Le voisinage, ça marque durablement !



Le voisinage, ça marque durablement >>> F. Hennion (ECOBIO)

Une équipe internationale, autour de Françoise Hennion - spécialiste de l'étude des polyamines - et Andreas Prinzing (laboratoire ECOBIO), a mené une étude expérimentale de 5 ans en milieu contrôlé sur Dactylis glomerata. Ces travaux sont publiés en novembre 2015 dans la revue Journal of Ecology sous le titre ‘Ecologically diverse and distinct neighbourhoods trigger persistent phenotypic consequences, and amine metabolic profiling detects them’ (1).

Les changements globaux déclenchent des altérations rapides dans la composition et la diversité des communautés de plantes ce qui peut provoquer des modifications dans le fonctionnement des écosystèmes.

Afin de mieux comprendre ces processus et leurs conséquences, les chercheurs ont étudié une espèce d'herbe particulière : Dactylis glomerata. Dactylis a été cultivé sur des parcelles expérimentales avec des compositions variables d'espèces différentes pendant 5 ans dans le cadre de l'expérience de Biodiversité de Jena, puis échantillonnées, clonées et cultivées dans un jardin commun à l'INRA de Lusignan. L'équipe rennaise a étudié les polyamines, ces régulateurs physiologiques qui contrôlent notamment les réponses de croissance des organismes envers leur environnement.


Les chercheurs ont constaté que les niveaux et les écarts moyens de la plupart des polyamines des plantes de Dactylis dépendaient de la diversité de la communauté "source" (originelle, ancestrale), et notamment de la richesse des espèces et des différences phylogénétiques et fonctionnelles par rapport à Dactylis.

Cette étude montre donc que les caractéristiques fonctionnelles ou évolutives d’une communauté de plantes avoisinantes change le métabolome des polyamines d’une plante de manière durable.

Alors que les études précédentes étaient plutôt restreintes aux effets spécifiques d’espèces voisines individuelles ou à l’étude in situ de caractères réversibles, l'originalité de la présente étude et les résultats obtenus ont été acquis par une approche de clonage de plantes à partir d’un voisinage ancestral. De cette façon, au-delà de réponses immédiates du métabolome à l'environnement, on a pu montrer une évolution d'une partie du métabolome.

Les résultats suggèrent que la biodiversité macroévolutive et fonctionnelle a un impact sur la microévolution des plantes.  Concrètement, ceci implique que le fonctionnement des écosystèmes peut ne pas dépendre uniquement de la biodiversité de la communauté présente : il peut dépendre aussi de la diversité passée pouvant être très différente de la diversité actuelle, cet effet de la diversité passée étant médié par un changement évolutif des métabolomes végétaux.


(1) Ecologically diverse and distinct neighbourhoods trigger persistent phenotypic consequences, and amine metabolic profiling detects them
Françoise Hennion1,*, Isabelle Litrico2, Igor V. Bartish3, Alexandra Weigelt4,5, Alain Bouchereau6 andAndreas Prinzing1
Journal of Ecology, Article first published online: 28 NOV 2015
DOI: 10.1111/1365-2745.12505


Contact OSUR :

Françoise Hennion (ECOBIO)
Andreas Prinzing (ECOBIO)

Art Hennion Nov2015
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