Mention spéciale et félicitations du jury du Prix Daveluy pour Marine Sadania (CReAAH)


 AHLeGall    22/04/2016 : 14:02

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Marine Sadania, docteur de l’Université de Nantes (CReAAH, laboratoire Lara-Polen), se verra remettre une lettre « mention spéciale et félicitations » créée spécialement par le jury du Prix Daveluy pour l’originalité et la qualité de sa thèse intitulée "Les ancres à jas de la façade atlantique maritime française de l’Antiquité au milieu du xx siècle".

Marine Sadania, docteur de l’Université de Nantes (CReAAH, laboratoire Lara-Polen), se verra remettre une lettre « mention spéciale et félicitations » créée spécialement par le jury du Prix Daveluy pour l’originalité et la qualité de sa thèse intitulée "Les ancres à jas de la façade atlantique maritime française de l’Antiquité au milieu du xx siècle".

Thèse codirigée par Martial Monteil (Univ. de Nantes, CReAAH) et Éric Rieth (Univ.de Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

Cette lettre lui sera remise par le chef d’état-major de la Marine, l’amiral Bernard Rogel, à l’École militaire de Paris.

Qu’est ce que le prix de stratégie maritime Daveluy et son objectif ? Créé par le chef d’état-major de la marine (CEMM) en 1996, le prix « Amiral Daveluy » récompensent des travaux de recherche et de réflexion à caractère historique, géopolitique et juridique dans les domaines de la pensée navale et du fait maritime. Il comporte désormais une composante en sciences de l’ingénieur (techniques navales, biologie marine, océanographie…) et une composante en sciences humaines (droit, histoire, géopolitique…) qui récompensent les travaux universitaires ou des grandes écoles

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Soutenance These Marine Sadania 1

Soutenance These Marine Sadania 2

Contact OSUR :

Marina Sadania (CReAAH, laboratoire Lara-Polen)


1 ERC Advanced Grant 2015 pour Ian Sims (IPR)


 AHLeGall    14/04/2016 : 14:50

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1 ERC Advanced Grant 2015 pour Ian Sims (IPR)

Ian Sims, professeur à l'université de Rennes 1 et chercheur à l'IPR a obtenu une ERC Advanced Grant 2015

L'ERC a publié le 14 avril 2016 les noms des 277 lauréats sélectionnés dans le cadre de l'appel Advanced Grant 2015 partout en Europe. Ian Sims, physico-chimiste au sein du Département 'Physique Moléculaire' de l'IPR est l'heureux lauréat d'une ERC intitulée 'CRESUCHIRP' pour 'Ultrasensitive Chirped Pulse Fourier Transform mm Wave Detection of Transient Species in Uniform Supersonic Flows for Reaction Kinetics Studies under Extreme Conditions'.

Ian Sims s'intéresse plus particulièrement à la cinétique et la dynamique des collisions moléculaires en phase gazeuse, en particulier à basses températures. Ce travail a eu un impact majeur pour la compréhension de la réactivité chimique et en particulier sur les modèles d'environnements froids tels que les nuages interstellaires denses. 

>>> En savoir plus sur Ian Sims


Rappelons que l'appel Advanced Grant de l'ERC a pour vocation de financer des chercheurs confirmés, reconnus dans leur domaine, à hauteur de 2,5 millions d'euros maximum sur 5 ans.

Sur 277 lauréats en Europe, la France en comptabilise 30, soit une 3ème position derrière le Royaume-Uni (69 lauréats) et l'Allemagne (43 lauréats).

A noter que cet ERC est la 5ième à l'université de Rennes 1 - et la 3ième pour l'OSUR ! - après celles à Géosciences-Rennes de Tanguy Le Borgne (CNAP) et Guillaume Dupont-Nivet (CNRS) en 2014 (Consolidator Grant) ; précédemment, à l'IPR avec Tanguy Rouxel (UR1) en 2012 (Advanced Grant) et à l'IGDR avec Damien Coudreuse (CNRS) en 2012 (Starting Grant).

Contact OSUR :

Ian Sims (IPR)

Céline Thébault (com IPR)


Lancement du MOOC Dynamiques des paysages ! Comment se forment les paysages, comment évoluent-ils ?


 AHLeGall    05/04/2016 : 15:38

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Lancement du MOOC Dynamiques des paysages !

ENVAM lance, avec le soutien de la Région Bretagne, un MOOC intitulé "Dynamiques des paysages". Le consortium ENVAM (piloté par l’université de Rennes 1), plus vaste plateforme universitaire francophone de formation à distance dédiée aux métiers de l’environnement et de l’aménagement, a conçu un cours en ligne ouvert à tous et gratuit (massive open online course, MOOC). Ce MOOC vise à donner les clés pour répondre aux questions : Comment se forment les paysages, comment évoluent-ils ? L'objectif est d'apprendre à « lire » les paysages en intégrant de multiples facettes d'observation : géologie, archéologie, hydrologie, pédologie, écologie, ingénierie, sociologie, droit, arts,…

Ce MOOC se propose de faire découvrir la « vie » des paysages, leur naissance, leurs évolutions, et comment l’homme peut intervenir pour les gérer. Les apprenants découvriront également que les paysages regorgent d’une variété de métiers et d’emplois d’avenir plus grande qu’il n’y paraît.

Une trentaine d’enseignants-chercheurs, issus des universités de Rennes 1 et Rennes 2, d'Agrocampus Ouest, du CNRS et de l’INRA ont contribué à ce MOOC : des scientifiques regroupés pour une majorité d’entre eux au sein de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de Rennes (OSUR).

  • Paysage, paysages
  • De la genèse des reliefs aux paysages
  • Enveloppes superficielles des paysages et hydrographie
  • Dimension écologique de la dynamique des paysages
  • Interventions humaines transformant les paysages : effets non intentionnels et intentionnels
  • Projets de paysage et interventions de paysagiste


FUN MOOC : Dynamiques des paysages par fr-universite-numerique

Dates clés

Ouverture des inscriptions : 04/04/2016

Fin des inscriptions : 02/07/2016

Début du cours : 17/05/2016

Fin du cours : 08/07/2016

Pour en savoir plus

Teaser et inscription : https://www.fun-mooc.fr/courses/univrennes1/110001/session01/about

ENVAM : www.envam.org

Twitter : https://twitter.com/MOOC_Paysage

Contact / Information

Ronan Le Cornec (Chargé de projet ENVAM)

02 23 23 48 92

Contact OSUR :

Alain-Hervé Le Gall (multiCOM OSUR)

Bandeau MOOC Paysages

« L’évolution des paysages, dans un monde qui bouge à cause du réchauffement climatique, va se faire plus rapidement » Jean Jouzel (prologue du MOOC dynamiques des paysages)


Chloë Martin (CReAAH) arrive à l'OSUR



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Chloë Martin (CReAAH) arrive à l'OSUR

Recrutée en février 2016 pour 2 ans, Chloë Martin est ingénieure d’études (CDD) au sein du CReAAH de l'OSUR. Chloé est chargée de coordination du projet ALeRT (Archéologie, Littoral et Réchauffement Terrestre) qui a obtenu en 2016 un financement de la Fondation de France pour une durée de 3 ans.

Ce projet, créé en 2006, est un outil de gestion du patrimoine côtier qui s’appuie sur un réseau de professionnels et de bénévoles surveillant le littoral et les sites archéologiques menacés par l’érosion (marine, éolienne, pluviale) ou les aménagements anthropiques côtiers. Ce projet s’inscrit dans une démarche de science participative et de sensibilisation des communautés.

La démarche participative engagée, permet aux chercheurs mais aussi aux bénévoles de travailler en lien avec les archéologues. Afin de permettre aux observateurs de terrain de renseigner les informations concernant les sites menacés, une version web dédiée a été développée, sous la forme d’une base de données interactive. Plus récemment, la démarche a été élargie par la création d’une version mobile pour Smartphone ‘ALeRT Mobile’ qui intègre, d’une façon claire et simple, la grille d’évaluation de la vulnérabilité et la base de données. L’importance des réseaux de bénévoles qui sillonnent le terrain - en l’occurrence les côtes - de manière régulière, notamment à la suite d’épisode de tempêtes, est absolument fondamentale.

ALeRT c'est aussi un compte twitter et facebook.

Chloë est installée dans le bureau 017 du bâtiment 24 du campus de Beaulieu.

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Web ALeRT

Contact OSUR :

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Tiques et maladies à tiques. Biologie, écologie évolutive, épidémiologie


 AHLeGall    16/03/2016 : 13:04
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Tiques et maladies à tiques. Biologie, écologie évolutive, épidémiologie >>> Avec Grégoire Perez et Alain Butet (ECOBIO)

Grégoire Perez et Alain Butet (ECOBIO) sont co-auteurs dans l'ouvrage collectif "Tiques et maladies à tiques. Biologie, écologie évolutive, épidémiologie" paru aux éditions IRD (sous la direction de Nathalie Boulanger & Karen D. McCoy ; collection Didactiques).

Présentes dans tous les écosystèmes depuis des centaines de millions d’années, les tiques sont parmi les plus anciens arthropodes apparus sur Terre, exploitant leurs hôtes bien avant l’apparition de l’homme. Hématophages, elles sont responsables chez leurs hôtes d’une grande diversité de maladies, que ce soit par spoliation sanguine ou par transmission vectorielle de virus, de bactéries ou de parasites. Leur présence accrue dans l’environnement est à l’origine de nombreux cas d’encéphalites, de borrélioses de Lyme, de fièvres récurrentes, de babésioses… Ainsi, les infestations par les tiques et les maladies qu’elles transmettent constituent un véritable problème de santé pour l’homme et pour les animaux domestiques, tant en zone tropicale que tempérée.
Pour dresser un état des connaissances complet sur les tiques, cet ouvrage collectif adopte une approche pluridisciplinaire. Il décrit la systématique et l’évolution, la biologie et l’écologie des tiques ainsi que les relations complexes qu’elles entretiennent avec leur hôte. Les agents de maladies infectieuses transmis, les modes de transmission, les méthodes de prévention des risques ainsi qu’un état des lieux sur la lutte contre les tiques sont également présentés.
Rédigé dans un langage accessible, ce livre constitue une référence actualisée sur un thème devenu un important enjeu de santé humaine et animale. Il est destiné aux étudiants, aux chercheurs, aux médecins et vétérinaires ainsi qu’aux autorités de santé.

Sommaire de l'ouvrage :

NB : Alain Butet a contribué au chapitre 3 ; Grégoire Perez aux chapitres 3 et 8

Introduction : les tiques, les animaux et les hommes
1. Évolution, systématique et diversité des tiques
2. Biologie des tiques
3. Dynamique des populations de tiques et liaison avec les facteurs environnementaux
4. Structuration des populations et adaptation des tiques : implications en épidémiologie
5. Les tiques invasives
6. Interface tique-hôte et transmission des pathogènes
7. Principales maladies transmises par les tiques : épidémiologie, clinique et diagnostic
8. Modification et modélisation du risque de maladies transmises par les tiques
9. Contrôle des populations de tiques et prévention : aspects vétérinaires et humains


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Contact OSUR :

Grégoire Perez (ECOBIO),Alain Butet (ECOBIO)

Alain-Hervé Le Gall (multiCOM)


De l'hypothèse... de la Reine noire !? Quand les fonctions génétiques deviennent des biens communs


 AHLeGall    14/03/2016 : 16:10

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De l'hypothèse... de la Reine noire !? >>> Avec Alix Mas (ECOBIO)

Quand les fonctions génétiques deviennent des biens communs.

Une équipe de chercheurs dans laquelle on retrouve Alix Mas (doctorante), Yvan Lagadeuc et Philippe Vandenkoornhuyse (labo ECOBIO), vient de publier en mars 2016 un article dans la revue ISME Journal sous le titre « Beyond the Black Queen Hypothesis »*. Cet article aborde l'évolution de la symbiose et utilise des approches de modélisation pour proposer de nouveaux concepts d'écologie évolutive et fonctionnelle en lien avec l'hypothèse de la Reine Noire. 


L'hypothèse dite "de la Reine Noire", récemment proposée en 2012 pour expliquer l’évolution d’une dépendance liée à  la perte de gènes, gagne du terrain. Les auteurs, Richard Lenski et J. Jeffrey Morris (Michigan State University) et Erik Zinser (Tennessee University) avaient ainsi choisi de nommer leur hypothèse en fonction d’un jeu de cartes dans lequel la stratégie gagnante consiste à éviter de prendre la dame de pique (i.e. la "reine noire"). Cette hypothèse suggère que la réponse à certains des besoins vitaux des micro-organismes peut être apportée par d’autres membres de leur communauté, ce qui peut entraîner pour certains d’entre eux une perte de gènes impliqués dans les réponses superflues, et donc une dépendance à ces autres membres de la communauté ; et inversement pour d'autress fonctions. L'hypothèse centrale est donc que de nombreuses fonctions génétiques deviennent des "biens publics", des services en quelque sorte mutualisés entre les individus au sein d'une même communauté.

L'article de mars 2016 dans ISME Journal conforte cette hypothèse et se concentre plus particulièrement sur la façon dont l'évolution de la dépendance transforme in fine les interactions entre les individus et la communauté elle-même. Grâce à la modélisation orientée agents (ABM, Agent-Based Modeling) - une approche de modélisation qui s'inspire de la métaphore sociale des systèmes multi-agents - les auteurs suggèrent que les espèces qui se spécialisent dans la production d'un bien commun échappent à la compétition et favorisent donc la coexistence entre les individus.

Cette trajectoire évolutive pourrait ouvrir la voie à de nouvelles interactions durables (sur le long terme) et à la nécessité de revoir les règles d'assemblage classiques communément admises en biologie des populations et l'écologie des communautés. De tels évènements évolutifs nous obligent aussi à repenser la structure et la dynamique des communautés en fonction de l'hétérogénéité spatiale de la production des "biens communs".

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Exemple de sortie graphique issue de l'Agent-Based Modeling utilisé: les formes colorées représentent les organismes; et les nuances de gris le bien commun présent dans l'environnement



Alix Mas, Shahrad Jamshidi, Yvan Lagadeuc, Damien Eveillard and Philippe Vandenkoornhuyse (2016). Beyond the Black Queen Hypothesis. The ISME Journal advance online publication 8 March 2016 ; doi: 10.1038/ismej.2016.22

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Alix Mas (ECOBIO)

Alain-Hervé Le Gall (multiCOM) : @

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Les rendez-vous de la transition environnementale



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Pari réussi pour les M1 Environnement-Droit !

Trois mois se sont écoulés depuis l’accord de Paris au Bourget lors de la COP1. Trois mois de mouvements dont un changement de présidence de la COP ainsi que des évènements organisés dans le monde entier, notamment à Rennes. Dans cette dynamique, nous pensons que la jeunesse étudiante doit prendre la parole pour jouer le rôle d’aiguilleur du monde de demain. Mais en cette année 2016, placée sous le signe de la transition énergétique, comment relancer le débat après la COP 21 ? Comment les étudiants peuvent-ils faire valoir qu’ils sont une formidable force de proposition ?

A Rennes, une poignée d’étudiants a trouvé la solution. Mercredi 2 Mars, au café des Champs Libres, ils ont organisé les premiers rendez-vous de la Transition Environnementale. Ils sont les 17 jeunes étudiants de première année du Master Biodiversité-Ecologie-Environnement (porté par l'OSUR) spécialité Environnement - Droit de l’Université de Rennes 1 et ont offert à tous leurs invités, un nouveau regard sur les jeunes d’aujourd’hui.

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Contact OSUR :

Cendrine Mony (resp. Master BEE spé ED)


Oxygénation des océans au Crétacé


 AHLeGall    26/02/2016 : 10:11
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Un océan mieux oxygéné à la fin du Crétacé ? >>> Avec François Guillocheau (Géosciences)

Une équipe internationale de chercheurs avec à sa tête Yannick Donnadieu (Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement) et dans laquelle on retrouve François Guillocheau, professeur au labo Géosciences Rennes de l'OSUR (université de Rennes 1, CNRS), vient de publier en janvier 2016 un article dans la revue Nature Communications sous le titre « A better-ventilated ocean triggered by Late Cretaceous changes in continental configuration »*. 

Un océan mieux oxygéné du fait de l'évolution de la configuration des continents à la fin du Crétacé ?

Les Événements anoxiques océaniques (EOA) sont des épisodes de forte réduction de la concentration en dioxygène à très grande échelle dans les océans, enregistrés de façon récurrente dans les sédiments au cours de l’histoire géologique de la Terre, pendant les périodes pré-Cénozoïque cractérisées par une chaleur extrême.

Dans cette étude, afin d'évaluer le rôle des grands changements de configuration des continents survenant au cours du Crétacé supérieur (lié à la tectonique des plaques) qui affectent les modes de circulation océanique, et qui à leur tour influent sur le niveau d'oxygénation de l'océan profond, les chercheurs ont utilisé un modèle climatique couplé "atmosphère-océan". Les auteurs ont ainsi simulé la dynamique des océans au cours de deux tranches de temps différents, puis les ont comparées avec des données isotopiques du néodyme existantes (eNd).
Bien que la production en eau profonde dans le Pacifique Nord soit continue, les simulations à 94 et 71 mA montrent un changement dans les sites de production en eau profonde de l'hémisphère sud, du Pacifique Sud à l'Atlantique Sud, en passant par l'océan Indien.

Les résultats de modélisation obtenus confortent l'hypothèse selon laquelle (1) l'intensification de la production en eau profonde dans l'Atlantique sud combiné (2) à un renversement des flux d'eau profonde au niveau des Caraïbes, ont été les principales causes de la diminution des valeurs eNd enregistrées dans les eaux profondes de l'Atlantique et de l'océan indien à la fin du Crétacé (de 145 à 66 Ma).

Dans le contexte du réchauffement climatique récent, la désoxygénation contemporaine des océans qui se produit non seulement sur les marges continentales, mais aussi dans les océans tropicaux à travers le monde, correspond bien au modèle initialement invoqué plus haut pour le déclenchement d'événements anoxiques océaniques (EOA).
Des études récentes montrent le rôle majeur de l'augmentation des apports d'éléments nutritifs comme un déclencheur possible pour les OAE. Cette explication n'est cependant pas la seule : la circulation océanique, par son impact sur la concentration d'oxygène dans les eaux profondes, peut également affecter les seuils nécessaires pour déclencher une OAE. Il est ainsi suggéré que les changements intervenus au Crétacé supérieur dans le climat et la configuration continentale, à savoir l'élargissement de l'océan Atlantique et l'augmentation de la profondeur de l'arc Atlantique, auraient (1) induit des changements majeurs dans la circulation océanique qui pourraient avoir eu un impact sur l'état d'oxygénation générale des bassins océaniques et (2) contribué à l'avènement de ces événements anoxiques à grande échelle dans l'océan profond.

Pour le moment, aucun consensus n'existe sur les modes de circulation océanique et leur évolution possible pendant le Crétacé, malgré des améliorations récentes de la couverture spatiale et temporelle des données néodyme isotopiques (eNd), i.e. le proxy majeur pour mesurer la circulation océanique. A titre d'exemple, une diminution des valeurs de eNd de l'eau des fonds océaniques à la fin du Crétacé en Atlantique dans les océans du Sud, a été interprétée soit (1) comme le signe de l'initiation ou de l'intensification de la production en eau profonde dans le nord Atlantique, soit (2) une intensification en Atlantique Sud et dans l'océan indien. D'autres origines pour les eaux profondes ont été suggérées pour le Pacifique Nord et Sud, et même aux basses latitudes, basé sur l'eNd ou des données d'oxygène isotopes.

Des modèles de circulation générale ont également été utilisés pour étudier la circulation océanique pendant la Crétacé. A notre connaissance, aucune étude de modélisation n'a reconstruit l'évolution de la dynamique des océans résultant de l'élargissement de la l'Atlantique Sud et Central qui se produit entre le Cénomanien (entre 100 et 94 Ma) et le Maastrichtien (entre 72 et 66 Ma). Des données de simulations publiées se sont concentrées (1) soit sur une periode de temps spécifique, ou (2) se sont consacrées à l'impact de l'ouverture de l'arc Atlantique central entre l'Albien (entre 113 et 100 Ma) et le Cénomanian (entre 100 et 94 Ma).

Dans cette étude publiée dans Nature Communications, les chercheurs ont donc utilisé le modèle FOAM (fast ocean atmosphere model), afin d'évaluer dans son ensemble l'évolution de la circulation océanique se produisant au cours de la fin du Crétacé. Ces simulations mettent en évidence une évolution à partir d'une circulation lente dans l'Atlantique Sud et Central - à l'aide d'un masque terre-mer Cénomanien/Turonien (entre 100 et 90 Ma) - vers une circulation beaucoup plus active dans ces bassins avec un "masque" terre-mer Maastrichtien plus précoce.

*Yannick Donnadieu, Emmanuelle Pucéat, Mathieu Moiroud, François Guillocheau & Jean-François Deconinck (2016). A better-ventilated ocean triggered by Late Cretaceous changes in continental configuration. Nature Communications, 7, Article number 10316. doi:10.1038/ncomms10316



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François Guillocheau (Géosciences Rennes)

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Sauver l'eau douce du sel



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Des normes relatives aux ions spécifiques pour protéger la biodiversité >>> Avec Christophe Piscart (ECOBIO)

Une équipe internationale de chercheurs avec à sa tête Miguel Cañedo-Argu?elles (University of Vic - Central University of Catalonia, Espagne) et dans laquelle on retrouve Christophe Piscart, chercheur au labo ECOBIO de l'OSUR (CNRS, université de Rennes 1), vient de publier en février 2016 un article dans la revue Science sous le titre « Saving freshwater from salts. Ion-specific standards are needed to protect biodiversity »*. L’étude met en garde sur les dangers de la salinisation toujours plus grande de l’eau douce dans le monde ; elle fait en outre des préconisations pour l’établissement de normes relatives sur la présence d’ions spécifiques, préconisations indispensables selon les chercheurs pour protéger la biodiversité présente dans cette eau douce.

Constat
De nombreuses activités humaines comme l'agriculture et l'extraction de ressources naturelles augmentent la concentration totale de sels minéraux dissous (ou salinité) dans les eaux douces : ce phénomène est appelé ‘salinisation des eaux douces’. L'augmentation de la salinité peut avoir des effets particulièrement néfastes sur la santé humaine, elle augmente également les coûts de traitement de l'eau pour la consommation humaine, et endommage les infrastructures et limite les capacités d’irrigation. Elle affecte également la biodiversité dulçaquicole, altère les fonctions de l'écosystème, et conduit à une forte diminution de la production et des services rendus par les écosystèmes.
Malgré ces conséquences importantes, les dispositifs réglementaires qui s’appliquent à la qualité de l'eau, ne prennent que rarement en compte ce problème en se focalisant généralement sur l'eau potable et l’irrigation. Les conséquences sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes ne sont pas pris en compte. A titre d’exemple, des conductivités électriques spécifiques de 2mS/cm (équivalente à une salinité d’environ 1,4 gramme de sel par litre d’eau) qui peuvent être considérées comme acceptables pour la consommation et l'irrigation, sont suffisantes pour détruire de très nombreuses espèces d’invertébrés aquatiques. En outre, il n’existe pratiquement aucune réglementation sur les ions présents en solution alors que leur effet sur les écosystèmes sont extrêmement variables. Les auteurs de l’étude réclament une meilleure prise en compte de la salinité dans l’évaluation de la qualité des eaux douces à l’échelle mondiale et suggèrent, dans les pays développés, la mise en place de réglementations basées sur la composition ionique de l’eau afin de protéger la vie en eau douce et les services écosystémiques. L’étude identifie également les obstacles à l'établissement de ces normes, et propose des lignes directrices pour une meilleure gestion de l’environnement.
Les tentatives visant à réglementer la salinisation sur la base de critères écologiques ont été mis en place aux Etats-Unis et en Australie, où des recommandations de salinité totale ont été formulées : cependant, même ces critères se sont révélés insuffisants pour protéger la vie en eau douce, car une composition ionique différente peut avoir des effets très variables sur la faune d'eau douce. Ainsi, le Canada et les États-Unis sont les seuls pays au monde qui recherchent les concentrations d'un ion spécifique (en l’occurrence le chlorure) au-dessus duquel la vie aquatique est affectée. Globalement, les concentrations des autres ions (par exemple Mg2+, HCO3-, K+) restent exemptes de toute réglementation, et ce en dépit de leur toxicité potentielle.
C’est d’autant plus regrettable que la situation risque de s'aggraver à l'avenir du fait de l’augmentation prévue de la demande en eau douce, augmentation qui réduira du même coup la capacité des eaux de surface à diluer les sels et augmentera les intrusions d'eau de mer dans les aquifères côtiers ; il est à prévoir également une augmentation de l'extraction de ressources naturelles qui aura pour conséquence inévitable l’accroissement des effluents salins et leurs ruissellements. Enfin, le réchauffement climatique lui aussi devrait aggraver la salinisation puisque les climats secs (aride et semi-aride) reste la principale cause de salinisation des eaux douces qui affecte déjà 30% de l’ensemble des terres émergées.

La fixation de normes
La compréhension par les scientifiques des mécanismes qui amènent à l'augmentation des dommages de la salinisation dans les écosystèmes d’eau douce est à ses balbutiements, ce qui rend difficile l'élaboration et l'implémentation de normes de protection. Les défis techniques sont exacerbés par le fait que les risques de salinisation perçus par le public et les politiques peuvent être beaucoup plus faibles que ceux identifiés par les scientifiques. En outre, bien que l'apport des connaissances scientifiques nouvelles soit utilisé pour l’établissement de nouvelles normes, il n’y a pas toujours une bonne intégration des coûts engendrés par la salinité et les avantages de contrôles. Plusieurs pays ont d’ores et déjà des exigences spécifiques pour le développement et la mise en œuvre des normes sur la qualité de l'eau (par exemple, l'ANZECC et ARMCANZ en Australie et en Nouvelle-Zélande, la Clean Water Act aux États-Unis, la Directive cadre sur l'eau et la législation connexe dans l'Union européenne). Les auteurs de cette étude s’appuient sur ces expériences et recommandent une approche intégrée du développement et de la gestion des normes. Cette approche intégrée - "triple bottom line" (TBL) - exige un cadrage bien défini, avec la participation de l'ensemble des parties prenantes pour prendre en compte les impacts sociétaux, économiques, et environnementaux des choix de gestion potentiels. Les critères à prendre en compte :
1- Caractériser les masses d'eau dans laquelle les normes seront appliquées
2- Caractériser la composition ionique (i.e. les concentrations d’ions spécifiques et leurs ratios) des effluents générateurs de salinisation dans chaque région considérée
3- Quantifier les effets potentiels de chaque catégorie d'effluents salins dans la région et identifier les seuils d'effets toxiques
4- Veiller à ce que les normes intègrent les dernières connaissances scientifiques en mettant en évidence les coûts et les avantages afférents

Les mesures de gestion
Plusieurs mesures de gestion pourraient permettre de répondre à des normes existantes (ou à venir), voire prévenir ou réparer les dommages liés à la salinisation de l'eau douce. L'essentiel étant de créer des incitations pour réduire la salinisation, tels que des subventions pour le développement et la mise en œuvre de technologies adaptées, ou l’instauration de charges basées sur les effluents salins.
Voici des exemples de bonnes pratiques:
1- Mettre en œuvre des pratiques agricoles qui utilisent moins d'eau, ce qui permettra de réduire le chargement en sel des eaux douces
2- Réduire ou éliminer l'utilisation de sels pour le déneigement (salages des routes) en faisant une utilisation plus efficace des sels utilisés ou en utilisant des dégivreurs alternatifs
3- Réduire la production ponctuelle et le rejet d’eau douce chargée en sel : par exemple, des méthodes novatrices d’extraction des ressources minérales qui séquestrent les minéraux solubles en les tenant éloignés des sources d'eau, permettent de réduire sensiblement les rejets d'effluents salés
4- Mettre en œuvre des systèmes de plafonnement et d'échange : cette approche est utilisée en Australie (exemple avec la Hunter River), où les mineurs et les producteurs d'électricité ont l’autorisation de rejeter des effluents riches en sel de façon modérée, et à des périodes de fort débit
5- Élaborer des options de gestion spécifiques pour les effluents riches en sel : les rejets urbains riches en sels pourraient être acheminés vers des bassins de rétention plutôt que vers des stations d'épuration ou des cours d'eau. Même si actuellement le coût du dessalement de l'eau est prohibitif, il pourrait devenir viable, en utilisant l’énergie solaire, notamment au Moyen-Orient. La récupération du sel pourraient réduire les coûts, par exemple, en utilisant le magnésium pour fixer l'ammoniaque et le phosphate sous forme de struvite, qui lui a une valeur commerciale.
6- Promouvoir des pratiques qui réduisent la salinisation : la reconnaissance des produits économes en eau (via des éco-labels) ou les incitations économiques directes pour le développement de cultures qui demandent moins d'eau peuvent être aussi des outils utiles pour modifier les comportements.

Fort heureusement, à ce jour, peu de catastrophes écologiques à grande échelle ont été causées par la salinisation des écosystèmes d'eau douce. Néanmoins, des expériences malheureuses, comme par exemple l'effondrement de la pêche dans la mer d'Aral en Asie centrale, devraient néanmoins susciter une prise de conscience collective. La coopération internationale et le partage des connaissances scientifiques sont nécessaires pour développer des solutions qui peuvent être appliquées à l'échelle mondiale. Des expériences comme celle de la rivière Werra en Allemagne, où une maitrise globale de la charge ionique associée à une réduction ciblée de certains ions a permis la restauration de l'écosystème, montrent que la réhabilitation d’écosystèmes d'eau douce pollués par le sel est possible. La prévention des dommages par le sel est de fait beaucoup plus aisée si les gestionnaires de l'eau, les parties prenantes et les scientifiques travaillent ensemble pour identifier les coûts sociaux, économiques et écologiques d’une part, et d’autre part les avantages qui peuvent découler de la prévention et de la restauration.

Art Science Piscart Fev2016

Potash mine at the River Werra near Philippsthal, Hesse, Germany. Photo: EcoRing



*M. Cañedo-Argüelles et al. (2016). Saving freshwater from salts. Ion-specifi c standards are needed to protect biodiversity. Science, v 351 n 6276, pp. 914-916
DOI: 10.1126/science.aad3488



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Christophe Piscart (ECOBIO)

Alain-Hervé Le Gall (multiCOM) : @


Biodiversité, cartographie, écologie, paysage



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La biodiversité : enjeu des représentations cartographiques en écologie du paysage >>> Avec Jacques Baudry (INRA Sad-Paysage)

La biodiversité : enjeu des représentations cartographiques en écologie du paysage

En partenariat et à l’École nationale supérieure d’architecture et du paysage de Lille, avec Jacques Baudry, du labo INRA Sad-Paysage de l' OSUR. Cette conférence filmée est animée par Denis Delbaere, Paysagiste, Laboratoire d’Architecture, Conception, Territoire, Histoire - École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille.

Des politiques de gestion sont mises en place contre la perte de la biodiversité. Ceci nécessite de comprendre les caractéristiques des paysages qui assurent le maintien de la biodiversité. Pour mener ces recherches, les écologues ont besoin de cartes. D’une part, des cartes représentant les éléments du paysage à diverses échelles, plus fines pour les espèces se déplaçant peu. D’autre part, une cartographie distinguant les zones qui ont un rôle fonctionnel. Le développement de la télédétection enrichit fortement les possibilités de représentations. (Cf. La biodiversité : enjeu des représentations cartographiques en écologie du paysage par Jacques Baudry dans la revue Les Nouvelles d'Archimède 70).

Video Baudry

Contact OSUR :

Jacques Baudry (INRA Sad-Paysage)

Alain-Hervé Le Gall (multiCOM) : @