Climat vs Météo : quel effet de la variabilité et du changement climatique dans la modulation du caractère des régimes météorologiques quotidiens ?


 AHLeGall    06/09/2021 : 12:47

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Article dans Journal of Climate

"Au-delà des régimes météorologiques" : vers des descripteurs de suivi des centres d'action atmosphériques. Une étude de cas pour Aotearoa Nouvelle-Zélande


Cet article est un des premiers résultats de la collaborations entre les partenaires français et néozélandais de l'IRP VINADAPT (voir aussi) dans l'axe "Modélisation climatique à haute résolution spatiale dans un contexte de changement climatique". Mené par Benjamin Pohl (UMR6282 Biogéosciences, Univ. Bourgogne), cet article co-rédigé par Hervé Quénol (LETG-Rennes, CNRS, Université Rennes 2) présente un ensemble de descripteurs appliqués aux régimes météorologiques, qui permettent un suivi détaillé de l'emplacement et de l'intensité de leurs centres d'action atmosphériques (c'est-à-dire les "creux et crêtes") et des gradients entre eux, le cas échéant.
Les descripteurs sont conçus pour documenter l'effet de la variabilité et du changement climatique dans la modulation du caractère des régimes météorologiques quotidiens, plutôt que de se limiter aux statistiques de leur occurrence. C'est, par exemple, le cas de l'expansion vers les pôles de la circulation tropicale qui est susceptible de modifier la latitude des trajectoires des tempêtes dans les latitudes moyennes des deux hémisphères. La méthodologie a été testée ici avec des régimes météorologiques synoptiques précédemment définis (Fig. 1) dans les secteurs d'Aotearoa New Zealand (ANZ) et du Pacifique Sud-Ouest.


Dans les recherches futures, ce cadre méthodologique sera appliqué pour analyser (i) les changements à basse fréquence des régimes météorologiques dans le cadre du changement climatique, en accord avec le déplacement vers le sud des trajectoires des tempêtes, et (ii) les effets à l'échelle régionale sur le climat de la Nouvelle Zélande, résultant de l'interaction avec sa topographie.
Plus globalement, la méthodologie testée en Nouvelle Zélande et dans le Pacifique Sud-Ouest pourrait être appliquée à la plupart des régions tempérées et polaires où les régimes et les types de temps ou d'atmosphère sont souvent basés sur les anomalies et la variabilité de la hauteur géopotentielle (i.e. la hauteur géopotentielle ou "altitude géopotentielle" est une coordonnée verticale référencée au niveau moyen de la mer, un ajustement à la hauteur géométrique qui tient compte de la variation de la gravité avec la latitude et l'altitude. Elle peut être considérée comme une "hauteur ajustée à la gravité").



Quenol
Figure 1. Contours de la hauteur géopotentielle composite à 1000 hPa associée aux 12 régimes météorologiques de Kidson (2000). L'ombrage des couleurs correspond aux anomalies Z1000. Seules les anomalies qui sont statistiquement différentes de la climatologie selon un test t unilatéral au niveau de 95% sont représentées. Le rectangle intérieur représente le domaine utilisé par Kidson (2000). H : anomalies Z1000 maximales locales. L : anomalies locales minimales Z1000 (épaisseur entre 2 surfaces isobares de 1000 hPa). Hauteur géopotentielle dérivée de la réanalyse ERA-5, période 1979-2019.


Référence
Pohl, B., Lorrey, A., Sturman, A., Quénol, H., Renwick, J., Fauchereau, N., & Pergaud, J. (2021). “Beyond Weather Regimes”: Descriptors Monitoring Atmospheric Centers of Action. A case study for Aotearoa New Zealand, Journal of Climate (published online ahead of print 2021). Retrieved Sep 6, 2021, from https://journals.ametsoc.org/view/journals/clim/aop/JCLI-D-21-0102.1/JCLI-D-21-0102.1.xml


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Source fr-academics




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Hervé Quénol (LETG-Rennes, CNRS) / @
Alain-Hervé Le Gall (CNRS, OSUR multiCOM) / @