2 : Morphologie florale, relations phylogénétiques et aires de répartition des quatre espèces du genre Capsella.

 

 

Reference :

Dmytro Kryvokhyzha, Adriana Salcedo2, Mimmi C. Eriksson, Tianlin Duan, Nilesh Tawari, Jun Chen, Maria Guerrina, Julia M. Kreiner, Tyler V. Kent, Ulf Lagercrantz, John R. Stinchcombe, Sylvain Glémin, Stephen I. Wright, Martin Lascoux. 2019. Parental legacy, demography, and admixture influenced the evolution of the two subgenomes of the tetraploid Capsella bursa-pastoris (Brassicaceae). PLoS Genetics. https://doi.org/10.1371/journal.pgen.1007949

 

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