Lucas Marie-Orleach (postdoctorant à ECOBIO) reçoit le prix jeune chercheur 2021 de la Société Française d'Ecologie et d'Evolution (SFE²)


 AHLeGall    19/10/2021 : 11:22

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Éclairer la sélection sexuelle à l'aide de spermatozoïdes fluorescents chez un ver transparent

La Société Française d'Écologie et d'Évolution (SFE²) a pour objectif d'encourager et de développer l'étude de l'écologie et de l'évolution à travers divers actions (bourses, colloques, prix). Parmi les prix décernés par la SFE², le prix jeune chercheur récompense des doctorants et post-doctorants pour un travail publié dans une revue scientifique de haut niveau, qui est évalué selon son originalité, sa qualité et sa clarté. Lucas est ainsi récompensé pour ses travaux en génétique quantitative sur la quantification des épisodes de sélection intervenant lors de la reproduction.


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clairer la sélection sexuelle à l'aide de spermatozoïdes fluorescents chez un ver transparent


La sélection sexuelle est un agent de sélection important dans le monde du vivant, et peut intervenir avant et/ou après la copulation. Cependant, quantifier l'importance relative de la sélection sexuelle pré- et postcopulatoire est difficile pour deux raisons principales. Premièrement, les évènements postcopulatoires sont souvent internes et donc difficiles à observer. Deuxièmement, les mesures existantes de la force de sélection basées sur les traits phénotypiques sont trop restrictives (i.e., ne renseigne uniquement sur la force de sélection sur les traits mesurés), et celles basées sur la variance du succès reproducteur sont trop inclusives (i.e., inclut une part de variance dues à des variations aléatoires). Dans cet article, nous avons quantifié la sélection mâle pré- et postcopulatoire chez un Plathelminthe, Macrostomum lignano, naturellement transparent et chez qui des individus de lignées modifiées génétiquement expriment une protéine verte fluorescente (GFP), notamment dans leurs spermatozoïdes. Ces vers permettent donc de compter in vivo les spermatozoïdes stockés dans le réceptacle femelle, de discriminer les donneurs, et d'analyser la paternité des descendants qui en résulte. Ainsi, nous avons décomposé le succès reproducteur mâle en son succès à copuler (i.e., nombre de copulation), à transférer des spermatozoïdes à ses partenaires (i.e., nombre de spermatozoïdes transférés par copulation), à féconder les ovocytes de ses partenaires (i.e., nombre d'ovocytes fécondés par spermatozoïdes), et les nombres de descendants pondus par les partenaires. Pour estimer la force de sélection issue de ces composantes de fitness, nous avons successivement placé des individus focaux (n=150) dans trois groupes indépendants, constitués de quatre partenaires, et mesuré pour chacune de ces quatre composantes de fitness la part de variance répétable entre groupe (i.e., déterministe – sur laquelle la sélection peut agir) et non-répétable (i.e., aléatoire – sur laquelle la sélection ne peut pas agir). Les résultats montrent que la part déterministe (que nous appelons repeatable opportunity for selection) est supérieure dans les composantes de fitness postcopulatoire (transfert de spermatozoïdes et fécondation des ovocytes) que précopulatoire (copulation). Ces résultats montrent donc que, bien que généralement cryptique, une forte pression de sélection peut intervenir après la copulation. Cette étude montre par ailleurs que les mesures de succès reproducteur peuvent être fortement influencées par des variations aléatoires, pouvant être quantifiées et exclues pour mieux estimer la force de sélection. La prochaine étape serait de dissocier les effets génétiques et environnementaux dans les parts déterministes des variances du succès reproducteur le long des épisodes de sélection pré et postcopulatoire.


Lucas a mené cette étude lorsqu'il effectuait un postdoctorat au sein du groupe de recherche de Lukas Schärer à l'Université de Bâle en Suisse.
L'article est disponible en libre accès:
Marie-Orleach L., N. Vellnow, L. Schärer 2021 The repeatable opportunity for selection differs between pre-and post-copulatory fitness components. Evolution Letters 5: 101-114.



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Lucas Marie-Orleach (postdoctorant à ECOBIO) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, OSUR multiCOM) / @


Deux chercheurs de Géosciences Rennes récompensés par la société américaine de géologie



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Outstanding Publication Award décerné par la division de géologie structurale et de tectonique de la société américaine de géologie

[Source : Actus CNRS INSU]

L'article Metamorphic record of catastrophic pressure drops in subduction zones de Philippe Yamato et Jean-Pierre Brun, chercheurs au laboratoire Géosciences Rennes, a reçu le prix Outstanding Publication Award décerné par la division de géologie structurale et de tectonique de la société américaine de géologie. Cet article, publié dans Nature Geoscience en 2016 propose une nouvelle approche des mécanismes qui régissent la dynamique de la subduction, basée sur l’analyse des roches métamorphiques de haute pression. Il montre que l’évolution de la pression qu’enregistre la roche n’est pas uniquement due à une évolution de la profondeur. En effet, le pic de pression – autrement dit la pression maximum enregistrée par les roches - est proportionnel à la décompression très rapide et de très forte amplitude qui est enregistrée lorsque les roches amorcent leur remontée. Ces résultats ont des implications importantes sur la façon dont se déforment les roches au sein des zones de subduction, sur l’amplitude des pressions tectoniques qu’elles peuvent supporter, et sur la sismicité que cela peut engendrer. 

Jean-Pierre Brun, décédé en 2019, aurait surement apprécié qu'un de ses articles avec un jeune collègue soit récompensé. Philippe Yamato lui a spécialement dédié ce prix lors de son discours de remerciements.


Référence :
Metamorphic record of catastrophic pressure drops in subduction zones
Philippe Yamato et Jean-Pierre Brun
Nature Geoscience, 5 décembre 2016. DOI: http://dx.doi.org/10.1038/ngeo2852

>>> Pour en asvoir plus, lire aussi "Tectonique : du nouveau dans la dynamique de la subduction >>>



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Philippe Yamato (Université de Rennes 1, IUF, Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, OSUR multiCOM) / @


La face cachée des impacts biologiques des nanoplastiques environnementaux, de leurs co-contaminants et des changements climatiques sur les espèces animales



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Projet PLASTICIDE (2022-2025) : lauréat de l’Appel à Projet de l'Université de Rennes 1 (pôle Environnement) et de l’Appel à Projet de Recherche de l’ANSES (PNR EST ‘Environnement-Santé-Travail’)

Le projet PLASTICIDE coordonné par David Renault (Université de Rennes 1, ECOBIO) s’intéresse à l’évaluation du risque environnemental des nanoplastiques. L’assemblage de différentes compétences en biogéochimie, biologie des organismes, biologie de la reproduction, écotoxicologie, endocrinologie, immunologie, enzymologie, approches ‘omiques’, donnera naissance à un consortium solide, disposant des équipements, expertises et savoir-faire pour mener à bien ce projet. Il est basé notamment sur l’expertise scientifiques et technologiques des UMRs ECOBIO et Géosciences Rennes de l’OSUR, respectivement des équipes EcoStress-EcoTox (Écologie du stress, Écotoxicologie) et NBG (Nano-BioGéochimie), au sein du Pôle Environnement de l’Université de Rennes 1.

 

Glossaire des acronymes employés :

  • MPs : microplastiques
  • NPs : nanoplastiques
  • NPAs : nanoplastiques produits artificiellement
  • NPEs : nanoplastiques environnementaux
  • PEs : perturbateurs endocriniens 



De nombreuses substances chimiques sont utilisées pour la fabrication d’objets, d’emballages et de produits de soins, et leur demande croissante se traduit par une explosion de la production de plastique (polyéthylène, polypropylène, polychlorure de vinyle, polyéthylène téréphtalate, polyuréthane et polystyrène). En 2015, environ 79% (4900 Mt) de la production mondiale des plastiques était retrouvée dans les décharges et dans les milieux naturels. Le dépôt des matières plastiques en décharges, l’utilisation de plastiques en agriculture, leur rejet dans les eaux usées et l’épandage de boues d’épurations fertilisantes contaminées par les plastiques constituent des sources très importantes de transfert des plastiques dans l’environnement.

La biodiversité se trouve menacée par ces matériaux synthétiques, comme le suggère le nombre croissant d’études rapportant la présence de fragments de plastiques (micro-plastiques, MPs, 100 nm - 5 mm; nano-plastiques, NPs, 1 - 100 nm, Figure 1) dans les légumes, les plantes, et chez de nombreuses espèces animales. Les additifs des plastiques, tels que les phtalates et les bisphénols, constituent par ailleurs d’importantes sources de perturbations endocriniennes (PEs).

 

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Figure 1 :
Du rejet des plastiques à l’obtention des nanoplastiques environnementaux (NPEs).

 

Bien que la toxicité et les PEs induites par ces polluants soient connues, les micro- et nanoplastiques (MPs et NPs), contrairement à leurs additifs, ne sont pas soumis à des normes de qualité environnementales. Cette absence de cadrage règlementaire s’explique par une carence de données relatant les effets des NPs sur le vivant. Les travaux rapportant les impacts des plastiques sont essentiellement centrés sur les effets des fragments de MPs sur les organismes marins et dulcicoles. En revanche, il y a une absence criante de connaissances sur les espèces animales terrestres, telles que les insectes (adultes, larves) herbivores (Ex.: lépidoptères) et saprophages (Ex.: diptères). Pourtant, dans les milieux terrestres, les insectes peuvent être confrontés à des concentrations de MPs très hétérogènes, qui peuvent être potentiellement élevées: des concentrations de 740 à 26 800 particules de MPs.kg-1 de sol ont été rapportées…

Les sources de contamination environnementale de fragments de plastique sont nombreuses, et contribuent probablement à des expositions du vivant à des mélanges de NPEs, i.e. à des fragments de plastique issus de différents polymères. Cette omniprésence des fragments de plastique accroît les risques d’exposition, chroniques ou aiguës, de la faune du sol, dont les insectes représentent la plus grande diversité et procurent de nombreux services écosystémiques. En parallèle de leur présence dans les sols, les fragments de plastique contaminent également les plantes, les fruits et les légumes avec des conséquences incertaines sur la santé humaine, la santé des organismes herbivores et plus largement des écosystèmes. L’ingestion de fragments de plastiques est donc inévitable pour la faune terrestre, tout particulièrement pour les herbivores phytophages et les saprophages qui s’alimentent sur des végétaux cultivés sur des sols contaminés aux NPs, ou arrosés avec des eaux contaminées.

L’ingestion de fragments de plastique conduit rarement à la mort des animaux. Néanmoins, elle peut avoir des répercussions sur les traits de vie, induire une cytotoxicité, des nécroses micro-localisées, voire des effets carcinogènes. La fragmentation des plastiques favorise de surcroît le relargage de constituants chimiques, tels que phtalates et bisphénols, qui peuvent avoir des effets toxiques ou perturbateurs endocriniens.

Dans ce contexte, il est urgent de disposer de données sur les effets des NPs de formes et de structures environnementalement réalistes sur les petits organismes terrestres, de leurs additifs à potentiel effet perturbateur endocrinien, et des effets cocktails en cas d'adsorption d’autres polluants.

Les études pointent également le manque de connaissances des effets des NPs, seuls ou en cocktails, sur la faune du sol, et l’absence de prise en compte de la température. La température, qui diffère d’une région à l’autre et varie en fonction des saisons, régit la biologie des organismes ectothermes tels que les insectes, et module la toxicocinétique des polluants.

Ces préoccupations nécessitent de développer des recherches innovantes et écologiquement pertinentes, basées sur l’utilisation de mélanges de NPEs de formes et de tailles identiques à celles retrouvées dans l’environnement, permettant une étude toxicodynamique écologiquement réaliste. Les additifs aux effets PEs et l’exposition à des cocktails (NPEs, additifs, pesticides) doivent également être considérés.

Comme proposé dans ce projet nommé “PLASTICIDE”, ce type d’étude intégrée est crucial pour apporter un éclairage nouveau sur ces enjeux environnementaux d’actualité. Les connaissances produites contribueront à une meilleure évaluation écotoxicologique de l’impact des plastiques sur les organismes, une meilleure préservation de la biodiversité, en particulier des arthropodes qui procurent de nombreux services écosystémiques, et aideront à la mise en place des stratégies de bioremédiation des NPEs.

Le projet PLASTICIDE propose donc une étude intégrant différents niveaux organisationnels - de l’organisme aux échelles moléculaires - afin de mieux comprendre les effets de mono-expositions (NPs) et de co-expositions (NPs, PEs, pesticides) aux polluants. Ce projet propose pour la première fois une base solide d’évaluation multifactorielle de la toxicité croisée des nanoparticules de plastique et de leurs co-contaminants.

Le projet se concentrera sur les effets de NPEs produits à partir d’un mélange de plastique prélevés dans le milieu naturel maximisant le degré de réalisme de ces recherches. Il est également prévu de se procurer des mélanges de NPs produits en conditions. Les porteurs du projet pourront aussi réaliser ces synthèses, ce qui sera optimal pour les études comparatives des effets des NPEs et NPAs, et la réalisation d’une fragmentation dans des conditions identiques. Cette approche comparative des effets NPEs versus NPAs constitue une autre innovation proposée par le projet. Ces travaux pionniers permettront de rendre compte des impacts des NPs sur différentes facettes de la biologie des insectes. Les effets seront recherchés à la fois sur le court et le long (effets transgénérationnels) terme, ce qui représente aussi une originalité du projet.

L’originalité de PLASTICIDE réside dans la prise en compte de plusieurs facteurs clés et pertinents, et cette démarche pionnière servira de référence pour l’évaluation du risque environnemental des NPs. L’assemblage de différentes compétences (biogéochimie, biologie des organismes, biologie de la reproduction, écotoxicologie, endocrinologie, immunologie, enzymologie, approches ‘omiques’) donne naissance à un consortium solide, disposant des équipements, expertises et savoir-faire pour mener à bien ce projet (Figure 2).

 

Projet PLASTICIDE Fig2
Figure 2:
Présentation synthétique du projet PLASTICIDE

 

 

Le projet PLASTICIDE traitera les grandes questions suivantes :

1) Quel est l’impact phénotypique (traits d’histoire de vie, en particulier succès reproducteur, développement et activité) de l’ingestion de mélanges de NPAs ou de NPEs ? Existe-il des différences selon l’origine des NPs (environnementaux ou artificiels) ? Existe-il des réponses phénotypiques de type « dose-réponse » ? Si tel est le cas, quels sont les seuils ? Les effets des plastiques sont-ils modifiés par l’ingestion concomitante des additifs aux effets PEs ? Existe-il des interactions de type additives, synergiques, antagonistes entre les NPs, les additifs, et les pesticides ? Quels sont les effets d’ingestions chroniques versus uniques mais aigües ?

2) Quels sont les impacts phénotypiques trans-générationnels de l’ingestion de mélanges de NPEs ou de NPAs? En particulier, quels sont les effets d’expositions à différentes doses, modalités (chroniques/aiguës), cocktails (NPEs, PEs, pesticides) sur les traits d’histoire de vie des organismes ?

3) De quelle façon la température du milieu de vie des insectes module-t-elle les effets observés sur les traits de vie des générations parentales et de la génération fille ?

4) Quels sont les impacts physiologiques sur les organismes, en particulier en termes de perturbations/équilibres métaboliques, énergétiques, redox, endocriniennes, immunologiques ? Quels sont les dommages cellulaires ou sub-cellulaires ? Les mesures de ces impacts physiologiques seront restreintes à certaines conditions expérimentales pertinentes (i.e. induisant des effets phénotypiques significatifs) identifiées dans le projet.

 

Les partenaires

PLASTICIDE se situe à l’interface de différentes disciplines: géochimie des polluants, biologie des populations, biologie de la reproduction, écophysiologie, écotoxicologie, immunologie, écologie intégrative. Le projet rassemble quatre partenaires dont les expertises théoriques et techniques offriront un panel d’outils et de compétences complémentaires et assureront la faisabilité du projet. Il est important de souligner que le consortium réunit toutes les conditions nécessaires au succès du projet, disposant en particulier de l’ensemble des capacités analytiques (équipements - méthodologies - exploitation des données) indispensables à la réalisation des objectifs fixés. Les approches intégrées que nous proposons en termes de paramètres, de techniques, et de champs disciplinaires constituent une originalité forte de PLASTICIDE. Ce projet fait également appel à la plateforme EcoChim (Analyses chimiques et biochimiques) de l’OSUR.

Le Partenaire 1 (Equipe EcoStress-EcoTox, UMR ECOBIO - Pôle Environnement Univ. Rennes 1 - Resp. Scientifique : D. Renault, C. Wiegand) dispose d’une expertise reconnue au niveau international sur les réponses des invertébrés aux contraintes environnementales complexes d’origines naturelles et/ou anthropiques (IUF ‘ENVIE’, ANR PRCI SUZUKILL, ANR PRC ‘DROTHERMAL’, H2020 BiodivERsa ‘ASICS’, IPEV 136 SUBANTECO,…), y compris des réponses aux insecticides et plastiques (France-Agri-Mer ‘TenebLimit’, InEE-CNRS ‘BIODEGRAD’). En parallèle, les mécanismes physiologiques à la base des réponses phénotypiques observées sont caractérisées par ce partenaire, par l’intégration d’approches omiques (Renault et al. 2018, Cosio & Renault 2020). Ces études s’appuient sur l’arsenal analytique de la plateforme EcoChimie de l’OSUR (resp. H.Colinet). EcoChimie dispose d’équipements de pointe permettant de réaliser des études métabolomiques (LC-MS/MS, GC-MS & GC-MS/MS), biochimiques, et le dosage des polluants environnementaux. Cette plateforme propose un soutien technique aux expérimentations. Le projet implique D. Renault (PR UR1), C. Wiegand (PRe UR 1), H. Colinet (CR CNRS), G. Gouesbet-Jan (IR CNRS) et N. Lebris (IE CNRS). Le partenaire 1 encadrera le doctorant recruté sur le projet PLASTICIDE. Deux étudiants de Master 2 seront également impliqués dans les études.

Le partenaire 2 (Equipe NBG - Géosciences-Rennes - Pôle Environnement Univ. Rennes 1 – Resp Scientifique : M. Davranche) apportera son expertise sur le domaine des nano-plastiques. Ce partenaire dispose notamment des capacités de production des NPEs environnementalement pertinents dont les formes, tailles et charges permettent une réelle évaluation des niveaux de passage des NPs entre les parois cellulaires. L'équipe NBG est également pourvue d’un laboratoire de nanométrologie pour la  caractérisation de la composition, taille, polydispersité, forme et  réactivité de surface de nanoparticules. Le projet implique M. Davranche (PRe UR1) et A.-C. Pierson-Wickmann (MC UR1). Un étudiant de Master 2 sera également impliqué.

Le partenaire 3 (Equipe ChimioRéception Adaptation - UMR iEES Paris - Resp. Scientifique : D. Siaussat)

Le Partenaire 4 (Equipe CIIL- Univ. Lille, CNRS, Inserm, Institut Pasteur de Lille – Resp. Scientifique : A. Tasiemski)



>>> En savoir plus : télécharger le dossier complet du projet PLASTICIDE >>>



Contact OSUR
David Renault (Université de Rennes 1, IUF, ECOBIO) / @
Mélanie Davranche (Université de Rennes 1, IUF, Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, OSUR multiCOM) / @


Pêche sélective : quelles conséquences pour le fonctionnement des milieux aquatiques ?


 AHLeGall    18/10/2021 : 13:50

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De l’importance de l’écologie expérimentale pour mieux comprendre les effets des changements globaux sur les différents niveaux d’organisation biologique

C’est la question à laquelle répondent une équipe internationale regroupant des chercheurs de l’Université d’Oslo (CEES), d’INRAE (UMR ESE) et de l’ENS. L’article a été publié dans la revue Royal Society Open Science en octobre 2021 et illustre l’importance de l’écologie expérimentale pour mieux comprendre les effets des changements globaux sur les différents niveaux d’organisation biologique.

Les activités humaines exercent de nouvelles pressions de sélection responsables de changements évolutifs majeurs des traits biologiques des individus. Ces changements évolutifs ont une base génétique, et peuvent potentiellement moduler le rôle écologique qu’exercent les individus sur leur environnement et, finalement, sur le fonctionnement de l’écosystème.  Afin de mieux prédire et gérer les conséquences des changements globaux, il est donc crucial de mieux comprendre les liens entre ces changements évolutifs et les effets écologiques qui en découlent.

La pêche, commerciale ou récréative, est une activité anthropique à laquelle de nombreuses populations de poissons sauvages sont soumises. En plus de réduire les densités de poissons, la pêche élimine préférentiellement les poissons les plus gros, c’est à dire ceux maximisant le rendement économique. Cette élimination non-aléatoire entraîne un changement évolutif vers des individus plus petits et à maturité précoce. Jusqu’à présent, les conséquences de ce changement évolutif sur l’écosystème restaient mal connues et difficile à appréhender en milieu naturel, notamment car la présence de nombreux facteurs confondants dans l’environnement ne permet pas de quantifier la réponse évolutive des individus exploités.

Dans cette nouvelle étude pilotée par Charlotte Evangelista (CEES, Université d’Oslo, Norvège), en collaboration notamment avec Eric Edeline (INRAE, ESE), les auteurs se sont basés sur des approches expérimentales pour déterminer les conséquences de l’évolution induite par la pêche au niveau de la population, de la communauté et de l’écosystème. Pour cela, ils ont utilisé le médaka (Oryzias latipes) comme modèle biologique, un petit poisson asiatique largement utilisé en biologie expérimentale. Les médakas provenaient de deux lignées sélectionnées artificiellement au laboratoire pendant dix générations pour mimer soit une réponse évolutive induite par la pêche (individus à croissance lente et maturité précoce), soit une réponse évolutive plus proche de celle rencontrée dans les milieux naturels non soumis à la pêche (individus à croissance rapide et maturité retardée). Ces médakas ont ensuite été transférés dans des mares expérimentales où, durant 3 mois, ils se sont nourris naturellement de macroinvetrébrés et autres organismes planctoniques.

Dans les mares, les poissons de la lignée mimant l’effet de la pêche ont produit moins de juvéniles, en particulier quand la quantité de poissons était élevée et donc la compétition importante. Ces nouvelles données empiriques mettent en évidence une incertitude sur la capacité supposée des populations exploitées à se rétablir après l’arrêt des activités de pêche, c’est à dire quand les densités augmentent à nouveau. Ce travail a également montré que les médakas de la lignée mimant l’effet de la pêche étaient de moins bons prédateurs, et avaient donc un régime alimentaire plus restreint. Globalement, ces résultats suggèrent que les médakas issus de la lignée mimant l’effet de la pêche ont une capacité plus faible à faire face à des changements environnementaux tels que des fluctuations de compétiteurs et/ou de proies. Etant donné que les événements environnementaux non prédictibles sont amenés à se multiplier dans les années à venir, la capacité des populations exploitées à faire face à ces nouvelles conditions environnementales est donc incertaine. Finalement, les différences observées entre les deux lignées se répercutent sur l’écosystème, puisque les auteurs ont constaté que la production primaire (biomasse algale) était moindre en présence des médakas de la lignée mimant l’effet de la pêche, car ceux-ci réduisaient moins les abondances d’invertébrés herbivores.


Ces travaux originaux mettent en lumière que des changements évolutifs agissant à l’échelle de l’individu peuvent se répercuter non seulement sur la dynamique des populations exploitées, mais également sur la structure des communautés de proies et le fonctionnement de l’écosystème. Dans une perspective plus large, ce travail souligne la pertinence de considérer les interactions entre dynamiques évolutives et écologiques dans la mise en place de stratégies de conservations adaptées aux enjeux des changement globaux, et ainsi améliorer notre capacité à gérer les écosystèmes impactés par les activités anthropiques.



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Figure 1: Collecte de zooplancton par Joakim Sandkjenn (Photo: C. Evangelista)


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Figure 2: Mesure de production primaire par Julia Dupeu (Photo: C. Evangelista)

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Figure 3: Mares expérimentales (Centre de recherche en écologie expérimentale et prédictive Ecotron Île-de-France, à Saint-Pierre-lès-Nemours). Les médakas y ont été maintenus en conditions semi-naturelles (Photo: F. Vincent)

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Figure 4: Femelle medaka (Oryzias latipes) portant ses œufs (Photo: E. Edeline)




Référence
Evangelista Charlotte, Dupeu Julia, Sandkjenn Joakim, Pauli Beatriz Diaz, Herland Anders, Meriguet Jacques, Vøllestad Leif Asbjørn and Edeline Eric. 2021, Ecological ramifications of adaptation to size-selective mortalityR. Soc. open sci.8210842210842


>>> Lire aussi "Les changements évolutifs induits par les activités humaines peuvent influencer le fonctionnement de l’écosystème" >>>


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Charlotte Evangelista (Centre for Ecological and Evolutionary Synthesis, University of Oslo ; INRAE Ecobiop) / @
Eric Edeline (INRAE, ESE) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, OSUR multiCOM) / @


Brice Ephrem vient d’être recruté au CNRS et arrive au CReAAH


 AHLeGall    13/10/2021 : 10:21

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Dès l’origine de ses travaux universitaires, Brice Ephrem a porté une attention particulière à la mer et à l’archéologie.

Dès l’origine de ses travaux universitaires, Brice Ephrem a porté une attention particulière à la mer et à l’archéologie. Parallèlement à une formation d’archéologue antiquisant, il s’est orienté vers l’archéo-ichtyologie, l’étude des ossements de poissons mis au jour en fouilles.

Après un doctorat (Ausonius, Université Bordeaux Montaigne) tourné vers l’Atlantique, il complète sa formation avec un post-doctorat sur l’île de Délos (Grèce) et poursuit son ouverture méditerranéenne actuellement à Pompéi (Italie). Très attaché à sa double formation qu’il l’a complété lors de fouilles programmées et préventives, il travaille à la fois sur le terrain (fouille, échantillonnage, tamisage) et en laboratoire (étude des restes de poissons). Il confronte ces données inédites à des sources historiques, ethnohistoriques et environnementales afin de restituer les évolutions dans l’alimentation et dans les structures économiques (pêche, commerce) de la fin de la Protohistoire à l’Antiquité tardive. Son approche est centrée plus particulièrement sur le rôle de l’exploitation des ressources halieutiques dans la diffusion de la culture romaine et des processus d’interaction entre Atlantique et Méditerranée.

Brice est recruté en qualité de CR CNRS. Au vu de son ancrage en lien avec l'Océan Atlantique, ses recherches s’intègrent de facto dans les thématiques du CReAAH, notamment celles de l'équipe « Archéologie de la Mer et du Littoral » (coordonnée par Marie-Yvane Daire, Catherine Dupont et Jimmy Mouchard), dont l'archéo-ichtyologie constituera un nouveau domaine de recherche à Rennes.



Brice Ephrem
Pêche à Délos (Grèce) dans le but de compléter son référentiel de poissons actuels, collection nécessaire pour l’identification spécifique par anatomie comparée.


>>> Brice Ephrem (Research Gate) >>>


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Brice Ephrem (CNRS, CReAAH) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, OSUR multiCOM) / @


LIFEPLAN : le projet international qui ambitionne de réaliser un inventaire mondial de la biodiversité



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Inventaire de la biodiversité, bioinformatique, statistiques

A l'heure actuelle, 80% des espèces sur Terre attendent toujours d'être découvertes. Dans le même temps, la planète voit sa biodiversité s’éroder à un rythme alarmant. L’ambition du projet international LIFEPLAN consiste à établir de façon exhaustive un état de la biodiversité actuelle et à utiliser ces données afin de prévoir les scénarios futurs sur l'évolution de la biodiversité, dans un contexte de changements globaux. Pour ce faire, LIFEPLAN souhaite caractériser la diversité biologique par le biais d'un programme d'échantillonnage mondial, tout en développant en parallèle des approches bioinformatiques et statistiques nécessaires pour tirer le meilleur parti de ces données.

Conçu comme un travail collectif, collaboratif (avec des sciences participatives), LIFEPLAN se positionne à l'échelle mondiale et sur un large éventail de groupes taxonomiques. Mis en place par l'Université d'Helsinki, le protocole utilise des méthodes d'échantillonnages modernes avec des approches bio-informatiques et statistiques qui permettent de tirer le meilleur parti des données recueillies. Il est important de noter que LIFEPLAN utilisera des méthodes d'échantillonnage qui ne nécessitent pas d'expertise taxonomique de la part de ceux qui collectent les données, et qui permettront aussi d'obtenir des données directement comparables entre différents endroits à travers le monde.

A Rennes, le projet est coordonné par Pascaline Le Gouar et Annegret Nicolai (Université de Rennes 1, ECOBIO, Station biologique de Paimpont) : il s’appuiera sur 2 sites principaux de l’université de Rennes 1, la Station Biologique de Paimpont et le campus de Beaulieu sur lesquelles des dispositifs seront installés. D'abord en zone naturelle à Paimpont (équipée depuis mars 2021), puis à Rennes en zone urbaine (à partir de Janvier 2022), sur 1 hectare.

Les relevés durent 6 ans (3 ans sur chaque site ; avec un rythme de changement du site, en alternance 1 an sur 2). Ils se déclinent selon plusieurs dispositifs placés aux quatre coins du périmètre étudié et au milieu de la placette.


LIFEPLAN Placette 2021


LIFEPLAN Placette Install Audio


Les dispositifs envisagés :

- des systèmes de prélèvements de l'ADN environnemental, avec la pose d'une tente malaise (capture des insectes volants), des prélèvements de sol et de racines, des particules et des spores dans l'air

- des captations d'images à l'aide de piège photographiques

- des captations sonores avec des enregistreurs audios

 

A noter que certains de ces inventaires systématiques et dispositifs instrumentaux ont été réalisés ou testés lors de nos 3 précédents BioBlitz.
https://osur.univ-rennes1.fr/news/premier-bilan-du-bioblitz-2018-sur-le-campus-de-beaulieu.html
https://osur.univ-rennes1.fr/news/avec-smartobs-le-campus-de-beaulieu-va-devenir-un-espace-experimental-in-situ.html
https://osur.univ-rennes1.fr/news/retour-sur-le-2e-bioblitz-du-campus-de-beaulieu.html


>>> Le site de LIFEPLAN >>>


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Cnrs 20210036 0126 Small
Cnrs 20210036 0145 Small

 


Contact OSUR
Annegret Nicolai (Université de Rennes 1, Station biologique de Paimpont) / @
Pascaline Le Gouar (Université de Rennes 1, ECOBIO) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, multiCOM OSUR) / @


 


Retour sur le 2e BioBlitz du campus de Beaulieu !



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Comme pour les précédentes éditions, le Bioblitz 2021 a été un grand succès populaire et scientifique ! Merci aux participants, merci aux encadrants scientifiques !

Dans la continuité des deux premiers BioBlitz réalisés avec brio à la Station biologique de Paimpont en 2017 et sur le Campus de Beaulieu en 2018, une 3e édition s'est déroulée également à Beaulieu les 25 et 26 Septembre 2021.



Comme pour les précédentes éditions, il s’agit d’un « inventaire éclair » de la biodiversité réalisé en 24h et sur le plus de taxons possibles (faune, flore). Cette édition se veut tout aussi naturaliste que les autres (avec le soutien d'ECOBIO), mais nous avons décidé, en partenariat avec l’IRISA et Géosciences Rennes, d’y incorporer des mesures abiotiques et des expérimentations diverses, par exemple :

  • développer des usages innovants de capteurs (par exemple reconnaître les chants d’oiseaux, détecter la pollution lumineuse, etc.)
  • tester des nouveaux outils de sciences citoyennes, notamment une application smartphone pour mesurer les nitrates présents dans l’eau
  • analyser les effets de l’aménagement-renaturation de la "croix verte" grâce a des mesures de paramètres du sol mis en relation avec l’étude de la faune du sol
  • et bien d'autres choses encore...


Comme pour le précédente éditions, le Bioblitz 2021 a été un grand succès populaire et scientifique ! Merci aux participants, merci aux encadrants scientifiques !

Un jeu de données conséquent est en cours de constitution et d'enregistrement : il sera analysé, puis enfin publié dans un Data Paper.

Les chiffres-clés du Bioblitz

Resultats Web Small 1




Bioblitz 2021 Fig3 Participants
Bioblitz 2021 Fig2 Biotique
Bioblitz 2021 Fig1 Abiotique


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L’équipe du Bioblitz 2021

Contact OSUR
Annegret Nicolai (Université de Rennes 1, ECOBIO) / @
Laurent Longuevergne (CNRS, Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, OSUR multiCOM) / @


Les freins à la dispersion dans le paysage et l’existence d’isolats chez une espèce sociale forestière (singes magot) mis en évidence par une analyse de génétique du paysage



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Article dans Biological Conservation

Chez les mammifères forestiers, la fragmentation des forêts provoque des freins à la dispersion dans le paysage et augmente les risques d’érosion génétique et d’extinction des populations.

Les chercheurs d’ECOBIO - Pascaline Le Gouar, Dominique Vallet, Aude Ernoult, Yann Rantier, Nelly Ménard (Université de Rennes 1, CNRS, ECOBIO, Station biologique de Paimpont), avec Eric Petit (INRAE, ESE), Stéphane Dréano (IGDR), Mohamed Qarro (Ecole Nationale Forestière d'Ingénieurs, Maroc) - mènent des études de long terme en biologie de la conservation sur les singes magot (Macaca sylvanus), espèce en danger d’extinction, spécialiste de la forêt dont les populations sont distribuées en Algérie et au Maroc. Ils ont étudiés particulièrement l’effet de la fragmentation des forêts sur les capacités de mouvements des animaux dans le Moyen Atlas au Maroc, qui représente le principal réservoir de l’espèce avec environ 75% des effectifs mondiaux. L’étude a mobilisé les outils de génétique du paysage à différentes échelles spatiales. Les caractéristiques génétiques de 248 individus appartenant à 23 groupes sociaux ont été analysées à partir d’échantillons non invasifs de fèces.

Les résultats de modélisation ont montré une structure génétique significative au sein de la population étudiée et un frein au flux génique avec la formation d’isolats. La distance à la lisière de forêt représente le principal frein, les animaux ne s’éloignant pas à plus d’1 km de la forêt tandis qu’ils ne traversent pas les secteurs occupés par les activités humaines. Ces résultats, attendus par les gestionnaires en charge de la préservation de l’espèce, pourront être mobilisés lors des actions d’aménagements, qu’il s’agisse de pratiques de silvicultures ou de restoration de corridors entre fragments de forêts. L’analyse des flux de gènes en relation avec les caractéristiques paysagères permet de confirmer le fort fractionnement de la population suspécté par les précédentes études comportementales et démographiques. Cela a été possible grâce à la disponibilité de la plateforme d’écologie moléculaire (PEM) d’ECOBIO, spécialisée dans le traitement des échantillons non invasifs avec ADN dégradé et en faible quantité.

Cette étude repose sur un partenariat et des conventions de coopération de plusieurs années entre l’Université de Rennes 1 et l’Ecole Nationale Forestière d’Ingénieurs de Salé (convention UR1/ENFI) et l’Université de Rennes 1 et le Départements des Eaux et Forêts du Maroc.



Référence
Pascaline Le Gouar, Dominique Vallet, Aude Ernoult, Eric J. Petit, Yann Rantier, Stéphane Dréano, Mohamed Qarro, Nelly Ménard. A multiscale analysis of landscape resistance reveals genetic isolates in an endangered forest-specialist species the Barbary macaque (Macaca sylvanus). Biological Conservation, 2021, 263. https://doi.org/10.1016/j.biocon.2021.109337

 

Pascaline Le Gouar Biological Conservation Oct2021a
Carte des caractéristiques paysagères de la zone d'étude (> 3000 km²) dans le Moyen Atlas (Maroc), localisation des groupes de magots échantillonnés (G1-G23), et noms (en gras) des sept populations génétiques déduites à l'aide de GENELAND.
(A) Mosaïque paysagère d'habitats ; (B) gradient des distances d'éloignement de la lisière de la forêt. La distance minimale entre les populations était de 23 km en moyenne et variait de 7 à 43 km. Les noms des huit fragments de forêt où les magots ont été échantillonnés sont en italique. Les cercles rouges délimitent les populations génétiques.

 

Pascaline Le Gouar Biological Conservation Oct2021b
Magot en déplacement dans des zones enneigées.




Contact OSUR
Pascaline Le Gouar (Université de Rennes 1, ECOBIO) / @
Nelly Ménard (CNRS, ECOBIO) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, OSUR multiCOM) / @


Les coûts économiques des EEE



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EEE = Espèces exotiques envahissantes

L'actualité sur les coûts économiques des EEE a été particulièrement riche durant ces derniers mois. Une vingtaine d'études ont été publiées le 29 juillet dans un numéro spécial de la revue NeoBiota mobilisant près d'une quarantaine d’écologues et d'économistes du monde entier dans les 5 continents, la région méditerranéenne et 13 pays. Ces travaux ont été menés dans le cadre du projet InvaCost

La France fait partie des études nationales présentes dans ce numéro spécial. Cette étude regroupe plus de 1500 coûts économiques causés par une centaine d’espèces exotiques envahissantes en métropole et en outre-mer. Les coûts totaux, essentiellement dus aux dommages occasionnés par ces espèces, se situent entre 1,1 et 10,2 milliards d’euros sur les 25 dernières années. 

Afin de rendre accessible ces travaux auprès des acteurs impliqués, en particulier les décideurs, un rapport en français, auquel le Comité français de l'UICN a contribué, a été publié en septembre. Il explique la démarche méthodologique et propose une analyse spécifique de ces coûts selon i) les différentes voies d’introductions ii) les différentes régions concernées, iii) les secteurs d’activités impactés et la nature des coûts, iv) les différentes espèces impliquées. Les coûts en France sont également comparés avec ceux d’autres pays.  Ces résultats ont été présentés lors du Congrès mondial de la nature sur le stand du Comité français de l'UICN par David Renault (Université de Rennes 1, ECOBIO), et auteur principal de l'étude française publiée dans Neobiota).
 

Dans la continuité de ces travaux, nous venons de publier avec la collaboration du CNRS, du MNHN, de l’Université Paris-Saclay et de l’Université de Rennes 1, une fiche de synthèse "décryptage", qui fait le point sur les principaux chiffres et messages clés à retenir.

Contact

Yohann Soubeyran (Chargé de mission "Espèces outre-mer") / UICN Comité français (Union internationale pour la conservation de la nature)
@


Contact OSUR

David Renault (Université de Rennes 1, IUF, ECOBIO) / @
>>> ECOBIO : Thème Écologie du stress, Écotoxicologie, "Capacités de résilience et d’adaptation des organismes aux contraintes environnementales et implications sur leur écologie" >>>


Création du RenDaL : Centre Rennais de Datation par Luminescence



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La région Bretagne, Rennes Métropole et le CNRS financent la création d’un laboratoire de géochronologie au sein de l’OSUR.

Guillaume Guérin, chercheur CNRS lauréat de l’ERC, a été affecté le 1er novembre 2020 à Géosciences Rennes pour y mener ses travaux de recherche. Au sein de l’OSUR, il souhaite développer un laboratoire de datation par luminescence, non seulement pour poursuivre ses recherches sur les spécificités des Néandertaliens (objet d’un projet ERC « Starting Grant » dont il est porteur et qui a débuté au 1er janvier 2011) mais également pour ajouter une méthode de géochronologie dans le paysage breton de la recherche. Au sein de l’OSUR, plusieurs méthodes de datation sont déjà disponibles, mais aucune ne couvre cette gamme de temps (de quelques années à plusieurs centaines de milliers d’années dans le passé).

 

Les applications de la datation par luminescence sont en effet très diverses et permettront d’abonder nombre de programmes de recherche portés au sein de l’OSUR – à Géosciences Rennes et au CReAAH notamment – mais également à l’Université de Bretagne Sud et à l’Université de Bretagne Occidentale.

L’arrivée de Guillaume et de ses compétences permet ainsi de renforcer la dynamique de recherche et les synergies entre unités de l’OSUR et au-delà, et en particuliers entre universités bretonnes (Université Rennes 1, Université de Bretagne Sud et Université de Brest) dans les domaines des géosciences et de l’archéologie, ainsi qu’à leurs interfaces. Ainsi, le laboratoire de datation par luminescence renforcera la structuration du paysage de la recherche à l’échelle de la métropole rennaise et de la région Bretagne.

La luminescence est une émission de lumière résultant de la recombinaison d’un électron et d’un trou (ou absence d’électron) dans un solide cristallin tel que le quartz ou les feldspaths. Les électrons sont mis en mouvement par une exposition à la lumière et par la radioactivité ambiante. Ainsi, ce phénomène physique permet par exemple de dater les dépôts sédimentaires en déterminant la dernière exposition du quartz à la lumière, ou encore de dater l’exposition à la lumière de parois rocheuses. De nouvelles applications permettent également d’étudier par thermochronométrie le refroidissement des roches lorsqu’elles approchent de la surface de notre planète, et ainsi d’étudier les liens entre tectonique, érosion et climat.

Le projet consistera dans un premier temps à acquérir et installer un laboratoire de datation par luminescence. Une fois l’équipement opérationnel, les objets d’étude pourront être scindés en deux grandes catégories : ceux répondant aux problématiques des géosciences et ceux relevant également de recherches en archéologie, essentiellement préhistorique.

 

Guillaume Guerin RenDaL Fig1
Figure 1.
Vue du site de Beg-er-Vil, en cours de fouille par l’équipe de G. Marchand (CReAAH).

 

Des collaborations existent déjà entre Guillaume Guérin et Grégor Marchand (CReAAH, Rennes, sur le site de Beg-er-Vil sur la presqu’ile de Quiberon), où l’avancée de la dune est venue recouvrir l’exceptionnel site d’occupation mésolithique. Nombres de sites mésolithiques sont actuellement mis au jour par l’érosion marine (notamment à Hoedic), il est évident que les besoins rencontrés à Béniguet seront identiques ailleurs en Bretagne. De même, sur une période plus récente les datations sur l’île de Béniguet ont permis à l’équipe dirigée par Pierre Stephan (Geomer, Université de Bretagne occidentale) de mieux comprendre les alternances d’occupations humaines et de dépôts dunaires stériles dans l’archipel de Molène. A l’heure actuelle, un projet ANR intitulé "Géoarchéologie et Préhistoire des sociétés Atlantique" est en cours de montage, co-porté par G. Marchand et P. Stephan ; il portera sur l’évolution du trait de côte et les adaptations des sociétés vivant sur le littoral durant l’Holocène (l’ère actuelle) ; dans ce cadre, des datations par luminescence des sédiments marins, et notamment des cordons dunaires, viendront contribuer à une meilleure évaluation des dynamiques des interactions hommes-milieux.

De même, des collaborations existent déjà entre Guillaume Guérin et Nicolas Naudinot (membre associé au CReAAH) sur le site du Rocher de l’Impératrice (Plougastel-Daoulas). Ce site, d’une grande richesse archéologique, a notamment livré des plaquettes gravées datant de l’Azilien, uniques vestiges de l’art paléolithique breton. La luminescence est mise à profit pour plusieurs objectifs sur ce site : tout d’abord, des échantillons de sédiments ont été prélevés dans différents niveaux archéologiques en vue de dater la succession des dépôts. Ensuite, des fragments de rochers effondrés de la paroi surplombant le site font l’objet de datation d’exposition de surface des roches ; il s’agit notamment d’évaluer la date d’effondrement de ces blocs sur les niveaux anthropiques et ainsi savoir à partir de quand les niveaux archéologiques ont été protégés, mais aussi d’expliquer cet effondrement massif (en lien éventuel avec un événement sismique). Enfin, la luminescence permet également d’aborder la chauffe des minéraux étudiés ; au Rocher de l’Impératrice ont en effet été découvertes des sortes de poches de sédiment sombre contenant des résidus de cendres, qui pourraient ressembler à des zones de combustion un peu particulières, ou correspondre à des zones de rejets de cendres correspondant à des vidanges de foyers. Déterminer si les minéraux ont été ou non chauffés permettra d’avancer sur cette question. Par ailleurs, un projet ANR co-porté par N. Naudinot est en cours de montage sur les relations entre hommes préhistoriques et animaux durant le tardiglaciaire (dernière période du dernier cycle glaciaire, qui a vu le climat se réchauffer progressivement sur la planète jusqu’à atteindre les températures actuelles) sur la façade atlantique. Ici encore, la compréhension des interactions Hommes-environnement en périodes de changements climatiques, sur la période précédant directement celle mentionnée au paragraphe précédent, permettra une approche diachronique de la question sur le littoral atlantique.

Enfin, de nombreux travaux ont déjà fait travailler ensemble Guillaume Guérin et Marine Laforge (membre associée au CReAAH), notamment sur le site de Menez Dregan, à Plouhinec (baie d’Audierne). Ce site est notamment connu pour l’ancienneté des occupations documentées (200-300 000 ans avant le présent) dans la région, mais aussi – fait exceptionnel – pour l’utilisation du feu. A l’heure actuelle, l’utilisation du feu pour des périodes aussi lointaines reste très peu documentée et le débat continue sur la maîtrise, ou non, de la pyro-technologie chez les hommes dits pré-modernes (Néandertaliens, Homo Erectus, etc.). Au-delà de ce site, Marine Laforge travaille en archéologie préventive (Eveha) et a demandé de nombreux devis pour des datations de sédiments à Guillaume Guérin ; de même, l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) mais aussi les collectivités territoriales sollicitent régulièrement des datations par OSL.

 

En ce qui concerne les géosciences, les travaux n’ont pas encore été engagés, puisque Guillaume travaillait jusqu’à présent dans une unité de recherche dédiée à l’archéologie. Cependant, dans la communauté internationale de datation par luminescence, la grande majorité des applications concernent la géomorphologie, l’évolution des paysages, les flux de sédiments, etc. La France a ceci de spécial dans le paysage international que le plus gros laboratoire (on pourrait presque dire le seul) de luminescence français (l’IRAMAT à Bordeaux) travaille exclusivement sur les problématiques archéologiques ; de fait, depuis de nombreuses années la communauté INSU (Institut National des Sciences de l’Univers du CNRS) alerte sur les besoins en datation par luminescence ; c’est en effet la seule méthode permettant de dater des matériaux ubiquistes sur la surface de la Terre pour des périodes allant de quelques années à plusieurs centaines de milliers d’années. 

Ainsi, plusieurs thématiques de recherche à Géosciences Rennes bénéficieront directement de la création d’un laboratoire de datation par luminescence : les recherches en tectonique, et notamment les effets de la paléosismicité sur les sociétés préhistoriques, pourraient ainsi faire le lien entre Géosciences Rennes et le CReAAH. Un exemple consisterait à tester l’hypothèse selon laquelle des mégalithes situés le long de la faille armoricaine pourraient être couchés du fait de tremblements de terre passés particulièrement intenses. Par ailleurs, l’évolution des paysages pourra être abordée via la datation d’exposition de surface de rochers de plusieurs tonnes dans les lits de rivière – à quelles fréquences des objets aussi lourds sont-ils mis en mouvement ? Lors de quels événements naturels ? – mais aussi au travers de la thermochronométrie par luminescence. En effet, là encore la luminescence offre une gamme d’étude inatteignable par les méthodes « classiques » telles que U/Th, Ar/Ar ou He3/He4 déjà développées ou en voie de développement à Rennes. L’étude des liens entre processus géodynamiques et climat, étudiés notamment dans le delta de l’Okavango (Botswana) par une équipe de Géosciences Rennes, bénéficiera également de données chronologiques pour mieux comprendre les interactions entre soulèvement tectonique, climat et biosphère au travers de l’étude d’îles fluviatiles occupées par des termites. Un projet de datation d’une carotte de sédiments marins de la plateforme continentale au large de l’Équateur est également à l’étude, en collaboration avec J.-N. Proust. Enfin, Géosciences abrite également un important pôle de développement d’outils de modélisation chronologique dans un formalisme bayésien autour du logiciel Chronomodel. La luminescence fournit des données qui pourront être intégrés dans les modèles implémentés dans ce logiciel.

 

Guillaume Guerin RenDaL Fig2b
Figure 2.
La côte nord de l’Equateur est une zone de subduction soumise à un fort risque sismique. L’analyse et la datation fines des sédiments marins permettra de reconstituer les mouvements ayant conduit au cours du Pléistocène au fort couplage interplaque observé et donc à mieux appréhender ce risque.

 

Enfin, d’importantes pistes de recherche sont envisagées avec des collègues les Universités de Brest (voir travaux avec Pierre Stephan ci-dessus sur l’évolution du paysage littoral) et de Bretagne Sud. La luminescence permettrait en effet de mieux comprendre l’évolution des systèmes dunaires : par exemple à Ploemeur dans le Morbihan, mais aussi dans la baie de Saint-Brieuc – où de nombreuses occupations néandertaliennes sont recensées et mériteraient d’être datées. Ces travaux, à travers l’étude et la cartographie des zones régulièrement recouvertes par l’avancée de la mer dans le passé lors d’épisodes de montée des eaux, pourront également être mise à profit pour la gestion des risques en milieu côtier.

 


Guillaume Guerin RenDaL Fig3b
Image d'accroche
Luminescence émise par des grains de sédiments (ici stimulée avec un faisceau d'électrons). La datation par OSL (Luminescence Stimulée Optiquement) consiste à mesurer la luminescence émise lors d'une stimulation optique : plus le signal est intense et plus l'échantillon est ancien. L'évènement daté est alors la dernière remise à zéro du signal, typiquement lors de l'exposition à la lumière durant le transport des sédiments.




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