Lancement de "Landscapes Live"


 AHLeGall    29/05/2020 : 07:17

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Cycle international hebdomadaire de séminaires en ligne et en géomorphologie

Philippe Steer (université de Rennes 1, Géosciences Rennes), en partenariat avec des collègues des universités de Aarhus (Danemark), Potsdam (Allemagne), Grenoble-Alpes (France), lance l'initiative d'un cycle international hebdomadaire de séminaires en géomorphologie, exclusivement en ligne et en anglais (bien sûr !) : "Landscapes Live" est une première internationale dans cette discipline, conséquence directe des contraintes de confinement en lien avec la pandémie.

Le cycle commence dès le 04/06 par une conférence d'Anneleen Geurts (University of Bergen).


Plus d'infos (programme, inscription, connexion)

Site OSUR
Philippe Steer OSUR Seminars Online



Blog EGU / European Geosciences Union
Philippe Steer EGU Seminars Online





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Philippe Steer (Géosciences Rennes) / @


« De l'ADN dans les mégalithes »



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ARTICLE DANS SCIENCE ADVANCES

Mais qui étaient vraiment les bâtisseurs des mégalithes ? Une étude publiée dans Science Advances en mai 2020, pilotée par Maïté Rivollat (Max Planck Institute for the Science of Human History) dans laquelle on retrouve notamment Luc Laporte (CNRS, CReAAH/OSUR) et Emmanuel Ghesquière (INRAP, CReAAH), met en évidence que certains des bâtisseurs de mégalithes, au Néolithique dans l'ouest de la France, présentaient quelques très lointains ancêtres parmi les populations qui fréquentaient les grottes ornées, au Paléolithique supérieur.

L'arrivée des premiers agriculteurs et éleveurs en Europe s'accompagne d'abord par un large renouvellement de population, avec généralement de l'ordre de 5 à 10% seulement du patrimoine génétique de précédents chasseurs-cueilleurs transmis au sein des groupes humains du Néolithique. à l’ouest du Rhin toutefois, les individus néolithiques sont porteurs de proportions plus importantes de cette composante, et plus encore pour certaines des populations qui vivaient alors sur les rives de la Méditerranée, dans le sud de la France. En Normandie, au cours du 5e millénaire av. n.è., les bâtisseurs des tous premiers monuments funéraires rendent compte de cette mixité entre populations néolithiques et derniers chasseurs cueilleurs, qui pourrait trouver sa source au sein même du processus de néolithisation. Sur la façade atlantique de la France, les bâtisseurs de mégalithes présentent une plus grande diversité génétique encore, avec des traits déjà présents dès le paléolithique supérieur et qui entre-temps semblent s'être maintenus sur la Péninsule ibérique notamment. Ils présentent également une plus grande proximité génomique avec les populations du Néolithique en Irlande, contrairement à celles qui vivaient alors en Angleterre ou en Ecosse.



Luc Laporte Sciences Advances Mai2020



En Europe, de récentes études génomiques à grande échelle avaient montré combien la propagation de l’agriculture a été l'œuvre de groupes pionniers, alors que les études régionales mettent en lumière toute la diversité de processus plus complexes de mixité entre ces nouveaux arrivants et de précédents groupes de chasseurs-cueilleurs autochtones. Dans un premier temps, ces études suggèrent assez peu de mélanges entre les premiers agriculteurs entrants et les populations de chasseurs-cueilleurs déjà établis localement, pour toutes les régions précédemment ciblées. Une augmentation de l’ascendance issue des groupes de chasseurs-cueilleurs au sein des populations des populations d'éleveurs et d'agriculteurs ne semblait intervenir qu'un peu plus tard au cours du Néolithique.

Cette nouvelle étude se propose de décrypter le génome de près d'une centaine d'individus du Néolithique, répartis sur 12 sites archéologiques en France et dans l'ouest de l'Allemagne, et de trois autres qui appartiennent à la période précédente du Mésolithique. La France moderne avait jusque là fait l'objet d'assez peu d'études de ce type, bien que ce soit une région clef à l'échelle de l'Europe. S'y croisent alors les membres de premières communautés agricoles en provenance d'Europe centrale avec d'autres issues de voies de colonisation qui suivent les rives de la Méditerranée, tous confrontés à des formes d'interactions variables avec les derniers représentants de communautés de chasseurs-cueilleurs déjà installées de longue date. Dans l'ouest de la France, leurs descendants furent de ceux qui édifièrent parmi les premiers mégalithes et monuments funéraires en Europe occidentale.

Deux sites de l'ouest de la France ont plus particulièrement retenu l'attention des auteurs au sein de cette étude qui sont ceux du tumulus C de Péré à Prissé-la-Charrière, dans les Deux-Sèvres, et de la nécropole de structures de type Passy de Fleury-sur-Orne, dans le Calvados. L'une des chambres mégalithiques scellée sous le tumulus C de Péré avait déjà livré de précieuses informations sur l'ADN mitochondrial pour plusieurs individus déposés en son sein, ce qui cependant ne renseignait que sur l'ascendance matrilinéaire. De nouvelles analyses révèlent ici l'ensemble du génome pour trois de ces individus (ADN nucléaire). A Fleury-sur-Orne, pour une chronologie tout juste un petit peu plus ancienne de quelques centaines d'années, le dispositif architectural est un peu différent car ceinturé par de très longs fossés périphériques et avec des défunts enterrés sous le niveau du sol. Le génome de neuf individus est présenté dans le cadre de cet article.

Il n'est pas toujours très facile de distinguer sur le plan biologique les premiers agriculteurs issus de voies de colonisation pourtant bien différentes et disposant de bagages culturels également parfaitement dissociés, le long de la vallée du Danube d'une part ou sur les rives de la Méditerranée d'autre part, en raison d’une période de temps très courte à l’échelle biologique qui n’a pas permis cette différenciation entre les deux courants. En revanche, les différentes populations de chasseurs-cueilleurs déjà présentes sur ces territoires, qui disposent chacune d'une histoire propre ici établie sur la très longue durée, s'individualisent plus nettement entre elles à l'échelle du continent. Le patrimoine génétique de celles alors présentes dans l'ouest de la France reste somme toute encore assez mal connu.

Les neuf individus étudiés à Fleury-sur-Orne rendent compte de tels brassages de populations. Ces derniers sont plus accentués au sein des établissements du courant Rubané situés à l'ouest du Rhin. A Fleury-sur-Orne, comme pour d'autres sites globalement contemporains du Bassin parisien tel celui de Gurgy, ce pourrait-être aussi le fruit de contacts établis bien en amont avec le sud de la France, notamment par le biais de la vallée du Rhône. A Pendimoun, comme aux Bréguières, la part de matériel génétique issu des populations de chasseurs-cueilleurs est en effet beaucoup plus importante que partout ailleurs. Plus tard, on retrouvera également de telles composantes au sein des toutes premières populations agricoles en Angleterre et en Ecosse, ce qui tend à confirmer l'arrivée de nouvelles populations issues notamment de la moitié nord de la France.

Les trois individus étudiés à Prissé-la-Charrière marquent une plus grande diversité encore des différentes composantes qui furent alors impliquées. Ce groupe dispose d'un patrimoine génétique distinct de celui qui, en l'état des connaissances, semble le plus fréquemment répandu en Europe de l'Ouest parmi les derniers groupes de chasseurs-cueilleurs. Egalement reconnu dans le nord et l'ouest de la Péninsule ibérique, il s'apparente à celui de populations déjà présentes en Europe dès la période magdalénienne, au Paléolithique supérieur. Par ailleurs, et un peu plus tard sur la façade atlantique de l'Europe, une autre voie de diffusion de l'agriculture et de l'élevage jusque dans les îles britanniques semble être passée par la Mer d'Irlande. C'est là que furent construits sur chacune de ses rives opposées la plupart des mégalithes, absents de zones plus orientales. Le patrimoine génétique des populations néolithiques en Irlande semble effectivement plus proche de celui représenté par les trois individus étudiés à Prissé-la-Charrière que de ceux du Bassin parisien.

L'intérêt de cette étude est donc de confronter les données biologiques correspondant aux génomes d'individus décédés au cours du Néolithique, avec celles - plus classiques en Archéologie - provenant de l'étude des vestiges matériels que ces populations nous ont laissés. Le peu d'études précédemment réalisées en France sur ce sujet en faisait un secteur clef à l'échelle de l'Europe. Parmi les apports ainsi engrangés, elle contribue à renouveler nos connaissances sur les populations qui ont édifié parmi les plus anciens mégalithes et monuments funéraires sur la façade atlantique de l'Europe comme dans l'ouest de la France.

Pour plus d'informations, veuillez contacter l'auteur principal, le Dr Maïté Rivollat (Chercheur ostdoctoral, projet  INTERACT (ANR/DFG) - Université de Bordeaux, PACEA, France - UMR 5199 / Department of Archaeogenetics, Max Planck Institute for Science of Human History, Allemagne) : @



Référence
M. Rivollat, C. Jeong, S. Schiffels, İ. Küçükkalıpçı, M.-H. Pemonge, A. B. Rohrlach, K. W. Alt, D. Binder, S. Friederich, E. Ghesquière, D. Gronenborn, L. Laporte, P. Lefranc, H. Meller, H. Réveillas, E. Rosenstock, S. Rottier, C. Scarre, L. Soler, J. Wahl, J. Krause, M.-F. Deguilloux, W. Haak, Ancient genome-wide DNA from France highlights the complexity of interactions between Mesolithic hunter-gatherers and Neolithic farmers. Sci. Adv. 6, eaaz5344 (2020).



Contact OSUR
Luc Laporte (CNRS, CReAAH) / @
Emmanuel Ghesquière (INRAP, CReAAH) / @


Des rivières sous surveillance : état des lieux et perspectives des approches par télédétection à l’heure de l'Anthropocène



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ARTICLE DANS EARTH SURFACE PROCESSES AND LANDFORMS

Les hydrosystèmes ont connu des changements accélérés au cours de l'Anthropocène, et doivent être gérés à des échelles spatiales et temporelles beaucoup plus larges qu'auparavant. La télédétection offre un cadre méthodologique et technique qui peut être déployé pour surveiller les processus à l'œuvre au sein de ces hydrosystèmes et pour évaluer leurs trajectoires. Cet article publié dans Earth Surface Processes and Landforms auquel a participé Simon Dufour (LETG-Rennes) passe en revue les recherches menées sur les conditions et les processus passés, présents et futurs des corridors fluviaux qui mobilisent la télédétection et examine les défis auxquels est confrontée la recherche sur les cours d'eau et les zones riveraines.

 

Au sein de l’ensemble des méthodes de télédétection conçues pour diagnostiquer les hydrosystèmes des exemples viennent illustrer les développements récents en matière de caractérisation des morphologies, des processus hydrosédimentaires et biogéomorphologiques, de couplages entre données de télédétection et modélisation des paysages fluviaux.

Cet article présente également les développements récents en matière de données disponibles, d’échelles spatio-temporelles de caractérisation, d’outils de traitement de données spatiales et mise en ligne de plate forme de données et de traitement des images.

Enfin, dix éléments de perspectives pour la télédétection des rivières à l’heure l'Anthropocène sont discutés :

  1. Exploration plus en approfondie des données existantes,
  2. Fusion des sources de données et des échelles d'analyse pour obtenir de nouvelles informations,
  3. Développement d’informations à haute résolution temporelle pour alimenter les politiques publiques en matière de gestion de l'eau,
  4. Mise en œuvre des modèles à large échelle débouchant sur la caractérisation des bassins versants à l'échelle continentale ou mondiale,
  5. Développement du suivi en temps réel à partir de capteurs au sol,
  6. Exploration de nouvelles frontières en matière de capacité de la télédétection à renseigner un panel toujours plus large de processus et de structures,
  7. Développement d’observatoires scientifiques interdisciplinaire et à long terme au sein desquels les données de télédétection sont partagées, gérées, mobilisées et archivées,
  8. Partage des données et des outils de traitement en ligne,
  9. Utilisation des données issues de la télédétection pour réexplorer les théories décrivant le fonctionnement biophysique des systèmes fluviaux, et
  10. Promotion d’une approche critique des pratiques de la télédétection.

 

Une large gamme d'outils à disposition

 

Simon Dufour ESPL Dec2019 Drone
Exemple de plateformes utilisées par des équipes scientifiques pour acquérir des images hyperspatiales : (A) octocoptère ; (B) hexacoptère équipé d'une antenne RFID active ; (C) trike ultraléger équipé de caméras RGB et thermiques ; (D) hélicoptère de contrôle sans pilote. (Sources : A, Franck Perret ; B, Mathieu Cassel ; C, Baptiste Marteau ; et D, Kristell Michel).

 

 

Deux exemples d'application

Simon Dufour ESPL Dec2019 Selune
Carte des types de végétation riparienne (ripisylve) obtenue à partir des données LiDAR et des modèles morphologiques des arbres (rivière Sélune, ouest de la France). La morphologie de la couronne des arbres et les indicateurs de structure interne ont été calculés à partir des nuages de points 3D de deux études (été et hiver ; n = 144 indicateurs) et les indicateurs les plus discriminants ont été sélectionnés à l'aide d'une analyse discriminante permettant de réduire le nombre d'indicateurs à moins de 10 indicateurs pertinents. Les indicateurs sélectionnés ont été utilisés comme variables pour la classification en utilisant une approche de machine learning. La précision globale va de 80 % pour trois genres à 50 % pour huit genres. Avec huit genres, l'identification reste un défi, car pour une couronne d'arbre, les pixels prédits peuvent être mélangés. (Tiré de Laslier et al. , 2019a.)

 

 

 

 

Simon Dufour ESPL Dec2019 Fig3 Debris Bois
(A) Procédure de détection de bois à l'aide d'une caméra vidéo dans l'Ain, France. Les images montrent la région d'intérêt (ROI) basée sur une détection visuelle du bois comprenant la mesure de la date et de l'heure à partir de l'horodatage, la localisation précise des points d'extrémité et de côté pour définir la longueur, le diamètre et la première position de la pièce, et la définition de la deuxième position après avoir avancé un nombre d'images déterminé par l'utilisateur pour permettre le calcul de la vitesse et de la vitesse angulaire. (B) Hydrogramme des inondations et flux de bois estimé sur la base des enregistrements vidéo pendant l'événement du 10 au 13 avril 2008. (C) Régimes de transport du bois caractérisés à l'aide de la vidéo ; les petites images montrent la même section de rivière (North Creek, USA) à différents moments (t), à différentes profondeurs d'eau (h) et à différentes profondeurs de flux de bois (z) ; dw, diamètre de la pièce de bois ; k, coefficient > 1

 

 

La recherche en télédétection est essentielle pour relever l'un des principaux défis de l'Anthropocène : comprendre et gérer la relation entre la société et l'environnement. Les données de terrain ne suffisent pas à elles seules pour aborder les questions géomorphologiques et biologiques complexes, mais l'inverse (la télédétection sans données de terrain pour la validation et l'observation in situ) est également vrai. Ainsi, si les biologistes et les géomorphologues doivent encore passer du temps sur le terrain pour observer la complexité des processus et des structures, une compréhension plus « globale » de socio-écosystèmes peut néanmoins émerger de l’analyse d'images. Les données issues de la télédétection permettent de mieux comprendre la variabilité spatiale des formes et des processus comme jamais auparavant – que ce soit de l'échelle de la section transversale d’un cours d’eau à celle d’un réseau fluvial entier. Cependant, même avec des quantités de données toujours plus volumineuses, les spécialistes des rivières doivent encore formuler des questions scientifiques pertinentes, validées par des mesures sur le terrain, à des échelles spatiales et temporelles pertinentes, et savoir interpréter les données.

La télédétection n'est plus seulement un outil scientifique : c’est aussi un outil de gestion, avec un ensemble de données et de techniques pour appuyer les gestionnaires de rivières, à l'échelle locale et/ou à celle d’un bassin. Les spécialistes des rivières doivent donc aller au-delà du simple développement méthodologique (eurêka, ça marche !) en partageant des outils, en transférant des connaissances et en développant une compréhension critique du lieu, de la manière et du moment où les méthodes peuvent être incorporées avec précision dans une démarche appliquée de la géomorphologie. Mieux que par le passé, la télédétection peut être utilisée pour aider à mettre en œuvre et à surveiller les mesures de gestion, à identifier des points critiques, des points de basculement, les trajectoires futures, les pressions anthropiques et leurs effets. La convergence des observations de terrain avec les informations de la télédétection nous permettra de comprendre les rivières de l'Anthropocène et d'identifier les meilleurs scénarios de gestion pour leur (et notre) avenir.

 

 

 

Référence
Piégay, H., Arnaud, F., Belletti, B., Bertrand, M., Bizzi, S., Carbonneau, P., Dufour, S., Liébault, F., Ruiz‐Villanueva, V., and Slater, L. ( 2020) Remotely sensed rivers in the Anthropocene: state of the art and prospects. Earth Surf. Process. Landforms, 45: 157188. doi.org/10.1002/esp.4787

 

 

Pour en savoir plus

La végétation riveraine des cours d’eau : de quelles connaissances avons-nous besoin ?

Les zones humides délimitées depuis le ciel

Du bon usage des drones pour la cartographie des habitats naturels



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Simon Dufour (LETG-Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Le réchauffement climatique booste un coléoptère envahissant : plus loin, plus haut… mais plus petit !



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ARTICLE DANS SCIENTIFIC REPORTS

Effets de l'altitude sur la morphologie et la physiologie d'un carabidé qui envahit les îles Kerguelen

 

Tiphaine Ouisse, Elsa Day, Lauriane Laville et David Renault (ECOBIO) avec leurs collègues Frederik Hendrickx (Institut royal des sciences naturelles de Belgique) et Peter Convey (British Antarctic Survey, UK) publient en janvier 2020 dans Scientific Reports un article qui met en évidence – pour une espèce envahissante de coléoptère des Îles Kerguelen (Patrimoine mondial de l’UNESCO)– la relation entre altitude et morpho-physiologie dans le contexte du réchauffement climatique.


 

Les changements climatiques sont susceptibles d'induire des changements de latitude et d’altitude dans la répartition de la biodiversité, et une expansion géographique des espèces envahissantes, en offrant des habitats plus adaptés du point de vue des températures. Aux îles Kerguelen, dans la zone sub-Antarctique, l'insecte prédateur Merizodus soledadinus (Coleoptera : Carabidae), introduit par l'homme en 1913, a rapidement envahi les habitats côtiers. Sur cet archipel polaire montagneux, la colonisation plus récente par cette espèce des habitats de plus haute altitude pourrait s'expliquer par une adéquation thermique accrue à mesure que la région s'est réchauffée au cours des dernières décennies.

 

Cette étude a permis de corréler l'effet du déplacement de l'aire de répartition en altitude avec la morphologie et la physiologie des adultes de l’insecte M. soledadinus. Les individus ont été échantillonnés le long de deux transects altitudinaux (de l'estran à 250 m d'altitude) et d'un transect horizontal de plaine orthogonal au bord de mer (400 m de long). Bien que les traits examinés présentent de fortes variations inter-individuelles et inter-transects, les chercheurs ont constaté que la masse corporelle des insectes mâles et des femelles avait tendance à diminuer avec l'altitude, et que leurs teneurs en triglycérides diminuaient avec la distance au rivage. De plus, les teneurs en protéines des femelles ainsi que celles de 26 autres métabolites étaient influencées de manière significative par la distance par rapport à l'estran.

 

Ces résultats suggèrent donc que le changement climatique en cours, et à venir, aux Îles Kerguelen favorisera à la fois la colonisation des habitats de plaine à l'intérieur des terres ainsi qu'à haute altitude par ce prédateur agressif et envahissant, en rendant progressivement plus appropriés des habitats auparavant moins optimaux.

 

Kevin Hidalgo Merizodus Soledadinus
Source Physiological resistance to salinity in the invasive ground beetle Merizodus soledadinus at the Kerguelen Islands; or how the physiology helps insect species to invade new habitats?  @ Kevin Hidalgo

 

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Source L’entomofaune des îles subantarctiques françaises @ Maurice Hullé

 

 

Merizodus Soledadinus Dessin
Caractéristiques morphologiques mesurées sur des adultes de M. soledadinus : largeur (1) de l'interoculaire, largeur (2) et longueur (3) du pronotum et longueur (4) de l'élytre droit. Cette figure est un dessin original de Tiphaine Ouisse.

 


Référence
Ouisse, T., Day, E., Laville, L. et al. Effects of elevational range shift on the morphology and physiology of a carabid beetle invading the sub-Antarctic Kerguelen Islands. Sci Rep 10, 1234 (2020). doi.org/10.1038/s41598-020-57868-0




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Focus sur une vénérable institution de l'édition scientifique nationale : le Bulletin de la Société préhistorique française (et ses liens avec le CReAAH)



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Pourquoi publier dans le BSPF ?

 Le Bulletin de la Société préhistorique française (BSPF) publie des articles scientifiques originaux d’intérêt national et international, qui traitent de la Préhistoire, du Paléolithique au premier âge du Fer, selon des champs disciplinaires (approche technologique, culturaliste, environnementaliste, archéométrie…) et thématiques (synthèse, historiographie, résultats de fouille) variés. La SPF publie des articles de chercheurs français et étrangers et plusieurs langues sont acceptées (français, anglais, allemand, italien et espagnol).

Le BSPF a été publié sans interruption de 1904 à aujourd'hui. Et nous en sommes donc en cette année 2020 au tome 117 !

C'est une publication trimestrielle qui compte quatre livraisons par an (fin mars, fin juin, fin septembre et fin décembre) d’environ 200 pages, qui comporte deux volets :

  • La 1ère partie consiste en 7 ou 8 articles scientifiques originaux, d’intérêt national et international, qui traitent de la Préhistoire, du Paléolithique au premier âge du Fer, selon des champs disciplinaires (approche technologique, culturaliste, environnementaliste, archéométrie…) et thématiques (synthèse, historiographie, résultats de fouille) variés
  • La 2e partie traite des découvertes récentes, des débats, des comptes rendus d'ouvrages, de l'actualité (colloque, expositions, dernières parutions) et de la vie de l'association.


Le BSPF est une publication chère au CReAAH dans laquelle elle s'implique traditionnellement depuis longtemps. Deux anciens directeurs du laboratoire ont été présidents de la SPF : Pierre-Roland Giot et Jacques Briard. On peut citer également la contribution active de nombreux rennais : Roger Joussaume, Jean L’Helgouac’h, Jean-Pierre Pautreau, Jean-Laurent Monnier, et José Gomez de Soto, membre du CA de la SPF et qui représente à ce titre la société dans le jury du Prix international Joseph Déchelette (Prix de thèse européen). Sans remonter à des temps immémoriaux, on compte ainsi depuis 2005 environ 50 articles co-rédigés par des archéologues rennais parus dans les Bulletins. Enfin, en 2020, on signalera aussi la présence de Catherine Dupont au sein du Comité de rédaction (en charge du domaine "Paléolithique final et Mésolithique") ; également, la participation de Chantal Leroyer et Cyril Marcigny (INRAP, CReAAH) dans le Comité de lecture.


A noter que Le Bulletin de la Société préhistorique française est soutenu par le CNRS.



BSPF Com2020

En ces temps de confinement, la Société préhistorique française a décidé de proposer en accès libre le premier fascicule 2020 de son bulletin trimestriel à toutes et tous. Les articles sont entièrement disponibles au format PDF !

Dans ce fascicule, à noter plus particulièrement pour le CReAAH la contribution suivante : "Cinquante ans après la découverte : état des connaissances et apport des fouilles récentes sur le site campaniforme de la République à Talmont-Saint-Hilaire (Vendée)" ; Rousseau L., Gandois H., Favrel Q., Cuenca Solana D., Dupont C., Garnier N., Guéret C., Laforge M., Poissonnier B., Vigneau T.

Egalement, une présentation par Jean Guilaine de l'ouvrage paru en 2019 de Guirec Querré, Serge Cassen et Emmanuelle Vigier "La parure en callaïs du Néolithique européen"


BSPF Tome117 Num1 2020

>>> Pour en savoir plus sur le Bulletin de la SPF >>>





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Catherine Dupont (CReAAH) / @
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L'OSUR accueille une chaire d'excellence de Rennes Métropole : "Ressource en eau du futur"


 AHLeGall    12/05/2020 : 09:21

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Ressource en eau du futur : Dynamique et évolution des systèmes hydrologiques en domaine de socle cristallin

Clément Roques, ingénieur en environnement de formation (Université Paul Sabatier de Toulouse), a obtenu sa thèse de doctorat en Sciences de la Terre en 2014 à l’Université de Rennes 1. Sa recherche s’intéresse à l’étude des contrôles géologiques et géomorphologiques sur les écoulements d’eau dans les milieux souterrains et leur impact sur les flux bio-géochimiques. Après sa thèse, Clément a réalisé 2 séjours post-doctoraux dont un de 2 ans à l’Oregon State University (département Biological and Ecological engineering, USA) et un de 4 ans à l’ETH Zürich (département Earth Sciences, Suisse). Il est actif dans l’enseignement de modules généraux sur l’environnement et le cycle de l’eau (license), et de modules spécialisés (master) en hydrogéologie appliquée, géophysique et modélisation. Il est également fortement impliqué dans l’encadrement de projets professionnels pour les étudiants en master. Clément est éditeur associé pour la revue Hydrogeology Journal et a co-dirigé avec Damien Jougnot (Sorbonne Université) l’école d’été Ecoulement et transport dans les milieux poreux et fracturés en 2018 à l’institut d’Etudes Scientifiques de Cargèse qui a regroupé près de 40 conférenciers et 90 étudiants. Depuis avril 2020, il est titulaire d’une chaire de recherche Rennes Métropole « Ressource en eau du futur : Dynamique et évolution des systèmes hydrologiques en domaine de socle cristallin ».

Le projet de la chaire de recherche « Ressource en eau du futur » a été motivé par un constat général établi par les gestionnaires de l’eau et la communauté scientifique : les ressources en eau souterraines et les écosystèmes associés sont d’ores et déjà fortement impactés par les changements globaux, ce qui pose des questions critiques quant à leur évolution sur le long terme. Les obstacles qui s’opposent à la définition de prédictions et de stratégies durables pour la gestion de la ressource émergent de notre méconnaissance des processus contrôlant le transfert et le stockage des eaux souterraines à l’échelle régionale. Dans ce contexte, deux hypothèses sont avancées : la première hypothèse suppose que la recharge efficace se retrouvera globalement diminuée sur l’ensemble du territoire, limitant le stock d’eau souterraine disponible. Cette hypothèse implique une disparition partielle ou totale des systèmes de surface (contraction des réseaux hydrologiques, assèchement des zones humides et des réservoirs de stockage) et une vulnérabilité augmentée de la ressource souterraine. La seconde hypothèse suggère que l’interaction entre la diversité géomorphologique des paysages et la variabilité des conditions climatiques futures seront associées à une redistribution de la recharge avec potentiellement une augmentation des stocks d’eau souterraine dans certaines régions. La validité de ces deux hypothèses reste à explorer, en prenant soin d’identifier les facteurs géomorphologiques et climatiques contrôlant cette redistribution. Les conséquences de ces deux hypothèses devront se traduire par des gestions de l’eau adaptées, assurant un équilibre et une diversification des ressources exploitées ainsi que leur protection accrue.

Ces analyses constituent les deux axes de la chaire « Ressource en eau du futur » :
- un premier axe dédié à la compréhension des processus physiques en intégrant les données disponibles pour les régions de socle cristallin à l’échelle globale et le développement d’outils numériques. Cette confrontation entre données globales et modèles numériques permettra de tester des hypothèses concernant les contrôles des variabilités géomorphologiques et climatiques sur les dynamiques de réponses hydrologiques et de leur devenir face aux scénarios de changement climatique. Cet axe fera l’objet d’un sujet de thèse de doctorat cofinancé par la chaire et l’Université Rennes 1 (volet attractivité)
- un deuxième axe visera à confronter les prédictions d’évolution obtenues à des stratégies de gestion afin d’identifier celles garantissant la pérennité de la ressource. Cet axe se construira autour d’un travail collaboratif transdisciplinaire impliquant les acteurs de la gestion de l’eau et des spécialistes dans le domaine des sciences sociales et économiques. Le projet renforcera les collaborations entre les activités en hydrologie, géomorphologie et climatologie de l’OSUR (Géosciences Rennes, ECOBIO, LETG-Rennes) et des observatoires nationaux de la zone critique appartenant au réseau OZCAR,
récemment reconnu par l’UE dans le cadre des grands équipements (ESFRI). Il permettra également de développer les liens avec les instituts de recherche internationaux notamment les universités de Neuchâtel (Suisse), de Santiago (Chili), d’Oregon (USA) et l’INRS (Canada).


Construit en appui de la chaire de la fondation Rennes 1 « Eau et territoires » (lire aussi), financée par la Collectivité et la Société Publique Locale Eau du Bassin Rennais, qui s’intéresse à l’étude des bassins versants assurant l’alimentation en eau de la ville de Rennes, le projet de la chaire « Ressource en eau du futur » permettra non seulement de développer notre compréhension sur les processus fondamentaux du cycle de l’eau à l’échelle régionale qui reste à l’heure actuelle peu exploré, mais aussi d’orienter les politiques régionales de gestion pour assurer la transition des pratiques socio-économiques en équilibre avec les dynamiques des systèmes hydrologiques et leur évolution future. De manière plus générale, la thématique de la chaire « Ressource en eau du futur » entre pleinement dans le projet EUR « Intelligence Environnementale – Eaux et territoires soutenables ». Il constitue donc un segment de la démarche globale de l’EUR et illustre d’une part le caractère interdisciplinaire et d’autre part la volonté de co-construction de nos démarches de recherche. A ce titre, il illustre la volonté de l’OSUR et de l’équipe DIMENV de Géosciences Rennes qui est au cœur du projet EUR, de contribuer à la construction du projet Université de Rennes.



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Clément Roques (Géosciences Rennes) / @
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cycl'OBS #31 de Mai 2020 est en ligne !


 AHLeGall    05/05/2020 : 10:07

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A la UNE ce mois-ci

GLAZ, le projet CPER 2021-2027 sur l'environnement continental et littoral en Bretagne

Construire une infrastructure de recherche pour anticiper et accompagner les transitions socio-environnementales


Un consortium de recherche associant 20 laboratoires de recherche de l’INRAE-Bretagne, de l’IUEM, de la MSHB et de l’OSUR propose un méta-projet CPER, coordonné sur l’ensemble de la région Bretagne (en coordination avec la région Pays de la Loire, l’OSUNA étant associé), pour construire une infrastructure de recherche de niveau mondial capable de détecter, d’anticiper et d’accompagner les transitions socio-environnementales que les écosystèmes terrestres et côtiers vont connaître dans les décennies à venir.
Ce projet est fondé sur la mise en réseau d’observatoires de recherche existants et déjà labellisés. Il mobilise l’ensemble des sciences de l’environnement et des géosciences, des sciences sociales et des sciences de la donnée pour doter les deux régions de moyens de recherche et d’observation ayant une forte visibilité internationale et répondant aux enjeux liés au changement climatique et à la pression anthropique sur l’environnement.

Pr Sentation INRAE 12 Mars 2020


>>> L'infolettre cycl'OBS #31 de mai 2020 >>>



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Des étudiants de master se lancent dans un atelier d'écriture scientifique... et sont publiés dans la revue Annals of Botany



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ARTICLE DANS ANNALS OF BOTANY

Ivan Couée (ECOBIO) et les étudiants de la promotion 2019 PMAS (Physiologie moléculaire et adaptations aux stress) du Master 2 APVV (parcours : Amélioration, Production, Valorisation du Végétal), co-habilité par l’Université de Rennes 1, l'Institut AGro (Agrocampus Ouest) et l'Oniris, publient un article de synthèse dans la revue Annals of Botany en avril 2020 sur l’importance des mitochondries dans la régulation signalétique des cellules végétales : un article scientifique à part entière, évalué, qui est donc issu d'un travail d'atelier de réflexion et d'écriture. En voici une présentation qui intègre à la fois des considérations scientifiques, des considérations pédagogiques et des considérations culturelles.


Le travail de réalisation de cet article a été conçu comme un atelier de réflexion, de recherche bibliographique et d’écriture scientifique dans le cadre du Master 2. Sur la base d’une thématique pré-définie et d’un corpus initial de publications, les étudiants ont été amenés à faire une première analyse personnelle, imaginer eux-mêmes un sous-thème à développer et, après validation ou ajustement de ce sous-thème, trouver la littérature pertinente, la critiquer, et construire un texte et une figure destinés à être intégrés dans un authentique manuscrit scientifique. Les articulations entre les contributions individuelles et la cohésion générale de l’ensemble ont été faites de manière progressive par des tables rondes et des bilans d’étape.

La réussite finale d’un tel projet montre clairement l’excellent niveau de connaissances fondamentales des étudiants impliqués et leur maîtrise des outils de sélection et d’analyse critique de la littérature scientifique internationale.

L’un des points forts de cette démarche est de faire prendre conscience aux étudiants de la valeur de leurs intuitions et de leurs questionnements. Les étudiants à ce niveau (Master 2) peuvent faire valoir de manière synergique leur expertise académique et leur capacité personnelle à voir les problèmes scientifiques sous de nouveaux angles et à poser des questions nouvelles que des chercheurs confirmés ne verraient pas de la même manière. Il faut alors faire en sorte de concilier la liberté de choix, d’analyse et d’expression, et le droit à l’erreur, avec la rigueur nécessaire pour que le manuscrit à soumettre soit solide et fiable.

En plus du travail universitaire classique, la perspective d’une soumission réelle du manuscrit auprès d’une revue internationale, et donc obligatoirement auprès d’experts internationaux, donne aux étudiants un sentiment très fort d’enjeu scientifique et de valorisation personnelle, ainsi que le sentiment d’appartenir déjà à leur niveau à une communauté intellectuelle mondiale. Le fait de publier dans une revue scientifique comme ANNALS OF BOTANY, créée en 1887, et où Francis Darwin, le fils de Charles Darwin, publiait ses travaux de physiologie végétale dans les années 1890 et 1900, leur permet aussi de mesurer l’ancrage historique de leurs études et de leurs projets. ANNALS OF BOTANY est actuellement basée à Exeter, ville jumelée avec Rennes depuis 1955, et par le plus grand des hasards, l’adresse postale de la revue est située sur le « Rennes Drive ».

Le domaine que nous avions choisi d’étudier est à la fois très fondamental, très spécialisé et relativement compétitif. De nombreux instituts de recherche internationaux, en Allemagne, en Suède et en Australie, sont impliqués dans ce domaine, et publient chaque année des synthèses bibliographiques sur le sujet. Il est donc remarquable que l’un des lecteurs-réviseurs ait estimé que même en tant qu’expert sur les mitochondries il avait appris un certain nombre de choses nouvelles à la lecture du manuscrit.

Les mitochondries sont potentiellement présentes dans les cellules de tous les eucaryotes, plantes, champignons, protistes, animaux, et constituent jusqu’à 20% du volume cellulaire. En tant que sites de la respiration cellulaire, les mitochondries sont classiquement décrites comme des usines énergétiques cellulaires. Mais leurs rôles physiologiques, pour les cellules, les tissus ou les organismes, sont beaucoup plus variés et beaucoup plus intégratifs.

Chez les plantes, les mitochondries fonctionnent jour et nuit, aussi bien dans les tissus chlorophylliens, de concert avec les chloroplastes, que dans les tissus non-chlorophylliens (embryons, semences, racines, méristèmes, bois). Les mitochondries dans la plante sont ainsi impliquées dans l’intégration du fonctionnement diurne et nocturne, dans la gestion du carbone, de l’azote ou du soufre, ou dans l’équilibre entre la fixation et le relargage du dioxyde de carbone. Leur fonctionnement joue donc un rôle déterminant dans la vigueur et la productivité des communautés végétales cultivées ou naturelles et dans les échanges végétation-atmosphère. Les mitochondries végétales sont au cœur de la compréhension des réponses de la végétation à l’augmentation de la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone et de la capacité des plantes à séquestrer le carbone.

De tels rôles intégratifs et polyvalents ne peuvent correctement fonctionner que par des systèmes de communication et de régulation qui ajustent le fonctionnement mitochondrial et le fonctionnement cellulaire et tissulaire. Cette communication se fait par des signaux cellulaires et des systèmes de transduction de signal qui restent mal connus. Les métabolites et les espèces réactives de l’oxygène que produisent les mitochondries peuvent ainsi être perçus comme des signaux internes de surveillance qui communiquent avec la machinerie cellulaire et l’expression du génome. Cette nouvelle synthèse présente donc les mitochondries végétales comme un hub multi-directionnel qui génère et perçoit des signaux moléculaires permettant à la cellule de réguler son fonctionnement lors de contraintes environnementales telles que les contraintes du changement climatique (sécheresse, chaleur).



Référence
Corentin Dourmap, Solène Roque, Amélie Morin, Damien Caubrière, Margaux Kerdiles, Kyllian Béguin, Romain Perdoux, Nicolas Reynoud, Lucile Bourdet, Pierre-Alexandre Audebert, Julien Le Moullec, Ivan Couée, Stress signalling dynamics of the mitochondrial electron transport chain and oxidative phosphorylation system in higher plants, Annals of Botany, Volume 125, Issue 5, 8 April 2020, Pages 721–736, doi.org/10.1093/aob/mcz184




Ivan Couee Annals Botany Avril2020
Mitochondrie végétale dans son environnement cellulaire (microphotographie électronique: Ivan Couée et Jean-Pierre Carde)



Pour en savoir plus
>>> Master mention Biologie, agrosciences, parcours Amélioration, production, valorisation du végétal (APVV) >>>
>>> Des étudiants de master se lancent dans le « creative writing » scientifique... et sont publiés dans la revue Global Change Biology >>>



Contact OSUR
Ivan Couée (ECOBIO) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


GLAZ, le projet CPER 2021-2027 sur l'environnement continental et littoral en Bretagne



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Objectif : construire une infrastructure de recherche pour anticiper et accompagner les transitions socio-environnementales

Un consortium de recherche associant 20 laboratoires de recherche de l’INRAE-Bretagne, de l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM), de la Maison des Sciences de l'Homme en Bretagne (MSHB) et de l’Observatoire des Sciences de l'Univers de Rennes (OSUR) propose un méta-projet CPER, coordonné sur l’ensemble de la Région Bretagne (en coordination avec la Région Pays de la Loire puisque l’Observatoire des Sciences de l'Univers de Nantes Atlantique - OSUNA - y est associé), pour construire une infrastructure de recherche de niveau mondial capable de détecter, d’anticiper et d’accompagner les transitions socio-environnementales que les écosystèmes terrestres et côtiers vont connaître dans les décennies à venir. Ce projet est fondé sur la mise en réseau d’observatoires de recherche existants et déjà labellisés. Il mobilise l’ensemble des sciences de l’environnement et des géosciences, des sciences sociales et des sciences de la donnée pour doter les deux régions de moyens de recherche et d’observation ayant une forte visibilité internationale et répondant aux enjeux liés au changement climatique et à la pression anthropique sur l’environnement.

Les sites porteurs sont l'UniR (Projet Université de Rennes) et l'AUB (Alliance universitaire de Bretagne qui regroupe l'Université de Bretagne Occidentale, l’Université de Bretagne Sud et le directeur de l’ENIB) ; CNRS et INRAE pour les organismes de recherche au niveau national. Les établissements gestionnaires sont l’Université de Rennes 1 (y compris pour l'Université Rennes 2), l'UBO, l'UBS, l'INRAE-Bretagne.

Demandes budgétaires :
Demande principale : 10 644 000 €
Demandes reliées : immobilier (1 570 000 €) et numérique (855 000 €)



GLAZ OSUR IUEM

 

1 Glaz désigne en breton les nuances de couleur du bleu gris au turquoise en passant par le vert. Glaz est emblématique des dynamiques et complexités de cette continuité entre le continent et le littoral, entre les différents compartiments et trames de l'environnement que nous proposons d'aborder quels que soit la région et le temps passé, présent et futur.

 

Défis et objectifs : comprendre et prévoir les évolutions du continuum terre-mer, une spécificité régionale

Le projet cible l’évaluation des trajectoires du continuum terre-mer (incluant les espaces urbanisés) en y intégrant l’ensemble des déterminismes naturels incluant l’Homme. Le continuum terre-mer est l’échelle territoriale cohérente qui intègre les paysages continentaux, littoraux et marins, leurs évolutions, leurs fonctions dans leurs dimensions écologiques, hydrologiques, géologiques et sociétales. Les questions clés concernent :

  • La santé des écosystèmes sous contrainte: l’influence des activités humaines et des modes actuels d’occupation du sol sur les flux de matières au sein du continent et jusqu’à l’océan (i.e. nutriments, matière organique, sédiments, métaux, pesticides, plastiques, perturbateurs endocriniens, bactéries antibio-résistantes). Ces questions incluent la solidarité amont-aval, mais aussi les liens “ville-campagne” et “terre-mer”, et la gestion sociopolitique des activités humaines créant des dommages à la santé humaine et à la santé des écosystèmes aval et littoraux
  • La résilience des territoires et leur adaptation au changement : les relations qui lient structure des paysages, influence des sociétés actuelles et passées (occupation des sols, gestion des territoires et de leurs usages, perception), dynamique de l’environnement et des ressources (par ex. biodiversité, quantité et qualité des eaux continentales et littorales et des sols, climat urbain, valorisation des bio-ressources et économie circulaire), et ce que cela nous apprend des services rendus par les écosystèmes et des capacités de résilience de l’environnement
  • L'évaluation des risques et des scénarios prospectifs : ces approches intègrent aléas, enjeux et risques en considérant aussi les représentations sociales qui permettent d’appréhender, aux diverses échelles spatiales et temporelles, la complexité des dynamiques continentales et côtières, naturelles et anthropiques en tenant compte de leurs évolutions respectives.

 


GLAZ, un projet qui s’inscrit dans les axes prioritaires de l’Etat et des régions : transition environnementale et transformation numérique

Ce projet contribue aux grands enjeux de société tels que définis dans les Objectifs du Développement Durable de l’ONU (ODD), et particulièrement ceux sur l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets (ODD 13), la préservation et la restauration des écosystèmes aquatiques et terrestres (ODD 14 et 15), les ressources en eau et en sol, en qualité et quantité (ODD 6), les transferts et transformations des contaminants, le cycle des éléments (ODD 6 et 15), l’émergence de villes et de communautés durables (ODD 11), l’amélioration de la santé humaine par l’amélioration de l’état des écosystèmes (ODD 3).

Logo ODD

Le projet s’intègre pleinement dans la problématique de transition environnementale et profite de la transformation numérique, notamment de l’intelligence artificielle pour

(1) contribuer à l’atténuation du changement climatique (par ex. stockage de carbone) et à l’adaptation à ses conséquences en s’appuyant sur les dynamiques régionales (Breizh’Cop, Breizh’Hin) et inter-régionales (Transition climatique)

(2) réduire l’impact environnemental des productions agricoles (terrestres, aquatiques, marines) et valoriser les services écosystémiques rendus par les agroécosystèmes, tout en assurant la sécurité alimentaire des populations (Transition agroécologique) et

(3) rechercher des équilibres entre les territoires (urbain/rural, continental/côtier), la résilience et la durabilité des espaces ruraux, urbains et littoraux en lien avec leur propre métabolisme, d’attractivité dans la  redistribution des activités professionnelles en relation avec la transition numérique (Transition socio-environnementale).

Dans le cadre de la SRDEI (Stratégie  régionale  de  développement  économique  et  d’innovation), le projet GLAZ se positionne sur 2 des 7 DIS (domaines  d’innovation  stratégiques) : au centre DIS7 de la région Bretagne “Observation et ingénieries écologique et énergétique au service de l’Environnement” et concerne aussi le DIS 1A (Démarches d’innovation sociales et citoyennes, dans « Innovations  sociales  et  citoyennes  pour  une  société  ouverte  et  créative ») et le DIS 4B (Images et contenus, dans « Technologies  pour  la  société  numérique »).

GLAZ 12 Travaux2

 

GLAZ : un outil de pilotage et de coordination régional, national et international

“GLAZ Environnement” structure les principaux établissements et centres de recherche sur l’Environnement de la région Bretagne (UR1, UR2, UBO, UBS, INRAE, CNRS) et leurs partenaires incluant l’ENSCR, Agrocampus Ouest, IFREMER, CEDRE, CEREMA. Il est opéré par les 2 observatoires de Rennes et Brest (OSUR, IUEM), la MSHB et l’INRAE Bretagne. Il est construit à l’échelle inter-régionale en synergie avec le projet de l’Observatoire de Nantes (OSUNA, région des Pays de la Loire).

“GLAZ Environnement” développe une plateforme inter-régionale pour étudier, anticiper et accompagner les transitions socio-environnementales. Il coordonne des structures régionales et nationales d’observation labellisées dans les Infrastructures de Recherche nationales incluant la Zone Atelier Armorique, la Zone Atelier Brest Iroise, l’Observatoire de Recherche sur les Agro-HydroSystèmes (AgrHyS), le SOERE Réseau National de Sites Hydrogéologiques H+, le SNO DYNALIT et le SNO Observil (en cours de labellisation).

“GLAZ Environnement” participe à la constitution des infrastructures de recherche nationales OZCAR (Observatoire de la Zone Critique), RZA (Réseau des Zones Ateliers) et ILICO (Infrastructure Littorale et Côtière). Il préfigure l’organisation européenne de l’observation sur les systèmes environnementaux continentaux eLTER (European Long-Term Ecological Research) et côtiers JERICO (Joint European Research Infrastructure for Coastal Observatories).

“GLAZ Environnement” participe également à d’autres structures d’observation sur l’environnement continental et côtier dont l’ORE DiaPFC (poissons diadromes dans les petits fleuves côtiers), le SNO COAST-HF (observation automatisée à haute-fréquence de paramètres physico-chimique), le SNO SOMLIT (Service d’Observation en Milieu Littoral), le SNO PHYTOBS (Observation du microphytoplancton) et l’Observation Régional des Risques Côtiers (OR2C) en Pays de la Loire. Il s’appuie sur les dispositifs d’expérimentation de longue durée tels que le dispositif EFELE sur l'effet du recyclage des produits organiques en agriculture (SOERE PRO, labellisé ANAEE, INRAE), le projet OSIRISC+ sur l’observatoire intégré des risques côtiers d’érosion submersion et le réseau d’observation haute-fréquence pour l’environnement côtier (ROEC, Ifremer).

GLAZ Carte BZH PDL

Le projet contribuera à l’attractivité des structures de recherche à travers la capacité à mobiliser des financements européens dans la poursuite de la dynamique actuelle. 77 des 154 projets européens obtenus en Bretagne sur la période 2014-2017 concernent des projets des sciences de la terre, de l’univers et de l’espace et des sciences agronomiques et écologiques (Bilan 2018 de l’observatoire régional H2020, Plateforme Projets Européens Bretagne-2PE).

 

Un chef d’orchestre :  AAA, une plateforme de coordination inter-régionale d’observation (Anthropogenic Atlantic lAndscape)

Pour être labellisé à l’échelle européenne en cohérence avec les infrastructures de recherche nationales, le consortium développe la plateforme de coordination inter-régionale d’observation Anthropogenic Atlantic Landscape (AAA). AAA est conçu pour fédérer l’ensemble des observatoires de l’environnement continental de Bretagne et l’OSUNA en Pays de la Loire, et vise à devenir un interlocuteur fort du réseau européen eLTER lorsque celui-ci sera pleinement opérationnel en 2022. Le consortium y participe à travers l’ORE AgrHyS, l’un des quatre sites français à avoir été retenus dans cette phase expérimentale.

Les communautés bénéficiaires sont les sciences de l'univers et les sciences de l'environnement y compris l’archéologie, l’agronomie, l’écologie, la géologie, la géographie et l’hydrologie. Le projet fait le lien entre les sciences biophysiques et les sciences humaines sur les questions d’environnement abordées.



Organisation du projet

Structuration


GLAZ Strategie
 

Les 4 axes qui structurent le projet s’appuient sur des laboratoires in-situ de l’environnement (Axe 1) en interaction avec des observatoires des interactions Hommes-Environnement (Axe 2) notamment grâce à des simulateurs virtuels de l’environnement pour faire émerger les scénarios et trajectoires futures (Axe 3) ; s'ajoute à ces 3 axes  un axe 4 qui vise à accroitre l’innovation dans les formations (non présenté ici).

 

GLAZ OSUR IUEM 2 

 

Axe 1 - Les laboratoires in-situ de l’environnement

  • Construction de la plateforme de coordination AAA
    • Infrastructure d’observation haute résolution de l’environnement pour suivre les flux d’énergie, d’eau et de matière verticaux (atmosphère, zone vadose->aquifère) et horizontal (aquifère->rivière->littoral) : réseau automatisé et haute résolution de capteurs météorologiques, piézométriques, phénologiques; tour à flux multiparamètres ; sondes multiparamétriques et pélagiques (pH, Nitrate, MES, Turbidité, COD, BBE, chlorophylle); support logistique pour l’opération des sites. Les ressources humaines importantes sont mises en priorité P2 pour cause d’incertitude d’éligibilité. Elles assureraient une mise en œuvre optimale de l’infrastructure régionale (qui ? UR1, UR2, UBO, INRAE-Agrocampus et OSUNA dans le partenariat inter-régional)
    • Levées de données aéroportées LiDAR et sur le terrain pour l'hydrochimie en nappe et en rivière qui nous servent à construire une base de données publique sur le territoire régional sur lequel nous construisons l'infrastructure (qui ? UR1, UR2, INRAE-Agrocampus. Sont également associés le CRESEB et l’OEB)
  • Développement de moyens d’observation multi-échelle/multiparamétrique des agro-hydro-écosystèmes et ressources naturelles pour suivre les changements environnementaux
    Un dispositif instrumental ambitieux est programmé  à travers l’acquisition de drones et ailes volantes, capteurs de sondes, des spectromètres et chromatographes
  • Développement de bancs expérimentaux innovant se rapprochant des conditions naturelles pour identifier les interactions et transferts entre les différents compartiments de l’environnement

 

Axe 2 - Les observatoires des interactions Hommes-Environnement
sont des infrastructures destinées au travail collaboratif, bidirectionnel, entre les chercheurs et les acteurs, décideurs et gestionnaires orientés vers la transformation des territoires dans une perspective socio-écologique. La technologie sera développée et mise au service d’une démarche collective de co-construction des questions et de recherche collective de solutions. Le financement de Ressources Humaines porté par la MSHB est crucial dans cet axe (1) pour conduire des enquêtes auprès des différents acteurs qui s’impliqueront dans l’observation comme dans l’expérimentation (sociologie, économie, sciences politiques et juridiques), (2) pour prendre en charge l’animation, tant au niveau de la structure proposée à l’échelle de la région, que pour la mise en lien des différents acteurs sur les territoires.

Axe 3 - Les simulateurs virtuels (au sein des centres régionaux Datarmor, Eskemm Data) et la détermination des scénarios et trajectoires futures nécessiteront le développement des capacités numériques dans leur ensemble (données, réseaux, modèles, IA) pour aborder les défis de la mise en réseau, de l’interopérabilité, de la compréhension des systèmes étudiés et de l’extrapolation spatiale et temporelle des connaissances. Les développements seront réalisés dans l’esprit de l’Open Science et des FAIR data et déployés dans les clusters régionaux (Datarmor, Eskemm Data).

 

GLAZ, un projet dans le droit fil des financements antérieurs

Ce projet s’appuie sur des investissements réalisés depuis 15 ans par les universités, les établissements nationaux (CNRS, INRAE) et l’ensemble des partenaires régionaux, nationaux et européens pour faire émerger des infrastructures de recherche sur l’observation long terme de l’environnement. Les financements précédents, y incluant le CPER Buffon « Environnement Continental : Observation, expérimentation et modélisation des dynamiques des paysages » 2021-2026 (8 M€), l’équipex CRITEX 2012-2018 (7 M€) nous permettent de faire partie des acteurs importants en France et en Europe.Ainsi, le CPER Buffon a financé le développement de l’expérimentation contrôlée en laboratoire des processus environnementaux et leur traduction sur des sites naturels ciblés. L’équipex CRITEX a financé des équipements pour l’exploration 4D de la zone critique à l’aide de techniques géophysiques non invasives (e.g. électrique, électromagnétique, sismique, thermique, géodésique, gravimétique….) et l’acquisition de mesures en temps réel à haute fréquence d’échantillonnage.

Ce  nouveau projet propose donc pour la première fois une plateforme régionale d’observation du continumm terre-littoral sur l’ensemble des compartiments environnementaux en interaction avec l’Homme.

Crédibilisé par les investissements et la structuration réalisés dans les 15 dernières années, il est destiné à faire de cette plateforme régionale l’une des principales références internationales. Il s’appuie sur les capacités de compréhension, de modélisation et d’expérimentation développées dans les projets précédents pour proposer des scénarios prospectifs de l’évolution de l’environnement.





Contact OSUR
Jean-Raynald de Dreuzy (Directeur de l'OSUR) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Des classes virtuelles... mais des vrais cours !



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Quand confinement et enseignement riment avec continuité pédagogique !

Le confinement bouleverse nos quotidiens et chamboulent nos habitudes de travail.

Dans la série #Rennes1ChezVous #1jour1témoin #ContinuitePedagogique proposée par l'université de Rennes 1, voici une série de témoignages d'enseignant.es en sciences de la Terre sur la continuité pédagogique et le plan de continuité des activités :


Olivier Bour Continuite Pedagogique
Olivier Bour (université de Rennes 1, Géosciences Rennes)



Florence Nicollin Continuite Pedagogique
Florence Nicollin (université de Rennes 1, Géosciences Rennes)



Luc Aquilina Continuite Pedagogique
Luc Aquilina (université de Rennes 1, Géosciences Rennes)




Et les étudiant.es reconnaissant.es ne sont pas en reste !

Les étudiant·es de 2e année de licence PCGS (Physique, Chimie, Géosciences, Science pour l’Ingénieur) ont envoyé à leurs enseignant·es un message : "Un grand merci à tous nos professeurs et à l'ensemble des services de l'Université de Rennes 1 pour la continuité pédagogique qu'ils ont réussi à mettre en place pendant le confinement. Merci d'être là pour nous !"





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Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @