En combien de temps les rivières digèrent-elles les glissements de terrain ?



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Les dépôts massifs de sédiments, issus des glissements de terrain déclenchés par les séismes, pourraient être évacués par les rivières en seulement 10 à 20 ans au lieu de quelques siècles, comme on l’estimait jusqu’ici.

Les dépôts massifs de sédiments, issus des glissements de terrain déclenchés par les séismes, pourraient être évacués par les rivières en seulement 10 à 20 ans au lieu de quelques siècles, comme on l’estimait jusqu’ici. C’est le rétrécissement dynamique des rivières lorsqu’elles incisent ces dépôts sédimentaires qui accélèrerait considérablement leur évacuation, selon des chercheurs du laboratoire Géosciences Rennes (CNRS/Université de Rennes 1). Ce résultat enrichit notre compréhension de l’impact des événements extrêmes sur l’évolution des paysages. Il offre des informations essentielles pour gérer les conséquences des catastrophes naturelles. Publication dans Nature Geoscience le 14 août 2017.

Les glissements de terrain constituent le premier mécanisme d’érosion des chaînes de montagnes. Les séismes et les fortes précipitations peuvent en déclencher jusqu'à plusieurs milliers, générant ainsi des centaines de millions de mètres cubes de sédiments en l’espace de quelques minutes à quelques jours. Des exemples récents illustrent parfaitement ce phénomène, tels que les nombreux glissements de terrain induits par les séismes du Wenchuan en 2008 (Chine), de Gorkha en 2015 (Népal) ou encore de Kaikoura en 2016 (Nouvelle-Zélande). Une grande partie des sédiments provenant des glissements de terrain est déversé directement dans les rivières, les étouffant littéralement sous des mètres de débris.

Comment et à quelle vitesse les rivières peuvent-elles gérer cet apport catastrophique de sédiments ? La réponse à cette question est essentielle, tant pour la gestion des aléas liés au transport sédimentaire en aval de l’épicentre (augmentation du risque d’inondation, érosion des berges, changement brutal des cours d’eau), que pour améliorer notre compréhension de la résilience des paysages aux événements tectoniques et climatiques extrêmes.

Figure Communique Mod 940

a. Image satellite montrant un glissement de terrain incisé par la rivière. Ici, le glissement de terrain du Sun Koshi au Népal. Source: Landsat 8 - USGS. b. Modélisation numérique de l'évacuation d'un glissement de terrain par une rivière réalisée avec le modèle Eros. Les données naturelles et le modèle montrent que le glissement de terrain est incisé verticalement par une rivière étroite.


Source :
Thomas Croissant, Dimitri Lague, Philippe Steer & Philippe Davy. Rapid post-seismic landslide evacuation boosted by dynamic river width.Nature Geoscience (august 2017) doi:10.1038/ngeo3005


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Contacts OSUR
Thomas Croissant (Géosciences Rennes) / @
Dimitri Lague (Géosciences Rennes) / @
Philippe Steer (Géosciences Rennes) / @
Philippe Davy (Géosciences Rennes) / @





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