Être un chercheur reconnu ? Jugement des pairs, regard des publics, estime des proches


 AHLeGall    10/10/2019 : 15:11

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OUVRAGE

Marion Lemoine-Schonne est chercheuse au labo IODE, spécialiste du droit de l'environnement. Cette publication est le premier ouvrage de la série « Métier de chercheur·e » co-éditée par la Maison des sciences de l’homme en Bretagne et les Presses universitaires de Rennes.


Être un chercheur reconnu ? Jugement des pairs, regard des publics, estime des proches
Sous la direction de Marion Lemoine-Schonne (CNRS) et Matthieu Leprince (université de Bretagne occidentale)


Présentation de l’ouvrage

Qu’est-ce qu’un chercheur reconnu ? Quels sont les leviers et les formes de la reconnaissance en sciences humaines et sociales ? En interrogeant la condition du chercheur dans son singulier métier, qu’il soit rattaché à un organisme de recherche ou enseignant-chercheur, l’ouvrage combine de manière originale des témoignages et des analyses, invitant à la réflexivité dans un monde professionnel où la question de la reconnaissance est souvent ignorée.

>>> Pour en savoir plus >>>


Contact OSUR
Marion Lemoine-Schonne (IODE) / @


Le mégot de cigarette : petit déchet... mais grosse pollution !



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Le mégot de cigarette se propage loin de là où il a été jeté. Le filtre est composé d’acétate de cellulose : un polymère léger et donc facilement transporté par l’eau jusqu’à l'océan

A l'occasion de la Fête de la science 2019, Alice Pradel et Jean-Jacques Kermarrec (Géosciences Rennes) ont réalisé un timelapse de 30 secondes pour mettre en évidence la pollution de 5 mégots de cigarette dans 0,5 litres d'eau (la vue accélérée résume 4 heures en 30 secondes). La vidéo a servi de support d'animation pour un stand OSUR/Géosciences lors du Village des sciences aux Champs Libres à Rennes intitulé " Que deviennent nos polluants ?" (4-5-6 octobre 2019).



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Les chercheurs dissèquent les mégots


Le mégot de cigarette et son impact environnemental fait désormais l'objet d'études scientifiques, notamment à l'OSUR : Julien Gigault (Géosciences Rennes, équipe Nano-BioGéochimie), spécialiste des pollutions environnementales par les nanoparticules, a publié en 2018 dans la revue Chemosphere un article intitulé "Nano-litter from cigarette butts: Environmental implications and urgent consideration".

Résumé :
En termes de nombre de "morceaux", de particules, rejetés directement dans l'environnement, les mégots de cigarettes sont du même ordre de grandeur que les déchets plastiques. En raison de leur petite taille et de leur utilisation sociale universelle, les mégots se retrouvent par conséquent partout, quelques soient les systèmes naturels. Or ces mégots contiennent et libèrent de très nombreux contaminants, y compris des métaux (arsenic, plomb etc.), mais également des composés organiques et des nanoparticules. L'objectif de cette étude consistait à évaluer la libération des particules à l'échelle nanométrique par lessivage à l'eau de pluie. Après sept jours d'agitation passive de mégots fumés et non fumés dans de l'eau de pluie, les solutions ont été traitées par des méthodes nano-analytiques spécifiques. L'analyse de certaines espèces métalliques (As, Pb, Cd, Cu, Ni, Ni, Cr, Co, Co, Al, Mn, Zn et Fe) montre que celles-ci sont essentiellement fixées aux particules à l'échelle nanométrique. En considérant la diffusion des nanomatériaux dans différents milieux environnementaux, les résultats suggèrent l'émergence d'une nouvelle contamination globale de l'environnement par les mégots de cigarettes, comparable à celle des déchets plastique, qu'il est donc urgent de considérer...

Référence :
Quentin Chevalier, Hind El Hadri, Patrice Petitjean, Martine Bouhnik-Le Coz, Stéphanie Reynaud, Bruno Grassl, Julien Gigault. Nano-litter from cigarette butts: Environmental implications and urgent consideration. Chemosphere, 194, 2018, 125-130, ISSN 0045-6535, doi.org/10.1016/j.chemosphere.2017.11.158


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Alice Pradel (Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Bretagne : le bocage, un refuge de la biodiversité ordinaire


 AHLeGall    09/10/2019 : 07:55

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Dossier thématique de vulgarisation sur les sites BretaniaBzh et Becedia

Si la parcellisation des terres est apparue dès l’antiquité, le bocage actuel s’accorde très rarement avec les structurations anciennes du paysage. Dès le bas Moyen-Âge, les premières formes bocagères émergent. La spécialisation vers l’élevage généralise à grande échelle la plantation des haies et la réalisation des chemins creux pour la desserte des parcelles. Le bocage n’aura alors de cesse d’évoluer au cours de l’époque moderne pour connaître sa plus grande mutation au milieu du XXe siècle. Bien qu’en régression majeure depuis les années 1950, il est encore aujourd’hui présent dans différentes régions de France et considéré comme un véritable marqueur identitaire de la Bretagne.

Ce dossier thématique est rédigé par Alain Butet (ECOBIO). Il est proposé par le site Bretania.bzh le "portail des cultures de Bretagne" et Bécédia le "site de ressources inédites sur la Bretagne et ses habitant.e.s".


Bretania


Logo Becedia



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Alain Butet (ECOBIO) / @


La vulgarisation scientifique pour aider la vie associative étudiante et la formation de terrain


 AHLeGall    04/10/2019 : 13:15

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2 OUVRAGES DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE

Philippe Boulvais, enseignant-chercheur à  Géosciences Rennes publie en 2019 deux ouvrages "Le Trésor des abysses" et "Terre de granite". Loin de toute démarche commerciale, il souhaite que les bénéfices des ventes soient reversés pour 20% à GéoContact (l'association des étudiants rennais en géologie) et pour 80% à l'organisation de stages de terrain des formations en sciences de la Terre de l'université de Rennes 1.

Le prix unitaire est de 17 euros (15 euros pièce dès 2 exemplaires commandés). Les commandes sont à passer directement auprès de GéoContact (@) ; le paiement peut se faire par chèque ou virement bancaire (l'asso donnera son RIB sur demande).



Présentation des ouvrages


Le Trésor des abysses
Le fond des océans regorge de matières premières minérales, avérées (les métaux de base comme le cuivre, le zinc, le manganèse) ou fantasmées (les Éléments de Terres Rares). Saura-t-on, devra-t-on les exploiter un jour ? La réponse tient autant de la faisabilité technologique que de la future volonté politique...
L'auteur apporte à cette question son propre éclairage en proposant non seulement d'inventorier la nature et la quantité de ces richesses mais encore d'expliquer les processus naturels qui en sont à l'origine, comme les échanges entre l'eau de mer et les roches du plancher océanique par ce qu'on appelle les circulations hydrothermales.
Couv Tresor Des Abysses Boulvais 2018




Terre de granite
Après Le Trésor des abysses, l’auteur poursuit son exploration de notre environnement terrestre. Roche d’origine magmatique, le granite est connu de tous. Les processus à son origine, l’histoire géologique qu’il enregistre, les ressources dont il regorge, matériaux et métaux, le sont moins.
La Terre elle-même est magmatique. Elle le fut entièrement à son origine, elle l’est encore dans certains sites géologiques. Le granite en est une des plus belles expressions. Et de beauté, il en est question ici, des paysages bretons aux minéraux rares et multicolores des filons de pegmatite.
Terre De Granite Couv




Philippe Boulvais a obtenu sa thèse de Doctorat en Sciences de la Terre en 1997 à l'Université de Rennes 1. Maître de conférences depuis 1999 dans cette même université, ses activités de recherche portent sur la caractérisation des interactions entre les fluides géologiques et les enveloppes rocheuses. Ses zones d'études l'entraînent aux quatre coins du monde, des Alpes à la Nouvelle-Calédonie, de la Bretagne au Burundi ...



Geocontact
A gauche, Thomas Bernard (Président de GéoContact en 2019)
A droite, Philippe Boulvais (auteur et enseignant-chercheur à Géosciences Rennes/Univ Rennes 1)


>>> Les formations en sciences de la Terre à l'université de Rennes 1 >>>


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Philippe Boulvais (Géosciences Rennes) / @


Côtes et estrans du littoral Manche-Atlantique : une archéologie entre terre et mer


 AHLeGall    04/10/2019 : 12:20

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EDITIONS DE LA MAISON DES SCIENCES DE L'HOMME

Les Nouvelles de l'archéologie prublient en juin 2019 un numéro consacré aux "Côtes et estrans du littoral Manche-Atlantique : une archéologie entre terre et mer" qui reposent en grande partie sur les contributions des membres du CReAAH (Rennes et Nantes).



Extrait :

"L'estran correspond à un espace physique, soumis au balancement des marées, à forte productivité biologique et jouant un rôle essentiel dans les écosystèmes littoraux et plus généralement marins. Sa perception a toutefois considérablement évolué en fonction de sa place dans les sociétés.
À maints égards, l'estran peut être considéré comme une construction mentale, fruit d'une très longue histoire. Jusqu'au Moyen Âge cet espace régulièrement recouvert par les marées est vécu comme le prolongement de la bande terrestre : on y fait valoir des droits sur des espaces délimités, voire parcellisés. Outre la simple collecte (poissons, algues, sel, sable, galets, amendements marins, coquillages et crustacés), l'estran porte encore la trace de multiples aménagements liés à l'exploitation à pied des ressources dont le stock paraissait illimité : ornières de charrues, pêcheries, viviers, fours, carrières, salines, marais salants. Plusieurs ruptures ont marqué cet espace : avènement de l'économie agricole au Néolithique puis de l'économie de marché et des échanges de ressources à longue distance durant l'Antiquité ; enfin, à partir de la seconde partie du Moyen Âge, développement de la pêche embarquée, constituant le début d'une mondialisation assortie d'une recherche effrénée de nouvelles ressources halieutiques liée à la surpêche des poissons d'eau douce..." (Cyrille Billard, Marie-Yvane Daire, Catherine Dupont, Olivia Hulot, Grégor Marchand)

>>> Pour en savoir plus sur "Côtes et estrans du littoral Manche-Atlantique : une archéologie entre terre et mer >>>



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Marie-Yvane Daire (CReAAH) /@


Un certificat d'excellence PEPS 2019 pour l’atelier de diagnostic en environnement et de cartographie de controverse environnementale



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Module de la licence de Géographie parcours environnement à l'université Rennes 2

Portée depuis 4 ans par Éric Collias, chargé de cours vacataire au département de Géographie de Rennes 2, cette initiative a reçu en juillet 2019 le certificat d’excellence du prix annuel PEPS mis en place par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.


Lancé en décembre 2015 par le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le prix PEPS "Passion Enseignement et Pédagogie dans le Supérieur " a pour vocation :

- de reconnaître, soutenir et promouvoir les initiatives portées par les établissements dans le champ de la transformation pédagogique ;
- de valoriser l'engagement des enseignants, des chercheurs, des équipes pédagogiques, des équipes d'appui et des étudiants dans cette dynamique au sein des établissements d'enseignement supérieur.

Pour l'édition 2019, le jury international a distingué 8 projets emblématiques des dynamiques de transformation pédagogique à l'œuvre dans les établissements, décerné 1 prix spécial du jury et 10 certificats d'excellence.


Le jury a attribué un certificat d'excellence à 10 projets reconnus pour leur grande qualité afin de marquer ainsi une reconnaissance institutionnelle forte. L'université Rennes 2 est lauréate d'un certificat d'excellence dans la catégorie "Innovation pédagogique" : l’atelier de diagnostic en environnement et de cartographie de controverse environnementale, porté par Éric Collias, invite les étudiant·e·s de troisième année de licence à se confronter au terrain. Lors d’une sortie dans la baie du mont Saint-Michel, ils·elles s’entretiennent avec différents acteurs en prise avec cet espace : scientifiques, gestionnaires territoriaux et professionnels de la production du vivant (éleveuse de moutons de “pré-salé”, président de l’appellation d’origine protégée “Moule de bouchots”...).

>>> Pour en savoir plus : Prix PEPS 2019 : l’atelier de diagnostic en environnement et de cartographie de controverse environnementale distingué >>>



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Éric Collias / @

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Simon Dufour (LETG-Rennes) / @


Variabilité spatiale des densités de fractures géologiques naturelles



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ARTICLE DANS ADVANCES IN GEOSCIENCES

Etienne Lavoine est actuellement en doctorat sous convention CIFRE entre « ITASCA Consultants SAS » et le laboratoire Géosciences Rennes de l'OSUR, co-encadré par l’entreprise suédoise SKB. Sa recherche se concentre sur la modélisation cinématique et mécanique de réseaux complexes de fractures à l’échelle du massif rocheux (process-based Discrete Fracture Network). Il publie en septembre 2019 dans le revue Advances in Geosciences un article intitulé "On the Density Variability of Poissonian Discrete Fracture Networks, with application to power-law fracture size distributions" avec Philippe Davy (Géosciences Rennes), Caroline Darcel et Romain Le Goc (ITASCA), au sein du LabCom fractory.


Les fractures géologiques naturelles sont d’un intérêt majeur dans de nombreux projets industriels (ressources énergétiques, ressource en eau, stockage de déchets radioactifs…), car leur densité modifie fortement les propriétés hydrogéologiques et mécaniques de la roche. Du fait de leur complexité géométrique et du caractère multi-échelle des réseaux de fractures naturelles, la plupart des processus physiques liés aux milieux fracturés doivent être considérés en trois dimensions. Malheureusement, les données géologiques tridimensionnelles sont généralement peu accessibles. Des données de dimensions inférieures permettent cependant de caractériser le milieu en termes de densités de fractures (intersection de puits en 1D, traces de fractures à l’affleurement en 2D). Si de nombreuses études stéréologiques (Terzaghi 1965, Wang 2005) ont été effectuées pour prédire la densité moyenne de fractures en 3D (p32 : surface totale de fracture par unité de volume) à partir de données 1D (p10 : nombre d’intersections par unité de longueur de puit), ce n’est pas le cas de la variabilité spatiale associée à ces densités. Considérant une infrastructure d’échelle s, l’analyse stéréologique classique propose de quantifier le p32 moyen mais pas l’incertitude liée à cette mesure à l’échelle s (Figure 1).




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Figure 1: L’analyse stéréologique des données 1D et 2D des densités de fractures nous donne une idée de la densité en 3D, mais pas de sa variabilité à l’échelle s



Les modèles DFN (Discrete Fracture Network) nous permettent de simuler des géométries de réseaux de fractures naturelles en trois dimensions, à partir des analyses statistiques des données de terrain. Dans sa représentation la plus simple, chaque fracture est considérée comme un évènement indépendant, et dont les positions sont réparties uniformément dans l’espace (Baecher et al. 1977; Dershowitz and Einstein 1988). Dans cette étude, les chercheurs proposent des solutions analytiques pour quantifier la variabilité spatiale des densités de fractures associée à ces DFNs stochastiques, notamment en trois dimensions ; en considérant une distribution des longueurs de fractures en loi de puissance, caractéristique des milieux naturels (Bonnet et al. 2001, Odling 1997). Ces solutions analytiques sont vérifiées numériquement (Figure 2). Les auteurs de l'étude montrent que la variabilité spatiale des densités de fractures dépend fortement de l’échelle d’étude et de la distribution des longueurs des fractures, mais pas de la distribution de leurs orientations. Ces solutions, développées pour des réseaux purement stochastiques, peuvent donc être utilisé comme référence pour estimer la variabilité spatiale des densités de fractures en trois dimensions à partir des mesures de terrain en une ou deux dimensions.

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Figure 2 : a) Exemple de DFN stochastique en 3D, b) Solutions analytiques (tirets) et résultats numériques (points) concernant la variabilité spatiale (lacunarité) du p32 pour différentes distributions des longueurs (loi de puissance d’exposant a)



Référence
Lavoine, E., Davy, P., Darcel, C., and Le Goc, R.: On the Density Variability of Poissonian Discrete Fracture Networks, with application to power-law fracture size distributions, Adv. Geosci., 49, 77–83, https://doi.org/10.5194/adgeo-49-77-2019


>>> En savoir plus sur le LabCom fractory hébérgé à l'OSUR >>>




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Etienne Lavoine (Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Les eaux souterraines côtières face aux changements planétaires et sociétaux : le projet COQUEIRAL présenté à l'ONU


 AHLeGall    26/09/2019 : 12:50

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Le projet COQUEIRAL a été sélectionné avec 15 autres pour illustrer le recueil « Recherche française, Succès, Science de la durabilité »

Le projet COQUEIRAL a été sélectionné avec 15 autres pour illustrer le recueil « Recherche française, Succès, Science de la durabilité » qui a été présenté par le président d’AllEnvi devant l’Assemblée générale des Nations-Unies qui s'est ouvert le 24 septembre 2019 à New York. Pilotée par le BRGM, c'est une étude menée à Récife au Brésil avec des hydrologues (Géosciences Rennes, université de Rennes 1, CNRS), des sociologues et des anthropologues : elle s'est intéressée à la ressource en eau dans un contexte de très forte pression anthropique. Les chercheurs ont montré comment l'eau souterraine, qui avait gardé la mémoire de la dernière glaciation, était menacée par l'exploitation en surface minée par les pratiques et l'absence de politique de gestion.



Le contexte scientifique et politique

Alors que la population mondiale devrait atteindre huit milliards et demi d’êtres humains en 2030, il demeure possible d’éliminer la pauvreté et de promouvoir le bien-être de l’humanité. Pour y parvenir, un changement profond et urgent s’avère cependant indispensable dans les relations entre l’Homme et la nature, ainsi qu’une réduction significative des inégalités sociales et de genre, entre les pays et à l’intérieur de ceux-ci. Telles sont les conclusions du Rapport global sur le développement durable (GSDR), remis à António Guterres le 11 septembre, et qui a été présenté au Sommet des Nations Unies sur le développement durable, les 24 et 25 septembre 2019 à New York.

Intitulé « Le futur, c’est maintenant : la science au service du développement durable », ce rapport rédigé par un groupe de scientifiques indépendants, parmi lesquels Jean-Paul Moatti, PDG de l’IRD et Président de l’Alliance nationale de recherche pour l’environnement (Allenvi), a été rendu public le 11 septembre.

>>> Pour en savoir plus sur le Rapport global sur le développement durable (GSDR) « Le futur, c’est maintenant : la science au service du développement durable » >>>

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La sortie de ce rapport de portée universelle a été l'occasion pour Jean-Paul Moatti de tirer la sonnette d’alarme : l’agenda 2030 n’est pas tenu. Pourtant nous connaissons la clé pour avancer : il s'agit de renforcer la Sustainability science, une science interdisciplinaire au service du développement durable.

C'est donc dans ce cadre général que Jean-Paul Moatti a souhaité éditer un livret « Recherche française Succès science de la durabilité » pour mettre spécifiquement en avant la recherche Française dans le domaine des « Sustainability Sciences (SS) », dont le projet COQUEIRAL.

>>> Pour en savoir plus sur lire : Jean-Paul Moatti (IRD) : "Il faut imposer une science de la durabilité" >>>




Présentation du projet COQUEIRAL


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La présentation du projet COQUEIRAL illustre l'article publié dans STOTEN en mars 2018 :
Emmanuelle Petelet-Giraud, Lise Cary, Paul Cary, Guillaume Bertrand, Armelle Giglio-Jacquemot, Ricardo Hirata, Luc Aquilina, Lincoln Muniz Alves, Veridiana Martins, Ana Maria Melo, Suzana Montenegro, Eliot Chatton, Melissa Franzen, Axel Aurouet. Multi-layered water resources, management, and uses under the impacts of global changes in a southern coastal metropolis: When will it be already too late? Crossed analysis in Recife, NE Brazil. Science of The Total Environment,
Volume 618, 2018, 645-657,doi.org/10.1016/j.scitotenv.2017.07.228.


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>>> Pour en savoir plus : La qualité et l'âge des eaux souterraines de la région métropolitaine de Recife (Brésil) >>>

Septentrion





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Luc Aquilina (Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


La "planche à voile" de l'OSUR... sur la Sélune


 AHLeGall    25/09/2019 : 14:14

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Jeudi 12 septembre, des chercheurs de l'OSUR partent en mission. Bon... les apparences sont trompeuses, mais on assume complètement !

OK, les apparences sont clairement contre nous ! Et pourtant, les collègues ne sont pas en partance pour le littoral de Guidel dans le Morbihan (encore que... certains y ont leurs habitudes), mais plutôt pour la Sélune, charmant petit fleuve côtier qui se jette dans la baie du Mont-Saint-Michel et qui fait l'objet d'un suivi scientifique par plusieurs labos de l'OSUR.

La "planche à voile" de l'OSUR mérite donc des explications, voire des justifications...



Mais avant de commencer, un peu d'histoire

Le département de la Manche compte deux aménagements hydrauliques situés sur la Sélune. Le plus important se trouve à Isigny-le-Buat (Vezins) construit entre 1929 et 1932 et le second, plus modeste et plus en aval, à la Roche-qui-Boit (à Saint-Laurent-de-Terregatte) construit un peu plus tôt entre 1915 et 1920.
278 m de long et 36 m de haut, le barrage de Vezins est huit fois plus puissant que celui de la Roche-qui-Boit. Ces deux ouvrages produisaient de l’électricité pour EDF. En 2009, le gouvernement décide de procéder à l'arasement des deux barrages dans le cadre du plan de restauration de la continuité écologique des cours d’eau, car ils empêchent la circulation des poissons migrateurs. Après moult péripéties (lire à ce sujet "Barrages de la Sélune : Zoom pour mieux comprendre le « feuilleton"), en 2018, les vidanges des retenues sont effectives et le préfet de la Manche autorise les travaux de déconstruction du barrage de Vezins et le démantèlement du barrage de La-Roche-Qui-Boit. De fait, le lac de Vezins a déjà disparu, et en attendant la mise en oeuvre des arasements proprement dit (car le projet ne fait pas l'unanimité et l'association "les Amis du barrage" se bat sur le terrain judiciaire), les scientifiques ont 15 ans pour étudier cet écosystème chamboulé, aussi bien d'un point de vue écologique qu'hydrologique...



Un peu de sciences maintenant, revenons à notre "planche à voile"

La fine interface sédimentaire séparant la rivière de l’aquifère, appellée zone hyporhéique, est un véritable réacteur naturel. Soumise aux flux sédimentaires, la perméabilité de cette zone dépend fortement du colmatage par les fractions fines de sédiments transportés par la rivière. Dans la Sélune, la vidange des barrages de Vézin et de La Roche-qui-Boit est en train de libérer d’important volumes de sédiments qui ont déjà participé à augmenter la turbidité en aval.

Comme il est extrèmement difficile de quantifier la perméabilité des lits de rivières de façon spatiale et non-invasive, les scientifiques de l'OSUR - dont Joris Heyman (Géosciences Rennes) - souhaitent donc caractériser l’état avant arasement des barrages du lit de la Sélune grâce à une antenne électro-magnétique de 4 mètres de long montée sur une planche à voile. Ce montage permet d'enregistrer en continu la conductivité du lit de la rivière, depuis sa source jusqu'à l'exutoire, et de fait de distinguer les zones perméables et les zones colmatées.

Cette étude est menée grâce aux projets LEARN (Agence de l'eau Seine Normandie), HOTFLUX (EC2CO) et SUCHY (ARED+CNRS).



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A gauche, Boris Jose Lora Ariza, étudiant colombien (en thèse à la National University of Colombia, invité à Géosciences Rennes pour quelques mois) ; à droite, Joris Heyman (septembre 2019)



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Le barrage de Vezins (juillet 2019) : la végétation reprend ses droits quelques mois après la vidange de la retenue d'eau



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La Sélune juste en amont du barrage de Vezins (juillet 2019) : la lisière des arbres délimite la rive de l'ancienne retenue d'eau



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Alain Crave et Boris Jose Lora Ariza débarquent le matériel (septembre 2019)



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Boris Jose Lora Ariza en pleine expérimentation (septembre 2019)



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Alain Crave et Boris Jose Lora Ariza les pieds dans l'eau, car il faut bien se mouiller de temps en temps !



>>> Pour en savoir plus : Comment savoir si une nappe phréatique alimente un cours d'eau, ou si c'est l'inverse ? >>>
Les étudiants du master 2 Sciences de l'eau (parcours Hydro3) de l'université de Rennes 1 (OSUR) vous expliquent cela : un TP sur le terrain comme si vous y étiez, instrumentation à l'appui, sur la Sélune, en octobre 2018 ! (vidéo de 2mn40)



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La vigne en Bretagne sous observation climatique


 AHLeGall    23/09/2019 : 11:56

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Des projets de plantation (ou replantation) de vigne se multiplient sur le territoire breton

Bien que des vignes aient existé sur le territoire breton dans le passé, la Bretagne n’est pas considérée comme un territoire viticole à l’échelle nationale. Elle se situe au nord de la limite traditionnelle (climatique) de la culture de la vigne en France. Avec le réchauffement global, cette limite climatique remonte vers des latitudes plus septentrionales et les projets de plantation (ou replantation) de vigne se multiplient sur le territoire breton (carte ci-dessous) ou sur des territoires plus au nord de la France et de l’Europe.


Sept2019

Les chercheurs climatologues du LETG-Rennes à l’Université Rennes 2 sont ainsi sollicités depuis plusieurs années par des professionnels, des associations, des privés ou des collectivités territoriales pour mener des études climatiques sur des parcelles de vignes existantes ou sur des parcelles de vignes anciennes ou nouvelles en projet de (re)plantation, en complément d’études des sols pour une meilleure connaissance de l’environnement naturel de leurs parcelles. Les analyses climatiques visent à identifier i) le potentiel climatique des futures parcelles (qu’elles aient été plantées de vignes dans le passé ou nouvellement identifiées pour de la vigne) et ii) la variabilité spatio-temporelle des températures au sein des parcelles plantées récemment ou depuis plusieurs années. Pour répondre aux attentes des différents acteurs sur le territoire, plusieurs stations météorologiques et capteurs thermiques ont été installés dans les vignes de Bretagne (photos ci-dessous). Le projet de recherche s’inscrit dans le prolongement d’un projet LIFE (LIFE-Adviclim porté par l’UMR 6554 LETG du CNRS Université Rennes 2 sur l’adaptation de la viticulture au changement climatique à l’échelle de l’exploitation viticole)


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La vague de chaleur que la France et l’Europe ont subi cet été a ainsi pu être mesurée dans les vignes de Bretagne. Une température de 38°C a par exemple été enregistrée le 23 juillet 2019 dans une parcelle du Val de Rance (graphique ci-dessous).


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Des résultats seront présentés lors du 33ème colloque de l’Association Internationale de Climatologie (AIC) qui se tiendra à Rennes en juillet 2020 et dont la thématique est « changement climatique et territoires ». Un vignoble, récemment planté en Val de Rance y fera l’objet d’une visite (https://aic2020rennes.sciencesconf.org/). D’autres résultats seront présentés à un symposium international de viticulture au Canada (International Cool Climate Symposium July 2020 ; http://iccws2020.ca/). Des articles sont en préparation pour publication dans des revues scientifiques.



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Valérie Bonnardot (LETG-Rennes) / @
Hervé Quénol (LETG-Rennes) / @
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