La famille SAGASCIENCE du CNRS s'agrandit : à la découverte de New AGLAÉ


 AHLeGall    28/11/2017 : 10:32
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Un nouveau dossier en ligne consacré à l'Accélérateur Grand Louvre d’Analyse Élémentaire (AGLAÉ)

sagascience et La saga de… est une collection de dossiers thématiques et d'animations multimédias. Le dernier-né présente l'Accélérateur Grand Louvre d’Analyse Élémentaire (AGLAÉ).

AGLAÉ, unique accélérateur de particules exclusivement dédié à la caractérisation physico-chimique d’objets du patrimoine, récemment rénové et amélioré, a été inauguré le 23 novembre dernier par Françoise Nyssen, ministre de la Culture, Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, en présence d'Anne Peyroche, présidente du CNRS et de Marie-Christine Lemardeley représentant la maire de Paris. Un colloque de lancement du Nouvel AGLAÉ se tient le 30 novembre 2017 au grand auditorium du Louvre.

Du crâne de Paris aux parures de Carnac, l’accélérateur de particules AGLAÉ, devenu New AGLAÉ, tente de percer les mystères de la matière. Sous le Louvre, depuis 1989, l’instrument analyse les objets du patrimoine sous son faisceau de particules. Fruit d’une collaboration entre chimistes, physiciens et historiens de l’art, qui se retrouve au sein du Centre de recherche et de restauration des musées de France, cet accélérateur de particules permet d’étudier la composition et l’origine d’objets historiques à la valeur inestimable, de manière non-intrusive et donc non-destructive. Avec des détecteurs plus sensibles, un faisceau plus stable et une automatisation de l’instrument : désormais, New AGLAÉ permet à la communauté scientifique d’atteindre, sans endommager ni altérer, le cœur des œuvres d’art.

Le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), qui est un lieu à la fois d’art et de science, se donne pour mission de comprendre les matériaux et les techniques de fabrication des objets d’art pour mieux les connaître, les préserver et les restaurer. Membre du C2RMF de 1987 à 1999, Guirec Querré, aujourd'hui géochimiste et archéologue au CReAAH, connait particulièrement bien l’accélérateur car il a participé au développement des méthodes d’analyses des roches et minéraux. 


Le mystère des origines des parures en callaïs de Carnac

En comparant plusieurs échantillons avec AGLAÉ, Guirec Querré a ainsi réussi à percer le mystère des origines d’objets en callaïs des roches bleues ou vertes, du site archéologique de Carnac (56), du Néolithique européen. En effet, la provenance de ces parures intriguait aussi bien les archéologues que les minéralogistes : origine orientale ? Locale ? Il existe ainsi un gisement de callaïs à Pannecé près de Nantes (44)... Comment trancher ?



Callais Neolithique Musee Vannes
Collier datant du néolithique, en callaïs ( ici de la variscite ), découvert dans le tumulus de Mané-er-Hroek près de Loqmariaquer. 4500 - 4000 - JC. Musée d'Histoire et d'Archéologie de Vannes (source Wikipedia)



En 2015, après dix années d’analyses, ce mystère vieux de plus d’un siècle est enfin levé. Les analyses ont permis de déterminer que les objets en callaïs de Carnac viennent de plusieurs sites... espagnols ! En effet, des variations de composition parfois infimes, de l’ordre de quelques parties par million (ppm), qui s’expliquent par des différences de conditions de formation et de parcours géologique, permettent de localiser leur "provenance", en l'occurrence l'Espagne. Dis autrement : la composition élémentaire - géochimique en ce qui concerne le callaïs (variscite, turquoise) - est donc une signature des origines et du vécu de la matière.

Mais pour les archéologues le travail n'est pas fini pour autant : la prochaine étape sera donc de comprendre les chemins empruntés entre la péninsule ibérique et l'ouest armoricain.

>>> En savoir plus sur New AGLAÉ
>>> Les dossiers sagascience


En vidéo, Carnac - Le mystère des parures du néolithique (Espace des sciences, Rennes)





Contact OSUR
Guirec Querré (CReAAH) / @
Alain-Hervé Le Gall (multiCOM OSUR) / @





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