A propos de l’exposition « Archéo-Sexisme »



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« Les chantiers sont le terrain de chasse idéal »

Le Monde Campus publie en ligne le 9 juin 2020 un article intitulé « Les chantiers sont le terrain de chasse idéal » : des étudiantes et chercheuses en archéologie dénoncent le sexisme qui y règne. Elles témoignent de brimades et d’agressions dans ce milieu, en particulier lors des chantiers de fouille. L’exposition « Archéo-Sexisme » a recueilli leur parole et fait le tour de France des campus. A l'OSUR, une des unités constituantes est le CReAAH, Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire. Nous avons la chance d'avoir à la tête de l’UMR une directrice de recherche, Marie-Yvane Daire, et parmi l'équipe des archéologues, Catherine Dupont, chargée de recherche médaillée de Bronze du CNRS, également Sophie Méry, directrice de recherche nommée à l'Ordre national du Mérite. Nous leur avons demandé de réagir à chaud à l'article du Monde.

 

 

[Propos recueillis par Alain-Hervé Le Gall]

 

Pour Catherine Dupont, "ce qui est rapporté dans cet article est juste vrai. C'est juste super que cela paraisse ! Même si je ne l'ai pas vécu directement". A propos de sa carrière et de son parcours au CNRS, elle peut témoigner de remarques désobligeantes du genre : "si j'ai une médaille, c'est sans doute parce que je suis une fille et qu'il fallait respecter la parité" ou "si je suis au CNRS, c'est aussi sans doute pour ça également" (ndlr : la parité). "J'ai entendu ça et ça ne fait juste pas plaisir !". Un sexisme « ordinaire » en quelque sorte, mais qui va souvent beaucoup plus loin, jusqu'à dévoyer les découvertes archéologiques elles-mêmes. Elle nous renvoie ainsi vers un superbe travail de thèse réalisé par Cholé Belard en 2014 sur le sexisme des découvertes archéologiques (vidéo "Sexisme et archéologie"): "Beaucoup de squelettes très bien parés ont été attribués à des hommes, sauf que c'était... des femmes !".

 

Pour Sophie Méry, qui ne conteste pas le sexisme dans la recherche en général, notamment celle de terrain, il faut néanmoins rester mesuré car beaucoup de choses ont déjà changé. Elle considère aussi "que si l’omerta est à combattre, la délation est une arme à utiliser avec discernement !". Son expérience des chantiers de fouille est largement positive : "j'ai toujours été sur des chantiers archéologiques où les remarques ou actions sexistes, il n'y en avait pas. Ni envers moi, ni envers d'autres". Elle qui travaille surtout en Orient (aux Emirats Arabes Unis notamment) , il s'agit "peut-être d'une question de "milieu" car traditionnellement, en Orient, les gens - dans l'ensemble - sont réputés "se tenir"". Elle ajoute : "Les hommes nous prennent souvent la pelle ou la pioche des mains ... personnellement, je ne le prends pas comme une agression caractérisée !".

Sophie Méry considère qu'en tout état de cause "c'est aux responsables d'opération ou de mission de poser fermement les cadres et d'y veiller, et de demander (par écrit, avant ou en début de fouille, dans une note distribuée à tous les membres de l'équipe), qu'en cas de problème, les personnes viennent leur en parler tout de suite". Peut-être faudrait-il rendre ce type de convention obligatoire ? Une idée à creuser car selon elle "cela engagerait les responsables d'opération ou de mission à l’étranger… comme les membres des équipes". Et elle précise pour conclure : "Ne pas oublier qu'il y a parfois sur les chantiers, des problèmes de malveillance, voire de maltraitance - qui ne sont pas d'ordre sexiste - et que cela peut toucher les femmes comme les hommes... et venir d’hommes comme de femmes".

 

Toutes les deux se félicitent en tout cas qu'au CNRS, la Direction ait fait de gros efforts pour aller vers la parité, notamment grâce à la Mission pour la Place des Femmes au CNRS, qui pour le coup se félicite en retour du travail effectué à la base : "Sans votre implication dans les laboratoires l'égalité n'est pas possible, bravo pour votre rôle déterminant".

 

 

Pour en savoir plus :

A propos de l’expo « Archéo-sexisme »
Le patriarcat chez nos ancêtres est une invention sexiste d’archéologues hommes : Chloé Belard continue de défendre « l’archéologie du genre » pour essayer « de penser les femmes de l’antiquité dans leur diversité »
Sur les fouilles archéologiques au CReAAH :
"Elle écoute les coquillages pour raconter notre histoire" (vidéo)
La post-fouille : la face cachée du travail de l’archéologue

 

 

Contact OSUR
Catherine Dupont (CReAAH) / @
Sophie Méry (CReAAH) / Sophie.Mé@
Marie-Yvane Daire (CReAAH) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @

 

Correspondante CNRS DR17 pour la Mission pour la Place des Femmes au CNRS
Valérie Deborde / @


Occurrence des résidus de médicaments vétérinaires dans les eaux bretonnes



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Rapport EXPO-VETO

Une contamination fréquente du milieu aquatique breton par les RMV : c'est ce que montre une étude, réalisée sur 3 ans, dans le cadre du projet de recherche "Expo-Veto" labellisé par le Plan régional santé environnement de Bretagne. Les concentrations sont significativement moindres dans les eaux traitées. Néanmoins, les recherches doivent être poursuivies pour quantifier les risques sanitaires associés. Publication sur le site du PRSE le 16 janvier 2020.

[Source : Université de Rennes 1]



Périmètre de l'étude

40 molécules de résidus vétérinaires (RMV) ont été recherchées en entrée et sortie de 23 usines de potabilisation. Sur les 25 captages retenus, répartis sur les 4 départements bretons et dédiés à la production d’eau potable, 23 puisent des eaux superficielles, 2 des eaux souterraines.

Le choix des sites s’est fait sur deux critères : la pression d’élevage au niveau du canton et le débit de pompage journalier sur la ressource pour la production d’eau potable.

Plusieurs techniques ont tenté de distinguer l’origine des contaminations (animale ou humaine pour certaines molécules à double usage).

Ainsi, 199 échantillons ont été recueillis au total, en plusieurs phases de mars 2017 à juin 2018, afin de refléter les variations des prescriptions vétérinaires, les périodes d’épandage et le régime hydrique (étiage ou crues).



Résultats

Cette première étude a relevé sur 25 captages d’eaux naturelles la présence de 18 molécules différentes, résidus de médicaments vétérinaires (RMV), ainsi que 12 RMV dans les eaux potabilisées distribuées en sortie des 23 usines de traitement exploitant ces captages.

Ces résultats montrent une contamination fréquente du milieu aquatique breton par les RMV. Les concentrations sont significativement moindres dans les eaux traitées. Néanmoins, les recherches doivent être poursuivies pour quantifier les risques sanitaires associés.



La publication

Cette étude a fait suite aux travaux engagés par le groupe études-recherches du 2e Plan régional santé environnement de Bretagne (PRSE2).

Menée dans le cadre du projet de recherche « Expo-Véto » labellisé par le PRSE, cette étude s’insère également dans le plan antibiotiques et dans le plan national micro-polluants .

Elle a été conduite avec le soutien de l’Agence Française de la Biodiversité, de l’ARS et de la DREAL de Bretagne, par des scientifiques de l’Ecole des Hautes Etudes de Santé Publique (via sa plateforme LERES), de l’Inserm, du CNRS, de l’Université de Rennes 1, d’Agrocampus Ouest et de l’Inrae, membres des unités mixtes de recherche : Irset ; On y retrouve notamment pour l'OSUR : Emilie Jardé (Géosciences Rennes) et Anne Jaffrézic (Institut Agro, Agrocampus Ouest, SAS).



Rapport EXPO VETO 2019

>>> Le rapprot complet de l'étude EXPO-VETO >>>



>>> Pour en savoir plus : Lise Charuaud, Emilie Jardé, Anne Jaffrézic, Marine Liotaud, Quentin Goyat, Fabien Mercier, Barbara Le Bot, Veterinary pharmaceutical residues in water resources and tap water in an intensive husbandry area in France, Science of The Total Environment, 664, 2019, 605-615, 7, doi.org/10.1016/j.scitotenv.2019.01.303 >>>

Emilie Jarde STOTEN 2020




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Emilie Jardé (Géosciences Rennes) / @
Anne Jaffrézic (SAS) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


La radioactivité et les êtres vivants : des biomolécules à la biodiversité



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LIVRE EN TEXTE INTEGRAL DANS HAL-RENNES1

Sensible à la plus grande diffusion possible des connaissances, c'est en libre accès et dans HAL-Rennes 1 que Marie-André Esnault, MCF à l'Université de Rennes 1 jusqu'en 2019, a choisi de mettre en ligne son ouvrage "La radioactivité et les êtres vivants. Des biomolécules à la biodiversité". Qu'elle en soit remerciée !

Issu des recherches qu'elle a menées au sein d'ECOBIO, le livre décrit les mécanismes d’action des rayonnements ionisants et leurs effets sur le métabolisme et la physiologie des organismes, ainsi que les conséquences qu'ils peuvent avoir à long terme, notamment sur la biodiversité et les écosystèmes.



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Marie-Andrée Esnault (ECOBIO) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Des paysages chimiques insoupçonnés à micro-échelle dans les milieux poreux



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ARTICLE DANS PNAS

La dynamique chaotique du transport dans les milieux poreux révélée par une expérience originale

Les écoulements dans les milieux poreux sont au cœur de nombreux systèmes environnementaux, industriels et biologiques. En transportant et mélangeant molécules, particules et micro-organismes, ces flux complexes donnent lieu à de nombreux couplages et réactions biogéochimiques. Ces processus sont très sensibles aux gradients chimiques qui souvent persistent bien en dessous des échelles de Darcy et même du pore, échelles caractérisant les plus petites hétérogénéités structurales des milieux poreux. À l’heure actuelle, les dynamiques de transport et de mélange contrôlant l’intensité et la taille des gradients chimiques dans les milieux poreux restent largement incomprises. Dans une étude expérimentale parue dans PNAS en mai 2020, des chercheurs de Géosciences Rennes/OSUR ainsi que de la RMIT University (Melbourne, Australia), ont pu mettre en évidence la présence de phénomènes chaotiques dans le transport de molécules, phénomènes capables de maintenir des gradients chimiques bien en deçà de l’échelle du pore.


La circulation des fluides dans les milieux poreux conditionne le transport, le mélange et la réaction de la matière inerte et vivante dans un large éventail de systèmes naturels (aquifères, milieux fracturés, sols) et industriels (réacteurs, chromatographie, batteries redox, piles à combustible). Les modèles actuels de transport reposent sur une hypothèse d’homogénéité des paysages physico-chimiques au-dessous de l’échelle caractéristique des milieux poreux, ou échelle de Darcy. Ainsi, la représentation du mélange par un coefficient de dispersion effectif moyen ignore les fluctuations persistantes sous l’échelle de Darcy, menant à d’importantes erreurs dans la prédiction de processus chimiques et biologiques contrôlés par les gradients physico-chimiques.

Jusqu’à aujourd’hui, on ignorait comment le transport des fluides dans des structures poreuses complexes et tridimensionnelles pouvait contrôler l’apparition de gradients chimiques à l'échelle microscopique. Grâce à des expériences menées à l’université de Rennes 1, les chercheurs ont obtenu pour la première fois des images expérimentales à très haute définition du mélange de deux fluides dans un empilement aléatoire de billes, l’archétype du milieu poreux. Ces images originales (Figure 1 et Vidéo 1) mettent en évidence un mécanisme original et systématique de mélange dit « chaotique » qui repose sur l’étirement et le repliement de l’interface de contact entre les fluides. Ce processus permet de maintenir des gradients de concentration forts bien en dessous de l'échelle des pores. Fait inattendu, leurs expériences ont révélé que ces dynamiques chaotiques étaient entièrement contrôlées par les zones de contact entre les billes, offrant la possibilité d’une quantification de l’efficacité du mélange par une simple caractérisation géométrique du milieu poreux.

Au-delà du paradigme de transport dispersif actuel, ces résultats démontrent les potentialités d’un nouveau modèle moyen de mélange, reposant sur les statistiques des gradients chimiques à l’échelle du pore et leur évolution sous l’effet des dynamiques d’étirement et de repliement.

Ce modèle aux bases physiques offre de nombreuses perspectives quant à la prévision des processus de transport réactif dans les milieux poreux naturels et artificiels, ainsi qu’au contrôle de leurs propriétés de mélange par la modification de leur géométrie.



Reconstruction tridimensionnelle du mélange expérimental de deux fluides dans un écoulement à travers un milieu poreux. Le fluide orange est injecté par le haut dans une colonne de billes, et se disperse en formant des filaments allongés et repliés par un mécanisme nouveau mis en évidence dans l’étude.




PNAS Cover Proposition
Le mélange entre un fluide (orange), injecté dans un écoulement stationnaire et laminaire d’un autre fluide (bleu), à travers un milieu poreux 3D (empilement aléatoire de billes dont la section est visible par les disques noirs) donne lieu à des dynamiques chaotiques d’étirement et de repliement des interfaces (striations). Ces dynamiques participent à maintenir des gradients chimiques forts en dessous de l’échelle du pore (échelle donnée par la taille caractéristique des disques noirs).



Référence
Joris Heyman, Daniel R. Lester, Régis Turuban, Yves Méheust, Tanguy Le Borgne. Stretching and folding sustain microscale chemical gradients in porous media. Proceedings of the National Academy of Sciences May 2020, 202002858; DOI: 10.1073/pnas.2002858117



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Joris Heyman (Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Poursuivre sa thèse en (dé)confinement


 AHLeGall    05/06/2020 : 09:00

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Témoignages croisés de doctorantes OSUR de l’Université de Rennes 1 : Lorène Marchand (ECOBIO) et Nolwenn Delouche (Institut Physique de Rennes)

Lorène Marchand et Nolwenn Delouche figurent parmi les 16 finalistes du concours « Ma thèse en 180 secondes » édition Bretagne /Pays de la Loire 2020. L’annonce du début confinement a coïncidé avec l’événement auquel elles ont participé le 12 mars à Brest.
De retour à Rennes, elles ont disposé de peu de temps pour se rendre à leur laboratoire et organiser leur télé-travail de recherche. Elles témoignent de cette configuration inédite et de leur retour progressif sur place dans le cadre du déconfinement.

(Propos recueillis par Joanna Robic le 20 mai 2020)


>>> Lire l'interview sur le site de l'université de Rennes 1 >>>



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Lorène Marchand (ECOBIO) / @
Nolwenn Delouche (IPR) / @


Capture des gaz à effet de serre : le potentiel des MOF (metal-organic frameworks)


 AHLeGall    05/06/2020 : 08:32

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ARTICLE DANS NATURE COMMUNICATIONS

Séparer le dioxyde de carbone et le méthane de l'azote sans surcoût énergétique est un défi technologique en raison de la similarité de leurs propriétés physico-chimiques. L'Institut de physique de Rennes a contribué à une étude montrant que les nanopores de MOFs pilotés par contrainte mécanique sont capables de séparer ces gaz par adsorption. La régénération du matériau intervient ensuite par simple relâchement de la contrainte. Publication et mise en avant par la revue Nature Communications en mars 2020.


Aziz Ghoufi, maître de conférences à l'Université de Rennes 1 et à l'Institut de physique de Rennes a contribué aux simulations réalisées à l'échelle moléculaire pour cette étude.
Ce travail se poursuit dans le cadre du projet ANR MEACOPA, qui porte sur le contrôle mécanique de la porosité pour une modulation à souhait des propriétés de captage et de séparation moléculaire.


Référence
Chanut, N., Ghoufi, A., Coulet, M. et al. Tailoring the separation properties of flexible metal-organic frameworks using mechanical pressure. Nat Commun 11, 1216 (2020). doi.org/10.1038/s41467-020-15036-y


>>> En savoir plus sur le site de l'université de Rennes 1 >>>

>>> Lire aussi : Quand le confinement d'une molécule élargit les applications d'un MOF (Metal-organic framework), article dans Physical Review B (avril 2020), avec Céline Mariette, Aziz Ghoufi, Eric Collet, Bertrand Toudic de l'IPR >>>



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Aziz Ghoufi (IPR) / @


Que pensez-vous de la présence de la faune dans les voies vertes urbaines ?


 AHLeGall    03/06/2020 : 14:42

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Enquête "Présence de la faune sauvage en ville"

Une équipe d'étudiants - dont des masters 1 ERPUR de l'université de Rennes 1 - et des chercheurs universitaires - dont Aude Ernoult (ECOBIO) - réalisent actuellement une grande enquête nationale sur la présence de la faune sauvage en ville.

Les réponses vont permettre de mieux comprendre la vision des habitants vis-à-vis de la faune sauvage.


Les voies vertes sont des voies de communication destinées aux déplacements non motorisés (piétons, vélos). Elles sont souvent aménagées dans un souci de valorisation de l'environnement et de l'amélioration du cadre de vie des citadins. Reliant la campagne périurbaine aux centres-villes, ces voies vertes peuvent potentiellement favoriser l'entrée d'animaux en ville en fonction de leurs types végétation et de gestion.

A travers cette enquête, nous souhaitons comprendre les attitudes et les ressentis des habitants vis-à-vis de la faune sauvage potentiellement présente dans ces espaces.

Afin de garantir son efficacité, ce questionnaire doit être individuel. Merci de répondre le plus spontanément possible, il n’y a pas de bonnes ni de mauvaises réponses ! Les réponses au hasard sont à éviter.

Ce questionnaire prend moins de 10 minutes. Toutes les données recueillies sont anonymes !


N’hésitez pas diffuser largement ce questionnaire dans vos cercles personnels, professionnels ou vos groupes associatifs !




Contact
Margaux Souron, étudiante en Master 1
Anthony Cadec, étudiant en Master 1
Sébastien Bonthoux, Ecole de la Nature et du Paysage (lNSA CVL), UMR CITERES
Aude Ernoult (ECOBIO, université de Rennes 1) / @


Cécile Le Carlier (CReAAH) reçoit le Prix Ben Cullen 2020


 AHLeGall    03/06/2020 : 09:40
 Aucun    Ils ont fait laffiche

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Antiquity (Cambridge University Press)

La prestigieuse revue Antiquity (Cambridge University Press) décerne chaque année deux prix pour des travaux exceptionnels dans le domaine de l'archéologie, dont le Prix Ben Cullen co-décerné cette année à Alan Williams (Durham University, UK) et Cécile Le Carlier de Veslud (CReAAH).

Ben Cullen (1964-1995) était un jeune archéologue prometteur lorsqu'il est mort subitement, et le Prix Ben Cullen a été fondé par Ian Gollop en son honneur en 1996. Il récompence un à trois articles écrits dans la revue Antiquity, qui est l'une des revues les plus illustres en archéologie.

Pour Cécile Le Carlier et son collègue R. Alan Williams, il s'agit d'une récompense pour l'étude archéologique et pétrologique de la mine de cuivre de Great Orme datant de la première période du Bronze moyen (1600-1450 avant J.-C.) située au nord du Pays de Galle, et de la caractérisation archéométrique de sa production. Les analyses chimiques élémentaires et isotopiques du plomb réalisées sur les minerais de cette mine, ainsi que sur des objets de cette période provenant de plusieurs dépôts rituels terrestres du sud-est de l'Angleterre, du dépôts de Tréboul (Finistère, France) et de dépôts aux Pays Bas. Cette étude a permis de déterminer avec précision la signature chimique et isotopique de la mine, signature qui se retrouve dans les objets en bronze de cette période, montrant que cette mine a alimenté en cuivre une partie de l'Europe de l'ouest, notamment une partie de la façade maritime.

L'article est paru dans Antiquity en octobre 2019. Il a en outre fait l'objet de la page de garde de la revue.

Référence
Williams, R., & Le Carlier de Veslud, C. (2019). Boom and bust in Bronze Age Britain: Major copper production from the Great Orme mine and European trade, c. 1600–1400 BC. Antiquity, 93(371), 1178-1196. doi:10.15184/aqy.2019.130



Cover Antiquity Oct2019



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Cécile Le Carlier (CReAAH) / @
Alain-Hervé Le Gall (OSUR multiCOM) / @


Lancement de "Landscapes Live"


 AHLeGall    29/05/2020 : 07:17

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Cycle international hebdomadaire de séminaires en ligne et en géomorphologie

Philippe Steer (université de Rennes 1, Géosciences Rennes), en partenariat avec des collègues des universités de Aarhus (Danemark), Potsdam (Allemagne), Grenoble-Alpes (France), lance l'initiative d'un cycle international hebdomadaire de séminaires en géomorphologie, exclusivement en ligne et en anglais (bien sûr !) : "Landscapes Live" est une première internationale dans cette discipline, conséquence directe des contraintes de confinement en lien avec la pandémie.

Le cycle commence dès le 04/06 par une conférence d'Anneleen Geurts (University of Bergen).


Plus d'infos (programme, inscription, connexion)

Site OSUR
Philippe Steer OSUR Seminars Online



Blog EGU / European Geosciences Union
Philippe Steer EGU Seminars Online





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Philippe Steer (Géosciences Rennes) / @


« De l'ADN dans les mégalithes »



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ARTICLE DANS SCIENCE ADVANCES

Mais qui étaient vraiment les bâtisseurs des mégalithes ? Une étude publiée dans Science Advances en mai 2020, pilotée par Maïté Rivollat (Max Planck Institute for the Science of Human History) dans laquelle on retrouve notamment Luc Laporte (CNRS, CReAAH/OSUR) et Emmanuel Ghesquière (INRAP, CReAAH), met en évidence que certains des bâtisseurs de mégalithes, au Néolithique dans l'ouest de la France, présentaient quelques très lointains ancêtres parmi les populations qui fréquentaient les grottes ornées, au Paléolithique supérieur.

L'arrivée des premiers agriculteurs et éleveurs en Europe s'accompagne d'abord par un large renouvellement de population, avec généralement de l'ordre de 5 à 10% seulement du patrimoine génétique de précédents chasseurs-cueilleurs transmis au sein des groupes humains du Néolithique. à l’ouest du Rhin toutefois, les individus néolithiques sont porteurs de proportions plus importantes de cette composante, et plus encore pour certaines des populations qui vivaient alors sur les rives de la Méditerranée, dans le sud de la France. En Normandie, au cours du 5e millénaire av. n.è., les bâtisseurs des tous premiers monuments funéraires rendent compte de cette mixité entre populations néolithiques et derniers chasseurs cueilleurs, qui pourrait trouver sa source au sein même du processus de néolithisation. Sur la façade atlantique de la France, les bâtisseurs de mégalithes présentent une plus grande diversité génétique encore, avec des traits déjà présents dès le paléolithique supérieur et qui entre-temps semblent s'être maintenus sur la Péninsule ibérique notamment. Ils présentent également une plus grande proximité génomique avec les populations du Néolithique en Irlande, contrairement à celles qui vivaient alors en Angleterre ou en Ecosse.



Luc Laporte Sciences Advances Mai2020



En Europe, de récentes études génomiques à grande échelle avaient montré combien la propagation de l’agriculture a été l'œuvre de groupes pionniers, alors que les études régionales mettent en lumière toute la diversité de processus plus complexes de mixité entre ces nouveaux arrivants et de précédents groupes de chasseurs-cueilleurs autochtones. Dans un premier temps, ces études suggèrent assez peu de mélanges entre les premiers agriculteurs entrants et les populations de chasseurs-cueilleurs déjà établis localement, pour toutes les régions précédemment ciblées. Une augmentation de l’ascendance issue des groupes de chasseurs-cueilleurs au sein des populations des populations d'éleveurs et d'agriculteurs ne semblait intervenir qu'un peu plus tard au cours du Néolithique.

Cette nouvelle étude se propose de décrypter le génome de près d'une centaine d'individus du Néolithique, répartis sur 12 sites archéologiques en France et dans l'ouest de l'Allemagne, et de trois autres qui appartiennent à la période précédente du Mésolithique. La France moderne avait jusque là fait l'objet d'assez peu d'études de ce type, bien que ce soit une région clef à l'échelle de l'Europe. S'y croisent alors les membres de premières communautés agricoles en provenance d'Europe centrale avec d'autres issues de voies de colonisation qui suivent les rives de la Méditerranée, tous confrontés à des formes d'interactions variables avec les derniers représentants de communautés de chasseurs-cueilleurs déjà installées de longue date. Dans l'ouest de la France, leurs descendants furent de ceux qui édifièrent parmi les premiers mégalithes et monuments funéraires en Europe occidentale.

Deux sites de l'ouest de la France ont plus particulièrement retenu l'attention des auteurs au sein de cette étude qui sont ceux du tumulus C de Péré à Prissé-la-Charrière, dans les Deux-Sèvres, et de la nécropole de structures de type Passy de Fleury-sur-Orne, dans le Calvados. L'une des chambres mégalithiques scellée sous le tumulus C de Péré avait déjà livré de précieuses informations sur l'ADN mitochondrial pour plusieurs individus déposés en son sein, ce qui cependant ne renseignait que sur l'ascendance matrilinéaire. De nouvelles analyses révèlent ici l'ensemble du génome pour trois de ces individus (ADN nucléaire). A Fleury-sur-Orne, pour une chronologie tout juste un petit peu plus ancienne de quelques centaines d'années, le dispositif architectural est un peu différent car ceinturé par de très longs fossés périphériques et avec des défunts enterrés sous le niveau du sol. Le génome de neuf individus est présenté dans le cadre de cet article.

Il n'est pas toujours très facile de distinguer sur le plan biologique les premiers agriculteurs issus de voies de colonisation pourtant bien différentes et disposant de bagages culturels également parfaitement dissociés, le long de la vallée du Danube d'une part ou sur les rives de la Méditerranée d'autre part, en raison d’une période de temps très courte à l’échelle biologique qui n’a pas permis cette différenciation entre les deux courants. En revanche, les différentes populations de chasseurs-cueilleurs déjà présentes sur ces territoires, qui disposent chacune d'une histoire propre ici établie sur la très longue durée, s'individualisent plus nettement entre elles à l'échelle du continent. Le patrimoine génétique de celles alors présentes dans l'ouest de la France reste somme toute encore assez mal connu.

Les neuf individus étudiés à Fleury-sur-Orne rendent compte de tels brassages de populations. Ces derniers sont plus accentués au sein des établissements du courant Rubané situés à l'ouest du Rhin. A Fleury-sur-Orne, comme pour d'autres sites globalement contemporains du Bassin parisien tel celui de Gurgy, ce pourrait-être aussi le fruit de contacts établis bien en amont avec le sud de la France, notamment par le biais de la vallée du Rhône. A Pendimoun, comme aux Bréguières, la part de matériel génétique issu des populations de chasseurs-cueilleurs est en effet beaucoup plus importante que partout ailleurs. Plus tard, on retrouvera également de telles composantes au sein des toutes premières populations agricoles en Angleterre et en Ecosse, ce qui tend à confirmer l'arrivée de nouvelles populations issues notamment de la moitié nord de la France.

Les trois individus étudiés à Prissé-la-Charrière marquent une plus grande diversité encore des différentes composantes qui furent alors impliquées. Ce groupe dispose d'un patrimoine génétique distinct de celui qui, en l'état des connaissances, semble le plus fréquemment répandu en Europe de l'Ouest parmi les derniers groupes de chasseurs-cueilleurs. Egalement reconnu dans le nord et l'ouest de la Péninsule ibérique, il s'apparente à celui de populations déjà présentes en Europe dès la période magdalénienne, au Paléolithique supérieur. Par ailleurs, et un peu plus tard sur la façade atlantique de l'Europe, une autre voie de diffusion de l'agriculture et de l'élevage jusque dans les îles britanniques semble être passée par la Mer d'Irlande. C'est là que furent construits sur chacune de ses rives opposées la plupart des mégalithes, absents de zones plus orientales. Le patrimoine génétique des populations néolithiques en Irlande semble effectivement plus proche de celui représenté par les trois individus étudiés à Prissé-la-Charrière que de ceux du Bassin parisien.

L'intérêt de cette étude est donc de confronter les données biologiques correspondant aux génomes d'individus décédés au cours du Néolithique, avec celles - plus classiques en Archéologie - provenant de l'étude des vestiges matériels que ces populations nous ont laissés. Le peu d'études précédemment réalisées en France sur ce sujet en faisait un secteur clef à l'échelle de l'Europe. Parmi les apports ainsi engrangés, elle contribue à renouveler nos connaissances sur les populations qui ont édifié parmi les plus anciens mégalithes et monuments funéraires sur la façade atlantique de l'Europe comme dans l'ouest de la France.

Pour plus d'informations, veuillez contacter l'auteur principal, le Dr Maïté Rivollat (Chercheur ostdoctoral, projet  INTERACT (ANR/DFG) - Université de Bordeaux, PACEA, France - UMR 5199 / Department of Archaeogenetics, Max Planck Institute for Science of Human History, Allemagne) : @



Référence
M. Rivollat, C. Jeong, S. Schiffels, İ. Küçükkalıpçı, M.-H. Pemonge, A. B. Rohrlach, K. W. Alt, D. Binder, S. Friederich, E. Ghesquière, D. Gronenborn, L. Laporte, P. Lefranc, H. Meller, H. Réveillas, E. Rosenstock, S. Rottier, C. Scarre, L. Soler, J. Wahl, J. Krause, M.-F. Deguilloux, W. Haak, Ancient genome-wide DNA from France highlights the complexity of interactions between Mesolithic hunter-gatherers and Neolithic farmers. Sci. Adv. 6, eaaz5344 (2020).



Contact OSUR
Luc Laporte (CNRS, CReAAH) / @
Emmanuel Ghesquière (INRAP, CReAAH) / @