Connaissez-vous la Maison pour la science en Bretagne ?


 AHLeGall    14/06/2016 : 07:36

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Les Maisons pour la science constituent un réseau national au service du développement professionnel des enseignants du premier et du second degré, professeurs des écoles et de collège, en proposant une offre de formation ancrée dans la science vivante.

Les Maisons pour la science constituent un réseau national au service du développement professionnel des enseignants du premier et du second degré, professeurs des écoles et de collège, en proposant une offre de formation ancrée dans la science vivante. La Maison pour la science en Bretagne, située sur le campus de Beaulieu de l'Université de Rennes 1, a ouvert ses portes en septembre 2014. Après deux années de fonctionnement, dont une année 2015-2016 particulièrement riche, nous vous proposons de découvrir cette nouvelle venue dans le paysage de la « formation scientifique continue », avec un focus sur les SVT, les sciences de la vie et de la Terre. 

Le projet original des Maisons pour la science au service des professeurs, financé dans le cadre des Investissements d'Avenir, est né en 2012 sous l’impulsion de l'Académie des sciences (1). Cette initiative d’excellence trouve son inspiration dans le modèle historique des actions de médiation scientifique de la Fondation « La main à la pâte ».

L'objectif premier des Maisons pour la science est d'accompagner les enseignants dans leur pédagogie et leur didactique des sciences. Cette ambition est particulièrement légitime, notamment pour les enseignants du premier degré, les professeurs des écoles, dont la formation initiale est très majoritairement littéraire. En outre, cette initiative est fortement ancrée dans une « science vivante », attractive, captivante, voire amusante ; c’est également « une science en marche », au fait des techniques actuelles, et en lien étroit avec la communauté scientifique. Ainsi, les Maisons pour la science sont implantées au sein des campus dans les grandes universités.

Conçues donc comme des nouveaux modèles pour le renouvellement de la formation continue « classique », elles collaborent étroitement avec les instances existantes au sein du Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche : les rectorats, les ESPE (les écoles supérieures du professorat et de l’éducation intégrées aux universités qui mettent en œuvre la formation des enseignants du primaire et du secondaire), et les organismes de recherche (le CNRS en tête).

En 2016, le réseau est constitué de 9 Maisons pour la science ; il est coordonné par la Fondation « La main à la pâte » qui en représente le Centre national. La gouvernance laisse une place importante à l’initiative locale : chaque Maison propose à l'échelle de sa région une offre de développement professionnel aux professeurs de la maternelle jusqu'à la classe de troisième concernés par l'enseignement des sciences et de la technologie.

La Maison pour la science en Bretagne

Située sur le campus scientifique de Beaulieu de l'Université de Rennes 1, la Maison pour la science en Bretagne (2)(3) a ouvert ses portes en septembre 2014, après que le projet initial eût été porté par la commission Culture Scientifique et Technique de l’université de Rennes 1 (4). Il est intéressant de noter à ce propos cette proximité originelle, fondatrice même, entre sciences et culture scientifique d’une part, et médiation et formation d’autre part. Elle propose donc aux professeurs des écoles et des collèges de l’ensemble de l’académie de Rennes une offre pluridisciplinaire de développement professionnel en sciences, adaptée aux différents degrés, et répartie sur l’ensemble du territoire breton pour être au plus proche des enseignants et des établissements.

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L’année scolaire 2015-2016 est la première année pleine, après une année 2014-2015 de lancement, et donc de rodage ! Il était donc temps pour un premier bilan. L’idée n’est pas de faire un rapport d’activité exhaustif : on se limitera ici à une présentation succincte de l’offre de formation avec un focus et des illustrations dans le domaine particulier des Sciences de la Vie et de la Terre (5)(6).

L’offre de formation e s’organise selon trois axes :

  • Vivre la science pour l’enseigner : on y retrouve par exemple des formations comme « Les pieds dans le plat : transformer et conserver nos aliments » (niveau Collège), « Le sable dans tous ses états » (Niveau Primaire)
  • S’ouvrir à d’autres disciplines : avec « Accompagnement à la mise en place de projets transversaux sur le thème des énergies renouvelables » (niveau Collège), « Faire de l’informatique sans ordinateur » (niveau Primaire et Collège)
  • Concevoir, construire, expérimenter, exploiter : « Je joue, je découvre, j’apprends les mathématiques » (niveau Primaire et Collège), « Robotique : du mouvement au code » (niveau Primaire et formation de formateurs)

Dans le périmètre des SVT, nous retrouvons des formations éclectiques qui vont de « Comprendre les volcans pour mieux cohabiter avec eux » à « De la boussole au GPS », en passant par « Mer-éducation » (sous la forme d’une université d’été qui se tient en août 2016). Nous mettons ici plus particulièrement en exergue les trois formations suivantes :

  • « La baie du Mt St Michel : un littoral fragile soumis à la pression de l’homme »
  • « Botanique pratique : herbiers et clés de détermination »
  • « Comprendre la planète Terre : rôle de la modélisation et de l’expérimentation »

Ces trois formations illustrent parfaitement ce que sont les « sciences de l’environnement » : à l’interface des sciences de la matière, des sciences du vivant et des sciences humaines.

 

La baie du Mt St Michel : un littoral fragile soumis à la pression de l’homme

L’objectif de cette action proposée aux professeurs de premier degré et professeurs de collège est de comprendre que le littoral est un milieu fragile, généralement soumis à une forte pression anthropique. Lors de cette action, les stagiaires s’appuient sur l’observation du site de la baie du Mont-Saint-Michel, en situation sur le terrain comme le feraient les scientifiques, pour aborder de façon très concrète la question de la dynamique du littoral et de l’influence de l’Homme sur cette dynamique. L’observation in situ permet de s’interroger sur les principaux facteurs naturels qui contrôlent la dynamique littorale et sur la façon dont ils interagissent pour contrôler le modelé du domaine côtier. Cela permet d’appréhender les impacts de l’Homme sur ce milieu naturel et les conséquences (passées, présentes et futures) des interactions entre l’Homme et son milieu.

Les intervenants, universitaires et chercheurs, sont géologues, hydrodynamiciens, géographes, physiciens, sédimentologues (7). La formation est organisée sur deux jours : une journée sur site et une journée sur le campus universitaire.

A partir d’observations sur le terrain, les participants apprennent à identifier les différents éléments morphodynamiques qui composent un littoral et caractériser les agents naturels à l’oeuvre, leurs pas de temps et leurs interactions ; à discuter avec des scientifiques sur la notion de milieu « naturel », d’impact de l’homme sur le milieu et l’intérêt de la remédiation. C’est en outre l’occasion de mener une démarche scientifique (problématisation, modélisation, discussion sur les limites du modèle), mener une démarche d’investigation, rencontrer et échanger avec des chercheurs, enfin, mettre à jour ses connaissances scientifiques.

Les objectifs visés sont de former les élèves à la lecture d’un paysage, de montrer la mobilité du littoral et la sensibilité des milieux naturels aux moindres changements physiques et chimiques de leur environnement, également, de sensibiliser les élèves au rôle et à la responsabilité de l’homme sur le façonnement de son environnement.

Baie Terrain1 31mai2016 Baie Terrain2 31mai2016

En excursion dans la baie du Mont Saint-Michel (31 mai 2016) – © Maison pour la science Bretagne 2016

Baie Campus2 1juin2016 Baie Campus1 1juin2016

Exposés diaporama et expériences analogiques sur le campus de Beaulieu à l’université de Rennes 1 (1 juin 2016) – © Maison pour la science Bretagne 2016

Botanique pratique : herbiers et clés de détermination

L’objet de cette formation est de découvrir la flore commune présente en ville et à ses abords, dans la mesure où celle-ci constitue une entrée facile d’accès dans la découverte de la biodiversité et de son utilisation par l’homme à des fins utilitaires ou de recherche. Cette action vise à renforcer les compétences d’observation et permettre d’assimiler les bases et outils nécessaires à l’utilisation de cette végétation « ordinaire » avec des élèves.

Le stage, proposé aux professeurs des écoles et professeurs de SVT en 6 (cycle 3), est organisé sur une journée : il propose de participer à une excursion, de récolter des végétaux, puis d’apprendre à les préparer et les photographier pour réaliser un herbier ; enfin, d’apprendre à les observer et les identifier en utilisant une clé de détermination. La journée est complétée par une conférence sur l’utilité des herbiers, et plus globalement sur l’intérêt des collections en sciences (8).

Botanique Campus1 20mai2016 Botanique Campus3 20mai2016

Identification des spécimens récoltés – Exposé sur les herbiers scientifiques (20 mai 2016)  – © Maison pour la science Bretagne 2016

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Visite des serres de collections botaniques de l’université de Rennes 1 (20 mai 2016) – © Maison pour la science Bretagne 2016

Comprendre la planète Terre : rôle de la modélisation et de l’expérimentation

L’objet de cette formation est d’appréhender les phénomènes géologiques qui affectent les couches superficielles de la Terre et peuvent paraître difficiles à cerner, notamment du fait des échelles de temps et d’espace qui les sous-tendent. Pour ce faire, les animateurs proposent de concevoir une modélisation ludique, à la portée de tous, en utilisant des matériaux simples, qui permet d’aborder ces phénomènes de façon très concrète. Au cours de cette action, les stagiaires fabriquent et utilisent des modèles type « boîtes à sable » pour s’approprier le raisonnement scientifique : identification d’un problème, élaboration et mise en oeuvre d’une méthode pour l’aborder scientifiquement, exploitation des résultats (croquis,…), discussion.

A noter également l’originalité de cette formation animée par des étudiants en thèse de l’association Géocontact de Rennes : des étudiants en cours de formation doctorale, pour la plupart d’entre eux futurs enseignants-chercheurs à l’université ou chercheurs dans les organismes de recherche nationaux. Cette formation est donc aussi une formation par la formation pour ses propres formateurs !

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Travail collectif d’illustration sur comment modéliser la formation des plis à la surface de la Terre (12 mai 2016) – © Maison pour la science Bretagne 2016

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Réalisation d’une maquette (modèle analogique) pour illustrer les phénomènes de déformation de la couche terrestre (12 mai 2016) – © Maison pour la science Bretagne 2016

Geol Campus2 12mai2016

Visite de l’atelier de modélisation analogique du laboratoire Géosciences de l’OSUR à l’université de Rennes 1 (12 mai 2016) – © Maison pour la science Bretagne 2016

Conclusion

Le bilan des actions 2015-2016 est tout à fait encourageant :

  • 19 actions de formation ont été organisées pour des enseignants du second degré, représentants 550 journées/stagiaires, auxquelles il faut ajouter 5 actions inter-degrés pour 114 journées/stagiaires et 8 actions pour le premier degré pour 274 journées/stagiaires ; 175 journées/stagiaires ont également été organisées pour les futurs formateurs (formations de formateurs)
  • pour l’ensemble de ce dispositif, 85 intervenants se sont mobilisés, dont 56 scientifiques et 29 pédagogues, représentant au final 45 sessions de développement professionnel (pour 70 journées de formation)

Pour l’année 2016-2017, la nouvelle programmation est riche de 23 actions pour le second degré, 4 inter-degrés et 11 pour le premier degré, auxquelles il faut ajouter 80 journées/stagiaires dédiées spécifiquement aux formateurs. Dans le domaine des SVT, de nouvelles actions sont d’ores et déjà planifiées comme la « Découverte des milieux marins », « Changement climatique et biodiversité », « La classification phylogénétique du vivant : compréhension et outils pédagogiques », « Culture in vitro : les plantes, du tube à l’assiette », « Gérer un risque naturel majeur : séismes et constructions parasismiques », « Les grains de sable sont de grands voyageurs ».

Pour conclure : après deux années d’exercice, le pari du lancement d’une Maison pour la science en Bretagne est gagné. Il faut remercier évidemment les 56 chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens, ainsi que les 29 formateurs du premier et second degré qui ont animé les nombreuses actions ; mais il faut avant tout se féliciter de l’intérêt croissant de tous les professeurs des écoles et de collèges qui font vivre cette Maison pour la science en Bretagne. Merci à eux pour leur engouement. Cette Maison a rencontré son public : une Maison pour la science… au service des professeurs !

Rédacteur : Alain-Hervé Le Gall 

 

Contacts utiles

Laurence Fontaine (directrice de la Maison pour la science Bretagne) / @ / O2 23 23 48 07
Anne-Hélène Tual (ingénieure formation) / @ / O2 23 23 46 93
Jacques Bouffette (coordinateur SVT) / @ / 02 23 23 55 84

 

 

Références

  1. Pour en savoir plus sur le projet et le réseau des Maisons pour la science : http://www.maisons-pour-la-science.org
  2. Pour en savoir sur la Maison pour la science en Bretagne (actualité, offre, ressources etc.) : http://www.maisons-pour-la-science.org/fr/bretagne
  3. La MPLS Bretagne est dirigée par Laurence Fontaine (professeure agrégée, biologiste, université de Rennes 1), assistée de Anne-Hélène Tual, ingénieure de formation
  4. Projet porté par Joël Boustie (professeur d’université, chargé de mission CST de l’université de Rennes 1) et Marie-Aude Lefeuvre (responsable du Service culturel de l’université de Rennes 1, directrice du Diapason)
  5. L’offre de formation complète : http://www.maisons-pour-la-science.org/formations/toutes
  6. Le domaine SVT est coordonné par Jacques Bouffette (professeur agrégé, géologue, université de Rennes 1)
  7. Action coordonnée par Jean-Noël Proust (chercheur CNRS au laboratoire Géosciences de l’OSUR)
  8. Action coordonnée par Agnès Schermann (maître de conférences à l’université de Rennes 1, laboratoire ECOBIO de l’OSUR)