Nomadisme vs sédentarisation = plus la nourriture est diversifiée et moins on bouge ?



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Catherine Dupont du labo CReAAH de l’OSUR propose une nouvelle approche basée sur la diversité des restes de faunes dans les amas coquilliers pour évaluer la durée d'occupation des sites mésolithiques le long de la côte atlantique de l'Europe.

Catherine Dupont du labo CReAAH de l’OSUR propose une nouvelle approche basée sur la diversité des restes de faunes dans les amas coquilliers pour évaluer la durée d'occupation des sites mésolithiques le long de la côte atlantique de l'Europe. Ces travaux sont publiés dans la revue Quaternary International en juillet 2016 sous le titre "Could occupation duration be related to the diversity of faunal remains in Mesolithic shell middens along the European Atlantic seaboard?".

Afin de caractériser les populations mésolithiques qui sont venues s'installer sur la côte atlantique européenne, il est essentiel d'évaluer la durée et la continuité des occupations humaines. Bien que notre connaissance de la répartition géographique de ces populations soit largement tronquée par le biais archéologique, la présence de plus de 240 amas coquilliers mésolithiques le long de la côte atlantique européenne nous permet néanmoins d’avoir une vue d'ensemble des données publiées sur les modes de résidence de ces groupes de chasseurs-cueilleurs maritimes : saisonniers, permanents, récurrents ou limités dans le temps. Cependant, une analyse exhaustive de la littérature montre que les informations sur les occupations humaines font défaut pour les nombreux amas coquilliers mésolithiques connus. En outre, les données conduisant à l'identification des types de peuplements se révèlent très hétérogènes d'un site à un autre.


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Carte des amas coquilliers mésolithiques répertoriés


Les mollusques marins étudiés par Catherine Dupont jouent alors un rôle particulier parmi les artefacts utilisés pour définir l'attractivité des côtes pour les populations humaines, et nous aider à en comprendre le peuplement. Bien que les mollusques représentent une composante majeure des amoncellements de coquillages mésolithiques, force est de constater qu’il a fallu aux archéologues plusieurs décennies pour que l'analyse de ces restes fauniques soit considérée et prise en compte dès le commencement des fouilles.
L'une des questions abordées dans les travaux de Catherine est donc plus précisément de savoir si la diversité des restes faunistiques dans ces amas peut être liée à la durée des occupations humaines sur la côte. Cette problématique est essentiellement fondée sur l'idée que les populations qui restent sur les mêmes sites pendant plusieurs saisons peuvent explorer les environs de façon plus « fouillée » et systématique
Dans cet article, Catherine démontre que la diversité des restes fauniques, y compris les coquillages, ne dépend pas seulement du mode de vie des populations côtières et de la durée de leur installation. Elle témoigne également d'autres facteurs, tels que l'accessibilité à des milieux et à des ressources diversifiés dans le voisinage des peuplements ; enfin, elle rend compte également du degré d'adaptabilité des hommes pour l'exploitation de ressources similaires comme en témoigne la variété des espèces de mollusques consommés.



Référence :
Catherine Dupont, Could occupation duration berelated to the diversity of faunalremains in Mesolithicshellmiddensalong the European Atlantic seaboard?, Quaternary International, Volume 407, Part B, 8 July 2016, Pages 145-153, ISSN 1040-6182
http://dx.doi.org/10.1016/j.quaint.2016.01.039.


Contact OSUR :

Catherine Dupont (CReAAH)
Alain-Hervé Le Gall (multiCOM OSUR)