La sclérochronologie... quézaco ?



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La sclérochronologie (du grec ; sklêros : dur ; khronos : temps ; logos : étude) est l'étude des parties dures des êtres vivants (coquillages, coraux, etc.) par comptage des stries d'accroissement.

Marc Gosselin est en post-doc au labo CReAAH où il réalise des études en sclérochronologie appliquées à des problématiques archéologiques. Il est amené à travailler dans l’atelier de lithopréparation de Géosciences Rennes avec Xavier Le Coz, heureux lauréat d'un Cristal collectif du CNRS en novembre 2018.

La sclérochronologie (du grec ; sklêros : dur ; khronos : temps ; logos : étude) est l'étude des parties dures des êtres vivants (coquillages, coraux, etc.) par comptage des stries d'accroissement. L’étude de la croissance des coquilles de mollusques permet d’obtenir des informations à la fois sur la biologie de l’espèce étudiée et sur l’environnement dans lequel elle a grandi. Appliquée au domaine de l’archéologie, la sclérochronologie peut répondre à des interrogations concernant des problématiques de mobilité résidentielle (nomade/sédentaire) et de variation paléoclimatique.

Marc Gosselin réalise actuellement une étude sur des restes alimentaires (les coquilles de bivalves !) comme témoins des périodes d’occupations intra-annuelles des populations humaines du Néolithique du littoral de la péninsule Arabique.

Il a précédemment étudié l’impact de la variabilité climatique sur la croissance des mollusques du Pérou et du Chili où ces organismes sont une ressource halieutique essentielle (Sorbonne Université). Une meilleure compréhension des traits de vie de ces espèces commercialisées et de leur environnement est primordiale pour la mise en place d'une gestion durable des populations. Le squelette externe des bivalves, la coquille, peut fournir un enregistrement des changements environnementaux auxquels les organismes sont exposés durant leur vie. La croissance des bivalves est sous l’influence de facteurs environnementaux et climatiques agissant à des périodicités journalières à décennales (marées, température, upwelling, CTW, ENSO, etc.). Une étude sclérochronologique et sclérochimique des structures de croissance de la coquille de 8 espèces de bivalves a évalué leur potentiel comme enregistreurs environnementaux des variations de l’écosystème du courant de Humboldt. La synthèse de ces informations (lisibilité des stries, diagénèse, variabilité de la croissance, seuil thermique, durée des arrêts de croissance, influence des upwellings, limites de l’équation de paléotempérature, etc.) a permis de réduire le degré d’incertitude des informations recueillies au cours d’études de reconstructions paléoenvironnementales.

Le post-doc effectué au CReAAH dans le cadre du projet ANR NéoArabia a pour but de révéler une autre information contenue dans la coquille des bivalves consommés par les êtres humains. En effet l’observation à haute résolution des marques de croissance de ces coquilles permet également de déterminer la saison de pêche du mollusque et ainsi d’attester d’une présence humaine à une certaine saison de l’année. Dans ce cadre, Marc Gosselin a eu l'opportunité de réaliser des lames minces issues de coquilles au sein de l'atelier de lithopréparation de Géosciences Rennes avec Xavier Le Coz.

L’observation d’une lame mince de coquille de mollusque révèle les modes de croissance de l’animal à différentes échelles temporelles depuis l’arrêt de croissance annuel hivernal jusqu’à sa strie de croissance journalière (Figure 1.). Les différentes étapes de la réalisation des lames minces de l’étape de sciage (Figure 2.) jusqu’au polissage sont réalisées à l’atelier de lithopréparation. Une expérimentation de calibration par marquage in situ permet la détermination du rythme de croissance de l’espèce (Figure 1.). Cette étape, une fois validée, est applicable à des spécimens archéologiques et ouvre la porte aux études de saisonnalité et de paléoclimats.



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Figure 1. Observation des stries de croissance et du marquage chimique à partir d’une lame mince de coquille de Callista umbonella (#C.u.48) marquée le 28.12.17 et sortie définitivement de l’eau le 30.01.18. En bas à gauche. Valve gauche de #C.u.48. Le trait noir représente l’épaisseur du trait de coupe et la partie de la coquille utilisée pour réaliser la lame mince. En haut à gauche. Lame mince de coquille depuis sa naissance (umbo à gauche) jusqu’à sa mort (bord palléal à droite). A droite. Détail de la fin de la croissance de l’individu #C.u.48 (bord palléal) sous lumière fluorescente (à droite en haut) et lumière transmise (à droite en bas). A noter la strie de croissance fluorescente correspondant au marquage chimique réalisé le 28.12.17. Les flèches noires indiquent des marques de croissance annuelle (à gauche) ou journalière (à droite). Marc Gosselin ©.

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Figure 2. Utilisation de la scie de précision Accutom-50 © de l’atelier de lithopréparation lors de la réalisation d’une lame mince de la coquille du bivalve Callista umbonella. Le trait de coupe est réalisé dans l’axe de croissance de la coquille et permet in fine d’observer les marques de croissances successives. Marc Gosselin ©.



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Marc Gosselin (CReAAH) / @





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