Soutenance de thèse de Guillaume BAL (ESE)



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le mardi 31 Mai à 13h, à Agrocampus Ouest, centre de Rennes (amphithéâtre Matagrin, bâtiment 5), Guillaume Bal (INRA-ESE) soutiendra une thèse intitulée

le mardi 31 Mai à 13h, à Agrocampus Ouest, centre de Rennes (amphithéâtre Matagrin, bâtiment 5), Guillaume Bal (INRA-ESE) soutiendra une thèse intitulée Évolution des populations françaises de saumon atlantique (Salmo salar L.) et changement climatique

Jury : - Jean-Sébastien Pierre, professeur à l'université de Rennes 1, examinateur et Président de Jury - Didier Pont, directeur de recherche au CEMAGREF d'Antony, rapporteur - Éric Rochard, directeur de recherche au CEMAGREF de Bordeau, rapporteur - Richard Cunjak, professeur à l'université du Nouveau-Brunswick, examinateur - Jean-Luc Baglinière, directeur de recherche à l'INRA de Rennes, directeur de thèse - Étienne Rivot, IPEF détaché à Agrocampus Ouest, co-directeur de thèse - Étienne Prévost, chargé de recherche à l'INRA Saint Pée sur Nivelle, co-directeur de thèse Résumé Les poissons diadromes, en raison de leur capacité migratoire entre le milieu marin et le milieu d’eau douce continentale sont très sensibles aux perturbations de l’environnement et représentent des espèces sentinelles de l’état et l’évolution des milieux aquatiques notamment dans un contexte de changement climatique. Parmi eux, le saumon atlantique (Salmo salar L.) est une espèce modèle particulièrement intéressante pour étudier le lien entre changement climatique et évolution des populations. Son cycle de vie est notamment caractérisé par une variabilité intra-populationnelle du temps de séjour passé en eau douce avant la migration vers la mer et du temps de séjour passé en mer avant la migration génésique des adultes. La croissance, liée aux conditions environnementales, est un trait de vie essentiel qui contrôle ces stratégies de vie et qui joue donc un rôle majeur dans l’évolution des populations (abondance, structure démographique et biométrique,…). Dans cette thèse, les effets du changement climatique sont abordés sous l’angle de leurs impacts sur la croissance du saumon pendant les phases dulçaquicoles et marines. Les analyses ont porté sur les populations françaises de saumon atlantique situées en partie Sud de l’aire de répartition de l’espèce. Les recherches valorisent les données de suivi des populations (période 1985 à nos jours) de trois fleuves côtiers constituant l’Observatoire de Recherches en Environnement Petits fleuves Côtiers (l’Oir en Basse-Normandie, le Scorff en Bretagne et la Nivelle au Pays Basque) et celles de la base nationale des captures ligne. Trois points ont été abordés. Dans un premier temps, un modèle statistique Bayesien de corrélation entre température de l’eau et deux prédicteurs que sont la température de l’air et le débit a été développé afin de reconstruire des séries chronologiques historiques mais également de pouvoir effectuer des projections en fonction des scenarii de changement climatique. Ce nouveau modèle permet notamment de quantifier la part de la corrélation due à la saisonnalité des signaux de celle due aux tendances de long terme. En plus de cette différence avec les modèles de corrélation simple couramment utilisés, il offre aussi de meilleures performances prédictives de la température de l’eau. Les prédictions de réchauffement des cours d’eau issues du modèle ont révélé un réchauffement plus faible que celui de l’atmosphère. Développé dans le cadre Bayesien, le modèle a également permis de quantifier l’incertitude dans les prédictions de réchauffement des cours d’eau. Dans un second temps, un modèle de croissance de Von Bertalanffy a été développé dans un cadre Bayesien pour quantifier les effets relatifs de la variabilité de température et de celle de la densité de compétiteurs (juvéniles de saumon et de truite Salmo Trutta L.) sur la taille atteinte par les jeunes saumons à la fin de la première saison de croissance. Cette croissance est apparue peu influencée par la variabilité de température du cours d’eau. A l’inverse, elle apparaît fortement dépendante des fluctuations de densité de compétiteurs. Ainsi, compte tenu des résultats précédent permettant d’anticiper un réchauffement plus faible dans les cours d’eau que dans l’air, la modification du régime thermique des rivières par le changement climatique n’apparait pas comme le facteur de pression dominant capable d’affecter la croissance et les choix d’histoire de vie des juvéniles dans les années à venir. A l’inverse, la variabilité spatiotemporelle de la densité de compétiteurs présents sur le cours d’eau, en partie liée aux conditions de vie marines rencontrées par les géniteurs, s’est révélée extrêmement structurante dans les fluctuations de croissance. Le troisième volet des recherches porte sur l’analyse de l’évolution des caractéristiques biométriques et de la date de retour des géniteurs depuis les zones d’engraissement marines. Les résultats mettent en évidence une baisse sensible de la taille mais surtout du poids des géniteurs lors de leur retour en rivière au cours des 25 dernières années. Celle-ci s’est accompagnée d’un retard dans les dates d’entrée en rivière. Cette évolution des caractéristiques migratoires est plus marquée pour les saumons de un hiver de mer que pour les saumons de deux hivers de mer. L’ensemble de ces résultats, additionnés à la disparition progressive des saumons de plusieurs hivers de mer, suggère une réponse adaptative des populations de saumon à une variation des conditions de croissance en mer, très probablement en lien avec le changement climatique. Ces résultats alimentent les interrogations quant à la capacité de renouvellement des populations. Contact : Guillaume Bal
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