Soutenance de thèse de Karina Valdivia (INRA LPGP)



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Le jeudi 20 décembre 2012 à 14h, sur le campus de Beaulieu, Karina Valdivia soutient sa thèse intitulée

Le jeudi 20 décembre 2012 à 14h, sur le campus de Beaulieu, Karina Valdivia soutient sa thèse intitulée

Caractérisation du phénotype associé à la mutation masculinisante mal chez la truite arc-en-ciel, Oncorhynchus mykiss

Résumé :
Chez les poissons téléostéens gonochoriques, les déterminismes du sexe sont soit environnementaux, soit génétiques avec une interaction possible entre ces 2 facteurs. La truite arc-en-ciel, Oncorhynchus mykiss, présente un déterminisme sexuel strictement génétique de type XX/XY. Cependant des masculinisations spontanées ont été observées chez des femelles génétiques (XX) obtenues par gynogénèse endomitotique. Ce phénotype « femelle masculinisée » n’affecte pas tous les animaux à l’état adulte et serait due à une mutation appelée « mal » non caractérisée à ce jour. Afin d’identifier le gène causal porteur de cette mutation, une meilleure caractérisation de ce phénotype « femelle masculinisée » est nécessaire. Pour cela, nous avons caractérisé le phénotype gonadique de ces animaux porteurs de la mutation « mal » (XXmal) en utilisant à la fois des approches histologiques et moléculaires. Nos résultats montrent que l’ensemble des animaux XXmal présentent une différenciation sexuelle très perturbée autant sur le plan histologique que sur le plan de leurs profils d’expression géniques. Parmi ces perturbations, l’inhibition de l’expression du gène de l’aromatase gonadique, cyp19a1a qui code pour une enzyme de synthèse des œstrogènes pourrait être un facteur explicatif de cette masculinisation des femelles XXmal. Nous avons aussi exploré l’influence de la température d’élevage, et démontré que des températures élevées (18°C) augmentent fortement la masculinisation de ces animaux XXmal. De façon inattendue nous avons aussi mis en évidence que la croissance de ces animaux XXmal était affectée négativement en particulier pour les animaux XXmal qui présentaient un phénotype masculinisé à l’état adulte. L’ensemble de nos résultats indique que la masculinisation de ces animaux serait le résultat d’une dérégulation profonde en amont de la transcription du gène cyp19a1a, avec comme conséquence une instabilité précoce de la différenciation ovarienne suivie par la masculinisation effective que d’une partie des animaux XXmal. Cette instabilité de la différenciation ovarienne serait amplifiée par des températures élevées qui affecteraient à la fois le développement global des animaux XXmal et la transcription du gène cyp19a1a. Enfin nos résultats suggèrent fortement que le phénotype « mal » soit plus complexe qu’un simple phénotype « femelle masculinisée ».

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Contact : Agnès Girard (LPGP)
(LPGB : laboratoire de Physiologie et génomique des poissons, associé à l'OSUR)