Séminaire de Gweltaz Mahéo (Laboratoire de Géologie de Lyon)


 AHLeGall    01/04/2016 : 23:55

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Le vendredi 1er avril 2016 à 10:30, en salle de conf de l'OSUR (campus de Beaulieu, bât.14B, RDC),Gweltaz Mahéo propose un séminaire intitulé Origine et dynamique des plateaux orogéniques : exemple du Tibet

Le vendredi 1er avril 2016 à 10:30, en salle de conf de l'OSUR (campus de Beaulieu, bât.14B, RDC),Gweltaz Mahéo propose un séminaire intitulé Origine et dynamique des plateaux orogéniques : exemple du Tibet

Cette présentation est proposée dans le cadre du cycle des séminaires de Géosciences Rennes

Présentation :

La collision entre l'Inde et l'Asie a donné naissance à deux ensembles morphologiques et structuraux distincts. Au niveau de la lithosphère Indienne, l'Himalaya correspond à une vaste zone d'écaillage crustal où des roches de la croûte moyenne sont exhumées. Au niveau de l'ancienne marge active asiatique, les chevauchements tertiaires sont rares et de faible amplitude. La morphologie dominante est celle d'un vaste plateau, le plateau du Tibet,
associé à une croute de près de 80km d'épaisseur. Les roches crustales n'affleurent que très localement, au niveau de failles normales actives, sauf dans la région de haute altitude (certain pic à plus de 8000m) et fort relief (localement plus de 4000m) du Karakorum où des migmatites tertiaires sont localisées.
L'épaississement crustal du plateau du Tibet ferait suite au sous plaquage de l'Inde sous l'ancienne marge active asiatique. Ce sous plaquage serait induit par deux épisodes successifs de détachement lithosphériques. Le premier vers 35Ma, suite à la séparation entre la lithosphère océanique téthysienne et la lithosphère continentale indienne et le deuxième vers 25 Ma à l'intérieur de la marge continentale indienne. L'étude de l'évolution de cette croûte à partir des migmatites du sud Karakorum suggère l'existence de mouvements verticaux limités de type diapirique, mais pas de fluage latéral significatif comme suggéré dans certains modèles de comportement mécanique des croûtes épaissies en contexte orogénique. La fusion partielle commencerait entre 25 et 20Ma et la croûte resterait partiellement fondue pendant près de 15Ma dans la région du Sud Karakorum.
Cette évolution thermique ce fait dans un contexte de faible érosion similaire à celui du plateau Tibet Central ce qui suggère que celui-ci s'étendait jusqu'au Karakorum. Cette origine et évolution commune est également confirmées par certaines reconstitutions de la structure actuelle du plateau du Tibet à partir de données géophysiques. La forte altitude et le fort relief du sud Karakorum s'initierait vers 5Ma suite à la réactivation hors séquence du Main Karakorum Thrust un chevauchement vers le Sud principalement actif au début du Tertiaire. La localisation de cette zone de forte érosion serait associée à la présence d'un vaste réseau de rivières connecté au réseau de l'Indus ce qui permettrait l'évacuation des produit d'érosion. L'origine du changement des conditions d'érosion n'est pas encore claire. L'absence de modification significative de la cinématique de la convergence Inde-Asie à cette époque suggère qu'un forçage géodynamique est peu probable. Par contre un contrôle climatique reste envisageable, possiblement lié à l'initiation d'une période de succession de phases glaciaires et interglaciaires. Au niveau du plateau du Tibet, de par la présence d'un réseau hydrographique fermé, aucunes phases d'augmentation de l'érosion post collision n'est enregistrée, sauf dans la partie ouest où le jeu de la faille décrochant dextre du Karakorum aurait permis ponctuellement de connecter une partie du réseau hydrographique du plateau du Tibet avec celui de l'Indus.
L'évolution du plateau du Tibet est donc contrôlée en premier lieu par la géodynamique lithosphérique. Par contre la variation spatiale et temporelle de l'érosion et le relief semblent fortement associés à la nature et l'évolution de son réseau hydrographique, qui s'il n'est pas fermé permet à certains phénomènes internes et externes d'avoir un impact sur l'érosion et donc l'exhumation de la croûte asiatique au nord de l'Himalaya.

Semin Gweltaz Maheo 1avril2016

Contact :

Gweltaz Mahéo (Laboratoire de Géologie de Lyon)



Contact OSUR :
Philippe Steer (Géosciences Rennes)
Benjamin Guillaume (Géosciences Rennes)