Des marges continentales de France et d’Afrique livrent leurs secrets


 AHLeGall    04/12/2019 : 10:02

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Projet PAMELA (Passive Margins Exploration Laboratories)

Comment évoluent les marges passives, ces zones sous-marines frontières entre continent et océan ? En réponse à cette question ambitieuse, le projet Pamela propose un nouveau modèle d’évolution de ces marges basé sur l’étude de trois cas : le canal du Mozambique mais aussi le Golfe de Gascogne et le canal de Corse.


Coordonné par l’Ifremer et le groupe Total, ce projet a impliqué durant six ans, plus de 150 chercheurs et ingénieurs du CNRS et des universités de Bretagne Occidentale, Rennes 1 - dont Cécile Robin (Géosciences Rennes) -, Sorbonne Université, et IFPEN. Ils se sont réunis les 21 et 22 novembre 2019 à l’occasion du séminaire de clôture du projet au Centre scientifique et technique de Total à Pau.

Démarré en 2013, le projet Pamela (Passive margins exploration laboratories) a pour objectif principal de développer de nouveaux modèles d’évolution des marges passives. Ces marges caractérisées par une absence de zone de subduction ou d’activité sismique, bordent les côtes de l'océan Atlantique tout comme les côtes de Corse et de Provence.



Pamela en chiffres : 6 ans, 150 scientifiques, 7 partenaires, 37 millions d’euros, 11 campagnes en mer, plus de 50 publications scientifiques et 22 thèses et post-docs

>>> En savoir plus (article complet IFREMER et dossier de presse) >>>


Pamela


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Renaturation de la Sélune : la végétation spontanée peut-elle contribuer à la restauration écologique des berges ?



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ARTICLE DANS RIVER RESEARCH AND APPLICATIONS

Charlotte Ravot (BAGAP, Agrocampus Ouest), Marianne Laslier (LETG-Rennes), Laurence Hubert‐Moy (LETG-Rennes), Simon Dufour (LETG-Rennes), Didier Le Coeur (BAGAP, Agrocampus Ouest), Ivan Bernez (ESE, INRAE) publient en septembre 2019 un article dans un numéro spécial de la revue River Research and Applications consacré à la question de la renaturation de la Sélune, petit fleuve côtier qui se jette dans la baie du Mont-Saint-Michel, suite à l'arasement (déconstruction) de deux barrages hydrauliques.



Dans le cadre du projet pilote de démantèlement des deux grands barrages (h. 36 et 16 m) de la Sélune, dont le bassin versant est principalement dans le département de la Manche (Basse-Normandie), un programme de scientifique de suivi à long terme (avant et après arasement) de la renaturation de la Sélune a été mis en place sous la coordination de l’INRAE (institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) de Rennes et de l’OFB (Office Français de la Biodiversité) et grâce à l’investissement d‘un groupe multidisciplinaire d’organismes de recherche. La phase initiale, avant suppression des ouvrages (2015-2018), a inclus le projet Séripage (« Sélune : écologie et gestion des zones ripariennes et des paysages agricoles »), financé par l’AESN (Agence de l’Eau Seine Normandie), dont fait partie cette étude. La région Bretagne a financé un doctorat (Marianne Laslier, Université Rennes 2 et CNRS). Nous remercions tout spécialement deux de nos partenaires sur le terrain : la Direction Départemental des Territoires et de la Mer de la Manche et l’Antenne Basse-Normandie du Conservatoire Botanique National de Brest.


La restauration de la continuité écologique du fleuve Sélune est un projet de suppression de barrages hydroélectriques sans précédent en Europe. Avant l’arasement, la gestion des sédiments accumulés dans le lac de retenue de Vezin à l’amont (19 km de long, 151 ha) a été assurée sur site par des opérations d’ingénierie civile lourdes permises par une vidange progressive (2014-2018) afin d’éviter leur emportement en aval. Le reverdissement spontané des rives, dénoyées par étapes, est suivi depuis 2015 selon les modalités de conduite des travaux visant à contenir les sédiments.


Nos objectifs étaient de voir, dans cette phase critique de mise à nu de sédiments, si les communautés végétales spontanées pouvaient participer à une forme de restauration écologique passive sur les néo-berges et aider au maintien des sédiments de la zone exondée. Pour cela nous avons suivi à deux échelles (locale sur le site dit « pont de la République » et globale, sur toute la retenue) des indices de structure de la végétation, de richesse taxonomique et la composition des communautés végétales. Ainsi nous avons caractérisé i) la végétation spontanée, ii) le gradient végétal longitudinal au sein de l’ancien lac, iii) les variations temporelles (2014-18) des communautés de plantes au cours de la vidange de Vezin.


Les enseignements tirés peuvent aider au choix des techniques de restauration écologique les plus appropriées :
La végétation spontanée recolonisant une retenue ancienne (90 ans) s’exprime avec une grande diversité floristique et par une mosaïque d’habitats, tant sur un gradient longitudinal que latéral ; ceci est liée à la grande hétérogénéité physique au sein de l’ancien lac et au mode très lent d’abaissement du niveau d’eau (la vidange précédente (1993) avait duré quelques journées d’un même été, tandis qu’ici elle a eu lieu sur quatre ans).


Les fonctions écologiques portées par cette végétation appuient la possibilité d'envisager un reverdissement intégral rapide et un maintien des sédiments sur plusieurs dizaines d'hectares de la vallée retrouvée, grâce à de nombreuses herbacées, peu d’espèces envahissantes (sous surveillance du conservatoire botanique). Un suivi des successions secondaires et des espèces ligneuses est en cours.


Ces résultats suggèrent que l’on a un fort potentiel de stabilisation des sédiments par la flore spontanée et qu’un plan de gestion de la néo-vallée pourrait inclure de la restauration écologique passive bien moins interventionniste (gain de temps et d’argent, impact carbone moindre). Des études complémentaires sont en cours sur les traits biologique pour affiner le diagnostic.



Référence
Ravot C, Laslier M, Hubert‐Moy L, Dufour S, Le Coeur D, Bernez I. Large dam removal and early
spontaneous riparian vegetation recruitment on alluvium in a former reservoir: Lessons learned from the pre‐removal phase of the Sélune River project (France). River Res Applic. 2019;1–13. doi.org/10.1002/rra.3535

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Archives départementales de la Manche au Moulin de Barbotière avant la construction du barrage

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Barbotière été 2017 (© Charlotte Ravot)

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Barbotière fin d’été 2018 (© Charlotte Ravot)


>>> En savoir plus sur la Sélune




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Coutumes, rites et sacrifices autour d’un complexe funéraire de l’âge du Bronze tardif en Mongolie (Tsatsyn Ereg, Arkhangai)


 AHLeGall    29/11/2019 : 14:24

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ARTICLES DANS ANTHROPOZOOLOGICA

La Mission française d’archéologie en Mongolie a été mise en place sous l’égide du Ministère des Affaires étrangères et du Développement International. Elle est soutenue par le CNRS, le Muséum national d’Histoire naturelle et le CReAAH, en collaboration avec l’institut d’Histoire et d’Archéologie de l’Académie des Sciences d’Oulan Bator. Une nouvelle campagne de fouille à laquelle Vincent Bernard (CReAAH) était associée a permis l’enregistrement des restes de chevaux (mandibules, tête) sacrifiés, présents sous les tertres et les cercles de pierres en périphérie du grand complexe funéraire B10 (Tsatsyn Ereg, Arkhangai). Les résultats de cette dernière mission sont publiés dans la revue Anthropozoologica en novembre 2019.



Le site archéologique de Tsatsiin Ereg, Mongolie


La Mongolie est située entre la Russie au nord et la Chine au sud. Le site de Tsatsiin Ereg se situe en Mongolie à 40km de Tsetserleg et à 500km à l’ouest d‘Oulan Bator, la capitale. Le site de Tsatsiin Ereg est localisé sur une ancienne terrasse alluviale du Tamir.


Carte
Conception cartographique assistée par ordinateur : F. Burle


Depuis les premières prospections de 2002, cette province est apparue riche en vestiges de la protohistoire, de l’âge du Bronze en particulier, caractérisée par le développement de la métallurgie (cuivre, bronze, fer) d’échanges à grandes distances et l’apparition d‘une nouvelle organisation sociale très hiérarchisée, visible entre autre dans les vestiges funéraires.

Tsatsiin Ereg se développe autour des tombes aristocratiques individuelles aux environs de 1000 av. notre ère. Les complexes funéraires appelés Khirigsuurs, sont composés d’un tumulus central entouré d’une enceinte circulaire ou quadrangulaire. Lorsque c’est le cas, comme ici à Tsatsiin, les quatre coins sont marqués par des tertres. Les sépultures se caractérisent par une inhumation unique d’un humain, accompagné parfois d’un ou deux chevaux. A l’extérieur de l’enceinte, de très nombreux tertres périphériques signalent le dépôt d’un ou deux crânes de chevaux ; 1200 petits tertres ont ainsi été cartographiés à Tsatsiin Ereg. De petits cercles de pierres souvent alignés contiennent également les restes d’ovi-caprinés brulés.



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Vue du khirigsuur B10 à Tsatsyn Ereg (vue du sud-ouest). Photographie : J. Magail


Depuis 2006, le Musée d’Anthropologie préhistorique de Monaco, en la personne de l‘anthropologue Jérôme Magail, et l'Institut d’Archéologie de l’Académie des Sciences de Mongolie coopèrent sur ce site.

A partir de 2014, la Mission française d’archéologie en Mongolie a été mise en place sous l’égide du Ministère des Affaires étrangères et du Développement International. Elle est soutenue par le CNRS, le Muséum national d’Histoire naturelle et le CReAAH, en collaboration avec l’institut d’Histoire et d’Archéologie de l’Académie des Sciences d’Oulan Bator. Une nouvelle campagne dirigée par l’archéozoologue Sébastien Lepetz et le géo-chimiste Antoine Zazzo du Muséum et par Vincent Bernard du CReAAH a permis l’enregistrement des restes de chevaux (mandibules, tête) sacrifiés, présents sous les tertres et les cercles de pierres en périphérie du grand complexe funéraire B10.

Une seconde campagne s’est poursuivie durant l‘été 2016, avec l’aide d’étudiants français pendant trois semaines au mois de juillet pour compléter la fouille de ces structures périphériques. Des prélèvements ont été effectués pour des datations au carbone 14 ainsi que des analyses isotopiques pour comprendre l’origine géographique des chevaux ainsi que leur rôle comme offrandes.



Des constructions hétérogènes étalées sur 50 ans

Les données archéozoologiques et chronométriques ont été recueillies à l'échelle d'une ou deux générations, enregistrées sur un même khirigsuur à partir de fouilles détaillées réalisées sur un grand nombre de structures. Très cohérentes spatialement et chronologiquement, ces données permettent de mieux comprendre le caractère habituel ou exceptionnel des gestes et de proposer une interprétation en termes de rites, et in fine permettent de mieux cerner les pratiques d'une communauté humaine.

Les nouvelles informations tirées des analyses sont les suivantes :
- certains monticules contiennent des assemblages de parties anatomiques de deux ou plusieurs chevaux différents (un crâne d'un individu avec une mandibule d'un autre, ou d'autres combinaisons) ;
- il apparait que certaines parties de cheval ont été déposés fraiches et non-altérés (c'est-à-dire avec la chaire), peu après la mort de l'animal, et que d'autres morceaux, appartenant tous à des éléments crâniens, ont été déposés post mortem après exposition ;
- tous les restes de chevaux ne représentent pas des animaux tués sur le site même. Autrement dit, un sacrifice n’est pas nécessairement à l'origine de la mort de tous les chevaux, certains ayant été consommés comme n’importe quel autre animal d’élevage ;
- l'analyse des âges d’abattage a révélé majoritairement une sélection d’individus âgés, voire très âgés ;
- il n'y a pas de modèle dans la répartition des chevaux autour de la tombe selon l'âge et le sexe ;
- les restes des chevaux n'ont pas été enterrés, mais placés à la surface du sol puis recouverts de pierres ;
- il y a une variabilité dans l'orientation des crânes, mais il y a une tendance vers l'est et le sud-est qui peut être liée aux variations azimutales du soleil levant à différentes périodes de l'année ;
- la position des têtes autour de la tombe et la direction dans laquelle elles font face au soleil levant donne l'impression que les chevaux tirent le khirigsuur, faisant écho dans l'art rupestre de l'Altaï aux représentations de chars utilisés pour le transport de personnes défuntes ;
- des feux étaient régulièrement allumés (probablement in situ) autour de la tombe. Il est possible qu'il s'agisse de rites de purification communautaires. Les os caprins (et la viande ?) ont été brûlés. Toutes les parties anatomiques sont représentées, mais celles-ci sont dominées par les pieds, qui sont présents sous forme d'unités articulées ;
- les informations provenant de la datation au radiocarbone montrent que la construction et les gisements ne constituent pas un événement unique, mais qu'ils se sont étalés sur une période d'environ 50 ans. Ainsi, à raison d'un monticule et d'un incendie par famille sur une période de 50 ans, 25 familles auraient suffi pour construire ces 1200 monticules et allumer ces 1200 feux (environ), sans avoir à puiser dans d'autres ressources humaines et animales que celles disponibles localement.



Des activités funéraires et sacrificielles originales

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Pierres à cerfs, nécropole de Tsatsyn Ereg, dans la province de l’Arkhangaï (Mongolie). Fabrice Monna/MAP-MC/Traces/ARTeHIS/CNRS Photothèque


L’article donne, au travers de l’étude du site de Tsatsyn Ereg, une signification particulière à ces activités funéraires et sacrificielles originales encore mal comprises. En effet, la présence sous certains tertres d’un crâne et de mandibules appartenant à deux chevaux différents révèle que l’explication des restes de chevaux est plus complexe qu’une simple action de sacrifice in situ. Ainsi, l’analyse de l’âge de la mort révèle d’une part que les animaux âgés sont nombreux ; d’autre part, que les mâles forment une forte majorité. Par ailleurs, l’analyse des près de 12 000 restes calcinés mis au jour dans les cercles indique que les dents et les pieds sont représentés de façon disproportionnée.

L’article relie les cercles de pierres délimitant les feux à une action de purification. Pour le khirigsuur B10, l’analyse des alignements de tertres et de cercles de pierres et de l’orientation des chevaux donne l’impression qu’un troupeau de chevaux entraine le défunt vers le soleil levant.

Cerf
A, plan de pierre de cerf PAC38 à Tsatsyn Ereg et les structures périphériques excavées ; B, illustration des stèles. Conception assistée par ordinateur : J. Magail. Echelle : A, 8 m ; B, 50 cm.



Arrangement
Aménagement des structures de la B10 à Tsatsyn Ereg.
A, distribution des structures
B, alignements de monticules et cercles de pierres
C, orientation des têtes de chevaux
D, représentation schématique de la dynamique des mouvements produits par les différentes orientations et alignements
Conception assistée par ordinateur : S. Lepetz. Echelle : 200 m.




Orientation
Orientation des têtes de chevaux en B10 à Tsatsyn Ereg. Conception assistée par ordinateur : S. Lepetz.



On perçoit ainsi toute la complexité du phénomène DSK (Deer Stone and Khirigsuur complexes), dans sa dimension à la fois sociale et religieuse, et par conséquent la difficulté de discerner correctement ce phénomène à partir des vestiges archéologiques, malgré leur récurrence sur un vaste territoire. Mais au-delà des gestes qui semblent identiques, en réalité chaque tête déposée, chaque monticule érigé, chaque pierre placée, chaque feu allumé et nourri, chaque morceau de viande jeté dans les flammes possède et révèle une histoire différente - celle d'un individu, d'une famille, d'une petite communauté. Nous ne devons pas oublier ces individualités. C'est pourquoi, même si ces structures se développent au sein d'une communauté de pensée et d'action, il est important d'approcher chacune d'elles, aussi modeste soit-elle, comme témoin d'actions uniques, chacune avec sa propre charge sociale, symbolique ou rituelle, une charge qui se renouvelle à chaque fois. Il faut donc voir ces structures à travers deux paires d'yeux - celle qui permet de décrire dans les moindres détails chacun des faits archéologiques et celle qui, avec un regard plus large, donne sens à ces gestes individuels.



Référence
LEPETZ S., ZAZZO A., BERNARD V., de LARMINAT S., MAGAIL J. & GANTULGA J.-O. 2019. — Customs, rites, and sacrifices relating to a mortuary complex in Late Bronze Age Mongolia (Tsatsyn Ereg, Arkhangai). Anthropozoologica 54 (15): 151-177. doi.org/10.5252/anthropozoologica2019v54a15.


Pour en savoir plus
>>> Le site archéologique de Tsatsiin Ereg, Mongolie
>>> Mystérieuses stèles de Mongolie
>>> wikipedia : Pierre à cerf




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Vincent Bernard (CReAAH) / @
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La ressource en eau en France à l’heure des Objectifs de développement durable : quelles trajectoires ?


 AHLeGall    25/11/2019 : 12:45

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Retour sur l’atelier Future Earth, OSUR, 19-20 novembre 2019

L’atelier Future Earth « La ressource en eau en France à l’heure des Objectifs de développement durable : quelles trajectoires ? » s’est tenu à l'OSUR les 19-20 novembre 2019 sous l'égide de l’Université de Rennes (UniR). Il a rassemblé une trentaine d’experts, chercheurs et professionnels du monde de l’eau et de secteurs en lien direct avec ce thème. Les participants étaient invités à co-construire une ou plusieurs trajectoire(s) pour la France en vue d’atteindre à l’horizon 2030 l’objectif visant à assurer la disponibilité de la ressource en eau durablement et équitablement pour les besoins naturels et humains tout en préservant la qualité des eaux brutes grâce à des écosystèmes en bonne santé.

 

Qu’est-ce que Future Earth ?

Future Earth est un programme de recherche international contribuant à acquérir des connaissances sur les aspects environnementaux et humains du changement planétaire et à trouver des solutions pour le développement durable. Lancé en 2012 lors de la Conférence onusienne RIO+20 sur le développement durable, il vise à "construire et connecter les connaissances mondiales pour intensifier l'impact de la recherche et trouver de nouveaux moyens d'accélérer le développement durable". Il mobilise ainsi la communauté internationale des chercheurs en sciences de l'environnement pour :

  • Inspirer et créer une science interdisciplinaire pertinente aux grands défis mondiaux de la durabilité
  • Fournir les produits et services dont la société a besoin pour relever ces défis
  • Co-concevoir et co-produire une science, des connaissances et des innovations axées sur les solutions au service du développement durable
  • Renforcer les capacités des chercheurs du monde entier

Pour la France, le hub de Paris est administré par le CNRS et hébergé sur le Campus Pierre et Marie Curie de l'Université de la Sorbonne.  Le consortium français de Future Earth est composé du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (MESRI), de l'Alliance nationale pour la recherche sur l'environnement (AllEnvi), de l'Agence nationale de la recherche (ANR) et du CNRS. Le hub français est particulièrement impliqué dans trois réseaux d'action et de connaissance concernant le lien entre l'eau, l'alimentation et l'énergie, les ressources naturelles, les risques et la durabilité des océans (voir)


L’atelier de novembre 2019 à l’OSUR est dédié à la question de la ressource en eau
. Il s’inscrit dans une dynamique lancée en mai 2019. Quatre séminaires thématiques ont été programmés en France : Biodiversité 3-4 octobre 2019, Eau 19-20 novembre 2019, Océan février 2020, Terre avril 2020. (voir)


Vision 2050

Le World Water Development Report 2015 propose une vision pour l’eau douce selon laquelle d’ici 2050, “l’eau soutient des communautés prospères et en bonne santé, maintient le bon fonctionnement des écosystèmes et des services écologiques, et constitue la base du développement à court terme comme à long terme ». Pour atteindre cette vision, les pays devront s’engager à entreprendre des transformations profondes en procédant par étapes-clés.


Objectif 2030

L’Agenda 2030 des Nations Unies promeut un un cadre pour la mise en œuvre intégrée du développement durable. Une attention particulière est portée sur l’eau douce à travers l’objectif de développement durable (ODD) 6: “ Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ” et ses huit cibles. Au-delà de l’ODD 6, l’eau est présente dans d’autres ODD et au moins 12 autres cibles, comme la cible 2.4 sur la résilience des systèmes d’agriculture aux inondations et aux sécheresses, la cible 11.5 sur les catastrophes naturelles liées à l’eau dans les villes, ou encore la cible 12.4 sur la réduction de la présence de produits chimiques et des déchets dans l’eau. En tant qu’ODD dit “vert” (“Life-Supporting”), l’eau joue donc un rôle central dans la réalisation de tous les ODD.

Durant les 50 dernières années, la France a nettement progressé en termes d’accès à l’eau (cible 6.1) et d’accès à l’assainissement (cible 6.2, malgré de fortes difficultés rencontrées dans la France d’Outre-mer). En revanche, le point d’étape présenté par la France au Forum Politique de Haut Niveau en 2018 révèle que les cibles 6.3 (sur la qualité de l’eau), 6.5 (sur la disponibilité de l’eau) et 6.6 (sur les fonctions des écosystèmes) représentent des sujets de préoccupation croissante. Leur réalisation est particulièrement compromise et exposée au contexte de changement climatique.

A la lumière des discussions de la session sur l’eau douce de la journée Future Earth du 9 mai et des  conclusions des Assises françaises de l’Eau (Juillet 2019), Future Earth et le comité scientifique de l’atelier Eau suggèrent de réfléchir à partir de l’objectif suivant :

En France, d’ici à 2030, la disponibilité de la ressource en eau est assurée durablement et équitablement pour les besoins naturels et humains tout en préservant la qualité des eaux brutes grâce à des écosystèmes en bonne santé.


L’atelier

L’atelier a rassemblé une trentaine de participants d’horizons professionnel et géographique diversifiés. Ils ont été invités à co-construire une ou plusieurs trajectoire(s) pour atteindre l’objectif 2030, incluant l’identification des transformations sociétales, des innovations et des étapes pour y parvenir.

Pour centrer les discussions, les participants se sont concentrés sur :

  • Les trois forces motrices déterminantes: (i) les pollutions, (ii) les prélèvements, (iii) les altérations hydromorphologiques et (iv) le changement climatique.
  • Les interactions entre ces forces motrices et les ODD et la construction de micro-scénarios

Au titre des ODD impactants la réalisation de l’objectif : Systèmes alimentaires et agricoles (ODD 2), Villes durables (ODD 11), Transition énergétique et climat (ODD 7 et 14)

Au titre des ODD impactés par la réalisation de l’objectif : Santé & Bien-être (ODD 3), Océans (ODD14), Adaptation au changement climatique (ODD14)

Les participants étaient invités à répondre aux questions suivantes :

  • Quelles sont les synergies et les compromis entre l’objectif proposé, les forces motrices et les ODD énoncés ci-dessus ?
  • Comment tenir compte de ces synergies et compromis dans le développement de trajectoires sociétales de développement durable pour atteindre l’objectif 2030 et la vision 2050 ?
  • Quels ont été et quels pourraient être les obstacles principaux à la mise en place de ces trajectoires au sein de l’action politique, des entreprises, des villes et de la société civile ?
  • Quelles sont les options de politiques publiques et les leviers de transformations qui permettraient la réalisation de ces trajectoires ?

>>> Programme de l’atelier

 

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Nathalie Hervé-Fournereau (OSUR/IODE, CNRS, UR1) et  Denis Salles (IRSTEA/INRAE Bordeaux), membres du comité scientifique,  introduisent l'atelier "Eau" (19/11/19) (Source twitter FutureEarth)


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Jean-Raynald de Dreuzy, directeur de l’OSUR

 

Résultats attendus

L’atelier sera prolongé par une série d’auditions pour poursuivre la réflexion croisée des différentes communautés professionnelles représentées. Cette mobilisation de l’expertise diversifiée contribuera à produire une série de supports: publications scientifiques, rapports, brochures, etc. Ces publications alimenteront l’initiative internationale Science-Based Pathways for Sustainability. Cette récente initiative portée par Future Earth vise à développer de façon participative en mêlant expertise scientifique et de terrain) des trajectoires pour la réalisation des objectifs sur la biodiversité, les terres, les océans et l'eau douce à diverses échelles.


Le Comité Scientifique

L’atelier est piloté par un comité scientifique composé de : Jean-Nicolas Beisel (Ecole Nationale du Génie de l'Eau et de l'Environnement de Strasbourg), Lila Collet (IRSTEA), Agathe Euzen (CNRS, INEE), Alexandre Gauvain (Université Rennes 1), Nathalie Hervé-Fournereau (Université Rennes 1, CNRS), Gérard Payen (Partenariat Français pour l’Eau), Denis Salles (IRSTEA), Eric Servat (Institut Montpelliérain de l'Eau et de l'Environnement, OSU OREME)

Equipe de Future Earth :Vincent Virat, Sandrine Paillard, Cosma Cazé,Fanny Boudet (Future Earth).

Contact: Vincent Virat (Future Earth Secretariat) @



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Les participants

  • Luc Aquilina (Professeur Université de Rennes 1, Géosciences Rennes/OSUR)
  • Jean-Nicolas Beisel (Professeur Ecole Nationale du Génie de l'Eau et de l'Environnement de Strasbourg (ENGEES) & Laboratoire Image Ville Environnement (LIVE)
  • David Bourguignon (Docteur ès sciences de l’INP Grenoble (2003); Président des associations Les Energiques et Repair Café France)
  • Laurent Brunet (Directeur technique eau France, Suez)
  • Maëva Coïc (Chargée de mission Eau et Littoral à la Chambre d'agriculture de Bretagne depuis 2017)
  • Lila Collet (Ingénieure en géophysique et docteure en hydrologie à l’Irstea)
  • Alain Crave (Chargé de recherche au CNRS au laboratoire de Géosciences Rennes/OSUR)
  • Christophe Cudennec (Ingénieur agronome, docteur en hydrologie. Professeur d’hydrologie à Agrocampus Ouest à Rennes. Chercheur au sein de l’UMR SAS avec l’INRA. Secrétaire général de l’IAHS – International Association of Hydrological Sciences, et à ce titre expert auprès de l’UNESCO et l’OMM, participant aux travaux de UN Water (dont suivi de l’ODD6 et WWDRs), participant à la synthèse ‘Anthropocène’ de l’IGBP-IHDP)
  • Jean-Raynald de Dreuzy (Directeur de recherche au CNRS, directeur de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Rennes (OSUR))
  • Marie-Pascale Deleume  (Ingénieure Agronome ENSAIA 1983, DEA d’agronomie, administratrice Eau et Rivières de Bretagne, conseillère CESER Bretagne  au titre de l'environnement. VP FBNE   directoire Agriculture de FNE)
  • Florence Denier-Pasquier (Vice-présidente, France Nature Environnement)
  • Simon Dufour (Université Rennes 2 - Département de Géographie et d'Aménagement)
  • Alain Dupuy (Professeur d’hydrogéologie à Bordeaux INP, Alain Dupuy dirige l’ENSEGID depuis 2013)
  • Alexandre Gauvain (Doctorant en hydrogéologie à Géosciences Rennes/OSUR, Université de Rennes 1)
  • Stéphane Grivel (Expert Recherche Hydrosystèmes continentaux au Ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES))
  • Daniel Helle (Ingénieur territorial Protection des ressources en eau potable - Coordonnateur de Terres de Sources)
  • Nathalie Hervé-Fournereau (Juriste, Directrice de Recherche CNRS – HDR Droit public IODE (Institut de l’Ouest : Droit et Europe), Université de Rennes 1)
  • Alexandra Langlais (Chargée de recherche CNRS, Institut de l'Ouest : Droit et Europe)
  • Jamie Linton (Responsable de la Chaire capital environnemental et gestion durable des cours d’eau à l’Université de Limoges. Maitre de conférences en géographie humaine)
  • Claire Magand (Chargée de mission ressource en eau / CC, Agence Française pour la Biodiversité)
  • Guillaume Pajot (Chargé de mission, Centre de ressources et d'expertise scientifique sur l'eau de Bretagne)
  • Gérard Payen (Vice-président du PARTENARIAT FRANÇAIS POUR L’EAU, association regroupant les acteurs français concernés par les questions d’eau hors de France. Vice-président de l’ASTEE, Association Scientifique et Technique pour l’Eau et l’Environnement. Administrateur de l’ACADEMIE DE L’EAU. Membre de l’ACADEMIE DES TECHNOLOGIES)
  • Gilles Pinay (Directeur de l’unité de recherches RiverLy d’Irstea Lyon; Directeur de Recherches)
  • Yvan Renou (Maître de conférences HDR en économie, responsable de la licence professionnelle MPGE (parcours Economie et gestion de l'eau) à Valence et chercheur à PACTE (Univ-Grenoble-Alpes, CNRS))
  • Denis Salles (Directeur de Recherche Sociologie IRSTEA  Unité  ETBX / Environnement, Territoires, Infrastructures)
  • Eric Sauquet (Directeur de recherche en hydrologie au centre Irstea de Lyon-Villeurbanne)

 

EQUIPE FUTURE EARTH

  • Fanny Boudet (Science Officer, Future Earth)
  • Cosma Cazé (Intern, Future Earth)
  • Sandrine Paillard (Global Hub Director: France, Future Earth)
  • Vincent Virat (Science Officer, Future Earth)

>>> CV des participants

 


Contact OSUR

Nathalie Hervé-Fournereau (IODE) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Venez découvrir les insectes aquatiques... terrestres !



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Un programme de sciences participatives élaboré dans le cadre d’un doctorat à l’université Rennes 1

Dans le cadre de sa thèse en écologie, Rémi Gerber, co-encadré par Benjamin Bergerot et Christophe Piscart (ECOBIO) et Jean-Marc Roussel (ESE, INRAE), a mis au point deux protocoles de sciences participatives sur les insectes aquatiques.



Deux protocoles vont être mis en place pour inviter tout un chacun à partir à la rencontre et à la récolte des insectes aquatiques adultes en Bretagne et dans les régions voisines.

Le premier protocole porte sur la morphologie. Il est ouvert à toutes et tous, très simple, et ne demande que peu de matériels et de connaissances. Il consiste à récolter des insectes aquatiques adultes (plécoptères, éphémères, trichoptères etc.), au fil de l'eau (si on peut dire !) et quand vous le voulez.


[cliquer pour télécharger]
Terrestres



Le deuxième porte sur les réserves énergétiques de ces insectes. Il est limité pour des raisons matérielles et pratiques à 10 personnes à la fois. Il demande une certaine rigueur dans sa mise en place et dans son suivi quand il est appliqué. Une équipe de scientifiques de l'OSUR sera présente pour vous former et installer le matériel.


[cliquer pour télécharger]
Terrestres



En retour, les spécimens que vous aurez récoltés seront identifiés et vous serez bien évidemment tenu au courant de l'avancement de ce projet et des résultats.


Si vous êtes intéressés, si vous avez des questions, n'hésitez à nous contacter par mail : @



Contact OSUR
Rémi Gerber (ECOBIO) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Highly Cited Researcher 2019 : Laurent Longuevergne, unique HiCiRe CNRS du site rennais, entre dans le who’s who des chercheurs



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Chaque année, le Web of Science Group identifie les chercheurs les plus influents du monde : les quelques privilégiés qui ont été le plus souvent cités par leurs pairs au cours de la dernière décennie.

Chaque année, le Web of Science Group identifie les chercheurs les plus influents du monde : les quelques privilégiés qui ont été le plus souvent cités par leurs pairs au cours de la dernière décennie. En 2019, moins de 6 300, soit 0,1 %, des chercheurs du monde entier, dans 21 domaines de recherche, ont obtenu cette distinction exclusive. Laurent Longuevergne (Géosciences Rennes) - directeur de recherche CNRS et référent scientifique "Hydrologie de terrain, imagerie géophysique" au sein de l'équipe DIMENV@risce - fait partie de ce groupe d'élite reconnu pour son influence exceptionnelle en matière de recherche, comme en témoigne la production de nombreux articles très cités qui se classent parmi les 1 % les plus cités dans le domaine et l'année du Web of Science. Cette reconnaissance confirme l'excellence internationale du pôle scientifique rennais dans le domaine des "ressources en eau" et devrait permettre à l’université de Rennes 1 de progresser dans les divers classements internationaux, et notamment celui de Shanghai.

 

 

La liste des “Highly Cited Researchers” (HiCiRe) 2019 du Web of Science Group identifie des scientifiques qui ont démontré une influence large et significative, comme en témoigne la publication de plusieurs articles fréquemment cités par leurs pairs au cours de la dernière décennie.

Pour l’analyse, les articles examinés sont les articles les plus récents, publiés et cités au cours de la période 2008-2018 et qui, à la fin de 2018, sont classés dans le top 1% des articles les plus cités dans leur domaine et année ESI (i.e. la définition d'un papier très cité ; NB : un filtre est appliqué pour supprimer les chercheurs dont le niveau d'autocitation excède de loin les caractéristiques typiques de chaque domaine).

Les chercheurs sont sélectionnés pour leur influence exceptionnelle dans un ou plusieurs des 21 champs disciplinaires « Essential Science Indicators ». 6 216 chercheurs sont nommés « Highly cited researchers » en 2019 - 3 725 disciplinaires et 2 491 transdisciplinaires. C’est la deuxième année que des chercheurs sont identifiés sur des axes transversaux.

Il n’y a pas de concept unique et universel pour mesurer l’empreinte (impact) d’un chercheur dans son domaine. Aucun indicateur quantitatif unique ne révèle une bibliographie qui répond à toutes les attentes ou à toutes les exigences. La méthodologie déterminant le 'who's who' des chercheurs ayant un impact élevé s'appuie sur les données et analyses réalisées par les experts de la bibliométrie de l'Institut d'informations scientifiques de Clarivate Analytics. Elle fait appel à des indicateurs scientifiques essentiels, compilation unique de mesures de performances scientifiques et de données de tendances. Elle est basée sur l'analyse de publications d'articles érudits et de données de citations à partir du Web of Science, la base de données bibliographique la plus exhaustive, représentant un total de 33 000 revues dépouillées (Lire la méthodologie).


Essential Science Indicators fields
Agricultural Sciences, Biology & Biochemistry, Chemistry, Clinical Medicine, Computer Science, Economics & Business, Engineering, Environment/Ecology, Geosciences, Immunology, Materials Science, Mathematics, Microbiology, Molecular Biology & Genetics, Neuroscience & Behavior, Pharmacology & Toxicology, Physics, Plant & Animal Sciences, Psychiatry/Psychology, Social Sciences, Space Science


Laurent Longuevergne émarge à la fois dans les champs (Crossfield) Geosciences et Environment/Ecology.

En 2016, les USA, le Royaume-Uni et la Chine étaient les 3 premières nations accueillant des « highly cited researchers ». En 2018, la Chine est passée devant le RU. La France compte 156 chercheurs très cités, et se classe à la 8ème place. En France, l’université Paris-Saclay compte 36 chercheurs très cités.

Cet indicateur bibliométrique est donc un des bons révélateurs de l'originalité et de la qualité des travaux scientifiques : il est particulièrement stratégique pour notre site académique et notamment pour l'université de Rennes 1, seul établissement breton qui figure en bonne position dans les classements thématiques et le classement global ARWU (dit de Shanghai). Domaine d’excellence internationale du pôle scientifique rennais, la recherche sur la ressource en eau se situe d’ailleurs entre la 76e et la 100e place mondiale. Laurent Longuevergne est en outre le seul HiCiRe CNRS du site rennais : il permettra sans aucun doute à l'université de Rennes 1 de progresser très significativement dans ce classement très médiatisé où il se situe aujourd’hui entre la 600e et 700e place mondiale.

 

Cette performance de Laurent Longuevergne s’appuie sur une production bibliographique riche et sur des sujets environnementaux de portée mondiale. D’une manière générale, il s’agit d’articles rédigés (1) dans le cadre de groupes de travail internationaux autour de défis scientifiques majeurs et (2) le développement original de méthodes gravimétriques pour l’hydrologie, seule méthode satellite sensible aux variations de stock d’eau continentaux, y compris dans les aquifères.


A titre d’exemple, lire à ce sujet :

Augmentation du niveau marin depuis 1993 : ça se précise grâce à la combinaison d'observations spatiales et d’observations in situ (Laurent Longuevergne est membre du Global Sea Level Budget Group)

50 ans de fonte des glaciers reconstitués au Tien Shan (Asie centrale)

Comment mesurer les rejets de sédiments des continents vers les océans ?

Article sur l’hydrogravimétrie publié dans le livre du CNRS « l’eau à découvert »

Synthèse générale sur la production bibliographique de Laurent Longuevergne

 

 

>>> Pour en savoir plus

What it means to be a Highly Cited Researcher? (vidéo)

Le classement Highly Cited Researcher 2019



Contact OSUR
Laurent Longuevergne (Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


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Les articles concernés par la récompense

D’une manière générale, il s’agit d’articles rédigés (1) dans le cadre de groupes de travail internationaux autour de défis scientifiques et (2) le développement des méthodes gravimétriques pour l’hydrologie, seule méthode satellite sensible aux variations de stocks d’eau continentaux, y compris dans les aquifères.


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Ground water and climate change

 Authors:  Richard G. Taylor; Bridget Scanlon; Petra Döll; ...  Holger Treidel; see more

Published: 2013 in Nature Climate Change

DOI: 10.1038/NCLIMATE1744

566 citations

Les systèmes aquifères sont les plus grands réservoirs d’eau douce non glacée sur terre. Ils jouent un rôle central dans la préservation des écosystèmes et permettent l'adaptation de l'homme à la variabilité et au changement climatiques. L'importance stratégique des eaux souterraines pour la sécurité mondiale de l'eau et la sécurité alimentaire s'intensifiera probablement avec le changement climatique, en lien avec l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des évènements extrêmes (sècheresses, inondations). Dans cet article de review, nous examinons de manière critique les recherches récentes évaluant les impacts du climat sur les eaux souterraines par le biais de processus naturels ou anthropiques. En outre, nous examinons les possibilités et les défis liés à l'utilisation et à la préservation des ressources en eaux souterraines dans les stratégies d'adaptation au climat, et soulignons le manque d'observations des eaux souterraines, qui limite actuellement notre compréhension de la relation dynamique entre les eaux souterraines et le climat.

 

Groundwater depletion and sustainability of irrigation in the US High Plains and Central Valley

Authors:  Bridget R ScanlonC. C. FauntLaurent Longuevergne; ...  P. B. McMahonsee more

Published: 2012 in Proceedings of the National Academy of Sciences

DOI: 10.1073/PNAS.1200311109

389 citations 

La surexploitation des aquifères pourrait avoir un impact significatif sur la sécurité alimentaire aux États-Unis car 60% de l'irrigation repose sur les eaux souterraines. La surexploitation de ces ressources pour l’irrigation dans la région des Hautes Plaines et dans la Vallée Centrale de Californie représente environ 50% de l’exploitation totale des eaux souterraines aux États-Unis depuis 1900. Si la consommation actuelle continue au rythme actuel, l’étude suggère que 35% de la région des Hautes Plaines ne pourront pas soutenir l'irrigation dans les 30 prochaines années. La réduction des prélèvements d'irrigation pourrait prolonger la durée de vie de l'aquifère mais ne permettrait pas non plus une gestion durable de cette eau souterraine fossile. La vallée centrale est un des systèmes les plus anthropisé, dont la gestion, plus dynamique, s’appuie sur des canaux qui permettent de transférer une part importantes des précipitations du nord, vers les zones agricoles du sud de la Californie, depuis les années 1950. Cependant, ces détournements sont réglementés en raison de leur impact sur la biodiversité, et notamment sur les espèces en voie de disparition. L'augmentation du stockage de l'eau par la recharge artificielle des eaux de surface excédentaires dans les aquifères semble prometteuse pour faire face aux sécheresses et améliorer la durabilité des ressources en eaux souterraines dans la vallée centrale.

 

Uncertainty in evapotranspiration from land surface modeling, remote sensing, and GRACE satellites

 Authors:  Di LongLaurent LonguevergneBridget R Scanlon 

Published:Feb 2014 in Water Resources Research

DOI: 10.1002/2013WR014581

156 citations (encadrement de post-doc) 

L’évapotranspiration représente à l’échelle global 50% des précipitations sur les continents, mais reste encore un des flux les moins bien contraint. Les outils satellite permettent aujourd’hui d’apporter des informations intéressantes, mais nécessitent également une évaluation de leur qualité. Cette étude consiste à estimer l’incertitude sur l’évapotranspiration en s’appuyant sur un ensemble de sorties de modèles hydrométéorologiques, de produits de télédétection basés sur MODIS et AVHRR, et d’une estimation par le satellite GRACE qui s’appuie sur le bilan hydrique. L’étude est conduite sur 3 régions du centre-sud des Etats-Unis sur un gradient climatique humide à aride. Nous montrons que le satellite GRACE, qui fourni une information de stock, ne permet pas une estimation robuste des flux d’évapotranspiration. Les informations les plus précises sont aujourd’hui disponibles par les modèles. L'estimation future de l'ET devrait envisager une approche hybride combinant les forces des modèles et la résolution des outils de télédétection pour limiter les incertitudes.

 

GRACE satellite monitoring of large depletion in water storage in response to the 2011 drought in Texas

 Authors:  Di LongBridget R ScanlonLaurent Longuevergne; ...  Himanshu Savesee more

Published:Jul 2013 in Geophysical Research Letters

DOI: 10.1002/GRL.50655

153 citations 

Le Texas a connu la sécheresse la plus extrême jamais enregistrée en 2011 avec 40% de sa surface touchée et des pertes agricoles d'environ 7,6 milliards de dollars.

Nous évaluons comment le satellite GRACE peut être utilisé comme un indicateur alternatif de sècheresse météorologique, agricole et hydrologique. GRACE indique que les stocks d’eau totaux ont diminué de 60 ± 15 km3 pendant la sécheresse de 2011. La forte divergence entre les modèles classiques (14–83 km3) démontre que les données GRACE peuvent être un indicateur de sécheresse fiable.

 

GRACE Hydrological estimates for small basins: Evaluating processing approaches on the High Plains Aquifer, USA

Authors:  Laurent LonguevergneBridget R ScanlonClark R. Wilson 

Published:Nov 2010 in Water Resources Research

DOI: 10.1029/2009WR008564

149 citations 

Lancée en mars 2002, le satellite GRACE (Gravity Recovery And Climate Experiment) a révolutionné notre vision des transferts de masse à la Terre. En mesurant les variations temporelles du champ de gravité de la Terre avec une résolution temporelle et spatiale sans précédent, GRACE a fourni de nouvelles informations sur les processus de redistribution des masses et les interactions entre l'atmosphère, les océans, les aquifères et la cryosphère. Il s'agit de la seule mesure volumétrique directe de variation de stock d’eau, complémentaire d'autres données de télédétection provenant de capteurs optiques et radar.

Les scientifiques de plusieurs communautés des Sciences de la Terre ont rapidement adopté cet outil novateur basé, en s’appuyant sur des principes fondamentaux (1) le lien entre la gravité et la masse est direct, indépendant de la nature des roches environnantes et ne nécessite aucun étalonnage ; (2) l’attraction gravimétrie, force à distance permet de "pénétrer" les couches les plus profondes et de surveiller les masses d'eau, qu'elles soient visibles (superficielles) ou non (sous la surface).

Cependant, les observations gravimétriques intègrent verticalement les effets de différents compartiments de stockage de l'eau et ne permettent pas de séparer les eaux de surface et des eaux souterraines. De plus, des contraintes physiques et instrumentales définissent l'intégration / résolution spatiale réelle de GRACE, liée à l'altitude du satellite : ~ 400 km. À titre de comparaison, l’échelle d’intégration de GRACE correspond à la distance entre la plaine du Gange et le plateau tibétain. Des aquifères aux hautes montagnes, de la surface aux aquifères les plus profonds, l'hétérogénéité des comportements hydrologiques intégrés par GRACE rend difficile son interprétation. La désagrégation du rôle des compartiments contribuant au signal est une tâche ardue qui nécessite à la fois (1) des informations a priori, et (2) une bonne compréhension de la sensibilité de l’approche gravimétrique.

Lorsque qu’on souhaite estimer des variations de stock dans une région définie, des estimations fiables des variations de stock d'eau exigent un compromis entre les besoins concurrents de suppression du bruit et de conservation de la résolution spatiale. L’objectif de cette étude est d’étudier quantitativement les méthodes de traitement et leurs effets sur les biais, la réduction du bruit GRACE et l’erreur totale estimée. Parmi les méthodes testées figure un algorithme de concentration récemment développé, appelé localisation spatiospectrale, qui optimise la description de la forme du bassin en tenant compte d’un contenu spectral limité. Cette méthode est particulièrement adaptée à la récupération des variations de stockage d'eau à l'échelle du bassin et est efficace pour les petits bassins. Les techniques de traitement ont été testées sur l'aquifère des hautes plaines (450 000 km2), surveillé de manière intensive, où l'application de la méthode de traitement optimale appropriée a permis de récupérer les variations de stockage de l'eau sur une portion de l'aquifère ne dépassant pas 200 000 km².


Un nouveau cadre conceptuel pour les Zones Ateliers (ZA) : les plateformes de recherche socio-écologique à long terme (LTSER)



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ARTICLE DANS ECOLOGY AND SOCIETY

Les directeurs des Zones Ateliers (ZA) se sont associés pour formaliser le cadre conceptuel des Zones Ateliers. Dans un article publié en septembre 2019 dans la revue Ecology & Society, ils expliquent en quoi les plateformes de recherche socio-écologique à long terme (LTSER) constituent un réseau opérationnel idéal d'infrastructures de recherche pour mener des recherches orientées vers l'action, localisées et ciblées sur la durabilité des socio-écosystèmes. Rappelons que l'OSUR est impliqué dans 2 ZA : la ZA Armorique (ZAAr) et la ZA Antarctique et Terres Australes (ZATA). Christophe Piscart (ECOBIO) pour la ZAAr et Marc Lebouvier (ECOBIO, SBP) pour la ZATA sont co-auteurs de l'article.


De nombreuses approches fondées sur les plateformes de recherche socio-écologique (socio-ecological system = SES) ont été proposées pour résoudre les problématiques environnementales (liées entre autres au changement climatique, aux ressources non renouvelables, à l’instabilité économique). Cependant, la plupart des cadres socio-écologiques élaborés jusqu'à présent ne propose pas de liens opérationnels évidents entre l'Homme et la Nature qui permettent de guider efficacement les SES vers la durabilité et la résilience. Un cadre conceptuel conçu pour être opérationnel est donc nécessaire, ainsi qu'un réseau de recherche pour le mettre en oeuvre. Les auteurs ont donc défini des processus de couplage explicites qui peuvent servir de levier pour piloter un SES vers la durabilité.
Ils proposent de formaliser un SES unique au niveau européen, sous la forme d'une entité dynamique composée de deux interfaces de couplage : la gestion adaptative et les services écosystémiques, les deux s'inscrivant dans une approche paysagère globale, afin de fournir un cadre d'action exploitable. Ces interfaces décrivent la manière dont les différents acteurs, y compris les chercheurs, peuvent tirer profit des interactions complexes et changeantes entre les modèles biophysiques et les modèles sociaux.

La compréhension des processus clés qui sous-tendent les dynamiques d'interaction, en particulier ceux qui tirent parti des processus de gestion adaptative, aiderait grandement à identifier des voies adaptatives pour les pratiques et les actions collectives. Elle fournirait en outre une base de connaissances cruciale pour les décideurs politiques et favoriserait l’opérationnalité comme condition préalable d'un programme de recherche sur les SES. A l'aide de plusieurs exemples, les auteurs expliquent pourquoi les plateformes de recherche socio-écologique à long terme constituent un réseau opérationnel idéal d'infrastructures de recherche pour mener une recherche-action ancrée dans le territoire, ayant pour objectif final la durabilité des SES.

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Le cadre conceptuel du système socio-écologique (SES) au sein des plateformes françaises de recherche socio-écologique à long terme. Le SES en tant qu'entité résulte du couplage de deux interfaces, l'interface de gestion adaptative et l'interface de services écosystémiques, toutes deux placées dans un contexte paysager explicite. L'originalité de ce cadre réside dans l'accent mis sur les éléments explicites qui contribueront directement à modifier la trajectoire du SES.



Référence
Bretagnolle, V., M. Benoit, M. Bonnefond, V. Breton, J. M. Church, S. Gaba, D. Gilbert, F. Gillet, S. Glatron, C. Guerbois, N. Lamouroux, M. Lebouvier, C. Mazé, J.-M. Mouchel, A. Ouin, O. Pays, C. Piscart, O. Ragueneau, S. Servain, T. Spiegelberger, and H. Fritz. 2019. Action-orientated research and framework: insights from the French long-term social-ecological research network. Ecology and Society 24(3):10. https://doi.org/10.5751/ES-10989-240310



Qu'est-ce qu'une Zone Atelier (ZA) ?

(source : http://www.za-inee.org/fr/ateliers)

Objectif : des recherches pluridisciplinaires sur les socio-écosystèmes

Les ZA se focalisent autour d’une unité fonctionnelle (un fleuve et son bassin versant, les paysages - agricole ou urbain - et la biodiversité, de l'antarctique à l'Afrique subsaharienne, ou le littoral, ou encore les environnements caractérisés par une irradiation chronique d’origine naturelle ou naturelle renforcée) et y développent une démarche scientifique spécifique en s’appuyant sur des observations et expérimentations sur des sites ateliers, pour y mener des recherches pluridisciplinaires sur le long terme. Une ZA est donc, le plus souvent, un réseau de sites ateliers.
Les ZA portent les écosystèmes (marins, montagnards, agricoles, fluviaux etc.) au centre du dispositif, considérant autant l’observation que l’analyse et l’expérimentation, ou bien les pratiques humaines sur ces milieux, mais aussi les fonctionnalités écologiques comme par exemple, les services écosystémiques. Elles sont en prise directe avec les acteurs de ce territoire et tout particulièrement les questionnements émanant du monde des gestionnaires, des politiques et des associations.
La compréhension de ces interactions implique une approche pluridisciplinaire incluant notamment les sciences de la nature, les sciences de la vie, les sciences humaines et les sciences de l’ingénieur dans un objectif de répondre à une question territoriale spécifique pouvant être élaborée en interaction avec les gestionnaires.
L'ensemble des ZA, au nombre de 14 en 2019 en France, portées par l’InEE-CNRS (mais dans lesquelles peuvent être associés d’autres organismes, comme l’INRAE), offre une diversité de situations contrastées et complémentaires du point de vue des milieux et des systèmes sociaux.
Les ZA sont organisées à l’échelle nationale en réseau, le Réseau des Zones Ateliers (RZA). Il permet d’étudier, à des échelles de temps et d’espace souvent emboîtées et sur différents territoires, les relations complexes entre activités humaines et fonctionnement des écosystèmes.

Le réseau des Zones Ateliers est membre du LTER Europe et du ILTER pour l’international.

Carte ZA 2018


Les ZA à l’OSUR


L'OSUR est impliqué dans 2 ZA : Armorique (ZAAr) et Antarctique et Terres Australes (ZATA). Dans la typologie des ZA, la ZAAr et la ZATA étudient plus spécifiquement les paysages selon un gradient climatique et anthropique.

La Zone Atelier Armorique (ZAAr) se focalise sur les paysages agricoles et urbains et leurs dynamiques et développe une démarche scientifique s’appuyant sur des observations et des expérimentations. Intégrant l’ensemble de l’Ille-et-Vilaine, elle comporte plus particulièrement trois territoires privilégiés (sites ateliers) représentant trois entités paysagères différentes : le bocage, la plaine alluviale et la ville.


Figure ZA

(source : https://osur.univ-rennes1.fr/za-armorique/za-armorique-presentation)


La Zone Atelier Antarctique (ZATA) étudie la dynamique à long terme de la biodiversité et des écosystèmes des territoires antarctiques et subantarctiques français, y compris l'océan austral. Elle s’intéresse particulièrement aux effets des activités humaines à l'échelle locale (présence humaine, pêche, introduction d'espèces) ou mondiale (changement climatique, pollution).


Figure ZATA

(source : https://zaantarctique.org/who-are-we/)





Contact OSUR
Audrey Alignier (BAGAP, INRA) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


SynFeSol : une collaboration avec une PME bretonne pour l’amélioration de la fertilité des sols en suivant une approche agro-écologique



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Projet financé par la Région Bretagne dans le cadre d’un appel à projets Transfert de technologies « Santé et biotechnologies »

Mathieu Pédrot (Géosciences Rennes, en collaboration avec Francisco Cabello-Hurtado d'ECOBIO) a obtenu un financement de la Région Bretagne dans le cadre d’un appel à projets Transfert de technologies « Santé et biotechnologies » pour structurer une collaboration avec une PME bretonne du secteur de l’agrofourniture. Le projet qui s’intitule SynFeSol porte sur l’étude du devenir dans le sol (et des synergies potentielles) d’une phase colloïdale à base de fer. La valorisation économique de ce projet est clairement affichée : le projet ambitionne à terme de développer un écoproduit pour l’amélioration de la fertilité des sols.


Présentation du projet

Le projet consiste à tester l’intérêt de l’ajout d’une phase colloïdale dans un sol dans l’optique d’une amélioration de la croissance des plantes et des propriétés chimiques du sol (capacité d’échange cationique, concentration en nutriments). La phase colloïdale se compose d’une phase inorganique à base de fer et exempt de produit organique de synthèse. Ses propriétés agronomiques d’intérêt reposent en partie sur (1) la biodisponibilité des ions constitutifs du produit et sur (2) les synergies potentielles entre le produit et les composants du sol (formation de complexes organo-minéraux dans les sols : forte capacité de neutralisation de l’acidité du sol, augmentation de la capacité d’échange cationique et de l’activité microbienne). Les mécanismes d’action du produit pourraient contribuer à la fois à une réduction significative des impacts de l'agriculture moderne sur l'environnement tout en améliorant la fertilité des sols (diminution de l’utilisation de produits organiques de synthèse, diminution des pertes par lessivages de nutriments…).

Le projet est mené en partenariat avec la société TMCE (Technique Minérale Culture et Elevage) installée dans le Parc d’activités de Gogal (à Saint-Gonnery dans le Morbihan).Son activité porte sur la production et la vente directe aux agriculteurs de fertilisants minéraux et d’aliments minéraux innovants dans le cadre d’une agro-écologie qui se veut économe en intrants. TMCE a été créée en 1993 pour promouvoir un concept technique innovant basé sur l’action des minéraux et oligo-éléments sur l’équilibre de la vie et la diversité microbienne des sols, plantes et animaux d’élevage. L’objectif est de permettre une production quantitative et qualitative optimale en réduisant la dépendance aux produits phytosanitaires en culture et pharmaceutiques en élevage. Elle réalise un chiffre d’affaires de 27 M€ auprès de 10 000 agriculteurs accompagnés par 130 techniciens de terrain.

De son côté, l’équipe de l’OSUR impliqué dans ce projet se compose de biogéochimistes, chimistes et biologistes issus des laboratoires Géosciences Rennes et ECOBIO. Les compétences de l’équipe de recherche réunie portent sur la détermination et la compréhension des interactions entre le compartiment colloïdal et les éléments traces dans les environnements de surface, et le rôle de ce compartiment sur les propriétés chimiques des sols et sur la réponse biologique des micro-organismes et des plantes. Cette approche ouvre la voie à des applications dans le domaine de l’agrochimie et de la phytorémédiation.

Retombées scientifiques et économiques du projet

La caractérisation des propriétés agronomiques et l’étude du comportement et du devenir du produit dans les sols sont nécessaires pour déterminer le potentiel agronomique du produit, appréhender son impact environnemental et les conditions d’utilisation dans un cadre respectueux de l’environnement. Les retombées attendues de ce projet concernent donc à la fois : a) l’impact agronomique et environnemental de la dissémination d’une phase colloïdale à base de fer dans l’environnement et plus spécifiquement à l’interface critique Eau/Sol/Plante et b) l’évaluation de la viabilité technico-économique d’une application pour l’amélioration de la fertilité des sols. Deux emplois seront créés sur ce projet, totalisant au total 11,5 mois équivalent temps plein.

Calendrier :
Durée : 16 mois
Date de démarrage : octobre 2019
Date de fin : Janvier 2021


Contact OSUR
Mathieu Pédrot (Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Concours 2019 du CAPES/CAFEP des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) : les très bons résultats de Rennes


 AHLeGall    15/11/2019 : 11:18

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L’académie de Rennes se place au 3ème rang du nombre de certifiés (ex-aequo avec Lille) derrière Paris et Lyon. Les lauréats sont formés à l'université de Rennes 1

Le rapport du jury du CAPES/CAFEP de SVT a été diffusé à la mi-novembre. Au niveau national, en 2019, 260 postes étaient ouverts dans le public (CAPES) et 54 dans le privé (CAFEP). Le pourcentage d’admis par candidats présents est de 16,3% pour le CAPES et 12,5% pour le CAFEP. L’académie de Rennes a fourni 26 nouveaux professeurs certifiés de SVT, dont 15 dans le public (21 % des présents) et 11 dans le privé (de loin le plus gros contingent national et 20 % des présents). L’académie de Rennes se place au 3ème rang du nombre de certifiés (ex-aequo avec Lille) derrière Paris et Lyon.

Les résultats sont donc très satisfaisants tant en nombres de lauréats que de pourcentages de réussite, qui sont tous supérieurs à la moyenne nationale. A noter un très bon taux d’admis parmi les admissibles (52 % au CAPES et 51 % au CAFEP pour une moyenne nationale respectivement de 46% et 45%). Ces excellents résultats montrent l’efficacité de l’implication de toute l’équipe pédagogique OSUR/SVE dans la préparation des oraux et l’utilité des activités pratiques, avec une mention particulière pour les nombreux stages de terrain proposés aux étudiants que ce soit en biologie ou géologie.

 

Rappelons que les étudiants candidats rennais au concours sont issus des formations suivantes proposées à l'université de Rennes 1 :

  • Master mention Métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation (MEEF), parcours Sciences de la Vie et de la Terre (SVT)

Et plus particulièrement du Master 1 MEEF SVT, en première candidature au concours, sous la responsabilité d’Agnès Schermann (SVE) et Cécile Robin (OSUR). Les enseignements permettent d’explorer les savoirs, les démarches, les méthodes et les outils des champs disciplinaires et didactiques des sciences de la vie et de la Terre mais aussi des champs relatifs au contexte d’exercice du métier de professeur (connaissance du milieu professionnel du collège et du lycée, psychologie des enfants et des adolescents, sociologie de l’éducation, etc). Ce master  est destiné en priorité à des étudiants qui souhaitent  devenir professeurs de SVT, mais il permet aussi de développer des compétences plus transversales autour des métiers de la formation, de l’animation et de la médiation scientifique.

>>> https://formations.univ-rennes1.fr/formation/master-meef-meef-2e-degre/master-mention-metiers-de-lenseignement-de-leducation-et-de-la-0?studentstatus=112

  • Master mention Bio-géosciences, parcours Sciences de la Vie, de la Terre et de l'Univers (SVTU)

Première candidature (en M1) et deuxième candidature (en M2) du Master mention Bio-Géosciences, parcours SVTU (dit « prépa CAPES Agreg »), sous la responsabilité de Céline Raguenes-Nicol (SVE) et Cécile Robin (OSUR). Le parcours SVTU prépare au concours de l’Agrégation SVTU, permettant de devenir enseignant du secondaire en collège, lycée ou classes préparatoires BCPST. Cette formation est unique en Bretagne et ses résultats au concours depuis 2003 la classent régulièrement parmi les 5 premières préparations de France à ce concours (les 2 premières étant les ENS Paris et Lyon). Ce parcours apporte une double compétence géologie/biologie qui donne également accès aux métiers du journalisme et de l’animation scientifique. Ce parcours peut être également proposé aux étudiants ayant un master MEEF SVT mais n’ayant pas obtenu encore le CAPES SVT.

>>> https://osur.univ-rennes1.fr/page/master-biogeo

 

 

Félicitations donc à nos candidats-lauréats rennais, et un grand merci à toute l’équipe pédagogique et aux services administratifs. Les candidats de cette année 2019-2020 peuvent donc se présenter sereinement au concours 2020 !

 

 

 

Source :
http://media.devenirenseignant.gouv.fr/file/externe/07/6/rj2018-capes-externe-sciences_de_la_vie_et_de_la_terre_1027076.pdf

http://www.devenirenseignant.gouv.fr/pid33707/accueil.html




Contact OSUR

Agnès Schermann (SVE, ECOBIO) / @
Cécile Robin (OSUR, Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Découverte d’un nouveau monument mégalithique allongé en Bretagne



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A Goasseac’h, près de Carhaix-Plouguer en Centre Bretagne, une butte de 120 mètres de long pour 40 mètres de large s’élève sur 1,50m de haut.

A Goasseac’h, près de Carhaix-Plouguer en Centre Bretagne, une butte de 120 mètres de long pour 40 mètres de large s’élève sur 1,50m de haut. Durant le mois d’août 2019, une équipe d’archéologues a réalisé des sondages sur celle-ci, dirigée par Florian Cousseau, post-doctorant de l’Université de Genève et membre associé de l’UMR 6566 CReAAH. Ils ont mis en évidence une architecture mégalithique vieille de plus de 6000 ans qui est préservée sur plus d’un mètre de haut.


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Selon les premières estimations, le monument devait mesurer environ 90 mètres de long pour 15 mètres de large et monter à 4-5 mètres de hauteur. Au Néolithique (4500-2500 av. J.-C.), ces grandes architectures mégalithiques avaient pour but de recevoir les défunts. Ils étaient déposés dans des espaces aménagés au sein de ces architectures comme des grottes artificielles que l’on nomme dolmen. Les travaux archéologiques ont permis d’identifier, pour le moment, trois dolmens, dont un est extraordinairement intact depuis sa dernière utilisation il y a environ 4500 ans. L’acidité du sol ne permet pas la conservation des ossements, mais les futures explorations révèleront les objets associés avec les défunts.

Les monuments mégalithiques allongés sont peu nombreux en Bretagne, mais encore plus rares à l’intérieur des terres. Seulement deux autres sites sont connus dans cette région dont la géologie ne permet pas d’obtenir de grandes pierres. Cette découverte d’un monument mégalithique construit principalement en pierre sèche à Goasseac’h, Carhaix-Plouguer, est exceptionnelle de par sa rareté et sa préservation. Sous cette butte se trouve donc un édifice similaire à celui de Barnenez situé à Plouezoc’h dans la baie de Morlaix, et dont la découverte, il y 65 ans, avait amené de grandes avancées dans la recherche sur le mégalithisme de l’ouest de la France. La poursuite des investigations sur le monument de Goasseac’h devrait compléter de la même façon nos connaissances sur la Préhistoire récente en Bretagne et en particulier sur le mégalithisme.


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>>> En savoir plus : Néolithique. Un cairn découvert à Carhaix (Le Télégramme, 10/08/19) >>>



Florian Cousseau a réalisé sa thèse entre 2011 et 2016 à l'université de Rennes 1, sous la direction de Luc Laporte, au sein du CReAAH : "Archéologie du bâti mégalithique dans l'Ouest de la France". Il a été lauréat du prix de thèse du congrès international 2018 de l'UISPP à Paris (Union Internationale des Sciences Préhistoriques et Protohistoriques).



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Florian Cousseau (Université de Genève et membre associé CReAAH) / @