L’humidité : l’agent double (et trouble !) des milieux granulaires



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ARTICLE DANS PHYSICAL REVIEW E

Comment l'humidité peut réduire les risques d'avalanches ou augmenter les contraintes de manutention de milieux granulaires ?


Des chercheurs de l’IPR - Luc Oger, Claude el Tannoury , Renaud Delannay - et Yves Le Gonidec de Géosciences Rennes, en partenariat avec des collègues argentins, publient en février 2020 dans la revue Physical Review E un article sur l'étude en laboratoire de la stabilité des pentes des milieux granulaires. En effet, cette stabilité reste un défi pour la modélisation. L’objectif de cette étude in fine est la compréhension et la prévision des risques naturels, tels que les avalanches et les glissements de terrain, dont les signes précurseurs sont contrôlés par de nombreux paramètres physiques.



Les grains sont partout !

De très nombreuses industries sont utilisatrices de produits sous forme de grains (industries chimiques, pharmaceutiques, agroalimentaires, métallurgiques, céramiques, génie civil, bâtiments, etc.) et la présence de forces cohésives plus ou moins importantes rend leurs manutentions très compliquées voire impossibles dans certains cas. Dans le milieu naturel, la dynamique des avalanches en montagne posent aussi des problèmes analogues : l’apparition d’avalanches est souvent de caractère catastrophique et dépend parfois de la quantité d'eau emprisonnée dans le massif avant la survenue de l’avalanche et, dans ce cas, il est difficile d’obtenir des signes précurseurs de celles-ci.

Des expériences récentes réalisées en laboratoire ont montré que, pour des grains contenus dans des boites 3D, de très faibles déplacements de ceux-ci étaient à l’origine (précurseur) de la migration collective de grains qui constitue l’avalanche. Le faible glissement d’un grain n’est pas critique en soi mais la propagation de celui-ci sur ces voisins immédiats crée un effet d’entrainement - un « effet boule de neige » - et par voie de conséquence peut devenir catastrophique sur une grande distance.


La manip

Les chercheurs rennais ont imaginé un dispositif expérimental avec des empilements 3D de grains à l'intérieur d'une boite posée sur un plateau dont on peut piloter graduellement l’inclinaison : ils ont mis au point un montage très performant permettant de contrôler simultanément, via une interface LabVIEW, la vitesse d’inclinaison du plateau oscillant, l’enregistrement des images instantanées de la surface de l’empilement, ainsi que la mesure de l’inclinaison du plateau. Par différence entre deux images successives à haute résolution (2440x2080), ils ont pu en déduire le taux de glissements des grains superficiels (S) par rapport à la surface totale d'étude (S0). Ainsi, le taux S/S0 est proche de 1 lorsqu'apparaît un précurseur, alors que la surface globale de l'empilement n'a pas encore évoluée.



Oger Manip Grain Humidite


Les études sur les précurseurs d'avalanche en présence d'humidité ont été menées en collaboration avec l'Université de Buenos Aires dans le cadre du Laboratoire International Associé Physique et Mécanique des Fluides (International laboratory LIA PMF). L’association avec l’Argentine n’est pas due au hasard : le pays est régulièrement confronté à des périodes assez longues où l'humidité se maintient à 100%.

Les chercheurs ont observé quatre types de billes de verre : de 200µm, 500µm et 750µm, également de polystyrène de 140µm, pour différentes valeurs d'humidité allant de 40% à 94%.

Ils ont constaté que le diamètre des billes, autant que le caractère mouillant de leurs surfaces, interviennent dans le seuil de déclenchement de l'avalanche. Ainsi, lorsque les billes sont trop grosses ou non mouillantes, les forces d'adhésion créées par la présence d'eau en phase liquide ne peuvent compenser la masse de ces mêmes billes, et donc perturber le comportement purement géométrique de ces arrangements granulaires. C'est ainsi que les billes de 750µm et de polystyrène présentent un angle de stabilité maximal invariant avec le taux d'humidité. A l’inverse, les angles de stabilité maximale croissent avec l'humidité et sont plus forts, lorsque les billes sont petites (250 versus 500µm).

Par ailleurs, lors de l'étude des précurseurs, les chercheurs ont observé que pour les billes de 750µm, il n'y avait pas d'évolution du premier précurseur d'avalanche avec l'humidité. Cependant, dans tous les autres cas, ils ont observé des évolutions linéaires dépendant à la fois de l'humidité et de la taille des grains, même pour les billes en polystyrène. Ils ont également mis en évidence que l'intervalle entre précurseurs dépend de la taille des billes de verre pour 500 et 750µm, mais que dans cette hypothèse, cet intervalle reste indépendant du taux d'humidité.

Leur expérimentation montre donc que les précurseurs sont plus sensibles aux propriétés intrinsèques des empilements de grains du fait de leur mouillabilité et de leurs dimensions.


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Référence
Luc Oger, Claude el Tannoury, Renaud Delannay, Yves Le Gonidec, Irene Ippolito, Yanina Lucrecia Roht, and Iñaki Gómez-Arriaran. Dynamic behavior of humid granular avalanches: Optical measurements to characterize the precursor activity. Phys. Rev. E 101, 022902 – doi.org/10.1103/PhysRevE.101.022902



Contact OSUR
Luc Oger (IPR) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Quand les espèces introduites partent à l’abordage des îles. Quelles conséquences sur les réseaux trophiques locaux ?


 AHLeGall    11/03/2020 : 09:21

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PUBLICATION DANS NEOBIOTA

Diane Zarzoso-Lacoste - maître de conférences à l'université de Picardie Jules Verne, ATER à l'université de Rennes 1 entre 2013 et 2015, puis postdoctorante jusqu'en avril 2016 à ECOBIO - publie dans la revue NeoBiota en décembre 2019 un article d'écologie trophique qui révèle des relations complexes entre une espèce en danger critique d'extinction, le martin-chasseur de Niau (Polynésie) et ses prédateurs, concurrents et proies introduits par l'homme. Cette publication associe également Olivier Lorvelec (ESE, INRAE, Agrocampus Ouest).

A l’échelle globale, les îles représentent moins de 6% des terres émergées et constituent une priorité de conservation élevée puisqu’elles hébergent une grande diversité biologique, comprenant de nombreuses espèces végétales et animales souvent uniques au monde et menacées d’extinction.

Les mammifères prédateurs tels que le chat (Felis catus) et les rats commensaux (Rattus norvegicus, R.rattus, R.exulans), font partie des espèces les plus largement introduites par l’homme sur les îles de la planète, y compris les plus reculées. Ces prédateurs sont impliqués dans plus de 44% des extinction d’espèces d’oiseaux, reptiles et mammifères insulaires survenues au cours des quatre derniers siècles, et représentent la première menace pesant sur 40% des espèces d’oiseaux actuellement menacées d’extinction sur les îles.

Parmi les espèces d’oiseaux les plus menacés au monde, on retrouve le martin-chasseur de Niau (Todiramphus gertrudae), classé en danger critique d’extinction par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), et qui n’existe que sur le petit atoll habité de Niau (Archipel des Tuamotu, Polynésie française). Encore signalé comme commun dans les années 1990 (400-600 individus), l’unique population de cet oiseau a connu un fort déclin au début des années 2000 et est estimée aujourd’hui à seulement 170 individus. Bien que les causes de ce déclin restent incomplètement élucidées, les chats et rats introduits sur Niau ont été désignés comme étant très probablement responsables de sa raréfaction via les phénomènes de prédation et/ou de compétition pour la ressource alimentaire.

Atoll Niau

Afin d’évaluer l’intensité de ces interactions trophiques entre prédateurs introduits (F. catus, R.rattus, R.exulans) et martin-chasseur de Niau, une étude comparée du régime alimentaire de ces quatre espèces a été menée au début (Octobre-Novembre : période de ponte, d'incubation et d'éclosion) et à la fin (Février-Mars : période d'alimentation des poussins jusqu’à leur émancipation) des saisons de reproduction 2009/2010 et 210/2011 de cet oiseau. Pour cela, le contenu en proies de 186 pelotes de réjection de martin-chasseur, 578 excréments de chat, et 295 tubes digestifs de rats collectés sur l’île a été analysé sous microscope. En complément, une analyse moléculaire visant à maximiser la détection et l'identification de l’ADN d’oiseaux contenu dans les échantillons de chats et rats a été réalisée, afin notamment de quantifier la pression de prédation sur la population de martin-chasseur. Le degré de chevauchement de régimes alimentaires entre prédateurs introduits et martin-chasseur a été quantifié, puis interprété en regard de la disponibilité des proies qu’ils partagent dans les différents habitats de l’île, afin d’évaluer l’intensité d’une possible compétition pour la ressource.

Cette étude a montré que les lézards (scinques, geckos), les arthropodes terrestres (coléoptères, blattes) et petits crustacés décapodes (crabes, bernard l’ermite), représentent les proies principales de cet oiseau durant sa période de reproduction, et sont globalement consommées proportionnellement plus que leur disponibilité dans les habitats de Niau. Il est intéressant de constater que parmi celles-ci, la plupart (a minima toutes les espèces de lézards et de blattes) ont été introduites d'Asie du Sud-Est par l’homme au cours des derniers siècles. Ces interactions complexes entre espèces natives et introduites doivent davantage être prises en compte dans les projets de restauration et de conservation sur les îles, afin d’éviter de possibles effets en cascade négatifs résultant de l'élimination ou du contrôle d’espèces exotiques.

Parmi les huit espèces d’oiseaux identifiées dans les échantillons alimentaires de prédateurs introduits, deux correspondent à des oiseaux terrestres endémiques et protégés (le Ptilope des Tuamotu et la Rousserolle des Tuamotu) et sont particulièrement consommées par le chat qui semble représenter une plus grande menace que les rats pour l’avifaune de Niau. Néanmoins, aucun évènement de consommation de martin-chasseur n’a été observé, ce qui suggère que si la prédation par les chats et les rats se produit (ce qui est probable), elle est actuellement moins fréquente et intense que cela a pu être supposé.En revanche, un chevauchement substantiel de régime alimentaire entre les deux espèces de rats et le martin-chasseur a été mis en évidence et concerne principalement les scinques, blattes et coléoptères qui sont des proies peu abondantes et préférentiellement sélectionnées par ces trois prédateurs. Ces résultats révèlent un fort potentiel de compétition alimentaire entre les rats et le martin-chasseur de Niau, ce qui peut (i) réduire la densité et la disponibilité de ses proies hautement nutritives, et (ii) affecter le succès reproducteur et/ou la survie de différents stades démographiques (adultes et poussins) de cet oiseau. 

Compte tenu de la taille critique de l’unique population de cet oiseau, il est impératif de limiter considérablement les sources de mortalité d’individus, et de favoriser sa reproduction pour stimuler sa dynamique de population. Une stratégie de gestion optimale consisterait à contrôler simultanément les populations de chats et de rats, a minima au sein des territoires et pendant la période de reproduction du martin-chasseur, afin de conjointement réduire le risque de prédation et d’augmenter la disponibilité en proies de cet oiseau aux portes de l’extinction. Les campagnes de sensibilisation et les collaborations avec les agriculteurs locaux doivent également être pérennisées (non destruction et protection des cocotiers morts dans lesquels nidifie cet oiseau, promotion des méthodes de défrichage mécaniques des cocoteraies plutôt que l’écobuage) afin de réduire la destruction régulière des couvées et améliorer la qualité et la disponibilité en habitat favorable au martin-chasseur sur Niau.




Kingfisher 1

Photo 1 : martin-chasseur de Niau Todiramphus gertrudae ou « Koteuteu ». 1) Adulte en gros plan © F.Jacq. 2) Un parent sur montant la garde sur son perchoir. L’entrée du nid, que les couples d’adultes creusent dans le tronc de cocotiers morts, est visible en arrière-plan (trou circulaire avec traces de fientes sous le bord inférieur) © D.Zarzoso-Lacoste. 3) Couple de martin-chasseur sur leur terrain de chasse, dont un vient de capturer un lezard Scincidae (scinque) © K.Zawadka



Kingfisher 2

Photo 2 : Cocoteraie exploitée sur la frange océanique de l’atoll. Les cocoteraies exploitées représentent l’habitat de nidification et de chasse privilégié du martin-chasseur de Niau. Des bagues métalliques installées sur les troncs pour limiter l’accès au nids de martin-chasseur par les prédateurs potentiels (ex : rats, crabes des cocotiers...) © D.Zarzoso-Lacoste



Ptilope Rousserolle

Photo 3 : Deux espèces d’oiseaux endémiques et protégés consommés par les chats et rats introduits sur Niau. 1) Le Ptilope des Tuamotu, Ptilinopus coralensis © D.Zarzoso-Lacoste. 2) La Rousserolle des Tuamotu Accrocephalus atyphus © F.Jacq




Michel Pascal

Photo 4 : Scientifiques (dont Michel Pascal, ESE INRA Rennes) sur le tournage en 2009 du documentaire « Les rats, Pirates des îles », CNRS Images. © D.Zarzoso-Lacoste.

La mise en place de cette étude a notamment fait l’objet d’un tournage en novembre 2009, qui a été intégré à un documentaire « Les rats, Pirates des îles » (CNRS Images, Pierre-Emmanuel CHAILLON et Eric VIDAL, 2010, durée 40mn) portant plus largement sur l’impact des rats invasifs sur la biodiversité insulaire.


Référence
Zarzoso-Lacoste D, Bonnaud E, Corse E, et al. (2019) Stuck amongst introduced species: Trophic ecology reveals complex relationships between the critically endangered Niau kingfisher and introduced predators, competitors and prey. NeoBiota 53: 61-82. doi.org/10.3897/neobiota.53.35086



Contact
Diane Zarzoso-Lacoste (université de Picardie Jules Verne) / @


MT180 : beau doublé pour les qualifications rennaises de "Ma Thèse en 180 secondes" 2020


 AHLeGall    05/03/2020 : 08:42

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RDV pour la finale interrégionale MT180 le 12 mars à Brest !

Mercredi 4 mars, treize doctorantes et doctorants des établissements du projet "Université de Rennes" se sont retrouvés dans l'amphi Simone Veil de l'EHESP pour les qualifications rennaises de "Ma Thèse en 180 secondes" 2020

Félicitations à Lorène Marchand (ECOBIO) 1er prix du jury et à Nolwenn Delouche (IPR) 2e prix du jury !

Deux doctorantes qualifiées pour la finale interrégionale MT180 le 12 mars à Brest !




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Lorène Marchand
Son sujet de thèse : "Les plantes endémiques peuvent-elles répondre aux changements climatiques ? Cas d'une espèce endémique subantarctique à distribution géographique très restreinte (LyallIa kerguelensis)" (sous la direction de Françoise Hennion et de Michèle Tarayre)



Nolwenn 960px
Nolwenn Delouche
Son sujet de thèse : "Dynamique de colmatage d'un milieu poreux par des particules colloïdales" (sous la direction d'Hervé Tabuteau)


A noter, qu'outre Lorène et Nolwenn, 3 autres candidats des labos OSUR étaient en compétition : Erwan Corlouer (IGEPP), Eszter Dudas (IPR) et Gwenaël Morin (LETG-Rennes). Félicitations à eux également : l'exercice de la communication scientifique grand public, oral et sur une durée aussi courte, est un travail particulièrement exigeant !





Retrouver les présentations des OSURiens :
Lorène Marchand : 23:30
Erwan Corlouer : 30:00
Nolwenn Delouche : 34:50
Eszter Dudas : 45:00
Gwenaël Morin : 52:50
Annonce des Prix : 1:44:30



MT180 Finale Rennes 2020
Crédit : université de Rennes 1




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Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Des parcelles plus petites et plus diversifiées favorisent la diversité des plantes jusqu'au centre des champs



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Augmenter la longueur de bords de champs

Des scientifiques d’INRAE (dont Audrey Alignier, Colette Bertrand et Jacques Baudry, BAGAP) et du CNRS (Françoise Burel et Romain Georges, ECOBIO), en collaboration avec des équipes allemandes, espagnoles, anglaises et canadiennes, ont examiné l’effet de la diversité des cultures et de la longueur de bords de champs (inversement proportionnelle à la taille des parcelles) sur la diversité de plantes dans les champs. Leur étude, publiée en mars 2020 dans Journal of Applied Ecology, basée sur 1 451 parcelles agricoles, montre qu’augmenter la longueur de bords de champs constitue un complément prometteur aux mesures agri-environnementales pour conserver et restaurer la diversité des plantes, y compris au centre des parcelles..

>>> Pour en savoir plus >>>
[Source : INRAE : CNRS]


Aa Paysage B B08 03 APU6655


Référence
Configurational crop heterogeneity increases within-field plant diversity
Audrey Alignier, Xavier O. Solé-Senan, Irene Robleño, Bàrbara Baraibar, Lenore Fahrig, David Giralt, Nicolas Gross, Jean-Louis Martin, Jordi Recasens, Clélia Sirami, Gavin Siriwardena, Aliette Bosem, Baillod, Colette Bertrand, Romain Carrié, Annika Hass, Laura Henckel, Paul Miguet, Isabelle Badenhausser, Jacques Baudry, Gerard Bota, Vincent Bretagnolle, Lluis Brotons, Françoise Burel, François Calatayud, Yann Clough, Romain Georges, Annick Gibon, Jude Girard, Kathryn Lindsay, Jesus Minano, Scott Mitchell, Nathalie Patry, Brigitte Poulin, Teja Tscharntke, Aude Vialatte, Cyrille Violle, Nicole Yaverscovski, Péter Batáry.
Journal of Applied Ecology, 4 mars 2020 - DOI : 10.1111/1365-2664.13585




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Audrey Alignier (BAGAP) / @


Vers la prédiction de l'émergence et de l'évolution des failles tectoniques au cours des temps géologiques



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ARTICLE DANS GEOPHYSICAL RESEARCH LETTERS

Révolution en vue dans la modélisation numérique en géologie.

Au cours des temps géologiques, les plaques tectoniques subissent des déformations importantes et permanentes associées à la formation de chaînes de montagnes ou de rift continentaux qui se marquent dans le paysage par la création de topographie le long de grandes failles d’échelles crustales à lithosphèrique.

Notre compréhension des phénomènes tectoniques repose sur nos capacités à prédire et modéliser ces déformations. Malgré de nombreux efforts dans le développement de modèles numériques de déformation tectonique, la modélisation de la formation et de l’évolution de ces failles au cours des temps géologiques pose des problèmes sérieux. En effet, dans la formulation utilisée par les modèles tectoniques, la géométrie des failles et leur nombre dépendent de la résolution de la grille sur laquelle le calcul est effectué.

Une équipe de géoscientifiques de Géosciences Rennes - Thibault Duretz et Philippe Yamato -  et de Sorbonne Université ont collaboré avec un chercheur de l’Université de Sheffield spécialiste de la plasticité dans le domaine de l’ingénierie pour développer une nouvelle formulation qui permet de satisfaire avec précision l'équilibre des forces et d’obtenir des structures tectoniques indépendantes de la résolution. Ces résultats publiés dans Geophysical Research Letters en février 2020 représentent donc une étape importante vers le développement de modèles tectoniques robustes pouvant prédire l'émergence et l'évolution des failles au cours des temps géologiques.



Fev2020




Référence
Duretz, T., de Borst, R., Yamato, P., & Le Pourhiet, L.. (2020). Towards robust and predictive geodynamic modelling: the way forward in frictional plasticity. Geophysical Research Letters, 47, e2019GL086027. https://doi.org/10.1029/2019GL086027



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Thibault Duretz (Géosciences Rennes) / @
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Les M2 ERPUR participent au workshop "Changement climatique : quelles solutions d’adaptation pour le territoire métropolitain ?"



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Master ERPUR (parcours Stratégie de développement durable et périurbanisation, mention Biodiversité, écologie, évolution)

Les étudiants du master ERPUR de l'OSUR ont participé au 8e Workshop de l’IAUR (Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de Rennes) du 10 au 14 février 2020 à l’Université Rennes 2.


Véritable temps de formation et de pédagogie active sur un temps court, les workshops de l’IAUR permettent aux étudiants d’appréhender les relations entre l’aménagement et l’urbanisme, le génie urbain, les politiques publiques, les dimensions juridiques et économiques et la qualité architecturale, urbaine, sociale et environnementale de manière systémique autour d’une thématique au cœur des préoccupations des territoires. Le travail de réflexion est effectué au sein de groupes d’environ 10 à 12 étudiants issus de formations variées et complémentaires

Ce workshop organisé en partenariat avec l’AUDIAR (Agence d’Urbanisme et de Développement Intercommunal de l’Agglomération Rennaise) invite les équipes d’étudiants, non pas à anticiper les « scénarios du possible », mais bien à construire une stratégie d’adaptation du territoire métropolitain rennais, au vu des changements climatiques prévus, pour une thématique donnée.


Le groupe travaillant sur le quartier du Blosne (l'étudiante en M2 ERPUR impliquée est Marie Jaury) est le grand gagnant de ce défi pédagogique, dans la catégorie "propositions innovantes", avec le concept d'une architecture de module type serre pouvant s'imbriquer aux bâtiments préalablement isolés par une cloison en terre crue, permettant une régulation de la chaleur avec flux d'air ; sur le plan social, le groupe propose également l'instauration d'une loi favorisant l'implication citoyenne sous la forme d'une journée par mois sans perte de salaire pour s'investir dans la vie de son quartier.

Les primés par thématique sont :

- thème "gestion eau et sol" : projet à Cesson Sévigné (1 ERPUR impliquée : Loren Bidard)
- thème "nature et biodiversité" : projet à St Jacques de la Landes (2 ERPUR impliquées : Mathilde Plaire et Lou Castellon)
- thème "urbanisme architecture" : projet dans le quartier St Helier à Rennes (2 ERPUR impliquées : Fanny Lemanissier et Clarysse Picard)


Félicitations à nos étudiantes ERPUR !



IAUR Workshop2020
crédit photo : IAUR


>>> Le site du master ERPUR >>>




Contact OSUR
Pascaline Le Gouar (ECOBIO) / @


Science participative sur les insectes aquatiques volants : top départ !



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Mars Attaque !

Dans le cadre de sa thèse en écologie, Rémi Gerber, co-encadré par Benjamin Bergerot et Christophe Piscart (ECOBIO) et Jean-Marc Roussel (ESE, INRAE), a mis au point deux protocoles de sciences participatives sur les insectes aquatiques. L'expérimentation commence en mars, avec des partenaires associatifs, scolaires...!


Début mars, les premiers insectes vont commencer à émerger : ils muent et passent du stade larvaire aquatique au stade imaginal (adulte) terrestre. Cette phase adulte est consacrée à la reproduction… et à la dispersion ! Ce sont les éphémères et les perles qui sortent les premiers. On les trouve souvent dans les cours d’eau bien oxygénés. Soyez vigilants, car chaque espèce émerge à sa façon : massivement ou en continu, dans une eau courante ou stagnante, plutôt le jour, la nuit ou au crépuscule, dans un environnement forestier ou ouvert, au début ou à la fin du printemps etc. Trouver une espèce précise est une question de chance… et d’observation !

Fr


Ce programme s’intéresse aux adultes terrestres des insectes à larves aquatiques. Il comporte deux protocoles distincts :
- un protocole "énergie", dont le nombre de participants est limité à 10. Mais n’hésitez pas à nous contacter si vous êtes intéressés par ce protocole, notamment si vous habitez dans le Finistère ou en Côtes-d’Armor !
- un protocole "morphologie", non contraignant, auquel tout le monde peut participer ! Il suffit d’aller près d’un point d’eau, de capturer les insectes d’intérêt (à l’aide d’un filet, d’un piège, voir à la main) et de noter le lieu, la date et le nom de la personne qui a fait la récolte.


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Tente à émergence



Où ?
Bretagne et régions voisines, près de l’eau douce (rivière, mare etc)

Quand ?
A partir de mars jusqu’au début de l’été, voir début d’automne 2020

Quoi ?
Éphéméroptères, plécoptères (perles), trichoptères (phryganes) et les mégaloptères (sialis)



Plusieurs partenaires sont d'ores et déjà associés au projet :

- la réserve naturelle des étangs du Petit et du Grand Loc'h à Guidel
- le lycée agricole et CFA La Lande de la Rencontre à Saint Aubin du Cormier
- la station biologique de Paimpont
- le Marais Noir de Saint Coulban
- la fédération de pêche du Morbihan
- le Gretia (GRoupe d'ETude des Invertébrés Armoricains)




Raitif
Glossosomatidae (Trichoptère)

Raitif
Ephemera danica, la mouche de mai (éphémère)



Vous trouverez une aide pour l’identification de ces groupes dans l'infographie « protocole morphologie » ci-dessous. Les diptères à larve aquatique (chironome, simulie etc) sont également recherchés, mais leur identification est difficile et plutôt réservée aux personnes ayant de l’expérience dans ce domaine. Un retour, avec l’identification des insectes capturés vous sera fait.

Pour toute question, s'adresser à Rémi GERBER : @




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Nergie



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Morphologie


La plateforme CONDATE Eau se renforce


 AHLeGall    07/02/2020 : 13:40

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Recrutement CNRS

Eliot Chatton est un ingénieur de recherche nouvellement recruté par le CNRS et affecté depuis le début 2020 à l’OSUR (UMS 3343). Eliot vient renforcer et conforter le développement de la plateforme CONDATE Eau.

Spécialiste de la géochimie des gaz dissous dans les hydrosystèmes continentaux, Eliot est déjà familier de l’OSUR puisqu’il y a obtenu son doctorat de l’Université de Rennes 1 en 2017 sous la direction de Luc Aquilina et de Thierry Labasque : Contribution des Gaz Dissous à la Compréhension de la Dynamique Hydrobiogéochimique des Eaux Souterraines.

Après un postdoc à l’Observatoire Océanologique de Banyuls-sur-Mer, Eliot revient donc à Rennes pour développer et exploiter les outils d’observation et de modélisation des gaz dissous dans la Zone Critique, dans le cadre des infrastructures de recherche nationale (OZCAR) et européenne (eLTER).


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Eliot Chatton (UMS OSUR) / @
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Tanguy Le Borgne (Géosciences Rennes) reçoit le Prix InterPore 2020


 AHLeGall    05/02/2020 : 12:21

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InterPore Award for Excellence in Porous Media Research

Tanguy Le Borgne (Géosiences Rennes) reçoit le prestigieux prix InterPore 2020 de la recherche sur les milieux poreux, décerné annuellement par la International Society for Porous Media. Cette récompense est attribuée à des chercheurs en milieu de carrière en reconnaissance de recherches exceptionnelles sur les milieux poreux en général, en mettant l'accent sur les recherches menées au cours des cinq dernières années. Ce prix international vient récompenser des avancées significatives en matière de théorie, d'expérimentation et/ou de modélisation dans la compréhension des problèmes impliquant des milieux poreux naturels et/ou industriels.

Les recherches de Tanguy s’inscrivent dans la problématique de modélisation et de caractérisation expérimentale des écoulements et des processus de transport dans les milieux poreux et/ou fracturés : c'est un hydrogéologue, spécialiste de la modélisation des circulations de fluides dans les sols et les roches. Ses recherches s'intègrent au service national d'observation H+ labellisé par le CNRS et porté par l'OSUR.

Borgne Interpore2020
Source InterPore



Pour en savoir plus
>>> Tanguy Le Borgne, heureux lauréat d'un ERC >>>
>>> International Society for Porous Media >>>


Contact OSUR
Tanguy Le Borgne (Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Charlotte Le Traon et Justine Molron (Géosciences Rennes) reçoivent un Prix AGU


 AHLeGall    03/02/2020 : 13:07

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AGU Outstanding Student Presentation Award 2019

Ce prix prestigieux n'est décerné qu'aux 5 % des meilleurs étudiants participants. Il a été décerné à Charlotte Le Traon et Justine Molron, toutes les deux en thèse à l'université de Rennes 1 au labo Géosciences Rennes, lors du Fall meeting de l'AGU qui s'est tenu à San Francisco les 9-13/12/19.


L'AGU est une organisation de géophysiciens qui compte plus de 50 000 membres provenant de 130 pays. Les activités de l'AGU sont concentrées sur l'organisation et la dissémination de l'information scientifique dans le domaine des Géosciences au sens large. Chaque année, l’AGU organise le plus grand congrès mondial sur les sciences de la Terre et de l’Univers avec 22 000 à 26 000 participants de tous les continents.

 

Charlotte Le Traon y a présenté un poster sur l'impact du mélange d'eaux souterraines sur la vitesse des réactions chimiques.

Après un diplôme d'ingénieur de l'Ecole Nationale Supérieure de Géologie de Nancy en 2016, Charlotte est arrivée à Rennes en novembre 2016 comme Ingénieure d’Etudes pour travailler sur l'apport des nappes phréatiques au débit des rivières (et alimenter le site web de CRITEX, Équipements innovants pour la zone critique, un réseau national géré par le CNRS-INSU). Depuis septembre 2017, Charlotte est en thèse sous la direction de Tanguy Le Borgne et travaille sur le « Transport réactif et mélange dans les systèmes hydrologiques".

Le poster récompensé à San Francisco illustre les derniers résultats obtenus dans le cadre de la collaboration scientifique avec l'université de Stanford en Californie.


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Traon Agu Poster FINAL

Des eaux souterraines de chimie différente peuvent se mélanger dans les nappes phréatiques : c’est ce qu’on appelle une zone de mélange. Par exemple une fracture peut amener rapidement de l’eau de surface riche en oxygène dans une nappe phréatique pauvre en oxygène et riche en éléments dissous. La rencontre de ces eaux de chimie différente provoque des réactions chimiques. Des lois cinétiques existent pour prédire la vitesse des réactions chimiques pour des eaux bien mélangées. Or dans une zone de mélange, les eaux ne sont pas encore bien mélangées. L’objectif de l’étude menée avec l’université de Stanford étaient donc d’évaluer l’influence du fait que les eaux ne soient pas encore homogènes dans une zone de mélange sur la vitesse des réactions chimiques. C’est important pour prédire la qualité de l’eau souterraine (par exemple pour évaluer la vitesse de disparition d’un polluant). Les résultats montrent que 1) le mélange d’eaux souterraines a une influence sur la vitesse des réactions chimiques (ça peut augmenter ou diminuer la vitesse des réactions selon plusieurs paramètres) ; 2) on est capable de prédire la nouvelle vitesse de réaction par des lois analytiques dans un système simple. C’est un premier pas très encourageant pour prédire l’influence du mélange des eaux souterraines sur les vitesses de réaction dans des systèmes complexes, plus proche de la réalité !

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Charlotte Le Traon (Géosciences Rennes) / @

 

Quant à Justine Molron, après avoir obtenu son diplôme de géologie à l’Université Libre de Bruxelles (Belgique) en 2015 et travaillé 8 mois en tant que qu’hydro-géophysicienne juniore chez AQUALE S.P.R.L. (Novilles les bois, Belgique), elle a commencé sa thèse en septembre 2017, dans le cadre de l’ITN (Innovative Training Network) ENIGMA (European training Network for in situ imaGing of dynaMic processes in heterogeneous subsurfAce environments), sous la supervision de Philippe Davy (Géosciences Rennes, CNRS), Caroline Darcel (Itasca Consultants s.a.s), en co-supervision avec Niklas Linde (Université de Lausanne) et Jan-Olof Selroos (SKB).

Pour l’AGU, Justine Molron a présenté un poster avec les résultats de sa première expérience au Äspö Hard Rock Laboratory, en Suède.


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Molron Agu Poster FINAL

Cette expérience de terrain consistait en l’imagerie des fractures du sous-sol dans un tunnel situé à 410m de profondeur avec la méthode géophysique « Ground Penetrating Radar » (GPR). Avec cette méthode, on peut identifier le nombre, la localisation et l’orientation des fractures ayant une ouverture submillimétrique (i.e. avec très peu d’écoulement d’eau) dans un bloc de roche de 3.4m x 12.0m. On peut ensuite construire un modèle statistique à partir de données d’affleurements (i.e. les traces de fractures vues sur les murs du tunnel). En combinant les données de terrain et notre modèle statistique de fractures, on peut alors estimer la capacité du GPR à détecter les fractures (en termes de tailles et orientations) dans une roche cristalline très peu perméable. Cette expérience n’est qu’une première partie de la recherche de Justine. La prochaine expérience consiste à imager la connectivité entre les fractures et les chemins préférentiels de l’eau souterraine (par monitoring GPR pendant des essais de traçage). L’objectif général de son travail est d’utiliser l’information issue des observations radar pour réduire les incertitudes des modèles actuels de fractures. Ces modèles, avec des études complémentaires, pourront être utilisés pour déterminer si un site est approprié ou non pour l’enfouissement de déchets radioactifs.

Contact OSUR
Justine Molron (Géosciences Rennes, ITASCA) / @

 

 

En savoir plus
>>> Le bonjour de San Francisco ! Les doctorants du projet ENIGMA dans le grand bain du Meeting de l’AGU
>>> AGU Fall Meeting Washington DC, 9-13 dec 2019
>>> AGU website




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Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @