Les sols vitrifiés du désert d’Atacama (Chili) : des traceurs d'incendies naturels à la fin du Pleistocène


 AHLeGall    15/05/2017 : 15:00

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Pierrick Roperch, chercheur à Géosciences Rennes, est le premier auteur d'un article paru dans EPSL intitulé "Surface vitrification caused by natural fires in Late Pleistocene wetlands of the Atacama Desert",

Pierrick Roperch, chercheur à Géosciences Rennes, est le premier auteur d'un article paru dans EPSL intitulé "Surface vitrification caused by natural fires in Late Pleistocene wetlands of the Atacama Desert",

En dehors des volcans, les roches vitrifiées sur terre résultent d'incendies spontanés déclenchés ou alimentés par des composés organiques fossiles (charbon ou gaz) qui produisent ce que les géologues appellent des «paralavas» ou laves paradérivées. Ces types de verres ont aussi une importance géologique considérable, comme traceurs de potentiels changements climatiques et/ou environnementaux. Mais on connait aussi des verres formés lors d'impact hypervéloces d’astéroïdes.

Distinguer entre les deux origines s'avère souvent assez évident en présence de veines de charbon dans le premier cas ou de cratère d’impact dans le second. En l’absence d’évidence directe pour un impact ou d’un contexte géologique favorable pour la formation de paralavas, certains verres ont été interprétés comme le résultat de l'explosion à très basse altitude de matériel cométaire ou astéroïdal. Dans ce cas, et par analogie aux explosions nucléaires, l’énergie cinétique de l’astéroide ou de la comète se transforme en radiations suffisamment intenses capables de vitrifier la surface du sol en un temps très court.

Une étude pluridisciplinaire menée par Pierrick Roperch et son collègue Jérôme Gattacceca du CEREGE a démontré que les sols vitrifiés de la région de Pica (au nord du désert d'Atacama) - dont l'origine était controversée - se sont formés lors d’incendies (probablement des feux de tourbes) dans des sols enrichis en matière organique (des anciennes oasis notamment) et en plantes silicifiées (des phytolithes). Ces évènements extrêmes ont pu intervenir lorsque le climat de cette région est devenu plus aride (c'est aujourd'hui une des régions les plus arides de la planète), après que le désert d’Atacama ait connu des périodes humides à la fin du Pléistocène (-12000 ans).

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Source :
Roperch Pierrick, Jérôme Gattacceca, Millarca Valenzuela, Bertrand Devouard, Jean-Pierre Lorand, Cesar Arriagada, Pierre Rochette, Claudio Latorre, Pierre Beck. Surface vitrification caused by natural fires in Late Pleistocene wetlands of the Atacama Desert, Earth and Planetary Sciences Letters, 469, 15-26, Avril 2017





Roperch
Photographies de terrain (a, b, c, d) de verres silicatés observés à la surface du désert d’Atacama (nord du Chili). Sous les verres, on peut parfois observer une couche décimétrique d’argiles cuites (b) ou une couche de restes de plantes (d). Ces plantes (d, e) sont fortement silicifiées (f, et image au microscope électronique g) et leur fusion contribue à la formation des verres (e). / Crédits Pierrick Roperch / Jérôme Gattacceca


Contact OSUR

Pierrick Roperch (Géosciences Rennes)





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