2019, une année exceptionnelle de fréquence et d'intensité d'îlots de chaleur à Rennes ?



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Les Actes du 33eme colloque de l'Association Internationale de Climatologie (AIC) sur "Changement climatique et territoires" sont en ligne.

Les Actes du 33eme colloque de l'Association Internationale de Climatologie (AIC) sur "Changement climatique et territoires" sont en ligne. Le colloque a été organisé par Valérie Bonnardot et Hervé Quénol (LETG-Rennes, CNRS, Université Rennes 2).

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Focus avec Vincent Dubreuil (Université Rennes 2, LETG-Rennes) et al. sur l'état en 2019 de l'évolution de l'îlot de chaleur rennais.

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Faire du vin en Bretagne ?


 AHLeGall    10/09/2020 : 12:55

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Ce que le réchauffement climatique pourrait changer

Le réchauffement climatique pourrait profiter à la Bretagne en matière de viticulture. Le niveau des températures y est désormais comparable à celui observé en Anjou dans les années 1970-1980. La hausse des températures en Bretagne permettrait donc à la vigne de bien s’implanter dans la région. Mais les niveaux de précipitations, toujours importants l'été, pourraient poser des problèmes de maladie. Des initiatives de viticulture se multiplient néanmoins un peu partout dans la région...

Voilà les résultats des recherches menées au LETG-Rennes par Valérie Bonnardot et Hervé Quénol (CNRS, université Rennes 2).

Revue de presse :

20minutes (21/09/20)

France Bleu Breizh Izel (18/09/20)

Sud-Ouest (07/09/09)

Radio Classique (08/09/20)

La Tribune (08/09/20)

Ouest-France, Le Courrier de l'Ouest (09/09/20)



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Peuples autochtones et intégrations régionales



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Pour une durabilité repensée des ressources naturelles et de la biodiversité ?

Nathalie Hervé Fournereau (CNRS, IODE) et Sophie Thériault (Université d’Ottawa, Canada) publient aux Presses Universitaires de Rennes (PUR) un ouvrage consacré aux peuples autochtones et aux intégrations régionales : le livre étudie le vaste écosystème d’intégrations régionales en faveur de la protection des territoires ancestraux des peuples autochtones. Il dévoile les multiples facettes de ces interactions sans dissimuler les ombres portées sur la fabrique et la traduction normative plurielle de ces dynamiques, à l’image de la multiplication des conflits socio-environnementaux. Autant d’horizons stimulants à découvrir dans la perspective d’une durabilité repensée des ressources naturelles et de la biodiversité.

Il a été réalisé avec le soutien du CNRS INEE RTP BIODISCEE, de l’université de Rennes 1, de l’Institut de l’ouest : droit et europe (IODE – UMR CNRS 6262), du GIS Europe de Rennes, de l’Observatoire des sciences de l’univers de Rennes (OSUR – UMS CNRS 3343), de Rennes métropole avec le parrainage de la Société française pour le droit de l’environnement (SFDE) et de l’Académie internationale de droit de l’environnement de l’IUCN.


Présentation
"Pour nous, peuples indigènes, le monde est en guerre. L’être humain est enguerre contre lui-même. Et en guerre contre la nature, il lutte contre sa propre Mère [...] c’est le devoir de tous de prendre soin du monde". Ce véhément plaidoyer des Indiens du Nordeste du Brésil résonne avec gravité dans l’hémicycle du Parlement européen en 2008 et conserve toute son actualité en 2020. Si la sphère onusienne a servi d’enceinte primordiale à la reconnaissance des droits des peuples autochtones, d’autres espaces et organi-sations sont aussi indispensables. Le présent ouvrage propose d’apprécier la contribution bigarrée d’un vaste écosystème d’intégrations régionales en faveur de la protection des territoires ancestraux des peuples autochtones. L’ouvrage dévoile les multiples facettes de ces interactions sans dissimuler les ombres portées sur la fabrique et la traduction normative plurielle de ces dynamiques, à l’image de la multiplication des conflits socio-environnementaux. Autant d’horizons stimulants que l’ouvrage invite à découvrir dans la perspective d’une durabilité repensée des ressources naturelles et de la biodiversité.

>>> Introduction >>>
>>> Table des matières >>>


Référence
Peuples autochtones et intégrations régionales. Pour une durabilité repensée des ressources naturelles et de la biodiversité ? Nathalie Hervé-Fournereau et Sophie Thériault (09/2020), Presses Universitaires de Rennes, Coll. L’Univers des normes, 446 p. (ISBN : 978-2-7535-7941-5)



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Prix du Macareux d'Or pour Loïc Marion (ECOBIO)



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Un double MACAREUX D’OR de la LPO pour les frères Marion

Loïc Marion, chercheur CNRS à ECOBIO (en retraite depuis décembre 2018, aujourd'hui collaborateur bénévole de l'université de Rennes 1), a reçu le 5 septembre le Prix du MACAREUX D’OR 2020 de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), la plus grande association de protection de la nature en France avec 60000 membres ; ce prix est partagé avec son frère jumeau Pierrick, pour leur action remarquable menée conjointement ou séparément pendant 5 décennies pour la défense de la biodiversité en France.

Dans son discours, le président de la LPO, Allain Bougrain-Dubourg, a notamment cité pour Loïc Marion la proposition faite au parfumeur Guerlain de créer la Réserve Naturelle Nationale du Lac de Grand-Lieu sur 2780 ha, en constituant avec son frère l’inventaire complet de la flore et de la faune vertébrée et en rapportant le dossier au Conseil National de Protection de la Nature en 1978, ainsi que tous les dossiers de protection complémentaires de ce lac sur 7500 Ha (Site Classé, Ramsar, Natura 2000, Loi Littoral). Loïc Marion, qui a dirigé cette réserve naturelle pendant 23 ans au nom de l’Etat et de la Société Nationale de Protection de la Nature, en plus de son travail de chercheur au CNRS, a aussi activement oeuvré pour le classement par le ministère de l’Environnement de 4 autres Sites classés de plusieurs milliers d’ha dans les années 1980 (Marais salants de Guérande, Vallée de l’Erdre, Marais de Goulaine, Dunes de Brétignolles) dont il a réalisé les dossiers scientifiques de délimitation.

Il a constitué le premier réseau de 120 Zones d’Intérêt Communautaire pour les Oiseaux en France pour la Commission Européenne au titre de la Directive Oiseaux (Natura 2000) et a défini les critères de sélection pour l’ensemble de l’Europe (notion de Zones de Type I et II, reprise également pour les Zones Naturelle d’intérêt Faunistique et Floristique en France). Il a contribué activement à la protection des zones humides de l’Estuaire de la Loire en bloquant l’extension du port de Nantes-St-Nazaire sur 1500 ha du secteur de Donges-Lavau par son rapport sur l’application de la Directive Oiseaux à cet estuaire en 1991.

Il coordonne les Recensements nationaux des Grands cormorans nicheurs et hivernants (tous les 2 ou 3 ans) et celui de 7 espèces de Hérons et Aigrettes (tous les 6 ans) grâce à un réseau de 380 organismes et 1500 recenseurs qu’il a constitué depuis les années 1980 pour le ministère de l’environnement, et coordonne celui des Spatules. Il a aussi appuyé les travaux des Naturalistes et participé aux commissions administratives pour contester le déménagement de l’aéroport de Nantes Atlantique à Notre Dame des Landes. Il est membre du Conseil National de Protection de la Nature et de la Commission Supérieure des Sites Pittoresques et Paysages depuis 2017.

Ces actions s’ajoutent à plus de 500 publications scientifiques consacrées à l’écologie des oiseaux piscivores qu’il a contribués à réhabiliter face aux conflits avec la pêche et la pisciculture, au sein de structures comme l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, Wetlands international, la Commission Européenne ou la FAO.

Pierrick Marion, qui l’a accompagné sur le terrain pendant 50 ans pour baguer 33000 grands échassiers sur le lac de Grand-Lieu et en Brière ainsi que plusieurs milliers de fauvettes aquatiques sur l’estuaire de la Loire, a reçu le MACAREUX D’OR pour son combat mené pendant des décennies au sein de l’administration environnementale de Poitou-Charentes, en réussissant à créer toutes les Réserves Naturelles Nationales de Charente Maritime (Moëze-Oléron, Lilleau des Niges-Ré, Marais d’Yves, Baie de l’Aiguillon) et protéger au titre des sites classés des zones emblématiques pour la biodiversité dans les Marais de l’Ouest (Marais Poitevin, marais de Brouage, île de Ré, île d’Oléron, estuaire de la Charente…) en bloquant l’urbanisation menaçant ces milieux ou leur assèchement par l’agriculture intensive, parfois contre sa hiérarchie au risque de sa carrière.


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>>> Loïc Marion sur le site de la LPO >>>





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Solutions fondées sur la nature : levier ou frein pour la préservation de la biodiversité ?


 AHLeGall    10/09/2020 : 07:34

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Droit et changement climatique. Comment répondre à l’urgence climatique ?

Alexandra Langlais-Hesse (CNRS, IODE) a participé à la rédaction de l'ouvrage édité chez Mare & Martin (09/2020) sous la direction de Marta Torre-Schaub : "Droit et changement climatique. Comment répondre à l’urgence climatique ?" La contribution d'Alexandra s'intitule "Solutions fondées sur la nature : levier ou frein pour la préservation de la biodiversité ? Réflexions juridiques".



Ce livre réunit les contributions de chercheurs et d’universitaires français et internationaux appartenant aux différents champs des sciences ayant pour objet l’étude du changement climatique. Cet ouvrage constitue ainsi une nouveauté dans le champ juridique car il questionne certains concepts préétablis, tout en proposant des solutions innovantes du point de vue juridique et normatif. Sont ainsi revisitées de manière croisée, les notions de stabilité, vulnérabilité, irréversibilité, risque, préjudice, transition, justice, causalité. L’objectif étant ainsi de repenser le droit du changement climatique et de mieux l’adapter à l’ampleur de l’urgence climatique.


Alexandra Langlais y apporte sa réflexion juridiue sur les solutions fondées sur la nature. Il s’avère en effet de plus en plus nécessaire de souligner et soutenir les interactions réciproques entre la biodiversité et le changement climatique, ce qui est actuellement de plus en plus considéré par les deux politiques qui les sous-tendent. Les solutions fondées sur la nature, portées par l’IUCN, apparaissent comme l’expression ou du moins l’une des expressions de cette vision intégrée des enjeux à la fois de la biodiversité et du changement climatique. Elles y sont définies comme « des actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer les écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les enjeux de société de manière efficace et adaptative tout en assurant le bien-être humain et des avantages pour la biodiversité ». La biodiversité devient un enjeu important car ce sont surtout les écosystèmes terrestres et les océans qui stockent le carbone. De plus, une dégradation généralisée et accélérée de ces écosystèmes constitue non seulement une source considérable d’émissions de gaz à effet de serre et diminue d'autant leur capacité à séquestrer le carbone. En raison de cette approche intégrée revendiquée, il n’apparaît pas surprenant que les solutions fondées sur la nature reçoivent une écoute de plus en plus attentive. Cependant, si ce concept est séduisant jusque dans sa terminologie, l’expression « solutions fondées sur la nature » peut, dérouter dans la mesure où les composantes qui la caractérisent sont loin d’être toutes consensuelles et font ressurgir des débats récurrents sur la relation de l’homme à la nature. Une série de principes « dans le but d’orienter (leur) application efficace et appropriée » assoient également l'existence de cette définition des solutions fondées sur la nature. Ces principes restent cependant relativement flous quant aux garanties juridiques offertes à la préservation de la biodiversité. Les conditions de cette garantie ne pourraient-elles pas être recherchées dans la prise en compte de l’« intégrité des écosystèmes » figurant dans l’accord de Paris ?



Référence
Droit et changement climatique : Comment Répondre à l’urgence climatique ? Sous la direction de Marta Torre-Schaub (09/2020), Ed. Mare & Martin, Coll. Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne, 302 p. (ISBN : 978-2-84934-473-6)




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Les lombrics sont les acteurs de la fertilité du sol


 AHLeGall    08/09/2020 : 12:28

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La Vie, hors-série sur "Le génie de la nature"

La revue La Vie publie en juin 2020 un hors-série sur "le génie de la nature", avec 3 grands thèmes mis en avant : Ces espèces qui nous veulent du bien, Les trésors de nos écosystèmes, Et l'humain dans tout ça ?


La Vie Juin 2020 Sommaire


Dans la 1ère thématique (page 28), on peut y lire un article interview intitulé "les lombrics sont les acteurs de la fertilité du sol" avec Daniel Cluzeau (Station biologique de Paimpont, ECOBIO).

Daniel Cluzeau La Vie Juin2020 Lombric

Daniel répond aux questions de la journaliste Marine Samzun : Quel rôle jouent les vers de terre dans la biodiversité ?, Pourquoi cette activité d' "ingénieur" est-elle si importante ?, En quoi sont-ils des indicateurs de bonne santé de la terre ?, Que représentent les vers de terre à l'échelle de notre planète ?, Font-ils aujourd'hui partie des espèces menacées pour leur survie ?, Comment les protéger et restaurer les populations en danger ?, Vous avez fondé l'Observatoire participatif des vers de terre. Quel est son rôle ?, Quels constats les données récupérées vous ont-elles permis de dresser ?, Êtes-vous optimiste ou pessimiste quant à l'avenir des vers de terre ?


A découvrir en ligne !
Daniel Cluzeau La Vie Juin2020





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cycl'OBS #34 de Septembre 2020 est en ligne !


 AHLeGall    02/09/2020 : 11:26

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A la UNE ce mois-ci

L'Europe s'intéresse au potentiel géothermique de son sous-sol

Projet H2020 MEET


Sylvie Bourquin, Directrice de Recherche au CNRS à Géosciences Rennes collabore au Projet H2020 MEET (Multidisciplinary and multi-context demonstration of Enhanced Geothermal Systems exploration and Exploitation Techniques and potentials) dont l’objectif vise à démontrer l’applicabilité de la géothermie profonde sur différents contextes géologiques à travers l’Europe par l’intermédiaire de nombreux sites de démonstration et à un niveau économique rentable. Le projet MEET fait partie du programme H2020 Secure Clean and Efficient Energy.

MEET rassemble 16 partenaires européens : industriels, petites et moyennes entreprises, instituts de recherche et universités répartis sur 5 pays européens. La collaboration de Géosciences Rennes se fait avec l’Université de Cergy Pontoise : le principal objectif est d'utiliser et reconvertir des puits de production de pétrole existants et en fin de vie pour produire de l'électricité et de la chaleur à un faible coût unitaire.



Sylvie Bourquin MEET CyclOBS



>>> L'infolettre cycl'OBS #34 Septembre 2020 >>>



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ReColNat, un dispositif national pour faciliter l’accessibilité physique et virtuelle aux collections naturalistes



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L’Université de Rennes 1 participe à la fondation du Groupe d’Intérêt Scientifique ReColNat : un GIS pour la mise en Réseau des Collections Naturalistes. Dépositaires et gestionnaires de riches collections, les labos de l'OSUR sont fortement impliqués

Le GIS ReColNat, crée le 10 juin 2020, est la forme administrative de l’Infrastructure de Recherche ReColNat,  le dispositif qui permet de réunir les acteurs capables de faciliter l’accessibilité physique et virtuelle aux collections naturalistes du territoire national. Dépositaire de collections naturalistes d’importance, l’Université de Rennes 1 a validé son adhésion à ce GIS par un vote en CA lors de la séance du 28 mai 2020. Elle est donc désormais membre « fondateur » au côté de 8 autres institutions (dont le CNRS et l'INRAE), universités et Muséums d’Histoire naturelle français.

 

A propos du GIS ReColNat et de l’Université de Rennes 1

L’Université de Rennes 1, héritière de la faculté des sciences de Rennes créée en 1840, abrite des collections scientifiques d’importance constituées d’environ 1,3 million d'objets. Elles renferment en leur sein des éléments et des données de nature à intéresser les chercheurs dans des domaines aussi variés que la systématique (présence de types), l’écologie[1] (notamment  le changement climatique), la pharmacologie[2] etc.. Les collectes, dont les plus anciennes remontent au XVIIIe siècle, concernent le monde dans son ensemble, mais le Massif armoricain y est particulièrement bien représenté. Ces collections, patrimoine de l’Université, sont aujourd’hui gérées conjointement par l’équipe Collections du service culturel et par les équipes de recherche et les unités de formation concernées (dont ECOBIO et Géosciences Rennes pour l'OSUR). Elles se répartissent en trois grands secteurs : botanique, zoologie (dont l’entomologie) et la géologie (1 et 2) (y compris la paléontologie). Elles continuent de s’accroître par des dons, legs, transferts de matériel d’études en provenance des laboratoires (albums des collections UR1 sur flickr).

En parallèle de la constitution et la structuration de l’équipe collections de l’Université, les collections étaient déjà intégrées dans les réseaux nationaux qui sont à l’origine de la fondation de ReColNat comme le réseau des herbiers de France ou encore le programme Trans’tyfipal (inventaire des types et figurés en paléontologie conservés en France).

Ainsi, grâce au programme de numérisation e-ReColNat (ANR-11-INBS-0004), l’Université a pu faire numériser en 2017, près de 8000 planches d’herbier, soit une partie de l’herbier du Professeur Louis Crié (1850-1912), professeur de botanique pure et une partie de l’herbier du Professeur Henry des abbayes (1898 1974). Une fois indexées de manière collaborative grâce à la plateforme Les Herbonautes, elles pourront être mises à la disposition des chercheurs.

En paléontologie, depuis 2017, 3000 types et figurés de l’Université de Rennes 1 ont été numérisées par l’équipe ReColNat en charge de cette mission.

 

 

Le GIS ReColNat, ambitions et objectifs

À travers son action, l’ambition de ReColNat est de faire le lien entre des ensembles et des compétences morcelées sur le territoire français, et de promouvoir les collections naturalistes pour la recherche d’une voix forte. C'est le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) qui en est l’établissement coordonnateur.

Le réseau a aussi besoin d’outils, notamment pour l’informatisation et la numérisation partagée des collections. Ce partage numérique des corpus constitués par l’ensemble des collections naturalistes de France trouve des échos en Europe à travers la dynamique DiSSCo et dans le Monde (iDigBio, ALA, etc.).

Il s’agit de pouvoir proposer aux communautés scientifiques des données naturalistes de qualité, à la bonne échelle, interopérables et dans le bon format, permettant de répondre aux grands enjeux environnementaux et sociétaux. Son action qui porte sur les collections naturalistes est complémentaire de celles du Pôle National sur la Biodiversité ou du GBIF (Global Biodiversity Information Facility), infrastructures avec lesquelles elle collabore déjà en reversant ses données issues des collections[3].

 

Le GIS ReColNat a donc pour objectifs partagés par toutes les parties :

- de constituer un réseau d’excellence scientifique dans le domaine des collections naturalistes en portant une ambition d’échanges professionnels autour des collections naturalistes et d’organisation en tant qu’infrastructure de recherche, à l’échelle nationale et européenne ;

- de structurer un groupe d’établissements conservant des collections naturalistes et d’accroître sa visibilité nationale et internationale en fédérant les acteurs ;

- de rassembler des sources, des données et des informations sur les collections naturalistes conservées ou acquises par les parties ;

- de développer des services, des instruments et des méthodes de numérisation, de gestion et d’étude des collections naturalistes ;

- de mutualiser des moyens pour développer des projets nouveaux (conservation des données numériques, intelligence artificielle…) ;

- de favoriser et développer l’accès physique et/ou virtuel à ces collections pour les communautés scientifiques d’une part, et pour les autres publics, d’autre part ;

- de constituer le point nodal français de l’ESFRI DiSSCo (Distributed System of Scientific Collections) en tant que NN (National Node) ;

- de constituer un point d’appui (softpower, conseils…) pour les projets des parties.

 

 

En adhérant au GIS ReColNat, l’Université de Rennes 1 entend ainsi participer à un réseau d’excellence scientifique dans le domaine des collections naturalistes et continuer à œuvrer au développement de l’accessibilité physique ou virtuelle de ses collections naturalistes, réservoir de connaissances scientifiques.

 

Contacts

Marion LEMAIRE (Référente GIS ReColNat, Service culturel) / @
Gaëlle RICHARD (collections zoologie, Service Culturel - SVE)
Audrey CHAMBET (collections botanique, Service culturel)
Damien GENDRY (collections de géologie, Geosciences Rennes / OSUR)

 

Référents scientifiques des collections

Malika AINOUCHE (ECOBIO / OSUR)
Frederic YSNEL (BOREA FRE 2030)
Didier NERAUDEAU (Geosciences Rennes / OSUR)
Joël BOUSTIE (ISCR UMR 6226)



[1] Par exemple : Alex Baumel, Mathieu Rousseau-Gueutin, C. Sapienza-Bianchi, Agnès Gareil, N. Duong, et al.. Spartina versicolor Fabre: Another case of Spartina trans-Atlantic introduction?. Biological Invasions, Springer Verlag, 2016, 18 (8), pp.2123-2135. ⟨10.1007/s10530-016-1128-z⟩. ⟨hal-01355664⟩

[2] Par exemple : Marylene Chollet-Krugler, Thi Thu Tram Nguyen, Aurélie Sauvager, Holger Thüs, Joël Boustie. Mycosporine-Like Amino Acids (MAAs) in Time-Series of Lichen Specimens from Natural History Collections. Molecules, MDPI, 2019, 24 (6), ⟨10.3390/molecules24061070⟩. ⟨hal-02087812⟩

[3] Lire notamment "Les données issues du Bioblitz 2017 à la Station Biologique de Paimpont sont publiées"

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ReColNat Herbarium Fr 022a

ReColNat Herbarium Fr 019a
Chaîne de numérisation des herbiers dans le cadre du programme e-ReColNat (crédit : société Picturae)


La vie des sols, est-ce que ça compte ?



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Article dans Sociologia Ruralis

Une approche des valeurs plurielles associées aux sols et aux organismes qui les peuplent en Europe.

Morgane Hervé, en thèse au sein des unités ECOBIO et CREM de l'université de Rennes 1, Daniel Cluzeau (ECOBIO, Station biologique de Paimpont) et Annegret Nicolai (ECOBIO, SAS) publient en avril 2020 dans la revue Sociologia Ruralis les résultats d'une enquête sur les valeurs développées par des agriculteurs européens dans le cadre de leurs pratiques de gestion des sols. Plus précisément, ils ont cherché à savoir si les sols et/ou les organismes qui s’y trouvent comptent pour des agriculteurs européens. Une étude interdisciplinaire à cheval entre l'écologie, l'économie et la sociologie, qui associe également Michel Renault du CREM (université de Rennes 1) et des chercheurs du Center of Biodiversity and Sustainable Land Use (Université de Goettingen, Allemagne).



Les sols forment à eux seuls un écosystème généralement caractérisé par une très grande diversité biologique et représentent eux-mêmes un support majeur des écosystèmes terrestres. Les organismes du sol peuvent avoir un rôle crucial dans les processus qui ont lieu au sein des sols. Ces processus sont impliqués dans des fonctions qui soutiennent elles-mêmes la réalisation de nombreuses activités humaines. Par exemple, la production agricole au champ requiert un support pour les cultures, qui fournisse nutriments, eau, sans trop d’humidité, de préférence avec une présence d’agents pathogènes limitée. Mais la relation existe dans les deux sens : les actions humaines influencent également les sols. Il a par exemple été montré que les modes de gestion des sols - e.g. en termes de rotation des cultures, d’usage de certaines méthodes (e.g. le labour) ou de certaines substances - étaient susceptibles de modifier :

- les conditions abiotiques, e.g. en provoquant un tassement,

- également les communautés biotiques, e.g. en modifiant la richesse taxonomique ou les abondances de certaines espèces.

 

Ainsi, des activités peuvent à l’occasion mettre en péril l’existence de fonctions sur lesquelles elles reposent pourtant. Par ailleurs, les sols se forment très lentement, à un rythme qui s’extrait d’une temporalité humaine. Du point de vue des activités anthropiques, ils représentent ainsi une ressource non renouvelable. L’ensemble de ces éléments fait ainsi de la préservation des sols et de leur bon fonctionnement un enjeu majeur pour nos sociétés.

En Europe, en particulier, 40% des sols ont une vocation agricole. Les agriculteurs peuvent alors être considérés comme les premiers gestionnaires des sols au sein de l’Union Européenne et leurs décisions de gestion, comme des facteurs majeurs en conditionnant l’évolution et la préservation. Les sciences sociales ont développé un intérêt marqué pour les facteurs déterminant ces décisions. Les études menées jusqu’ici ont mis en avant l’importance des facteurs économiques, e.g. en termes de coût du travail, du matériel et du carburant pour les machines. Mais d’autres chercheurs comme Prager et Posthumus (2010) ont mis en avant une intrication de nombreux autres facteurs à l’origine des choix effectués par les agriculteurs. Ici, les facteurs se situent au niveau économique certes, mais aussi personnel (e.g. croyances, connaissances), socio-culturel (e.g. processus d’apprentissage social, identité professionnelle et normes partagées), institutionnel (régulations en cours) mais dépendent aussi de l’environnement local (nature du sol, contraintes climatiques). Dans certains cas, les valeurs des agriculteurs sont également mentionnées. Néanmoins, le cas échéant, elles sont généralement envisagées comme une sorte de boite noire individuelle, plus ou moins fixe, à laquelle on ne peut avoir accès et qui, dès lors, n’est susceptible d’expliquer les comportements individuels que partiellement.

Selon l’école pragmatique américaine développée, notamment, par le philosophe John Dewey dans la première moitié du 20ème siècle, les valeurs ne sont pas un objet mental abstrait, purement subjectif et « inquestionnable ». Au contraire, les valeurs se manifestent factuellement et concrètement quand on définit ce qui compte et comment le prendre en compte. Ici, attribuer une valeur à quelque chose, c’est d’abord décider si ce quelque chose importe, vaut la peine que l’on s’y intéresse. Les valeurs se forment dans des « transactions » entre un être humain en tant qu’entité biologique inscrite dans une dimension sociale et un environnement composé pour partie d’éléments biophysiques. Les valeurs sont nécessaires lorsqu’on se trouve dans une situation insatisfaisante, problématique, qui bouscule les habitudes. Il nous faut alors enquêter sur les tenants et aboutissants de cette situation, afin de déterminer une solution au problème rencontré, d’identifier les moyens à disposition pour le résoudre et de décider si les conséquences attendues de ces moyens sont souhaitables. En d’autres termes, cela revient à définir des fins-en-vue qui dépendent des moyens acceptables disponibles pour les atteindre. Les valeurs formées dans une situation donnée sont le résultat d’un processus double mais inséparable : une appréciation spontanée et émotionnelle conjuguée à une évaluation comparative s’appuyant sur des expériences préalables et des échanges avec d’autres individus. Pour les philosophes pragmatiques, les valeurs peuvent être soumises à un examen réflexif susceptible de les questionner et de les faire évoluer et elles peuvent être observées au sein d’actes de communication.

Une des forces du pragmatisme est aussi d’envisager la coexistence d’une pluralité de valeurs en jeu dans une situation problématique. Dans cette étude, les chercheurs ont mobilisé une typologie de valeurs récemment développée par Arias-Arévalo et al. (2018). Les auteurs ont proposé une « taxonomie », identifiant quatre principaux domaines de valeurs, chacun étant ensuite décliné sous une ou plusieurs valeur(s) articulée(s) : (i) instrumentales, (ii) intrinsèques, (iii) fondamentales, (iv) eudaimoniques (assurant une « bonne » existence humaine).




Morgane Herve SocioRur Fig1






Ce cadre théorique a servi à structurer une enquête sur les valeurs développées par des agriculteurs européens dans le cadre de leurs pratiques de gestion des sols. Plus précisément, les scientifiques rennais et leurs collègues allemands ont cherché à savoir si les sols et/ou les organismes qui s’y trouvent comptent pour des agriculteurs européens. D’une part, ils ont cherché dans la littérature scientifique pré-existante des études présentant explicitement et si possible directement (e.g. sous forme de citations de paroles directes) les raisons mentionnées par les agriculteurs pour expliquer leurs choix de gestion des sols ou la façon dont ils prenaient ces derniers en compte dans leur activité. D’autre part, ils ont mis en œuvre cinq groupes de discussion avec des agriculteurs durant l’hiver 2017-2018, chacun ayant lieu dans un pays européen différent : Allemagne (Basse-Saxe), Espagne (Andalousie), France (Ille-et-Vilaine), Roumanie (Transylvanie) et Suède (Uppland). Ils ont appliqué la typologie proposée par Arias-Arévalo et al. (2018) afin de qualifier dans un second temps comment cela compte.


Morgane Herve SocioRur Fig3



Leurs résultats montrent que loin de considérer la vie des sols ou les sols par le seul biais d’une valeur instrumentale, les agriculteurs attribuent de l’importance à ces éléments de diverses manières et pour plusieurs raisons. Les organismes des sols demeurent peu envisagés par le biais de leur diversité : en général ce sont davantage des taxons spécifiques que les agriculteurs évaluent ou au contraire une idée générale de « la faune » ou « la vie » des sols. Ces organismes sont plutôt associés à des valeurs relatives à une « résilience écologique » des sols d’une part. D’autre part, pour certains agriculteurs, maintenir des organismes comme des vers de terre, pouvoir les observer au champ, participe à donner du sens à leur activité professionnelle. Les auteurs soupçonnent dans certains cas l’existence d’une valeur intrinsèque, exprimée à travers des actions de protection ou des tentatives de préservation sans fins-en-vue liée à une activité personnelle.

De manière générale, ils ont également observé que les valeurs associées au sol, ici considérées comme un « tout » sans distinction nette entre ses différentes composantes, sont beaucoup plus diversifiées. Ainsi le sol apparait-il comme important dans une perspective instrumentale, comme support de production ou facteur d’ajustement les coûts de production ; le sol en lui-même est également garant du bon fonctionnement du système agricole nécessaire à la vie des agriculteurs, qui mettent en avant une valeur liée à une « résilience écologique ». Le sol peut également être associé à une valeur symbolique ou d’identité, en tant que support de pratiques et de savoir-faire. A un niveau plus individuel, des agriculteurs ont également fait part du rôle joué par le sol en tant que vecteur de réflexion et de changements cognitifs (e.g. à travers des changements de pratiques), représentant un challenge intellectuel valorisant et stimulant.



Morgane Herve SocioRur Fig2


Cette étude a permis de dresser un premier inventaire à échelle européenne des valeurs associées aux sols et aux organismes qui les peuplent du point de vue d’agriculteurs placés dans une situation de gestion. Certaines dimensions de la typologie développée par Arias-Arévalo et al. (2018) e.g. sacrée, spirituelle ou encore esthétique, se sont révélées absentes dans notre jeu de données. Pourtant, elles ont été observées (i) pour les sols ou les organismes des sols, dans d’autres régions du monde ou (ii) en Europe, mais pour d’autres écosystèmes. Cela pourrait s’expliquer par l’héritage d’une conception initiale des sols comme support inertes et abiotiques dans l’histoire de l’agriculture « moderne ».

Cet inventaire, dressé à l’échelle européenne, permet de questionner la pertinence des choix de représentations des sols, notamment d’un point de vue légal. A l’aune de ces résultats, il semble que le développement d’une politique de gestion durable des sols agricoles en Europe gagnerait à tenir compte des multiples valeurs auxquelles ils peuvent être associés. Puisque la formation des valeurs est intrinsèquement liée à la situation dans laquelle elles sont sollicitées, on peut s’attendre à ce que ces valeurs soient dynamiques :

- spatialement e.g. entre différentes régions situées dans des contextes différents, où les situations peuvent être problématisées de manières variables

- temporellement e.g. avec des évolutions des situations mais également à travers des échanges entre individus susceptibles d’influencer les processus d’évaluation en jeu.

Un enjeu majeur de la suite de ce travail consistera donc à enquêter sur de telles dynamiques dans les valeurs portées par les agriculteurs et à mieux comprendre comment leur formation s’insère dans un milieu donné, participant à leur formatage et à leur sélection.

 

Cette étude a été réalisée pour partie dans le cadre du programme de recherche européen Biodivea SoilMan (01LC1620 ; appel à projet 2015-16), avec notamment les financements de l’Agence National de la Recherche et le Bundesministerium für Bildung und Forschung. La thèse de Morgane Hervé bénéficie d’un cofinancement de l’Université de Rennes 1 et de l’ADEME.



Référence
Hervé, M.E., Renault, M., Plaas, E., Schuette, R., Potthoff, M., Cluzeau, D. and Nicolai, A. (2020), From Practices to Values: Farmers’ Relationship with Soil Biodiversity in Europe. Sociologia Ruralis, 60: 596-620. doi:10.1111/soru.12303



Contact OSUR
Morgane Hervé (ECOBIO) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


La complémentarité des satellites pour une agriculture de précision



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Article dans Journal of Applied Remote Sensing

Évaluation des séries chronologiques Sentinel-1 et -2 pour l'estimation de l'indice de surface foliaire et de la biomasse des cultures du blé et du colza

Dans le domaine de l'agriculture, les satellites d'observation de la Terre sont utilisés pour une très large gamme d’applications et de services : surveillance des cultures, contrôle des surfaces et occupation des sols, irrigation et gestion des cultures en intrants (engrais et produits phytosanitaires). La surveillance des cultures à une échelle fine est essentielle car elle fournit des informations cruciales pour évaluer l'influence de l'augmentation de la production alimentaire sur la gestion durable des paysages agricoles. L’analyse d’images par télédétection est particulièrement utile dans ce cas, du fait de la surface analysable (potentiellement de grandes superficies) et de la fréquence de répétition des observations. Les auteurs de l’étude pilotée par Laurence Hubert-Moy, Audrey Mercier et Sébastien Rapinel (université Rennes 2, LETG-Rennes) associant également Jacques Baudry (BAGAP, INRAE), l’IRMAR (université de Rennes 1) et le CIRAD, ont évalué le potentiel des images radar SAR (synthetic aperture radar) du satellite Sentinel-1 et des images optiques de Sentinel-2 pour dériver les paramètres biophysiques des cultures de blé et de colza en Bretagne, à partir d’un ensemble de données comportant 29 variables. Article publié en mai 2020 dans Journal of Applied Remote Sensing.


 

La surveillance des cultures est essentielle pour gérer les ressources agricoles – les optimiser - tout en réduisant les impacts environnementaux. En effet, les ressources naturelles (eau, sol, forêt) diminuent progressivement dans un contexte d'intensification agricole, tandis que l'insécurité alimentaire augmente. Le défi consiste donc à développer des pratiques qui soient à la fois économiquement et écologiquement durables, pour répondre aux besoins en matière d'alimentation humaine et animale, de services écosystémiques et de santé humaine. Pour ce faire, les gestionnaires des terres ont besoin d'informations précises et opportunes pour les aider à gérer efficacement les ressources agricoles.

Les paramètres biophysiques des cultures, qui sont des variables clés permettant de relever ce défi, sont indispensables pour plusieurs raisons :

  • comme paramètre de base des modèles pour estimer le rendement des cultures
  • pour prévenir les épidémies de maladies et de parasites, les plantes y étant plus ou moins sensibles à certains stades phénologiques
  • pour optimiser la gestion des ressources en eau en calculant avec précision les besoins des cultures et en synchronisant les calendriers d'irrigation avec les stades de la végétation pendant lesquels les besoins en eau sont moindres
  • enfin, pour diminuer l'utilisation d'engrais.

Les paramètres biophysiques des cultures peuvent également être utilisés comme indicateurs pour étudier les impacts du réchauffement climatique.

La plupart des paramètres biophysiques des cultures couramment utilisés à ces fins (par exemple, l'indice de surface foliaire, la biomasse sèche, la biomasse humide, la teneur en eau) sont obtenus à partir d’enquêtes de terrain qui prennent du temps et ne peuvent donc pas être recueillis à l'échelle plus large du paysage.

Pour dépasser ces limites, les données de télédétection peuvent apporter une solution car elles peuvent être utilisées à la fois pour cartographier de grandes zones, à une échelle fine. La disponibilité gratuite des séries chronologiques du radar SAR Sentinel-1 (S-1) et du radar optique Sentinel-2 (S-2) offre une occasion unique de surveiller les cultures à une fréquence temporelle élevée (tous les 5 jours) et à une résolution spatiale élevée (10 m).

De nombreuses études ont porté sur l'utilisation de données optiques satellitaires (images AVHRR, SPOT, Landsat, MODIS, IRS, IKONOS, QuickBird et Formosat-2, S-2) pour estimer les paramètres biophysiques des cultures, démontrant la haute performance de certaines bandes spectrales, indices de végétation et variables biophysiques. Chaque satellite a ses propres caractéristiques et potentialités : les séries temporelles S-2 ont montré par exemple un grand potentiel pour l'estimation de l'indice d'activité biologique des prairies et des cultures, de la biomasse et des stades phénologiques. Cependant, les données optiques S-2 ont des limites car elles sont sensibles aux conditions météorologiques, ne capturent que les informations du haut du couvert et saturent à des niveaux élevés de biomasse et d'indice de surface foliaire. En revanche, bien que les conditions du sol (rugosité et humidité) affectent le signal SAR S-1, les données SAR peuvent être collectées indépendamment des conditions météorologiques ou de luminosité ; les micro-ondes sont en outre sensibles à la structure interne de la végétation.

L'objectif de cette étude était d'évaluer le potentiel croisé des images S-1 et S-2 pour estimer l'indice de surface foliaire, la biomasse sèche, la biomasse humide et la teneur en eau. Les auteurs se sont concentrés sur le blé et le colza, qui sont les deux cultures les plus importantes au monde en termes de surface récoltée (FAO, 2017). Ils ont évalué le potentiel prédictif de 22 variables optiques S-2 (10 bandes spectrales et 12 indices de végétation) et de 7 variables SAR S-1 (2 coefficients de rétrodiffusion, 1 ratio et 4 indicateurs polarimétriques). Les chercheurs ont ainsi réussi à caractériser les paramètres biophysiques des cultures de blé (du tallage à la maturation) et de colza (du développement des feuilles à la maturation).

 

La zone d'étude est située dans la partie sud de la baie du Mont-Saint-Michel (Fig. 1) : site de recherche écologique à long terme (LTER) "Zone Atelier Armorique" pilotée par l’OSUR. Elle fait partie des réseaux européens LTER et internationaux ILTER. La "Zone Atelier Armorique" a été créée en 1993 pour mener des recherches à long terme autour de trois thèmes principaux : (1) la planification, les politiques publiques et la dynamique des paysages ; (2) la relation entre la dynamique spatio-temporelle des paysages et la biodiversité ; (3) et l'influence de la dynamique spatio-temporelle des paysages sur les processus des écosystèmes. Cette zone de 130 km2 a un climat tempéré avec une température moyenne annuelle de 12°C et des précipitations annuelles moyennes de 650 mm. Le maïs, le blé, le colza et l'orge sont les principales cultures de cette zone agricole. Les cultures sont entourées de haies avec des degrés variables, avec notamment une densité du réseau de haies qui s'étend du nord au sud.




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Figure 1. Locatisation de la zone d’étude (sources: © EuroGeographics for the administrative boundaries; Bing © 2019, Microsoft Corporation © 2019, and DigitalGlobe © CNES 2019 Distribution Airbus DS for aerial photographs).


 

Quatre images optiques S-2 et cinq images SAR S-1 ont été collectées de janvier à juillet 2017 tout au long des cycles de culture du blé et du colza (Fig. 2).Les images S-1 ont été acquises au format Single Look Complex (SLC) avec les polarisations VV et VH. Les auteurs ont utilisé des produits au format SLC, qui conservent l’information de phase, afin de dériver des indicateurs polarimétriques. La résolution spatiale était de 2.3x 13.9 m. Pour les images S-2, 10 bandes avec une résolution spatiale de 10 et 20 m ont été sélectionnées.

Des enquêtes terrain ont été menées sur 3 champs de blé et 3 champs de colza (Fig. 1). Les stades phénologiques ont été identifiés de janvier à juillet 2017 (Fig. 2). L'indice de surface foliaire a été estimé à partir de photographies hémisphériques. Des mesures de la biomasse ont été effectuées, 5 échantillons de blé de 50 cm au sol et 5 plants de colza ont été collectés. La biomasse humide de chaque échantillon a été directement pesée in situ, et la biomasse sèche a été mesurée après le séchage de la culture (four, 65°C, 48 h). La teneur en eau dans la plante est égale  à la biomasse humide moins la biomasse sèche. La figure 3 montre les profils temporels des paramètres du blé et du colza.




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Figure 2. Jours de l'année des images satellites, enquêtes de terrain et principaux stades phénologiques des cultures de blé et de colza. Le diagramme ombrothermique (Météo France) montre les conditions climatiques pendant l'acquisition des images.




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Figure 3. Profils temporels des paramètres de cultures biophysiques des champs de blé et de colza échantillonnés.




Tout d'abord, les auteurs ont prétraité les signaux SAR  S-1 et optiques S-2. Ensuite, ils ont utilisé la régression par processus Gaussien pour estimer l'indice de surface foliaire, la biomasse humide, la biomasse sèche, et la teneur en eau  des cultures de blé et de colza en utilisant les échantillons de terrain et les variables S-1 et S-2.

Les auteurs ont extrait les coefficients de rétrodiffusion des images S-1, σ0VH et σ0VV et ont calculé un rapport en divisant σ0VH par σ0VV. Ils ont également dérivé des indicateurs polarimétriques : la puissance diffusée appelée span dans le cas d'un système radar polarimétrique, et l'entropie de Shannon (SE) (caractère aléatoire de la diffusion d'un pixel). Cette dernière se compose de l’intensité, SEi, et du degré de polarisation, SEp. Enfin, SE, SEi et SEp ont été normalisés en SEi norm et SEp norm.

Les auteurs ont calculé 12 indices de végétation qui sont fréquemment utilisés pour surveiller les paramètres biophysiques des cultures dans des études utilisant les données S-2. Ces indices sont les suivants : Greeen-Normalized Difference Vegetation Index  (GNDVI), Inverted Red-Edge Chlorophyll Index (IRECI), Modified Chlorophyll Absorption in Reflectance Index (MCARI), Modified Soil-Adjusted Vegetation Index (MSAVI), MERIS Terrestrial Chlorophyll Index (MTCI), Normalized Difference Index (NDI), Normalized Difference Vegetation Index (NDVI), Pigment Specific Simple Ratio (PSSRa), Red-Edge Inflation Point (REIP) index, S-2 Red-Edge Position (S2REP) index, Soil-Adjusted Vegetation Index (SAVI) et Weighted Difference Vegetation Index (WDVI).

Enfin, ils ont appliqué une méthode spline pour interpoler quotidiennement les 10 bandes spectrales et les 12 indices de végétation dérivés des images S-2 pour faire correspondre les dates d'acquisition S-1.

Au total, les auteurs ont prétraité 110 variables S-2 (10 bandes spectrales et 12 indices de végétation × 5 dates) et 35 variables S-1 (2 coefficients de rétrodiffusion, 1 rapport de rétrodiffusion et 4 indicateurs polarimétriques × 5 dates).

Les régressions par processus Gaussien ont été réalisées en utilisant les paramètres biophysiques des cultures des champs de blé et de colza échantillonnés et les variables S-1 et S-2. La régression par processus Gaussien est une approche probabiliste non paramétrique de la régression. Les modèles de régression par processus Gaussien ont été calibrés et validés à l'aide de 10 validations croisées répétées à 3 reprises. Pour chaque relation, les auteurs ont calculé le R² ajusté et l'erreur quadratique moyenne relative (rRMSE). Ils ont également calculé les moyennes et les écarts types du R² ajusté et du rRMSE  entre les 10 répétitions.

Les résultats montrent que les meilleurs modèles basés sur S-2 ont été obtenus en utilisant la bande verte, les bandes infrarouge et les indices de végétation pour la teneur en eau du blé, l'indice de surface foliaire et la biomasse respectivement, et les bandes SWIR pour la biomasse du colza (Fig. 4 et 5). Plus précisément, concernant le blé, la réflectance du proche infrarouge augmente avec la teneur en chlorophylle, les valeurs les plus faibles de l'indice de surface foliaire ont été observées pendant la maturation et les plus élevées pendant l'élongation de la tige et l'inflorescence. La teneur en eau a diminué avec les bandes vertes de l'inflorescence au tallage. Les valeurs de biomasse sèche et de biomasse humide étaient élevées à la maturation, tandis que les valeurs des indices MTCI et WDVI étaient faibles lorsque le blé était de couleur brune. La réflectance SWIR diminuait lorsque la biomasse du colza augmentait.




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Figure 4. Meilleures relations obtenues entre l’indice de surface foliaire, biomasse sèche, biomasse humide et teneur en eau du blé et les variables S-2.




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Figure 5. Meilleures relations obtenues entre l’indice de surface foliaire, biomasse sèche, biomasse humide et teneur en eau du colza et les variables S-2.



 

Concernant les modèles basés sur S-1, le rapport σ0VH:σ0VV était la variable la plus pertinente pour l'indice de surface foliaire du blé et la biomasse du colza, et la contribution de la polarisation de l'entropie de Shannon la plus performante pour la teneur en eau du blé (Fig. 6 et 7). En ce qui concerne les cultures de blé, le rapport σ0VH:σ0VV a augmenté avec l'indice de surface foliaire et s'est saturé lorsque l'indice de surface foliaire était élevé. Des études antérieures ont démontré la pertinence des rapports de polarisation pour l'estimation de l'indice de surface foliaire du blé. Il y avait une relation sigmoïdale et positive entre la teneur en eau  et la polarisation de l’entropie, parce que l'augmentation de la teneur en eau de la culture de blé a induit une plus faible pénétration des ondes dans le sol.

Pour le colza, le rapport σ0VH:σ0VV et la polarisation de l’entropie de Shannon ont augmenté à mesure que la biomasse de la culture du colza augmentait. Le colza a une structure complexe, avec des tiges qui se développent sans orientation préférentielle, ce qui entraîne une augmentation du mécanisme de diffusion du volume (VH), tandis que la polarisation VV est particulièrement sensible à la teneur en eau de la végétation. Cependant, Veloso et al.  ont conclu que le rapport σ0VH:σ0VV comparé à σ0VH ou rapport σ0VV seul était généralement plus cohérent pour le colza.

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Figure 6. Meilleures relations obtenues entre l’indice de surface foliaire, biomasse sèche, biomasse humide et teneur en eau du blé et les variables S-1.

 

 

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Figure 7. Meilleures relations obtenues entre l’indice de surface foliaire, biomasse sèche, biomasse humide et teneur en eau du colza et les variables S-1.





Les résultats des régressions par processus Gaussien obtenus avec les variables S-2 étaient similaires ou supérieurs à ceux obtenus avec les variables S-1 pour estimer les paramètres biophysiques des cultures de blé et de colza (tableau 1). Cette étude a mis en évidence l'importance du rapport σ0VH:σ0VV et de la polarisation de l'entropie de Shannon pour l'estimation de l'indice de surface foliaire et de la teneur en eau du blé (R² adj. > 0,75) et de la biomasse humide et de la teneur en eau du colza (tableau 1). Ces résultats sont très prometteurs, car il est difficile - voire impossible - d'acquérir une série chronologique continue d'images optiques en raison de la dépendance des acquisitions optiques à l'absence de nuages.

 

 

Tableau 1. Coefficient de détermination ajusté (Adj. R2) et erreur quadratique moyenne relative (rRMSE) des meilleures relations entre les paramètres biophysiques des cultures de blé et de colza et les variables S-1 et S-2. PC = paramètres des cultures.

 

S-2

S-1

PC

Feature

Mean Adj. R²

Mean rRMSE

Feature

Mean Adj. R²

Mean rRMSE

Wheat
(blé)

 

 

 

 

 

 

LAI

Band 8

0.91

0.124

VH:VV

0.91

0.122

DB

WDVI

0.72

0.138

SEp norm

0.55

0.229

WB

MTCI

0.71

0.142

SEi norm

0.66

0.163

WC

Band 3

0.82

0.148

SEp norm

0.78

0.157

Rape
(colza)

 

 

 

 

 

 

LAI

MTCI

0.68

0.122

VV

0.36

0.167

DB

Band 11

0.85

0.094

VH:VV

0.80

0.095

WB

Band 11

0.77

0.100

VH:VV

0.75

0.105

WC

Band 11

0.60

0.126

VH

0.60

0.114

 


Les études futures pourraient se concentrer sur la comparaison de l'utilisation des bandes C et L pour le blé et le colza, puisque le signal de la bande L a une longueur d'onde plus longue et pénètre donc plus profondément dans la végétation que la bande C.

Cette étude a démontré le potentiel des séries chronologiques SAR S-1 et optiques S-2 pour estimer les paramètres biophysiques des cultures du blé et du colza. Les résultats ont également souligné, pour la première fois, l'importance des indicateurs polarimétriques (entropie de Shannon et span) dérivés des séries temporelles S-1 pour l'estimation des paramètres biophysiques des cultures de blé et de colza.



Référence
Audrey Mercier, Julie Betbeder, Sébastien Rapinel, Nicolas Jegou, Jacques Baudry, Laurence Hubert-Moy, “Evaluation of Sentinel-1 and -2 time series for estimating LAI and biomass of wheat and rapeseed crop types,” J. Appl. Remote Sens. 14(2), 024512 (2020), doi: 10.1117/1.JRS.14.024512

 

 

Contact OSUR
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