Prix de thèse 2015 van Straelen de la SGF



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Prix de thèse 2015 van Straelen pour Laurie Bougeois (Géosciences Rennes)

Laurie Bougeois est l'heureuse lauréate du Prix 2015 Van Straelen décerné par la Société Géologique de France. La récompense lui sera officiellement remise le 4 décembre prochain à Paris

Laurie a soutenu sa thèse à l'OSUR le 23 octobre 2014. Son travail portait sur la "Variation de la saisonnalité paléogène en Asie Centrale : apport d'une géochimie haute résolution sur des coquilles d'huîtres".

Ce travail a été réalisé sous la direction de Guillaume Dupont-Nivet (Géosciences Rennes), en co-direction avec Marc de Rafélis (ISTeP, Paris).

En voici les grandes lignes.

Le climat asiatique est aujourd’hui caractérisé par une forte dualité entre un climat de moussons au Sud-Est et un climat aride en Asie centrale. Ces climats sont tous les deux définis par une saisonnalité marquée, que ce soit en terme de précipitations pour le premier ou de températures pour le second. Si l’intensification des moussons asiatiques au Néogène, liée à l’influence du soulèvement final du plateau tibétain sur les climats asiatiques, semble faire consensus dans la communauté scientifique, la caractérisation des climats paléogènes est encore peu établie. Ainsi la question de savoir quand cette dualité climatique s’est installée en Asie reste encore ouverte. Au Paléogène, les reliefs liés à la collision entre les plaques indienne et eurasiatique étaient encore naissant et la distribution entre les terres et les mers très différente de l’actuelle. Notablement, une vaste mer épicontinentale et peu profonde (la Proto-Paratethys) s’étendait à travers l’Europe et l’Asie Centrale. À la fin du Paléogène, la Proto-Parathetys se retire de l’Asie Centrale, et les hautes topographies asiatiques se mettent en place. Dans ce contexte géodynamique, cette thèse cherche à caractériser les fluctuations à haute fréquence du climat en Asie Centrale afin de comprendre l’évolution de la saisonnalité au cours du Paléogène, et plus précisément pendant la période de l’Éocène (-55 à -34 Ma). Pour cela une approche originale utilisant une méthode géochimique multi-proxy sur des coquilles d’huîtres a été établie. Grâce à l’apport de l’analyse incrémentielle de marqueurs élémentaires et isotopiques sur les coquilles nous accédons aux variations saisonnières de la température et de la salinité de l’eau de mer. Ceci nous permet de mieux cerner les bilans hydriques et thermiques à l’échelle de l’année et ainsi de caractériser le climat d’Asie Centrale à très haute résolution. Combinant cette approche géochimique avec une étude sédimentologique et une étude numérique à plus grande échelle, cette thèse cherche à mieux établir les causes de l’évolution du climat régional au cours du Paléogène.
Mots-clés : relations tectonique/climat ; collision Inde-Asie ; sclérochronologie ; géochimie ; Ostréidés ; saisonalité ; moussons asiatiques ; Paléogène


Contact OSUR :
Laurie Bougeois
Guillaume Dupont-Nivet (Géosciences Rennes)





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