Des étudiants de master se lancent dans le « creative writing » scientifique... et sont publiés dans la revue Global Change Biology



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Article dans Global Change Biology

Ivan Couée (ECOBIO) et les étudiants de la promotion 2018 PMAS (Physiologie moléculaire et adaptations aux stress) du Master 2 APVV (parcours : Amélioration, Production, Valorisation du Végétal), co-habilité par l’Université de Rennes 1, Agrocampus Ouest et l'Oniris, publient un article de synthèse dans la revue Global Change Biology en décembre 2018 sur l’importance des mécanismes sensoriels et signalétiques des plantes pour comprendre les interactions végétation-changement climatique.


Le travail de construction du manuscrit a été conçu comme un workshop de « creative writing » scientifique. Certains congrès organisent parfois de tels workshops ou symposia d’écriture collective (Daniel T. Shaughnessy et al. -2014- « Mitochondria, energetics, epigenetics, and cellular responses to stress » Environmental Health Perspectives, 122 : 1271-1278). Il s’agit ici d’un workshop encadré de Master 2. Sur la base d’une thématique pré-définie et d’un premier corpus de publications, les étudiants doivent faire une première analyse, imaginer eux-mêmes un sous-thème à développer et, après validation ou ajustement de ce sous-thème, trouver la littérature pertinente, la critiquer, et construire un texte et une figure destinés à être intégrés dans un authentique manuscrit scientifique qui est réellement soumis à une revue scientifique internationale. Les articulations entre les contributions individuelles et la cohésion générale de l’ensemble sont faites de manière progressive par des tables rondes et des bilans d’étape.

Ce workshop rejoint un ensemble de pratiques éducatives visant à l’authenticité du travail scientifique réalisé par des étudiants (James M. Burnette III, Susan R. Wessler -2013- « Transposing from the laboratory to the classroom to generate authentic research experiences for undergraduates » Genetics, 193 : 367-375), en se démarquant de pratiques non-authentiques, « comme si », ou dématérialisées. Susan Wessler à Riverside a ainsi mis en place un véritable laboratoire de recherche en biologie moléculaire des plantes pour des étudiants de niveau Master. Les ressources nécessaires pour une telle démarche de recherche expérimentale avec des étudiants de Master sont évidemment très importantes. L’organisation d’un workshop d’écriture collective est plus simple, mais mobilise des ressources importantes en termes d’effectif étudiants et de temps d’encadrement.

En plus du travail universitaire classique, la perspective d’une soumission réelle du manuscrit auprès d’une revue internationale, et donc obligatoirement auprès d’experts internationaux, donne aux étudiants un sentiment très fort d’enjeu scientifique et de valorisation personnelle. Le risque bien sûr pourrait être de générer de faux espoirs et de grandes déceptions. Mais d’une part, ce risque d’échec est aussi une expérience authentique de persévérance, dans les cas où la publication du manuscrit nécessite plusieurs tentatives de soumission. D’autre part, ce risque est atténué par le travail de synthèse, d’aménagement, de mise en cohérence, et de présentation à la revue que peut faire le responsable du projet. Un tel travail en aval est bien sûr nécessaire pour donner à l’ensemble des contributions une cohérence complète, une vision globale et une visibilité qui correspondent à la politique éditoriale de la revue choisie. Il faut en effet concilier la liberté de choix, d’analyse et d’expression, et le droit à l’erreur, d’étudiants de niveau Master 2 avec la rigueur nécessaire pour que le manuscrit à soumettre soit solide et fiable. La liberté d’expression des étudiants est d’ailleurs ce qui apporte une grande nouveauté de ton et d’analyse, mais le souci de rigueur et de qualité impose une vérification précise des sources utilisées et une relecture fine des commentaires rédigés par les étudiants.

La publication de cet article dans une revue telle que Global Change Biology (facteur d'impact de 8.997 !) montre que les étudiants impliqués ont parfaitement saisi la portée du thème initialement proposé, et ont su en rendre compte avec pertinence, au moment même où la communauté scientifique du domaine prenait conscience de l’importance de ces thématiques.

La compréhension des mécanismes de perception de l’environnement par les plantes, et en particulier des mécanismes de perception de contraintes stressantes (chaleur, salinité, forte lumière, hypoxie, ozone, UV), a fait des progrès immenses ces dernières années, avec par exemple la découverte des récepteurs à l’hypoxie et à l’ennoiement ou des photorécepteurs aux rayonnements UV-B. Cette capacité de perception des stress environnementaux est un trait fonctionnel en soi qui détermine le niveau d’expression des fonctions de réponse et de défense et donc la qualité de la réponse de la plante à des fluctuations et à des stress environnementaux. De plus, ces voies de perception et de signalisation peuvent donner lieu à des processus de mémorisation épigénétique, ce qui ajoute une dimension temporelle aux possibilités de réponse. Enfin, les interconnexions entre les différentes voies de perception sont déterminantes pour que la plante développe ou non des réponses intégratives et adaptatives aux contraintes environnementales complexes du changement climatique, où la situation que doit interpréter la plante est un mélange de signaux multiples, parfois déjà « connus » par elle, ou parfois nouveaux pour elle, de par leur nature ou de par leur intensité.

Cette plasticité de perception et d’interprétation de l’environnement ajoute des niveaux supplémentaires de complexité aux interactions végétation-changement climatique. Il est possible d’imaginer que des conflits de perception, par exemple entre la salinité et la chaleur, aboutissent à un écroulement des réponses adaptatives au stress environnemental. Ce type d’impact non-linéaire et non-additif est actuellement difficile à prendre en compte dans les modélisations ou les prédictions, d’où l’importance des recherches actuelles de caractérisation des mécanismes de perception chez les plantes.


Biology Dec2018


Référence
Servane Bigot, Julies Buges, Lauriane Gilly, Cécile Jacques, Pauline Le Boulch, Marie Berger, Pauline Delcros, Jean-Baptiste Domergue, Astrid Koehl, Béra Ley-Ngardigal, Loup Tran Van Canh, Ivan Couée (2018) « Pivotal roles of environmental sensing and signaling mechanisms in plant responses to climate change » Global Change Biology, 24 :5573-5589



Le Master mention Biologie, agrosciences
parcours Amélioration, production, valorisation du végétal (APVV)
La deuxième année est articulée autour d’un tronc commun et de 4 options, dont Physiologie moléculaire et adaptations aux stress



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Ivan Couée (ECOBIO) / @


Jean Jouzel reçoit la Légion d'honneur des mains de Nicolas Hulot


 AHLeGall    26/11/2018 : 13:10

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Jean Jouzel a été Président du Conseil de l'OSUR de 2011 à 2016

Le climatologue Jean Jouzel fait partie de la promotion du 14 juillet de la Légion d'honneur. Il a reçu cette distinction des mains de Nicolas Hulot, ancien ministre de l'écologie, à Janzé, le 23 novembre 2018.

Jean Jouzel est directeur de recherche émérite au CEA et au CNRS au sein du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement. Docteur de l'Université Paris-Sud, il a effectué sa thèse au sein du CEA Paris-Saclay (à l'époque, CEA Saclay) dans lequel il fera une grande partie de sa carrière. Climatologue et glaciologue, il a consacré sa vie de scientifique à l'étude de l'évolution du climat.

Il est aussi expert pour le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) de l'ONU, dont il est devenu vice-président en 2002. De 2001 à 2008, il dirige également l'Institut Pierre-Simon-Laplace dont fait partie le Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement.

Au cours de sa carrière Jean Jouzel a reçu les plus prestigieuses distinctions : il reçoit la médaille d'or du CNRS conjointement avec Claude Lorius (2002),  co-lauréat du prix Nobel de la Paix au titre du GIEC (2007), prix Vetlesen, considéré comme le "prix Nobel" des Sciences de la Terre et de l'Univers (2012), membre de l'Académie des sciences des Etats-Unis (2016) ; en 2018, il rejoint l'Institut de France (Académie des Sciences). Le 14 juillet 2018, il a été promu dans l'Ordre national de la Légion d'honneur au grade de commandeur.

Infatigable artisan de la paix, Jean Jouzel n'a de cesse de nous alerter sur les enjeux du réchauffement climatique et de leurs conséquences, aussi bien pour la planète que pour l'humanité. Il nous a fait le grand plaisir en décembre 2017 d'animer une conférence à l'université de Rennes 1 avec Pierre Larrouturou, à l'occasion de la sortie de leur ouvrage commun intitulé "Pour éviter le chaos climatique et financier" (voir la vidéo de la conférence).

Jean Jouzel nous a fait l'honneur de présider le Conseil de l'Observatoire de 2011 à 2016, remplacé par Ghislain de Marsily de l'Académie des Sciences. Nous lui adressons à nouveau nos sincères félicitations.


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Jean Jouzel en 2013 à l'université de Rennes 1 lors de l'inauguration de l'OSUR


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Jean Jouzel et Jean-Raynald de Dreuzy (directeur de l'OSUR) (Janzé, le 23/11/18)




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SRADDET et Breizh COP de la Région Bretagne : 2e avis du Conseil Scientifique



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AVIS DU CONSEIL SCIENTIFIQUE SUR LES « OBJECTIFS » DE LA BREIZH COP ET DU SRADDET

Le 19 avril 2018 à Brest, le Conseil régional de Bretagne a adopté le document d’étape de la Breizh COP, un projet majeur de la région dans lequel le rôle des scientifiques est sollicité, et où l’OSUR est représenté, notamment au sein du Conseil scientifique. Ce CS a produit le 8 novembre 2018 son second avis intitulé



AVIS DU CONSEIL SCIENTIFIQUE SUR LES « OBJECTIFS » DE LA BREIZH COP ET DU SRADDET
(adopté en séance plénière le 8 novembre 2018)




Rappel : Pourquoi une Breizh COP ?


Il s’agit pour la Région d’écrire le projet d’avenir et de développement durable de la Bretagne d’ici 2040. Cela va très au-delà d’un programme d’action pour le Conseil régional, c’est un projet de territoire pour la Bretagne et ses habitants, qui se traduira dans le SRADDET (schéma régional de développement durable et d’égalité des territoires). Il s’agit aussi d’inscrire les transitions climatiques et écologiques au coeur de ce projet, de redéfinir une vision de l’aménagement du territoire breton ; également de rechercher la mobilisation du plus grand nombre autour d’objectifs partagés et d’engagements concrets et d’inventer de nouvelles manière de faire ensemble.


Pour ce faire, un agenda ambitieux a été lancé début 2017 :

  • de mars 2017 à avril 2018 : Partager un diagnostic et fixer ensemble de grandes orientations transversales. Ce travail a abouti à l’adoption d’un document d’orientation par le Conseil régional en avril 2018, à Brest
  • ces dernier mois, de mai 2018 à décembre 2018 : Partager ensemble des objectifs à atteindre ; tracer les perspectives de la Bretagne que nous voulons, décliner les orientations transversales en objectifs mesurables. Ceci aboutira à l’adoption de ces objectifs lors de la session de décembre, après les 5 réunions territoriales de concertation de septembre et octobre dernier.

 

Que dit le document d’orientation d’avril 2018 ? Il se fonde sur un triple constat :

  • une urgence climatique partagée et placée au premier rang des enjeux et défis à relever. Une urgence quant à la biodiversité jusque-là trop souvent minimisée ou considérée comme accessoire
  • des tendances lourdes à des déséquilibres territoriaux liées à des phénomènes de polarisation d’activité
  • une action collective et une action publique à réinventer


D’où la « charte des valeurs et des principes » et trois orientations transversales :

  • une région créatrice, performante et rayonnante dans le monde
  • une région source de progrès humains et écologiques pour les générations actuelles et futures
  • une région mobilisée, participative et démocratique

 

Derrière ces formulations, on retrouve une réelle volonté de :

  • déployer un nouveau modèle de développement plus durable
  • réinventer de nouvelles formes d’aménagement privilégiant la proximité
  • réinventer de nouveaux modèles de développement et de vie plus sobres,
  • réinventer l’action publique et l’action collective.

 

Globalement la question posée est donc celle de la « rupture » dans nos manières de produire, d’occuper l’espace, de décider etc…

 

La nouvelle phase de travail consiste en la définition partagée des objectifs :

  • en déclinaison des orientations transversales, il faudra définir des objectifs mobilisateurs, mesurables ambitieux et réalistes
  • définir ces objectifs par thématiques, qui sont les grands domaines d’intervention ciblés par la loi pour le SRADDET (habitat, égalité des territoires, gestion foncière, biodiversité, climat, air….)
  • faire de ces objectifs le socle de construction des règles générales, des engagements et des évolutions des politiques publiques et contractuelles.

 

Une proposition de 38 objectifs a donc été mise en débat : à noter que ces propositions sont bien de la « matière à discussion » et en aucun cas les options arrêtées par le Conseil régional.

 

Ces 38 propositions d’objectifs sont organisées autour des trois grandes orientations d’avril 2018, à savoir :

  • A - Une Bretagne créatrice, performante et rayonnante dans le monde. (objectifs 1 à 14)
    • 1 - raccorder et connecter la Bretagne au monde
    • 2 – accélérer la croissance et notre performance économique par les transitions
  • B - Une Bretagne, terre de progrès humains et écologiques pour les générations actuelles et futures (objectifs 15 à 31)
    • 3 - Faire vivre une Bretagne des proximités
    • 4 - Faire vivre une Bretagne de la sobriété. C’est ici que l’on retrouve notamment les objectifs en matière d’eau, biodiversité, consommation d’énergie, déchets, foncier, adaptation climatique
  • C - Une Bretagne diverse, unie et démocratique (objectifs 32 à 38)

 

 

>>> Lire le document de la Région « Les objectifs de la Breizh COP. 38 propositions mises au débat »

 

Objectifs Breizh Cop

 

L’avis n° 2 du Conseil scientifique

 

Rappelons que dans le cadre de la mise en œuvre du projet de SRADDET – Breizh COP, le Conseil Régional a souhaité mettre en place un Conseil scientifique (CS). Sa mise en place officielle a eu lieu le 13 février 2018 lors d’une réunion plénière présidée par Mr  le  Président du Conseil régional de Bretagne, Loïg Chesnais-Girard.

 

4 membres de l’OSUR sont dans le CS :

  • Valérie Bonnardot (Université Rennes 2, LETG-Rennes), spécialiste en géographie physique et environnement, changement climatique,
  • Daniel Cluzeau (Université Rennes 1, ECOBIO), spécialiste des interactions entre biodiversité et fonctionnement des écosystèmes terrestres,
  • Gérard Gruau (CNRS, Géosciences Rennes), spécialiste des transferts dans les bassins versants, des relations entre climat, agriculture, usages et qualité de l’eau. Président du CRESEB, membre du bureau du CS Breizh COP,
  • Simon Dufour (Université Rennes 2, LETG Rennes), spécialiste de l’organisation spatiale des territoires, des liens entre eau et territoires, de la gestion des zones humides.

 

Ce CS avait déjà fourni un 1er avis sur le document d'orientation.

 

C’est donc sur les 38 propositions que le CS s’est penché pour produire son avis n°2. Ces 38 propositions rassemblées dans le document  des « Objectifs » de la Breizh Cop  visent  à permettre de réaliser les grandes « Orientations » évoquées précédemment (avril 2018), avant que des « Outils » pour atteindre ces objectifs soient définis ultérieurement (début 2019)

 

Pour le CS, la lecture de ces documents suggère quelques interrogations et remarques préalables de portée générale :

  1. La première interrogation est bien évidente : les « objectifs » ici présentés permettent-ils de réaliser les grandes « orientations » précédemment évoquées ?
  2. A-t-on pris en compte la nature exacte et la véritable ampleur de tous les changements qui, à court et moyen terme, vont affecter la vie régionale et des risques qu’elles vont lui faire courir ?
  3. Comment éviter les risques de désillusions en cas de non-atteinte des objectifs ?
  4. Se pose alors effectivement la question des leviers d’intervention de la Région : dispose-t-elle des moyens d’action pour atténuer les risques et initier/gérer les ruptures ?
  5. Une autre question : où placer les curseurs quand il s’agit de réconcilier des ambitions qu’on présente (plus ou moins à tort) comme « irréconciliables » -ou, tout au moins, souvent en conflit ?

 

L’examen de chaque objectif appelle plusieurs séries de réflexions plus particulières :

>>> Lire le le détail des recommandations du CS sur les 38 objectifs

 

Le CS souhaite mettre particulièrement en exergue la nécessité de l'éducation à l'environnement et la nécessaire acceptabilité sociale de la transition, d'où la suggestion de créer un "Observatoire des transitions".

 

Extraits :

« (…) Il y a quelques thèmes forts des orientations qui auraient mérités d’être plus précisément et plus fortement affirmés.

           Il en va, par exemple, de la préoccupation constante, et fort légitime, dans les orientations, des questions  d’ « engagement citoyen », de « mobilisation », de « démocratie participative »…sans qu’aucun objectif à part entière (sauf l’objectif 36) ne développe suffisamment ces thèmes (…). Il en va de même pour les problèmes d’éducation et de formation, encore pas assez évoquées, alors qu’ils sont très présents dans les « orientations ».

(…) On pense encore  à l’importance de l’éducation et de la formation, si souvent évoquée (…), car les politiques de ruptures font souvent face à des problèmes d’acceptation par les populations (cf taxe sur les poids lourds, hausse du prix de certaines énergies…) et vouloir opérer des changements requiert une éducation active des citoyens. A cet égard, on doit tout particulièrement noter tout l’intérêt d’une mobilisation des jeunes pour réaliser des tâches d’observation de la biodiversité, du climat, de la quantité et de la qualité de l’eau…et de leurs évolutions.

(…) On pense enfin à la nécessité de créer un observatoire des transitions (économiques, écologiques…). On sait qu’il existe déjà de nombreuses sources statistiques sur les divers aspects de la vie régionale. Certaines sont largement disponibles, gratuitement ; d’autres restent volontairement confidentielles, et payantes. Il ne s’agit pas seulement s’efforcer de réunir toutes les données disponibles, en un document unique et accessible, ce qui serait déjà un grand progrès ! (confortant l’objectif 36), mais aussi de les commenter et de montrer surtout comment, à travers leur exploitation, en dynamique, on pourrait voir (ou ne pas voir) se dessiner les indispensables transitions…Cet observatoire tiendrait compte des  héritages des divers territoires et des impacts des politiques menées.

                          Il pourrait aussi être mobilisé  pour développer des politiques d’évaluation. L’ambition serait de confronter les valeurs ex-post avec les valeurs ex-ante. A ce prix, on éviterait de faire reposer des interventions sur des bases incertaines, on crédibiliserait l’action publique et on justifierait les politiques de ruptures…On pourrait aussi concevoir une « évaluation in itinere », c’est-à-dire en cours de réalisation de l’objectif,  permettant de réajuster soit les résultats à atteindre, soit les moyens mis en œuvre pour la réalisation des objectifs. »

 

 

Ces nombreuses recommandations ont fait l’objet d’une réponse circonstanciée du Président de Région, Loïg Chesnais-Girard.

 

Extraits :

« Votre avis identifie un besoin de clarification du lien SRADDET / Breizh COP. Sur ce point, je vous confirme la fusion des deux exercices, les règles générales du SRADDET constitueront l'un des outils de mise en oeuvre de la Breizh COP. Votre formulation: «Breizh COP, un monde à vivre, Démarche d'engagement (COP) et cadrage réglementaire» résume parfaitement l'ambition. »

(…)

« Je vous confirme également que l'urgence climatique est placée au premier rang des enjeux et défis à relever, même s'il n'est pas le seul identifié. Mais les débats intervenus et votre propre contribution ont bien conduit à préciser cette place première de l'enjeu climatique. »

(…)

« Je partage naturellement votre constat sur le fait qu'aujourd'hui les risques et les opportunités que le changement climatique peut générer sont insuffisamment connus, documentés et vulgarisés pour permettre l'appropriation de cet enjeu. Si nous disposons sans doute d'une large palette d'études thématiques ou générales, nous n'avons pas encore effectué un travail fin et précis à l'échelle de la Bretagne. Vous soulignez cette carence. TI nous faut y répondre.

Un travail spécifique est nécessaire sur ce sujet, c'est hi raison pour laquelle nous sommes engagés actuellement dans le dépôt d'un projet LIFE (Breizh'hin) portant sur l'adaptation au changement climatique. Il devra permettre d'éclairer les défis et les solutions sur la plupart des sujets que vous pointez: lien à l'eau, à l'agriculture, à la biodiversité, aux enjeux marins, etc. Comme vous le soulignez, la communauté scientifique devra être mobilisée et votre Comité scien~fique pourra prendre sa part à cette réflexion. »

(…)

« Vous promouvez les sciences participatives et il me semble en effet que cette proposition doit être creusée et sans doute faire l'objet d'expérimentations. Mais, j'ai bien noté aussi que cette notion avait fait l'objet de nombreux débats au sein de votre propre Comité scientifique. »

Et sur les actions du CS dans les semaines qui viennent :

« La poursuite de vos travaux, si cela vous semble pertinent, pourrait porter comme vous l'avez fait sur le document d'orientation, sur une analyse des propositions d'objectifs en amont de leur adoption par le Conseil régional mi-décembre. »

(…)

« Au début 2019, nous aurons à lancer la phase d'élaboration des règles et des engagements et votre Comité scientifique pourra se saisir de ces questions de méthode et apporter son point de vue, en particulier sur les indicateurs de suivi, comme cela a été envisagé. »


>>> La lettre du Président de la Région Bretagne au CS en date du 19 octobre 2018

 

 

Prochaine étape de la Breizh COP


A partir du début 2019, il s’agira donc de définir ensemble les outils pour atteindre les objectifs  qui sont de trois ordres :

  • des engagements pris par chacun, à son niveau, avec ses moyens, de manière volontariste pour répondre aux objectifs communs
  • des règles, c’est-à-dire des normes, qui s’imposeront aux documents de planification des territoires (SCOT, PLUI, etc.)
  • de nouvelles politiques publiques et notamment des politiques contractuelles avec les territoires

In fine, la Breizh COP sera l’ensemble de ces trois grandes étapes qui aboutiront globalement au deuxième semestre de 2019.

 

A noter que pour la 3e année consécutive, les trophées de la participation et de la concertation récompensent les initiatives innovantes en matière de concertation et de participation citoyenne. La Bretagne a reçu un trophée pour son initiative Breizh COP.

 

 

Pour en savoir plus

>>> Le site dédié de la Breizh COP

>>> La Breizh COP sur le site de la Région Bretagne

 

 

Sur le site de l’OSUR

>>> La Breizh COP, la recherche et l'expertise en environnement, l'OSUR... Où en est-on ?

>>> SRADDET et Breizh COP de la Région Bretagne : 1er avis du Conseil Scientifique

 

 

Contact OSUR

Gérard Gruau (Géosciences Rennes) / @

Alain-Hervé Le Gall (multiCOM OSUR) / @

 

 

 

 

 

 


L’ambre de Tilin (Myanmar), avec son assemblage original d'insectes, apporte un éclairage unique sur une forêt tropicale disparue du Mésozoïque



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Article dans Nature Communications

Les faunes d'insectes datant de la fin du Crétacé sont extrêmement rares, le registre fossile comportant une lacune de 24 millions d'années entre le Campanien inférieur et le début de l'Éocène. Dans un article paru dans Nature Communications en août 2018, Vincent Perrichot (Géosciences Rennes) et ses collègues chinois et indiens décrivent un biota conservé dans de l’ambre provenant de Tilin, au centre du Myanmar (Birmanie), et datant de 72 Ma environ, soit autour de la transition Campanien–Maastrichtien. Cet ambre donne un aperçu unique d’un écosystème forestier tropical de la fin du Crétacé, et renseigne sur l’évolution des insectes à un moment clé de leur histoire.

Les écosystèmes forestiers ont été profondément restructurés au cours du Crétacé supérieur, avant même la crise d’extinction massive du Crétacé-Paléogène (K-Pg, -66 Ma), par la radiation rapide des angiospermes - ou plantes à fleurs. Leur dominance au détriment des conifères est ainsi établie dans les écosystèmes tropicaux dès le Campanien (avant-dernier étage stratigraphique du Crétacé, entre -83,6 et -72.1 Ma). De riches faunes d'insectes sont répertoriées au Crétacé et au Cénozoïque, mais il existe près de 24 millions d'années non documentées entre le début du Campanien et la fin du Paléocène (-56,0 Ma). Cette lacune altère considérablement notre compréhension de l’impact de la crise K-Pg sur l'évolution des insectes en lien avec la réorganisation des écosystèmes forestiers. La découverte d’un nouveau gisement d’ambre dans la région de Tilin, au centre du Myanmar (Birmanie), permet de combler un peu cette lacune. La présence d’ammonites et de zircons, respectivement dans la couche géologique sous-jacente et les tufs volcaniques sus-jacents, a permis de dater l’ambre à 72 millions d’années, soit à la transition Campanien-Maastrichtien (Fig. 1).



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Fig. 1. Géologie de l'ambre de Tilin. a/ Emplacement géologique de l'ambre de Tilin, au centre du Myanmar; b/ Colonne stratigraphique montrant les points d'échantillonnage et les résultats de datation.



Pour cette première étude du gisement, environ 5 kg d’ambre ont pu être analysés, qui ont révélés une cinquantaine d’inclusions d'arthropodes représentant 8 ordres et 12 familles d’insectes. Des chiffres encore modestes concernant un gisement d’ambre, mais ces premiers fossiles livrent déjà de précieuses informations. Certains insectes identifiés représentent la dernière occurrence connue de genres typiquement crétacés, démontrant la persistence de ces lignées jusqu’à la fin du Campanien au moins. Inversement, des fourmis Dolichoderinae et Ponerinae découvertes dans cet ambre (Fig. 3) constituent les plus anciens jalons fossiles de ces deux sous-familles aujourd’hui extrêmement diversifiées. Des fourmis plus anciennes sont déjà connues à partir de 100 Ma mais appartiennent presque toutes à une sous-famille exclusivement crétacée, les Sphecomyrminae, avec lesquelles ne co-existaient que de très rares lignées modernes. Toutes les fourmis cénozoïques sont en revanche attribuables aux sous-familles modernes. L’absence apparente de Sphecomyrminae dans l’ambre de Tilin, à confirmer par l’étude de davantage de matériel, suggère donc que la dominance des lignées modernes sur les lignées ancestrales s’est opérée avant la crise K-Pg, et non à la suite de cette crise comme on pouvait le penser. Ainsi la radiation précoce des angiospermes, en provoquant des changements marqués dans les écosystèmes terrestres tropicaux au Crétacé supérieur, a donc visiblement initié la radiation des fourmis modernes, et sans doute également d’autres arthropodes terrestres.



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Fig. 2. Fourmis fossiles dans l'ambre de Tilin. a-e/ Ouvrières Dolichoderinae; b/ Femelle ailée Ponerinae. Barres d'échelle, 0,2 mm (a, b, d, e), 0,1 mm (c) et 0,4 mm (f).



Le biota de l’ambre de Tilin représente le dernier assemblage d'insectes connus pour le Mésozoïque, et fournit une fenêtre unique sur un écosystème forestier tropical aujourd’hui disparu. L'âge, la source botanique, et les inclusions de l'ambre de Tilin sont différents de ceux de l’ambre cénomanien (99 Ma) de Kachin, autre gisement extrêmement riche dans le nord du Myanmar, montrant un changement biotique important et relativement rapide entre le Crétacé moyen et le Crétacé supérieur. L’exploitation du gisement se poursuit (Fig. 3) : avec l'excavation en cours de l'ambre de Tilin, la perspective raisonnable de découvrir une riche diversité d’arthropodes et de plantes permettra de mieux comprendre la co-évolution entre les angiospermes et les insectes vers la fin du Crétacé.



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Fig. 3. Sites d’exploitation de l’ambre de Tilin. a/ Aspect d’une mine en bordure de colline; b/ Entrée d’une mine; c/ Tuf volcanique sus-jacent au niveau d’ambre; d/ Amas charbonneux extrait des mines et contenant l’ambre.



Référence
Daran Zheng, Su-Chin Chang, Vincent Perrichot et al. A Late Cretaceous amber biota from central Myanmar. Nature Communications, volume 9, Article number: 3170 (2018)



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Vincent Perrichot (Géosciences Rennes) / @
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Revue de presse interactive : l’actu environnementale à la loupe


 AHLeGall    21/11/2018 : 10:25
 Aucun    Ils ont fait laffiche

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Les M2 ERPUR acteurs de leur formation

En tant que citoyens-étudiants-scientifiques du domaine de l'environnement, il va de soi de se tenir au fait des grands mouvements et des idées qui agitent notre communauté et la société en général. D’où l’impérieuse nécessité de s’immerger (sans se noyer !) dans le flot continu de l’information environnementale (économique, juridique, scientifique, culturelle…) : l’analyser, la critiquer, l’intégrer … voire la restituer, dans un exercice formel de partage.

C’est l’objectif que se sont donnés les étudiants de M1 et de M2 du master ERPUR qui se sont donc retrouvés le 19 novembre 2018 avec l’équipe pédagogique (Pascaline Le Gouar, Aude Ernoult, Benjamin Bergerot) pour une 2e revue de presse de l’année, après celle inaugurale du 16 octobre.

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Ce moment convivial de partage entre les deux promotions et les encadrants enseignants-chercheurs a pour objectif d’une part, de se tenir informé sur l’actualité récente en matière de stratégies de développement durable et d’aménagement des territoires (c’est précisément l’objet de la spécialité du master) et d’autre part, de provoquer et d’animer un débat sur la thématique choisie.

Chaque mois, un groupe de 3 étudiants de M2 est donc chargé de faire une revue de presse sur les thèmes du développement durable, de l’environnement, de l’aménagement etc. et (1) de restituer cette actualité sous forme d'une gazette (un document recto verso de communication) et (2) d'animer au sein de la promo des M1 et M2 une heure de discussion sur ce tour d’horizon médiatique, sous la forme qu'ils souhaitent. Carte blanche !

Lundi 19 novembre 2018, c’était donc la 2e séance : Chloé d’Amecourt, Enora Le Guillouzic et Jérôme Picoul étaient aux manettes.

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Ils ont proposé une animation basée sur une vidéo de 3 minutes qu’ils ont réalisée.
3 sujets ont été successivement traités :
- Comment lutter contre l’artificialisation des sols : faut-il densifier les villes, en intégrant des parcs urbains ? Faut-il développer les campagnes (le territoire dans son ensemble) en intégrant les trames vertes et bleues ?
- Coton-tiges, pailles, couverts... Les eurodéputés votent l'interdiction des plastiques à usage unique à partir de 2021
- Voies sur les berges à Paris : le tribunal administratif valide l’interdiction des voitures

Chaque problématique est présentée de façon concise, synthétique, factuelle, chiffrée. C’est une démarche originale et intéressante avec un travail d’interaction et d’argumentation contradictoire, sous forme de jeux de rôles avec les collègues de promo, qui illustre les débats de société entre les citoyens-consommateurs et les industriels : environnement vs économie, développement territorial vs agriculture etc..

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Les sujets évoqués dans la gazette de novembre (actus du 16/10 au 19/11) illustrent parfaitement les topics du master ERPUR :
- Aménagement :
Loi Elan : la planification et la réglementation des sols réaménagés ; Voies sur berges à Paris : le tribunal administratif valide l’interdiction des voitures ; Une nouvelle étude a montré l’ampleur du bétonnage dans certaines régions
- Energie-Climat-Déchet :
L’Assemblée adopte le budget 2019, la fiscalité verte en débat ; Gestion des déchets : donnez votre avis ; les youtubeurs se mobilisent pour le climat
- Mobilité : Le gouvernement veut mettre en place des péages urbains ; Le Grand Paris interdit les véhicules les plus polluants ; Uber veut passer au tout électrique à Londres en 2025
- Recherche-Innovation :
800 chercheurs en congrès à Rennes ; Et pourquoi pas des emballages de fruit en poireaux ? ; Solenn Carré propose des serviettes réutilisables à Saint-Nazaire

[PDF à télécharger]
ERPUR Actu Nov2018

Au-delà de l'exercice en tant que tel, formateur, cette revue de presse interactive est aussi l'occasion de rencontrer l'équipe pédagogique dans un contexte ludique, de créer du lien entre les étudiants au sein de la promo et entre les M1 et les M2. C’est aussi une manière de travailler autrement, en renouvelant les pratiques pédagogiques universitaires : une autre manière pour les étudiants d’être les acteurs de leur formation. Une approche dans laquelle ils sont moteurs de ce changement, et où ils (dé)montrent qu'ils sont capables de prendre en main certaines facettes de leurs propres parcours d’apprentissage !

RDV donc le 17 décembre pour le 3e opus.

A noter qu’une initiative équivalente est en cours dans le master Sciences de l'Eau parcours hydro3. De bonnes pratiques à partager !



Contact OSUR
Le master mention BEE parcours ERPUR
Pascaline Le Gouar (ECOBIO, resp. M2 ERPUR) / @
Alain-Hervé Le Gall (multiCOM OSUR) / @


Sophie Méry (CReAAH) est nommée Chevalier dans l'ordre National du Mérite


 AHLeGall    19/11/2018 : 07:45

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Journal Officiel du 15 Novembre 2018

Sophie Méry, Directrice de Recherche au CNRS (UMR 6566 CReAAH), a été nommée Chevalier dans l'ordre National du Mérite, au Journal Officiel du 15 Novembre 2018.

Archéologue, spécialiste de la protohistoire de l'Arabie et céramologue, les recherches de Sophie Méry suivent deux voies complémentaires. Son premier axe est généraliste, avec l'encadrement de missions archéologiques et la direction de fouilles dans la péninsule d'Oman, à l'entrée du Golfe persique, où ses thématiques sont centrées sur l'organisation des sociétés au Néolithique et à l'Age du Bronze. Son second axe est plus spécialisé, avec des recherches à long terme sur les céramiques protohistoriques du Moyen-Orient (analyse morpho-fonctionnelle, archéométrie, technologie).

Sophie Méry a intégré le CNRS comme Chargée de recherche en 1992, après un doctorat en archéologie orientale à l'Université de Paris I soutenu en 1991. Elle est directrice de recherche au CNRS depuis 2010. Elle a dirigé la Mission archéologique française à Abou Dhabi entre 1995 et 1999, puis la mission archéologique française aux Emirats arabes unis. Elle a fouillé plusieurs sites néolithique et âge du bronze aux Emirats arabes unis et au sultanat d'Oman, et participé à des fouilles en Irak et au Pakistan.

Sophie Méry a notamment publié en 2000 aux CNRS Editions un ouvrage intitulé "Les céramiques d'Oman et l'Asie moyenne. Une archéologie des échanges à l'Age du Bronze"

Sophie Mery Oman CNRS Edit 2000



Sophie Méry a intégré le CReAAH en 2016 ; elle est également membre élue au Conseil de l'OSUR.



FOCUS : Une exposition retrace 40 ans de coopération archéologique franco-émirienne


Le Musée archéologique de Charjah, l’Institut français des Emirats arabes unis (Service culturel de l’Ambassade de France) et la Mission archéologique française aux Emirats arabes unis ont présenté l’exposition «40 ans de coopération archéologique entre les EAU et la France», au Musée Archéologique de Charjah, du 18 octobre 2017 au 31 janvier 2018. L’exposition était également soutenue par l’UNESCO. Sophie Méry (CReAAH) est à la tête de la Mission archéologique française aux Emirats. A ce titre, elle est également la commissaire invitée de cette exposition.

>>> En savoir plus

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Le master Environnement et Droit ouvre en formation continue, à distance



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Développez une double compétence juridique et environnementale en vous formant à distance, à temps partiel

À qui s'adresse cette formation ?

Vous travaillez dans une association, dans un bureau d’études, dans un service d'environnement au sein d'une entreprise ou d'une collectivité.
Vous êtes préoccupé par la protection des milieux naturels et l'aménagement durable du territoire qu'il soit rural ou urbain.
La prévention et le traitement des pollutions de l'eau, de l’air ou du sol ainsi que la gestion des déchets vous intéressent.
Vous cherchez à développer des actions permettant de combiner activité économique et qualité environnementale et ainsi, participer à la transition environnementale.
Bref, vous avez conscience des risques et des problématiques que soulèvent tous ces domaines de l’environnement.

Le master environnement et droit a été conçu pour vous.


De quoi s'agit-il ?

C’est un master double compétence unique en France.
Fort de ses 10 promos en formation initiale, il s'ouvre maintenant aux publics d'actifs en formation continue.
Il se déroule en 4 phases :

  • la première par une remise à niveau pluridisciplinaire en auto-formation avant d’accéder au master ;
  • la seconde en vous proposant des cours en ligne ciblés élaborés par des universitaires et des praticiens qui vous apporteront des connaissances applicables dans vos missions et un double regard en environnement et en droit ;
  • dans une troisième phase vous serez accompagnés par des tuteurs tout au long de votre formation qui vous suivront en ligne et lors des regroupements en présentiel ;
  • enfin, lors de la quatrième phase, vous effectuerez un stage de six mois dans votre structure ou à l'extérieur pour renforcer la dimension professionnelle de votre formation.


En conclusion, ce master réalisable à distance, en ligne, éventuellement en parallèle d’une activité salariée a pour objectif de développer  une double compétence écologique et juridique afin d'augmenter votre employabilité et d’obtenir de nouvelles fonctions et responsabilités.



>>> Pour en savoir plus sur la formation
>>> Le site d'appui de la formation




Contact

François BARDOU

Chargé de mission - UFR SVE et OSUR

@

+33 223235786


Biodiversité : La dispersion des espèces suit-elle toujours les mêmes règles ?



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La dispersion, mouvement des individus entre habitats, est un processus clé en écologie et en évolution.

La dispersion, mouvement des individus entre habitats, est un processus clé en écologie et en évolution. Source de flux d’individus et de gènes entre populations, ce mouvement façonne l’évolution des espèces et le fonctionnement des communautés. Étonnamment la dispersion est souvent implémentée de façon simpliste dans les modèles prédictifs des changements globaux, en dépit des nombreuses démonstrations de sa complexité. Un réseau international de chercheurs, incluant trois laboratoires français, dont Armelle Ansart, Maxime Dahirel et Luc Madec d'ECOBIO, a donc développé une expérience collaborative sur 21 espèces dans le but de démontrer que la dispersion n’est pas aléatoire, mais qu’elle répond à des règles généralisables entre espèces. Cette nouvelle étude publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution démontre sur un large panel d’espèces, allant des microorganismes aux vertébrés, que la dispersion répond aux forces créées par les autres espèces présentes dans le réseau écologique.

Chez de nombreuses espèces, les individus peuvent se déplacer au cours de leur vie afin de s’installer dans des habitats de bonne qualité. Ce processus, nommé dispersion, module le fonctionnement des populations et des communautés au niveau local et régional. Dans le contexte des changements globaux, elle permet aux espèces de répondre aux modifications continuelles des conditions abiotiques et biotiques des habitats. Cependant, la dispersion est souvent simplifiée à l’excès dans les modèles prédictifs, ce qui contraste avec la recommandation grandissante d’implémenter la complexité de la dispersion afin d’améliorer nos prédictions du devenir de la biodiversité. Pour cela, nous avons besoin de déterminer quelles sont les règles communes de fonctionnement de la dispersion à l’échelle du vivant.

Afin d’identifier les facteurs écologiques qui déterminent les mouvements de dispersion, un réseau de 7 laboratoires européens a conduit une expérience coordonnée sur 21 espèces allant des microorganismes aux vertébrés. En appliquant un protocole identique chez ces espèces, ce réseau scientifique a pu comparer la dépendance de la dispersion des différentes espèces à la présence de prédateurs et à la faible abondance de nourriture dans leur habitat. Ces deux caractéristiques de l’habitat augmentent généralement les taux de dispersion de façon consistante entre espèces pour les ressources, mais de façon plus variable pour la présence de prédateur. Cette expérience coordonnée confirme donc que la dispersion est une stratégie d’évitement d’environnements de mauvaises qualités qui est conditionnée par les autres espèces d’un réseau écologique.

Dans un second temps, les chercheurs ont modélisé les conséquences de cette dispersion non-aléatoire sur les dynamiques des populations et des communautés à l’échelle locale et régionale. La dépendance de la dispersion aux prédateurs et aux ressources réduit les fluctuations spatio-temporelles et augmente la stabilité des écosystèmes. De plus, la conditionnalité de la dispersion d’une espèce influence aussi la dynamique des populations de ses proies et ses prédateurs, et donc affecte l’ensemble du réseau écologique. Ce travail appelle donc à considérer la complexité de la dispersion dans l’étude des dynamiques écologiques et évolutives et du fonctionnement des systèmes naturels. Plus généralement, cette étude promeut les approches scientifiques collaboratives et coordonnées qui permettent de collecter un grand nombre de données précises et généralisables sur les mécanismes écologiques et évolutifs, données nécessaires pour prédire l’avenir de la biodiversité.



Nov2018

Gamme d'espèces utilisées dans l'expérience coordonnée © Julien Cote



[source : texte repris du site de l'InEE CNRS]

Référence
Bottom-up and top-down control of dispersal across major organismal groups. Emanuel Fronhofer, Delphine Legrand, Florian Altermatt, Armelle Anstart, Simon Blanchet, Dries Bonte, Alexis Chaine, Maxime Dahirel, Frederik De Laender, Jonathan de Raedt, Lucie Di Gesu, Staffan Jacob, Oliver Kaltz, Estelle Laurent, Chelsea Little, Luc Madec, Florent Manzi, Stefano Masier, Felix Pellerin, Frank Pennekamp, Nicolas Schtickzelle, Lieven Therry, Alexandre Vong, Lauranne Winandy, and Julien Cote, Nature Ecology and Evolution, le 5 novembre 2018. DOI : 10.1038/s41559-018-0686-0


Emanuel Fronhofer, Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier (ISEM - CNRS / Université de Montpellier / IRD / EPHE)
Email : @
Tél. : +33 (0) 4 67 14 31 82

Julien Cote, Évolution et Diversité Biologique (EDB - CNRS / Univ. Toulouse III Paul Sabatier / IRD)
Email : @
Tél. : (Nov.- April) +33 (0) 5 61 55 61 97, (May- Oct) +33 (0) 5 61 04 05 94




Contact OSUR
Armelle Ansart (ECOBIO) / @
Maxime Dahirel (ECOBIO) / @
Luc Madec (ECOBIO) / @


La fractory : un Laboratoire Commun dédié au monitoring et aux méthodes numériques pour les géosciences et l’environnement



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Inauguration le 14 novembre 2018

Le CNRS, l’Université de Rennes 1 et la société d’ingénierie Itasca Consultants ont inauguré leur laboratoire commun, la « fractory », le mercredi 14 novembre 2018. Cette inauguration a été l'occasion d'un débat sur les enjeux scientifiques, industriels et politiques de la modélisation et du monitoring de l’environnement animé par Ghislain de Marsily de l’Académie des sciences, Président du Conseil de l’OSUR.




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Philippe Davy (Directeur du LabCom fractory, CNRS) et Caroline Darcel (Directrice-adjointe, ITASCA)


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Daniel Billaux (Président ITASCA Consultants)


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Gabriel Marquette (CNRS INSU délégué aux relations industrielles)


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Thierry Guillaudeux (VP en charge de la valorisation UR1) et Jean-François Carpendtier (VP Recherche UR1)


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Ghislain de Marsily de l'Académie des sciences (Président du Conseil de l'OSUR)


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Jean-Raynald de Dreuzy (Directeur de l'OSUR)




Un labo commun, pourquoi ?


Le CNRS, l’Université de Rennes 1 et Itasca Consultants ont signé fin 2017 un accord de partenariat pour la création d’un Laboratoire Commun dans le domaine de la modélisation des systèmes géomécaniques, hydrologiques et hydrogéologiques : la fractory. Cet accord constitue une nouvelle étape et un changement d’échelle dans la collaboration engagée depuis déjà une quinzaine d’années entre Géosciences Rennes (CNRS / Université de Rennes 1) et Itasca Consultants. En renforçant et en étendant leur collaboration, la société privée et le laboratoire public souhaitent favoriser à la fois de nouvelles recherches sur la modélisation des systèmes environnementaux, un développement plus intégré d’outils logiciels et une meilleure valorisation des résultats.

Le LabCom fractory se veut une structure originale publique/privée. Son principal atout tient à la fois à la qualité de l’équipe de recherche et à l’expertise de la société et du groupe Itasca dans le domaine des logiciels et du génie civil. La force du projet réside dans la capacité de lafractory à développer des projets de recherche fondamentale sur des questions à vocation industrielle et/ou sociétale : que ce soit dans les domaines du génie civil, la géothermie, l’aménagement des rivières, la gestion de l’eau, le risque de pollution, etc.. Les ingénieurs de la société ont tous une expérience de chercheur, et sont donc capables de faire le lien entre les mondes industriel et académique.

La fractory se veut aussi un accélérateur de valorisation, aussi bien pour les outils issus de la recherche (logiciels et méthodes d’observation) que pour l’expertise.

Enfin, le fait que les partenaires soient colocalisés dans les murs de l’université est un élément essentiel du projet. La société Itasca Consultants fait le choix stratégique de positionner des ingénieurs à Rennes, et de recruter des étudiants en thèse sur contrat CIFRE et financement européen.

Le laboratoire commun a été lauréat en 2017 du programme LabCom de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).


Label ANR Bleu CMJN Medium   Projet eLabo



Les programmes en cours et à avenir

L’objectif majeur de la fractory porte d’une part sur la modélisation des impacts et des risques environnementaux, d’autre part sur l’amélioration des méthodes d’exploitation des ressources géologiques. Il est structuré autour de programmes de recherche qui associent des chercheurs de Géosciences Rennes et des ingénieurs d’Itasca :


• le programme DFN – pour Discrete Fracture Network – s’inscrit dans la poursuite des travaux déjà engagés entre les partenaires. Les recherches portent sur la description des propriétés des milieux fracturés et leurs dynamiques, et sur la modélisation des transferts de flux (hydrologiques, contaminants, thermiques) et des comportements géomécaniques des roches
• le programme RIVER - en cours de maturation - vise à améliorer les modèles hydrodynamiques et hydrosédimentaires dans les rivières ou sur les versants pour une meilleure prédiction des inondations, du transport sédimentaire et des évolutions morphologiques. Le programme associe le développement de méthodes de caractérisation des milieux, et de recherches sur la modélisation de ces systèmes
• enfin, le programme TRANSFERT - en cours de maturation également - vise à développer des outils de monitoring et de modélisation pour quantifier les transferts et la réactivité chimique dans les bassins versants. Les applications concernent principalement la gestion environnementale des bassins.


Le volet « recherche appliquée » fait partie de l’ADN du projet commun. Les innovations attendues issues de ces programmes se situent à 3 niveaux :


• Les connaissances fondamentales acquises par le Laboratoire Commun constituent un socle d’expertise scientifique mobilisable pour des projets d’application. Le premier exemple est le travail de recherche mené sur la fracturation des milieux géologiques ; les partenaires répondent déjà à des demandes d’expertise sur la mise en œuvre du stockage souterrain des déchets nucléaires par les compagnies SKB (Suède) et Posiva Oy (Finlande) ;
• Le développement de logiciels pour la modélisation de l’environnement est une compétence de Géosciences Rennes – exemple, les plateformes H2OLab, UFMLab, EROS – et une expertise du groupe Itasca International Inc. depuis plus de 30 ans avec les logiciels PFC, 3DEC et FLAC. Ce partenariat doit conforter la position d’Itasca dans le monde ;
• Les recherches spécifiques sur le monitoring de l’environnement, qui seront développées par le Laboratoire Commun dans les 3 programmes, sont sources d’innovations multiples dans plusieurs domaines : l’imagerie haute résolution de la topographie (Lidar), l’imagerie géophysique (sismique, gravimétrie, radar), la mesure des flux d’eau souterrain ou de surface (fibre optique, Döppler), entre autres exemples.


La fractory jouera donc un rôle à la fois d’accélérateur de connaissances pour la recherche fondamentale, et d’accélérateur de transfert pour la valorisation.



Un laboratoire commun au cœur de l’université

La fractory est installée à l’OSUR, dans le bâtiment 15, sur le campus de Beaulieu.

Le directeur du laboratoire commun est Philippe Davy, directeur de recherche au CNRS, physicien à Géosciences Rennes. La porteuse de projet dans l’entreprise est Caroline Darcel, directrice-adjointe. Elle a obtenu une thèse de l’Université de Rennes 1 en 2002 sur la géométrie des réseaux de fractures. Elle est cheffe de projet chez Itasca, spécialisée dans l’étude des milieux géologiques fracturés : description des réseaux, transferts hydrologiques et comportement mécanique.

L’équipe est actuellement constituée de 7 personnes, dont Romain Le Goc, ingénieur employé par Itasca et docteur de l’université de Rennes 1, Etienne Lavoine, Justine Molron et Diane Doolaeghe, trois doctorants employés par Itasca, et Benoît Pinier, ingénieur en développement informatique employé par le CNRS sur le financement ANR. Elle devrait s’étoffer avec des projets en cours sur l’hydrodynamique des rivières avec Dimitri Lague (directeur de recherche CNRS) et sur la géothermie avec Olivier Bour (professeur à l’université de Rennes 1).

Avec la création et l’hébergement de ce laboratoire commun, les différents partenaires publics (UR1, CNRS) et privé (Itasca Consultants) souhaitent aussi conforter l’expertise rennaise dans le domaine de la recherche sur la ressource en eau, une recherche déjà reconnue au niveau international par le classement de Shanghai, puisque celle-ci se hisse entre la 51e et la 75e place mondiale (Shanghai ranking consultancy 2018).




Présentation d’Itasca Consultants

Itasca Consultants (http://www.itasca.fr/) est une société de conseil spécialisée en modélisation numérique en géotechnique, dont les débouchés se situent principalement dans les secteurs industriels de l’énergie, de la mine et du génie civil. Elle a été créée en 1991 en France et a ouvert depuis trois filiales en Europe : en Allemagne, en Espagne et en Suède. Elle est la branche européenne du groupe Itasca International Inc. (http://www.itascainternational.com/), qui représente aujourd’hui dans le monde plus de cent cinquante ingénieurs et chercheurs répartis dans quinze bureaux.

Itasca Sas 2015



Contact OSUR
Philippe Davy (Géosciences Rennes) / @
Alain-Hervé Le Gall (multiCOM OSUR) / @

Contact Itasca
Caroline Darcel / @
Véronique Arroyo (communication) / @


DEXMES, un nouveau dispositif expérimental de quantification des matières en suspension



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DEXMES est installé à l’IUEM à Brest-Plouzané et est co-géré par Ifremer, le laboratoire Géosciences Rennes de l'OSUR, le laboratoire Géosciences Océan (LGO) de l’IUEM et le Shom.

DEXMES est installé à l’IUEM à Brest-Plouzané et est co-géré par Ifremer, le laboratoire Géosciences Rennes de l'OSUR, le laboratoire Géosciences Océan (LGO) de l’IUEM et le Shom. L'enjeu de DEXMES est de maîtriser le suivi qualitatif et quantitatif des matières en suspension (MES) qui représente un enjeu majeur pour la compréhension du fonctionnement des écosystèmes côtiers.

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DEXMES2

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>>> Plus d'infos sur le site de l'IUEM


Contact OSUR
Alain Crave (Géosciences Rennes) / @


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