Le transport glaciaire affecte les distributions d'âges thermochronologiques au front des glaciers



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Article dans Earth Surface Dynamics

Maxime Bernard, Philippe Steer et Kerry Gallagher (Université de Rennes 1, Géosciences Rennes) et en collaboration avec David L. Egholm de l'Université d'Aarhus (Danemark), ont publié dans le journal Earth Surface Dynamics en Novembre 2021, un article sur les effets du transport glaciaire sur la forme des distributions d'âges thermochronologiques collectées au front des glaciers.


L'insertion des glaciers est suspectée d'avoir renforcé le refroidissement global du climat observé à la fin du Cénozoïque via une boucle de rétroaction positive par laquelle l'érosion glaciaire efficace et le transport de sédiments dans les bassins de stockage ont favorisé l'extraction et le piégeage du carbone atmosphérique. Toutefois, des évidences claires montrant une efficacité supérieure de l'érosion glaciaire comparé à l'érosion fluviale manquent encore, et il est donc nécessaire de comprendre davantage comment les glaciers érodent leur substrat.

L'analyse thermochronologique de minéraux déposés au front des glaciers (produits directs de l'érosion), est une technique généralement utilisée pour cartographier l'érosion glaciaire moyenne d'un bassin. Lors de leur exhumation vers la surface, certains minéraux enregistrent leur date de passage à une température dans la croûte terrestre, et obtiennent un âge dit thermochronologique. A la surface, ces âges évoluent généralement avec l'altitude, où les plus jeunes sont trouvés dans les fonds de vallée et les plus vieux vers les sommets. L'érosion, en prélevant les minéraux des roches à l'affleurement, échantillonne ces âges qui seront alors transportés par les processus de surface (glaciers, rivières, éboulements…) et déposés possiblement au front du glacier dans une moraine frontale (dépôt glaciaire composé de sédiments hétérométriques et non-stratifiés), où ils pourront être échantillonné. Les données récoltées sont interprétées via des distributions de proportion d'âges thermochronologiques (PDFs) qui, combinées à une relation âge-altitude, permettent d'identifier les altitudes sources contributrices et donc de cartographier l'action de l'érosion.

Jusqu'ici la plupart des études ont interprété ces distributions d'âges en négligeant l'effet du transport par les glaciers. Dans cette nouvelle étude, les auteurs s'intéressent donc à l'impact de ce transport sur la forme des PDFs collectées au front d'un glacier. Pour cela, ils modélisent l'écoulement d'un glacier réel, le glacier Tiedemann situé en Colombie britannique (Canada), et simulent la formation de particules de sédiments par érosion, leur transport, et leur dépôt possiblement au front du glacier (Figure 1). L'objectif est de simuler l'échantillonnage réel de terrain dans la moraine frontale et de comparer la forme des PDFs obtenues à celles attendues si l'on néglige l'effet du transport glaciaire des sédiments, suivant différents scénarios d'érosion.





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Figure 1. A gauche (a), une vue satellite (Google Earth) du glacier Tiedemann (Colombie britannique, Canada) avec la limite du bassin glaciaire tracée en rouge. A droite (b), le glacier Tiedemann modélisé avec les points de couleur représentant les particules de sédiments transportés par la glace ou sur les versants.




En simulant le transport de particules pendant 8500 ans, les auteurs montrent que le transport glaciaire affecte la forme des PDFs dans la moraine frontale via le stockage d'une portion importante des sédiments dans le bassin (>50%) en amont du site d'échantillonnage favorisé par (1) les faibles vitesses d'écoulement dans les glaciers tributaires et, (2) un dépôt important dans une moraine latérale en amont du site d'échantillonnage. Ce stockage impact la forme des distributions d'âges au front du glacier en favorisant la contribution d'âges jeunes (~3-4 Ma) au détriment d'âge plus vieux (~6 Ma), par rapport à la PDF attendue (Figure 2b). Les particules originaires des versants sont impactées par ce stockage notamment pour des altitudes intermédiaires correspondant aux âges autour de 6 Ma (Figure 2c). Quant aux particules originaires du plancher sous-glaciaire, leur production continue favorise l'effet de distance des sources au site d'échantillonnage en déplaçant la PDF observées vers les âges jeunes (~3-4 Ma) trouvés dans le fond de la vallées et proches du site d'échantillonnage (la moraine frontale).

De plus, les temps de transfert des particules montrent une variabilité importante contrôlée par les distances de transport, la distance des sources aux principaux courants de glace, et une variabilité spatiale importante des vitesses d'écoulement de la glace. Enfin, en comparant les résultats des modèles avec des données de terrain existantes, les auteurs montrent que le transport glacier est caractérisé par un faible mélange latéral des sédiments. Cela a pour conséquence de fragmenté le signal détritique des sources au front du glacier. En pratique, cela permet de relier un échantillonnage local dans la moraine à une source locale en amont. Toutefois, pour obtenir une distribution représentative des âges thermochronologiques du bassin glaciaire, et cartographier ainsi l'érosion, les résultats numériques suggèrent d'échantillonner la moraine frontale de manière diffuse.





Maxime Bernard Fig2
Figure 2. A gauche (a), les particules sont produites en continu et transportées par la glace et sur les versants. Ces particules portent chacune un âge thermochronologique correspondant à l'âge présent à l'altitude source de la particule. A droite, les distributions d'âges collectées dans la moraine frontale (carré noir en (a)), comparées aux distributions attendues (en négligeant le rôle du transport) pour les particules collectées sans distinction de source (bassin, b), en distinguant les particules originaires des versants (c), et du plancher sous-glaciaire (d).


Ces travaux originaux apportent donc des éléments importants sur le rôle du transport glaciaire sur les distributions d'âges thermochronologiques au front des glaciers, et par conséquent sur les interprétations qui en sont faites. Par une validation des modèles avec des données de terrain, les auteurs montrent qu'une telle approche de modélisation est pertinente pour explorer les mécanismes à l'œuvre dans les bassins glaciaires, et fournie des informations cruciales pour guider les stratégies d'échantillonnage sur le terrain, afin de réduire l'effet du transport glaciaire dans les données recueillies.



Référence
Bernard, M., Steer, P., Gallagher, K., and Lundbek Egholm, D.: Modelling the effects of ice transport and sediment sources on the form of detrital thermochronological age probability distributions from glacial settings, Earth Surf. Dynam., 8, 931–953, doi.org/10.5194/esurf-8-931-2020, 2020.




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Maxime Bernard (Université de Rennes 1, Géosciences Rennes) / @
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Impacts de la pêche et du changement climatique sur l'écosystème et la ressource halieutique en Mer Celtique



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Article dans Frontiers in Marine Science

L’étude est publiée dans Frontiers in Marine Science en décembre 2020 avec 2 membres de l’UMR Ecologie et Santé des Ecosystèmes, Pierre-Yves Hernvann et Didier Gascuel (L'Institut Agro, Agrocampus Ouest, ESE) et leur ancien stagiaire aujourd’hui en thèse à l’IRD, en collaboration avec les équipes Ifremer de Lorient et des chercheurs du Centre Commun de Recherche (JRC) de la Commission Européenne et de l’Université du Washington.


Les réseaux trophiques, structures résultant de l’assemblage des chaînes alimentaires, jouent un rôle majeur dans la dynamique des écosystèmes marins. En effet, connaître leur structure et leur fonctionnement permet de mieux comprendre comment une pression impactant une espèce ou un groupe d’espèces peut se propager de proche en proche, via les relations proie-prédateurs, pour au final affecter l’ensemble de l’écosystème. Cette thématique de recherche est notamment utile pour quantifier les impacts indirects de la pêche et constitue un outil essentiel pour la mise en œuvre d’une approche écosystémique de la gestion des pêches.


Dans cette étude, les chercheurs de l’UMR ESE et leurs collègues se sont penchés sur le cas de la Mer Celtique, la partie du plateau continental Ouest Européen qui s’étend du Nord de la Bretagne au Sud-Ouest de l’Irlande (Fig.1). L’étude du réseau trophique dans cette zone relève du défi de par la grande diversité des espèces qui l’habitent et la complexité de leurs interactions, due à leur répartition spatiale hétérogène à travers une véritable mosaïque d’habitats. Exploitée par la pêche depuis de nombreuses décennies, la Mer Celtique revêt encore aujourd’hui un intérêt majeur pour les pêcheries européennes ; en témoignent les négociations musclées sur les accords de pêche dans ces eaux dans le cadre du Brexit. Les objectifs de cette étude étaient de mieux comprendre (i) la structuration spatiale du réseau trophique de Mer Celtique ainsi que (ii) les changements survenus dans l’écosystème depuis 1985, (iii) d’en identifier les principaux facteurs et de (iv) quantifier les impacts relatifs de la pêche et de l’environnement dans ces changements.


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Figure 1- Localisation de la Mer Celtique et délimitation de la zone d'étude (tirets rouges) par rapport au découpage physique et relatif à la gestion (zones du CIEM, Conseil International pour l’Exploration de la Mer)




Pour ce faire, le réseau trophique de Mer Celtique a été représenté via un modèle bilan-massique (les fameux modèles Ecopath ! Fig.2) : l’écosystème est découpé en boîtes représentant une ou plusieurs espèces similaires (d’un point de vue de leurs caractéristiques biologiques, leur rôle dans l’écosystème, leurs proies et prédateurs) entre lesquels des flux de matière vivante, la biomasse, s’effectuent dans le temps et l’espace. De multiples données y ont ensuite été intégrées pour s’assurer de la fiabilité des relations trophiques (analyses de contenus stomacaux et signatures isotopiques), informer sur les tendances de biomasse (campagnes océanographiques, évaluations de stocks), représenter l’impact de la pêche (captures, mortalité par pêche), et renseigner les changements spatio-temporels dans la production du plancton (phyto- et zooplancton ; données satellites, modèles biogéochimiques) et dans l’habitat des espèces de poisson (modèles de niche environnementale).



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Figure 2 - Structure du modèle de l'écosystème de Mer Celtique - tous les compartiments de l'écosystème sont représentés par des boîtes, du phytoplancton aux grands requins, reliées entre elles par des relations proie-prédateur.



Les résultats de cette étude sont multiples. Tout d’abord, l’intégration conjointe des niches environnementales des espèces et de la répartition de leurs proies et prédateurs permet de prédire la répartition de leur biomasse en Mer Celtique. De cette répartition hétérogène des principaux compartiments de l’écosystème résulte une structuration spatiale des interactions entre espèces et des propriétés émergentes de l’écosystème (Fig.3). Si les distributions relatives de ces propriétés sont globalement stables au cours de la période étudiée, les changements les plus importants concernent l’abondance des compartiments.


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Figure 3 - De la répartition spatiale des espèces aux caractéristiques émergentes de l'écosystème – quelques métriques à titre d'exemple



Alors que d’autres travaux ont montré que les impacts les plus sévères de la pêche en Mer Celtique avaient eu lieu dès les décennies 1960 et 1970, la présente étude démontre que cette pression demeure le principal facteur de changement entre 1985 et 2016. L’augmentation continuelle de la pression de pêche jusqu’au début des années 2000 aggrave la réduction des stocks des principaux prédateurs dans l’écosystèmes comme le merlu, la morue (le cabillaud, chez votre poissonnier), la baudroie (la lotte), favorisant le développement de leurs proies : de plus petits poissons de fond, des invertébrés (crustacés, céphalopodes) et des poissons pélagiques (sardine, sprat et merlan bleu par exemple). La politique de gestion des pêches plus stricte à échelle européenne dès le milieu des années 2000 montre ses fruits et plusieurs espèces commerciales voient leur abondance ré-augmenter dans les années 2010.


Les effets de l’environnement sont toutefois visibles. La fluctuation de production de plancton explique une partie des variations d’abondance de poisson, en particulier des consommateurs de plancton. Par ailleurs, le réchauffement précoce et brutal des eaux dans le milieu des années 1990 impacte négativement la productivité des espèces dites boréales (morue, hareng, merlan) et positivement celle des espèces dites Lusitaniennes (sardine, sanglier, céphalopodes), respectivement à affinités pour les eaux froides et chaudes. Les résultats de cette étude suggèrent que ces changements de température ont ralenti (voire empêché) ou accéléré le récent rétablissement des stocks d’espèces commerciales suivant leur preferendum thermique.


La prédominance du signal de la pêche dans les changements de l’écosystème doit être considérée au regard de la stabilité des conditions environnementales au cours des 20 dernières années (Fig.4)… une stabilité qui ne perdurera pas d’après les prédictions de modèles climatiques. L’amélioration de la gestion des pêches et l’impact de l’environnement ici mis en évidence semblent suggérer que le changement climatique deviendra la principale pression à laquelle fera face la Mer Celtique dans les décennies à venir !



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Figure 4- Variation temporelle des principaux facteurs de changement dans l'écosystème de Mer Celtique. Axe de gauche (valeur absolue): SST = température de surface; SBT = température de fond; Axe de droite (valeur relative) : PP = production de phytoplancton; ZSH = qualité de l'habitat pour le zooplancton; F=pression de pêche. C’est ce dernier indicateur qui est le plus contrasté sur la période d’étude



Les auteurs de cette étude travaillent actuellement à l’intégration dans le modèle Mer Celtique des projections issues de modèles biogéochimiques produits dans le cadre du GIEC. Le modèle permettra alors de prédire l’impact du réchauffement des eaux en surface comme au fond et un déclin global de la production primaire sur les communautés et leurs conséquences sur les propriétés émergentes de l’écosystème à l’horizon 2100.



Référence
Hernvann P-Y, Gascuel D, Grüss A, Druon J-N, Kopp D, Perez I, Piroddi C and Robert M (2020) The Celtic Sea Through Time and Space: Ecosystem Modeling to Unravel Fishing and Climate Change Impacts on Food-Web Structure and Dynamics. Front. Mar. Sci. 7:578717. doi: 10.3389/fmars.2020.578717




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Pierre-Yves Hernvann (L'Institut Agro, ESE) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Le projet NEUTRACLIM est lauréat d'un appel à projets de la Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires du CNRS.



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Interroger la place du captage et stockage du carbone pour relever le défi de la neutralité climatique

Le projet NEUTRACLIM porté par Marion Lemoine-Schonne (CNRS, IODE) est lauréat d'un appel à projets de la Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires du CNRS.

Le projet NEUTRACLIM, qui se déroulera en 2021, réunit une équipe interdisciplinaire (droit/sociologie et histoire des sciences/biochimie/écologie/climatologie) et se nourrira des échanges avec les parties prenantes des projets menés (captage et stockage du carbone, valorisation du carbone et séquestration dans les terres agricoles).

Le captage et stockage du carbone est une technique d’ingénierie climatique largement légitimée par les rapports du GIEC qui l’intègrent comme partie de la « solution » pour atteindre la neutralité carbone planétaire. Le projet vise trois techniques : le CCS industriel (Carbon Capture and Storage) consistant à capter le CO2 à son point d’émission (centrales électriques, thermiques, industries) puis à l’injecter dans les réservoirs souterrains on shore ou off shore afin de l’y stocker « durablement », le CCUS (Carbon Capture and Utilization), combinant le CCS à une valorisation du carbone dans le domaine des cleantechs (biocarburants) et le piégeage du carbone dans les sols agricoles par séquestration naturelle (COS).

L’objectif du projet NEUTRACLIM est d’intégrer des approches disciplinaires en droit, sociologie et histoire des sciences, sciences de l’environnement et ingénierie pour évaluer les enjeux, la faisabilité et les risques de ces techniques. Revues de littérature, workshops et échanges avec des parties prenantes conduiront le consortium à définir in fine, de manière interdisciplinaire, les conditions d’une bonne gouvernance de ces techniques, les inscrivant dans une trajectoire de développement durable efficace. Dans ce cadre, que dit le droit et quel est son rôle face à ces technologies climatiques controversées qui soulèvent des dilemmes socio-politiques importants ?



Pour en savoir plus
L'appel à projets « Travailler en interdisciplinarité pour lutter contre les changements climatiques »
La Mission pour les initiatives transverses et interdisciplinaires du CNRS (MITI)


[source : IODE]


Contact OSUR
Marion Lemoine-Schonne (CNRS, IODE) / @


L’ambre birman apporte un éclairage nouveau sur l’histoire évolutive et la diversité fossile des guêpes



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Article dans Cretaceous Research

L’étude de l’histoire évolutive des insectes est depuis longtemps liée à celle du registre fossile et aux informations qu’il fournit. Dans deux articles parus respectivement dans Zoological of the Linnean Society en juillet 2020, et dans Cretaceous Research en septembre 2020, Corentin Jouault (étudiant en Master PPP de l'université de Rennes 1) et des chercheurs de Géosciences Rennes, du Muséum National dHistoire Naturelle, et de l’Académie des Sciences de Moscou, clarifient lhistoire évolutive des guêpes Bethylidae et décrivent une nouvelle famille de guêpes fossiles.

 

L’ambre du Crétacé moyen du Myanmar est actuellement le plus étudié au monde. Depuis deux décennies, l'exploitation des très riches gisements de la vallée du Hukawng a fourni une quantité pléthorique d’inclusions fossiles d’insectes, de plantes, et plus rarement de petits vertébrés, tous piégés dans des coulées de résine de conifères il y a environ 98 millions d’années. Ces fossiles livrent des informations cruciales pour comprendre l’histoire évolutive des lignées d’insectes. L’une des particularités de l’ambre est de conserver l'organisme piégé en 3D, parfois même ses structures internes, et ainsi de restituer de manière exceptionnelle tous les détails morphologiques préservés depuis des millions d'années. Dans le cas des guêpes étudiées (Figs. 1-2), il est alors possible de les comparer avec leurs plus proches représentants actuels, puis d’établir les relations de parenté entre les espèces actuelles et fossiles en se basant sur leurs ressemblances et sur les caractères qu’elles partagent (Fig. 1C).

 

Dans la première étude visant à clarifier les relations de parenté au sein des guêpes parasitoïdes Bethylidae, aussi appelées « guêpes plates » en raison de leur apparence aplatie, deux nouveaux genres et espèces ont été décrits: Cretapristocera longiscapa (Fig. 1A,B) et Megalopsenella pouilloni. Les nouveaux taxons ont ensuite été implémentés dans une analyse cladistique intégrant des genres actuels mais également fossiles, et représentant l’ensemble des 8 sous-familles de Bethylidae (Fig. 1C). Cette analyse a permis d’établir un « schéma d’apparition » des sous-familles et suggère que les Holopsenellinae, auxquels appartient Megalopsenella pouilloni, ont divergé en premier, c’est à dire qu’ils se sont séparés précocement de l’ancêtre commun qu’ils partagent avec le reste des Bethylidae (Fig. 1C). Ce placement est également confirmé par l’étude de la nervation alaire qui suggère une simplification (réduction du nombre de veines et de cellules) au cours de l'histoire de cette famille.

 

Dans la seconde étude, la découverte par Vincent Perrichot, dans une collection d’ambre privée allemande, d’un spécimen de guêpe présentant des caractéristiques morphologiques atypiques, a mené à la description d’une nouvelle famille : les Ohlhoffiidae (Fig. 2). Nommée en l’honneur du collectionneur Rainer Ohlhoff qui a fourni le spécimen type, cette famille représente une lignée éteinte au sein d'un groupe de guêpes parasites visiblement florissant au Crétacé, mais aujourd'hui réduit à une seule famille.

 

Quelques mots sur le cursus de Corentin Jouault (master mention Bio-Géosciences, parcours PPP paléontologie, paléo-environnement et patrimoinel) :

Les insectes le fascinent depuis l'enfance et c’est donc tout naturellement qu'il a décidé, très tôt, de les étudier. Dans un premier temps, il s'est intéressé aux fourmis, sûrement pour leur diversité et leur organisation eusociale. Au cours de sa licence de biologie (BO3E à l'université de Rennes 1), il a eu la chance de partir les observer et de jouer les naturalistes en Guyane. Il a souhaité ensuite approfondir en Master l’étude de l’évolution de ces petites bêtes qui le passionnent, avec notamment une approche paléontologique. Il lui fallait donc trouver une formation en adéquation avec son projet (obtenir un doctorat) et dans laquelle un encadrant serait en mesure de répondre à ses questions. Il avait suivi en licence les cours de paléontologie avec Vincent Perrichot (au labo Géosciences Rennes), qui travaille sur cette thématique, et qui lui a d'abord proposé d’étudier quelques spécimens actuels collectés en Nouvelle-Calédonie, avant de le lancer sur l'étude des fossiles. Il s'est alors progressivement familiarisé avec les spécificités liées à l'étude de l'ambre et il a commencé la description de divers insectes fossiles, et le voici donc 2020-21 en M2 ! Ayant commencé très tôt l'entomologie, il est également entré en contact avec le Professeur André Nel, paléoentomologiste au Muséum National d'Histoire Naturelle, qui avec Vincent l'a guidé pour ses premiers pas dans l’étude systématique et phylogénetique des insectes fossiles.

Corentin Jouault

Objectif à très court terme : défendre un sujet de thèse au concours 2021 ! Il a mis tous les atoûts de son côté, car c’est extrêment rare qu’un étudiant publie dès son master. En janvier 2021, Corentin en est déjà à 16 articles publiés, dont 11 en 1er auteur ! C’est absolument exceptionnel !

 




Corentin Joualut Cretaceous Research 2020 Fig1b
Figure 1 : A-B : Cretapristocera longiscapa (holotype IGR. BU-009), habitus en vue dorsale. C : Abre de consensus strict obtenu à partir des analyses phylogénétique. Les valeurs sur les branches correspondent au bootstrap alors que les valeurs sous les branches représentent les synapomorphies et les états de caractères. Barres d’échelle : 0.5 mm



Corentin Joualut Cretaceous Research 2020 Fig2b
Figure 2 : Ohlhoffia robusta (holotype MB.I 7901), habitus en vue latérale gauche. Barres d’échelle : 2 mm.




Référence
Corentin Jouault, Alexandr P. Rasnitsyn, Vincent Perrichot, Ohlhoffiidae, a new Cretaceous family of basal parasitic wasps (Hymenoptera: Stephanoidea), Cretaceous Research, 117, 2021, 104635, doi.org/10.1016/j.cretres.2020.104635.
Corentin Jouault, Valérie Ngô-Muller, Jean-Marc Pouillon, André Nel, New Burmese amber fossils clarify the evolution of bethylid wasps (Hymenoptera: Chrysidoidea), Zoological Journal of the Linnean Society, , zlaa078,






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Les variations morphologiques d’une plante endémique pour répondre au changement climatique (îles subantarctiques de Kerguelen)



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Article dans Polar Biology

L'étude est publiée dans Polar Biology en décembre 2020 avec 5 membres de l’UMR ECOBIO Lorène Marchand, Françoise Hennion, Michèle Tarayre, Thomas Dorey  et Yann Rantier et à laquelle a participé sur le terrain Guillaume Bouger de l’OSUR. L’étude a eu lieu dans le cadre du programme 1116 PlantEvol coordonné par Françoise Hennion et soutenu par l’Institut Polaire français (IPEV).



La région subantarctique se situe dans l’hémisphère austral entre les 45ème et 60ème parallèles approximativement et est formée d’une couronne d’îles autour de l’Antarctique. Hébergeant des écosystèmes beaucoup plus luxuriants que le proche continent glacé, un changement climatique y est cependant particulièrement rapide et intense depuis un demi-siècle. C’est le cas aux îles Kerguelen situées dans l’océan indien austral où une réduction des précipitations et une augmentation des températures sont mesurées. Or, ces îles hébergent plusieurs espèces de plantes endémiques, peut-être reliques d’une flore antarctique disparue. Lorène MARCHAND, en thèse avec Françoise Hennion et Michèle Tarayre s’intéresse au potentiel adaptatif au changement climatique chez Lyallia kerguelensis (Montiaceae) (Fig. 1), une plante endémique des îles Kerguelen ayant une forme de coussin particulièrement adaptée aux milieux froids et venteux. L. kerguelensis a une distribution éparse (Figure 2) et ne vit que dans les « fellfields » ou champs d’altitude, parfois désignés comme « déserts de vent ». La plante présente des nécroses correspondant à la mort de rameaux feuillés, phénomène qui pourrait être lié à l’assèchement du climat.

La morphologie des plantes fait partie des traits fonctionnels variant avec l’environnement. Mesurer la variabilité de la morphologie et de l’étendue de la nécrose chez L. kerguelensis apportera des éléments décisifs pour estimer la capacité de réponse de la plante au changement climatique. Pour ce faire, l’équipe du programme 1116 PlantEvol est allée sur le terrain pendant 4 campagnes entre 2015 et 2019 pour sélectionner et travailler sur 19 sites hébergeant des populations de la plante (Fig. 2). Par une méthode innovante de photo-interprétation, les images d’environ quatre cent plantes de L. kerguelensis ont été analysées en détail afin d’acquérir des informations sur la morphologie précise des individus.

Lorène Marchand et ses co-auteurs ont montré que les plus grands individus sont trouvés en milieu de versant et sur des sols sableux. Les chercheurs interprètent ce résultat par un drainage du sol plus favorable au développement des plantes. Les coussins les plus sphériques sont trouvés dans les sites les plus exposés au vent. La forme sphérique des plantes semble ainsi répondre à l’exposition aux vents violents et continus sur l’archipel. Enfin la nécrose semble être plus importante chez les plantes poussant sur les sols les plus salins et les plus secs.

Compte tenu des tendances actuelles du changement climatique, Lyallia kerguelensis pourrait être capable de changer sa morphologie pour s’adapter aux variations de l’environnement. Cependant l’aggravation des sécheresses en durée ou en intensité pourrait accélérer la nécrose.

Il est à noter que l’ensemble des données morphologiques et environnementales ainsi que la couche cartographique de cette étude ont été déposés sur la plateforme OSURIS - le géoportail pour la recherche, la visualisation et le téléchargement de données spatialisées de l’OSUR -, permettant à l’ensemble de la communauté scientifique d’avoir accès à ces informations. L’étude se rattache au programme international (IRP) AntarctPlantAdapt (F. Hennion et P.J. Lockhart) qui vise à comparer les réponses aux changements climatiques chez des espèces subantarctiques et des espèces alpines de Nouvelle Zélande apparentées (IRP AntarctPlantAdapt).



Lorene Marchand Polar Biology 2020 Fig1

Figure 1: Petit coussin de Lyallia kerguelensis, avec exemple d’apex nécrosé (flèche rouge) à comparer à un apex vigoureux, vert (flèche blanche). Adapté de Marchand et al. 2020.



Lorene Marchand Polar Biology 2020 Fig2
Figure 2 : En haut à gauche, position des îles Kerguelen dans l’océan indien austral. En haut à droite, distribution connue de l’espèce (Observatoire Lyallia) sur Kerguelen. Carte principale des Kerguelen, les 19 sites d’étude sont indiqués par des triangles noirs, la base scientifique de Port-aux-Français est figurée par le rond noir. Adapté de Marchand et al. 2020.




Référence
Marchand, L.J., Tarayre, M., Dorey, T. et al. Morphological variability of cushion plant Lyallia kerguelensis (Caryophyllales) in relation to environmental conditions and geography in the Kerguelen Islands: implications for cushion necrosis and climate change. Polar Biol (2020).




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Cécile Monard et Abdelhak El Amrani (ECOBIO) sont les deux lauréats des ‘Innovation Awards 2020’ du groupe international Roullier



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Le projet est doté de 75 000 € et fera l’objet d’un contrat de recherche avec le CMI Roullier

Cécile Monard (CNRS, ECOBIO) et Abdelhak El Amrani (Université de Rennes 1, ECOBIO) sont les deux lauréats des ‘Innovation Awards 2020’ sélectionnés sur les 100 projets soumis au Centre Mondial de l’Innovation (CMI) du groupe Roullier. Leur projet visant à explorer les interactions plantes - microorganismes de la rhizosphère est le seul retenu par un jury international dans le domaine de la nutrition végétale.

Il a pour objectif de mettre en évidence le rôle des microARNs dans les interactions entre les plantes et leur microbiote rhizosphérique avec l’hypothèse forte d’une implication de ces voies de communication dans le recrutement spécifique par la plante de microorganismes qui lui sont associés. La compréhension de ces mécanismes, encore inconnus jusqu’à présent, permettra de proposer des stratégies d’ingénierie de la rhizosphère utilisables comme solution verte pour l’amélioration des rendements des grandes cultures et la tolérance aux stress biotiques et abiotiques (agresseurs, sécheresse…).

Ce projet innovant recevra une dotation de 75 000 € et fera l’objet d’un contrat de recherche avec le CMI Roullier. Le groupe Roullier dont le siège social et le CMI sont basés à St Malo est un acteur majeur de la nutrition végétale et animale depuis 60 ans. Depuis 2001, il a organisé cinq éditions d’Innovation Awards Roullier et participe ainsi aux échanges entre recherche académique et industrielle.



La cérémonie (virtuelle) s'est tenue le 11 janvier 2021 : Innovation Awards Roullier 2020 eCeremony (voir à partir de 12:50 pour la partie ECOBIO)





Pour en savoir plus sur les recherches de Cécile et Abdelhak, lire la présentation de l'article paru en octobre 2020 dans Trends in Plant Science (Middleton et al.) "Une plante et son microbiote rhizosphérique échangent-ils des microARNs pour communiquer ?"

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Lire aussi

"Innovation Awards Roullier : une équipe rennaise primée" (Ouest-France, 11/01/21)

"Comment le groupe Roullier invente les fertilisants de demain" (Les Echos, 20/01/21)




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Réponses des communautés microbiennes actives du sol à un apport de biostimulant et comparaison avec l’effet héritage des plantes



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Article dans Scientific Reports

Eve Hellequin, Cécile Monard, Marion Chorin, Nathalie Le bris, Virginie Daburon, Françoise Binet (Université de Rennes 1, CNRS, ECOBIO) et Olivier Klarzynski (BIO3G) publient en août 2020 un article dans la revue Scientific Reports sur les réponses des communautés microbiennes actives du sol à un apport de biostimulant et la comparaison avec l’effet héritage des plantes. Cette étude est la première à démontrer un effet positif et tardif d'un biostimulant sur les microorganismes actifs du sol. L'étude fournit également de nouvelles informations sur les réponses des microorganismes actifs du sol à un biostimulant du sol pouvant être utiles dans l’accompagnement de la transition de l’agriculture vers des pratiques agroécologiques.


 

L’agriculture est en pleine transition vers des pratiques agroécologiques qui prennent en compte la biodiversité du sol et les processus écologiques. En guise d’alternative aux intrants chimiques, l’utilisation de biostimulants agricoles vise à améliorer indirectement la croissance des plantes et l’absorption des nutriments en stimulant par exemple des microorganismes bénéfiques. Contrairement aux engrais qui alimentent directement les plantes, les biostimulants du sol visent à stimuler les processus naturels tels que ceux qui sont médiés par les microorganismes. Bien que l’effet des biostimulants dédiés aux plantes soit bien documenté, il existe un manque de connaissance concernant les effets et le mode d’action de ceux qui agissent sur le fonctionnement biologique du sol.



Eve Hellequin Fig2 BiodivSol

 

Plusieurs catégories de biostimulants sont décrites selon leur matière première : les acides humiques et fulviques, les hydrolysats de protéines d'origine animale ou végétale, les composés contenant de l'azote ou des acides aminés, des extraits d'algues, de plantes (graines, feuilles, racines, exsudats de racines) ou encore de fruits, de la chitine et chitosane et enfin des inoculants microbiens.

Dans cette étude les chercheuses d'ECOBIO et leur colègue de la société BIO3G se sont intéressés à un biostimulant destinés au sol à base d’extrait d’algues brunes et d’acides aminés. Le biostimulant est appliqué directement sur les résidus de culture afin d’améliorer la décomposition de la litière et la minéralisation par les microorganismes saprophytes du sol et donc la libération de nutriments. Ainsi, la fertilité du sol est préservée voire même augmentée. Les biostimulants du sol peuvent agir indirectement sur les microorganismes en induisant par exemple des changements dans les propriétés physico-chimiques du sol. De la même manière, en sécrétant des exsudats de racinaires, les plantes peuvent aussi modifier les propriétés du sol et donc indirectement les communautés microbiennes. Les propriétés du sol étant plastiques, ces modifications induites par les plantes peuvent persister après leur disparition ou leur récolte (« effet héritage des plantes »). Afin d’évaluer les effets du biostimulant sur les microorganismes du sol, ils ont été comparés à ceux induits par l’effet héritage des plantes qui sont des régulateurs naturels des communautés microbiennes du sol.

 

Eve Hellequin Fig3 Algues Photos

 


Pour cela, une expérimentation en deux temps a été mise en place.  Une première phase ou le sol était nu ou planté par deux plantes phylogénétiquement différentes (une Brassicaceae, Arabidopsis thaliana et une Poaceae, Triticum  aestivum). Une seconde phase d’incubation afin de suivre la minéralisation du carbone organique du sol et de la litière provenant de T. aestivum en présence ou non de biostimulant. Les objectifs étaient de  i) déterminer les effets du biostimulant au cours du temps sur les bactéries et champignons actifs du sol et les conséquences sur la minéralisation du carbone organique et la libération de nutriments dans les sols nus, et ii) évaluer les effets du biostimulant sur les microorganismes actifs du sol par rapport à l’effet héritage dans les sols plantés.

 

Cette étude a permis de mettre en évidence que le biostimulant avait un effet tardif sur les microorganismes du sol et activait des bactéries promotrices de la croissance des plantes et des bactéries et champignons saprophytes après 49 jours d’incubations (Figure 2). Cependant, ces changements dans l’abondance des microorganismes décomposeurs actifs n’étaient pas associés à un taux de minéralisation plus élevé du carbone organique provenant du sol et/ou de la litière du sol (Figure 1). Nous avons également évalué un effet du biostimulant équivalent voire supérieur à celui de l’effet héritage des plantes A. thaliana ou T. aestivum. Par exemple, en fin d’incubation, en présence ou non de litière, le biostimulant augmentait de manière plus importante la richesse des champignons actifs.

Jusqu'à présent, cette étude est la première à démontrer un effet positif et tardif d'un biostimulant sur les microorganismes actifs du sol. Cette étude fournit de nouvelles informations sur les réponses des microorganismes actifs du sol à un biostimulant du sol pouvant être utiles dans l’accompagnement de la transition de l’agriculture vers des pratiques agroécologiques.

 


Eve Hellequin Fig4
Figure 1 : Cinétiques cumulées et journalières des émissions de C-CO2 et teneur en nutriments (NO3-, NH4+, PO43-) dans les sols nus avec ou sans litière et/ou biostimulant.

 

 

Eve Hellequin Fig5
Figure 2 : Composition des communautés bactériennes et fongiques actifs, richesse et diversité de Shannon dans les sols nus avec ou sans litière et/ou biostimulant.




Référence
Hellequin, E., Monard, C., Chorin, M. et al. Responses of active soil microorganisms facing to a soil biostimulant input compared to plant legacy effects. Sci Rep 10, 13727 (2020). doi.org/10.1038/s41598-020-7069




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Eve Hellequin (Université de Rennes 1, ECOBIO ; UMR METIS, Sorbonne Université) / @

 

 

 


GEH devient EcogenO !


 AHLeGall    15/12/2020 : 13:33

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La plateforme évolue

La plateforme de l'OSUR "Génomique Environnementale et Humaine (GEH)" a décidé de s’offrir une nouvelle identité.

GEH devient donc EcogenO !

>>> En savoir plus sur le site dédié de la plateforme >>>



Contact OSUR
Plateforme EcogenO / @


C'est le PIEC : vive le Programme Intelligence Environnementale Commun !



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Programme co-porté par la MSHB (Maison des Sciences de l'Homme en Bretagne) et l'OSUR

Nous avons construit avec les établissements une stratégie pour mettre en oeuvre le projet "intelligence environnementale" et poursuivre la dynamique engagée. La crise de la Covid et les nombreuses interrogations qu'elle suscite nous incite à penser que les idées soulevées dans le projet sont plus que jamais d'actualité.

Les établissements d’UniR et leurs partenaires se sont engagés dans ce projet et ont octroyé un budget (80 k€) par en février 2020. Ils ont ensuite confirmé le projet en octobre dernier. Un second financement du ministère (100 k€) a également été obtenu par l'université de Rennes 1 dans le cadre de son Dialogue de Gestion Stratégique.

Le projet a ainsi pris la forme d’un Programme "intelligence environnementale" qui est co-porté par la Maison des Sciences de l'Homme en Bretagne (MSHB) et l'Observatoire des Sciences de l'Univers de Rennes : le Programme Intelligence Environnementale Commun ou . Ce co-portage est à notre connaissance unique en France.


Le programme reste axé sur ses trois missions :

  • Recherche : pour approfondir les concepts, élargir la participation des chercheurs et soutenir les projets inter et transdisciplinaires,
  • Formation : avec la mise en place d'un label "intelligence environnementale", construire les briques d'une formation aux Objectifs du Développement Durable (projet Université Rennes 1) et plus largement aux transitions environnementales, réfléchir à la mise en place d'un master intelligence environnementale inter-établissements,
  • Partenariats : afin de développer notre réseau de partenaires pour co-construire avec eux les questions de recherche et les formations.

Guillaume Pajot (auparavant animateur du CRESEB) et Virginie Vergnaud (responsable de la plate-forme Condate Eau) sont recrutés (à 100% et à 20%, respectivement) pour mettre en place l'animation du programme. Nous avons également commencé à travailler avec trois groupes pour les trois missions.


Vous trouverez ci-dessous un résumé du projet et de ses ambitions, ainsi que la constitution des groupes (validée par les établissements). La composition des groupes n’est cependant pas figée et nous souhaitons les élargir aux thématiques et établissements qui ne sont pas représentés.





PIEC Presentation Dec2020 1



PIEC Presentation Dec2020 2



PIEC Signataires




Contact OSUR

Luc Aquilina (Université de Rennes 1, Géosciences Rennes) / @
Guillaume Pajot (Université de Rennes 1, OSUR) / @


L’OSUR booste l’interdisciplinarité et construit des ponts entre les unités



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…et c’est mesurable

La rédaction du rapport HCERES 2016-2020 de l’OSUR a été l’opportunité de mesurer « bibliographiquement » le travail réalisé conjointement entre les unités constitutives et associées, et ayant fait l’objet d’une publication scientifique commune. La progression par rapport au précédent contrat est spectaculaire.

 

L’analyse des résultats scientifiques ci-dessous porte uniquement sur les recherches publiées par des chercheurs d’au moins deux unités (UMR) distinctes faisant partie de l’OSUR et impliquant au moins une des unités constitutives. Les publications entre unités INRAE sans que d’autres unités de l’OSUR soient impliquées n’ont pas été comptabilisées. Les publications couvrent de larges champs thématiques notamment dans les domaines de l’écologie, l’hydrologie, l’archéologie, la biologie, l’agronomie, l’environnement, les géosciences.

 

Une analyse globale de la production scientifique inter-UMRs fait état de 192 publications sur la période de 5,5 ans du 01/01/2015 au 31/05/2019 dont 165 répertoriées dans le Web of Science (30/an). Sur la période de 6 ans de 2010 à 2015, le nombre de publications référencées dans le Web of Science était de 95 (16/an). L’augmentation est très nette et ne peut être que partiellement imputable à l’augmentation générale du nombre d’articles scientifiques (40% sur 15 ans de 2000 à 2015 à un rythme moyen de 2,2% par an) et à l’association avec l’IGEPP et ESE. En filtrant ces deux effets, l’augmentation est de l’ordre de 40%. Sans filtrer la croissance générale du nombre de publications scientifiques, l’augmentation du nombre de publications inter-unités de l’OSUR sur le contrat est de 50%. Sur les 192 publications, 80% impliquent 2 unités et 20% trois unités. Les publications inter-unités représentent de 5% à 20% des publications des unités et équipes impliquées dans l’Observatoire (par exemple 8,5% pour Géosciences et 20% pour ECOBIO).

Le tableau de répartition des publications entre unités montre que toutes les unités participent à l’activité scientifique inter-unités. ECOBIO est impliqué dans 2/3 des publications. Le nombre le plus important de publications communes est atteint pour Géosciences-SAS. Le nombre de publications pour les unités constitutives et associées varie de 13 à 119 et reflète la taille et le niveau d’implication dans les recherches interdisciplinaires entre les unités de l’Observatoire. On note des collaborations très fortes entre les unités constitutives (Géosciences-ECOBIO, ECOBIO-LETG Rennes) comme avec les unités associées (Géosciences-SAS, ECOBIO-ESE, ECOBIO-SAS). Si les collaborations sont favorisées par la présence et l’action de l’Observatoire, elles existent aussi indépendamment. L’IGEPP associé en 2019 avait déjà un niveau de publications important avec ECOBIO. La progression forte du nombre d’articles et la diversité des collaborations sont des marqueurs importants du dynamisme des activités entre unités dans l’Observatoire.

Ce bilan particulièrement positif montre que l’OSUR a permis de développer l’interdisciplinarité mais aussi d’établir des ponts entre unités travaillant sur des sujets proches, avec dans ce cas une force de frappe plus importante, ou une culture différente pour aborder la même question. Cela permet aussi de mutualiser les moyens : par exemple, avec l’INRAE, nous avons mis en commun notre réseau d’agriculteurs. L’objectif de la recherche, fondamentalement disciplinaire, est atteint grâce à l’agrégation des moyens, qui permet de faire des recherches qui seraient restées limitées avec les forces vives d’une seule unité. Le bilan bibliographique démontre également cela.

 

 

Les chiffres-clés

  • 192 articles inter-unités sur 5,5 ans
  • +81% par rapport à 2010-2015
    • +11% Augmentation tendancielle
    • +29% Intégration ESE et IGEPP
    • +41% Progression nette
  • 5% à 20% des publications des unités
  • Répartition entre unités
    • 20% sur 3 unités
    • Toutes les unités/équipes impliquées
    • Forte implication des unités INRAE
  • Enjeux partagés
    • Paysages
    • Ressources
    • Contamination
    • Méthodes
    • Perception de l’environnement


OSUR Conseil 2020 06 10 HCERES V2

 

 

Quelques exemples de publications communes

 

Des travaux interdisciplinaires sont illustrés ci-dessous par quelques faits marquants pris dans les publications communes de l’OSUR pour montrer la diversité des champs de l’environnement couverts. La plupart de ces publications sont accompagnées d’un décryptage sur le site de l’OSUR (indiqué par un lien) repris au fin de l’eau dans les lettres mensuelles cycl’OBS.

 

 

L’agriculture biologique favorise la régulation des bioagresseurs
Avec BAGAP, ECOBIO, IGEPP
Une Biblio Agri Bio
Stéphanie Aviron (INRAE, BAGAP), El Aziz Djoudi (Université de Rennes 1, ECOBIO ; INRAE, IGEPP), Julien Pétillon (Université de Rennes 1, ECOBIO), Manuel Plantegenest (INRAE, IGEPP) ont mis en évidence, avec des collègues américains et allemands, que l’agriculture biologique favorise la régulation naturelle et la maîtrise des bioagresseurs : pathogènes (champignons ou bactéries), ravageurs animaux et adventices ("mauvaises herbes"). Ces résultats ouvrent des perspectives intéressantes pour réduire l’usage des pesticides de synthèse.
Publication dans la revue Nature Sustainability en juillet 2018.
https://www.univ-rennes1.fr/actualites/19072018/lagriculture-biologique-favorise-la-regulation-des-bioagresseurs

 

Le LiDAR et l'apprentissage-machine ("machine learning") au secours de l’archéologie
Avec le LETG-Rennes et le CReAAH
Une Biblio Lidar Archeo
La détection de tumulus, structures funéraires du Néolithique.
La technologie LiDAR aéroportée, qui est largement utilisée en archéologie s’est, au cours de la dernière décennie, révélée un outil précis pour décrire les formes de relief anthropomorphiques. Après avoir dérivé un modèle numérique de terrain (MNT) de données LiDAR, les caractéristiques archéologiques sont généralement mises en valeur à l'aide de multiples techniques de visualisation et, à l'occasion, de techniques automatisées de détection ou de classification. Une telle approche offre des résultats limités lorsqu'elle est appliquée à des structures hétérogènes (différentes tailles, différentes morphologies), ce qui est souvent le cas pour des vestiges archéologiques qui ont été altérés au cours des siècles. Cette étude publiée dans la revue Remote Sensing en février 2018 par Alexandre Guyot et Laurence Hubert-Moy (Université Rennes 2, LETG-Rennes) et Thierry Lorho (DRAC-SRA, CReAAH) propose de surmonter ces limites en développant une analyse multi-échelle de la position topographique combinée à des algorithmes d'apprentissage-machine supervisés (Random Forest).
https://osur.univ-rennes1.fr/news/detection-de-tumulus-structures-funeraires-du-neolithique.html

 

Les fractures du sous-sol favorisent le développement de la vie intraterrestre
Avec Géosciences Rennes et ECOBIO
Une Biblio Fracture Sol
L’apport d’oxygène par les réseaux de fractures permet le développement de bactéries oxydantes du Fer en profondeur.
Les environnements souterrains stockent la plupart des eaux douces de la Terre et abritent divers microorganismes qui pourraient constituer une partie importante de la biosphère. Cependant, la dynamique et la distribution spatiale de ces microorganismes de subsurface, ainsi que leur réponse aux processus hydrologiques, sont encore aujourd’hui mal comprises. Des chercheurs rennais des labos Géosciences Rennes et ECOBIO – dans une étude réalisée dans le cadre de la thèse d’Olivier Bochet soutenue à l’université de Rennes 1 en décembre 2017 - ont utilisé les analyses chimiques et métagénomiques des eaux souterraines d'un aquifère du socle granitique du Massif armoricain (Observatoire hydrogéologique de Ploemeur, Morbihan, dans l'ouest de la France) afin de déterminer le rôle des fractures du sous-sol dans le développement de micro-organismes en profondeur. Ces résultats sont publiés dans la revue NATURE Geoscience en janvier 2020.
https://osur.univ-rennes1.fr/news/les-fractures-favorisent-le-developpement-de-la-vie-intraterrestre.html

 

Du bon usage des drones pour la cartographie des habitats naturels
Avec ECOBIO et le LETG-Rennes
Une Biblio Drone Carto
Les drones peuvent-ils combler le fossé entre les relevés in situ et les satellites pour la cartographie des habitats ?
Emilien Alvarez-Vanhard, Thomas Houet, Thomas Corpetti (Université Rennes 2, CNRS, LETG-Rennes), Cendrine Mony et Lucie Lecoq (Université de Rennes 1, ECOBIO) publient en avril 2020 un article dans la revue Remote Sensing of Environment un article consacré au bon usage du drone pour la cartographie des habitats, et à sa complémentarité avec les données satellitaires. L’étude a été menée sur le marais de Sougéal (Zone Atelier Armorique portée par l’OSUR) avec le soutien instrumental de la plateforme CNRS D2T (Drone, Terrain, Télédétection) de l’université Rennes 2. L’étude est également intégrée au projet européen Interreg ALICE soutenu par le FEDER pour aider à l’aménagement des bassins versants des zones côtières.
https://osur.univ-rennes1.fr/news/du-bon-usage-des-drones-pour-la-cartographie-des-habitats-naturels.html

 

L’humidité : l’agent double (et trouble !) des milieux granulaires
Avec l’IPR et Géosciences Rennes
Une Biblio Humidite Granulaire
Comment l'humidité peut réduire les risques d'avalanches ou augmenter les contraintes de manutention de milieux granulaires ?
Des chercheurs de l’IPR - Luc Oger, Claude el Tannoury† , Renaud Delannay - et Yves Le Gonidec de Géosciences Rennes, en partenariat avec des collègues argentins, publient en février 2020 dans la revue Physical Review E un article sur l'étude en laboratoire de la stabilité des pentes des milieux granulaires. En effet, cette stabilité reste un défi pour la modélisation. L’objectif de cette étude in fine est la compréhension et la prévision des risques naturels, tels que les avalanches et les glissements de terrain, dont les signes précurseurs sont contrôlés par de nombreux paramètres physiques.
https://osur.univ-rennes1.fr/news/lhumidite-lagent-double-et-trouble-des-milieux-granulaires.html

 

Les microbes des eaux souterraines protègent la qualité de l'eau. Un équilibre subtil entre biologie et géologie
Avec Géosciences rennes, ECOBIO, SAS
Une Biblio Microbe Eau
Les eaux souterraines peuvent aussi éliminer les nitrates. Cette publication dans PNAS en janvier 2019, issue de la thèse de Tamara Kolbe (première auteure, et qui a piloté l’étude) sous la direction de Jean-Raynald de Dreuzy (Géosciences Rennes), est très largement OSURienne et associe également Luc Aquilina, Tristan Babey, Thierry Labasque, Anniet Lavermamn, Jean Marçais (université de Rennes 1, CNRS, Géosciences Rennes et ECOBIO), Ben Abbott (Brigham Young University USA, ECOBIO), Gilles Pinay (Irstea, ECOBIO), Zahra Thomas (Agrocampus Ouest, SAS).
https://osur.univ-rennes1.fr/news/les-microbes-des-eaux-souterraines-protegent-la-qualite-de-leau.html

 

Mais pourquoi l'escargot se plait-il autant dans les zones urbaines ?
Avec ECOBIO, ESE, LETG-Rennes
Une Biblio Escargot Ville
Les pérégrinations de Cornu aspersum en ville.
Des chercheurs appartenant à plusieurs labos de l’OSUR ont réalisé une étude basée sur la réplication des paysages pour mettre en évidence les effets de la composition, de la configuration et de la connectivité du paysage sur la différenciation génétique des populations d'escargots petits-gris. L’originalité de ce travail repose sur la multiplication des paysages échantillonnés et l’intégration de trois échelles d’analyse. Cette étude dans laquelle on retrouve notamment Manon Balbi, Aude Ernoult, Pedro Poli, Luc Madec, Marie‐Claire Martin (ECOBIO), Jean Nabucet (LETG-Rennes) et Eric Petit (ESE, INRA) est publiée en avril 2018 dans la revue Molecular Ecology.
https://osur.univ-rennes1.fr/news/mais-pourquoi-lescargot-se-plait-il-autant-dans-les-zones-urbaines.html

 

 

>>> La liste bibliographique des 192 publications OSUR inter-UMRs (2015-juin 2020) >>>

>>> La liste complète des publications croisées inter-UMRs au sein de l’OSUR : données dynamiques HAL >>>





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Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @