Coexistence d’espèces dans des habitats discontinus. Le cas d’espèces natives et invasives dans des réseaux de mares


 AHLeGall    13/12/2018 : 22:55

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13/12 : SOUTENANCE DE THESE DE NADEGE BELOUARD (ECOBIO)

Le jeudi 13 décembre 2018 à 14:00, salle de conf OSUR (Bât.14B, Campus de Beaulieu, Université de Rennes 1), Nadège Bélouard soutient sa thèse intitulée "Coexistence d’espèces dans des habitats discontinus. Le cas d’espèces natives et invasives dans des réseaux de mares"

Devant le jury composé de :

Stéphanie Manel (rapporteuse, UMR CEFE)
Gentile Francesco Ficetola (rapporteur, Università degli Studi di Milano)
Françoise Burel (examinatrice, UMR ECOBIO)
Pierre Joly (examinateur, UMR LEHNA)
Eric Petit (directeur de thèse, UMR ESE)
Jean-Marc Paillisson (co-directeur de thèse, UMR ECOBIO)

Résumé :
La question de la coexistence entre espèces est cruciale dans le contexte des changements globaux, où certaines espèces colonisent de nouveaux écosystèmes, tel le cas des espèces invasives. Dans les habitats discontinus, la coexistence entre espèces invasives et natives gagne à être considérée à la lumière de la théorie des métacommunautés, et en particulier en examinant séparément les processus de dispersion et les interactions locales afin de déterminer leurs effets relatifs. Les approches observationnelles en milieux naturels permettent par ailleurs la prise en compte de la complexité des relations possibles. C’est le travail abordé dans cette thèse à travers l’exemple de l’effet de l’invasion de réseaux de mares par l’écrevisse de Louisiane sur les amphibiens natifs. La densité des larves et la distribution des amphibiens ont montré la coexistence avec l’écrevisse dans les mares. Grâce à la génétique du paysage, la dispersion de l’écrevisse s’est révélée fortement contrainte par le caractère discontinu des habitats, contrairement à celle des amphibiens, bien qu’elle ait été variable parmi les trois espèces étudiées. Les analyses d’isotopes stables ont montré que malgré sa position centrale dans les réseaux trophiques, l’écrevisse n’avait pas de fortes interactions trophiques avec les amphibiens, tout au plus un effet indirect par la modification de l’habitat. Sur la base des mécanismes considérés ici, la coexistence entre les amphibiens natifs et l’écrevisse invasive semble ainsi envisageable. Des suites de ce travail sont initiées à l’échelle des communautés grâce à l’ADN environnemental.

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Abstract:
The question of species coexistence is crucial in the context of global changes, where some species colonize new ecosystems, such as the case of invasive species. In patchy habitats, the coexistence between invasive and native species gains at being considered in the light of the metacommunity theory, and particularly by examining separately the processes of dispersal and local interactions to determine their relative effects. Besides, observational approaches in natural habitats allow to account for the complexity of the possible relationships. It is the work tackled in this thesis through the example of the effect of the red swamp crayfish on native amphibians in pond networks. The density of larvae and the distribution of native amphibians showed the co-occurrence with the crayfish in ponds. Owing to landscape genetics, the dispersal of crayfish was shown to be highly constrained by the patchy nature of habitats, contrary to that of amphibians, although it was variable among the three species considered. The stable isotope analyses showed that, despite its central position in the food webs, the crayfish did not have strong trophic interactions with amphibians, all the more an indirect effect through habitat modification. On the basis of the mechanisms considered here, the coexistence between native amphibians and the invasive crayfish seem possible. Perspectives from this work are envisaged at the community scale using environmental DNA.



Contact OSUR :
Nadège Bélouard (ECOBIO) / @




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