Soutenance de thèse de Quentin Rougemont (INRA ESE)



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Le mardi 15 décembre 2015 à 15:00, à Agrocampus Rennes (amphithéâtre Moule, Batiment 11, Agrocampus Ouest centre de Rennes, 65 rue de St Brieuc), Quentin Rougemont soutient sa thèse intitulée

Le mardi 15 décembre 2015 à 15:00, à Agrocampus Rennes (amphithéâtre Moule, Batiment 11, Agrocampus Ouest centre de Rennes, 65 rue de St Brieuc), Quentin Rougemont soutient sa thèse intitulée

"Evolution de la divergence entre la lamproie fluviatile (Lampetra fluviatilis) et la lamproie de planer (L. planeri) inférée par des approches expérimentales et de génomique des populations"

Jury :
Louis Bernatchez, PR, Université Laval, Examinateur
Nicolas Bierne, DR CNRS, Montpellier, Rapporteur
Margaret Docker, Professeur Associé, Université de Manitoba, Examinateur
Jean-Christophe Simon, DR INRA Le Rheu, Rapporteur
Sophie Launey, CR, INRA Rennes, Co-directrice de Thèse
Guillaume Evanno, CR, INRA Rennes, Directeur de Thèse

Résumé:
Cette thèse étudie le processus de spéciation entre la lamproie fluviatile (Lampetra fluviatilis) et la lamproie de Planer (L. planeri). Les deux espèces présentent des stratégies d’histoire de vie extrêmement différentes : L. fluviatilis est parasite et anadrome alors que L. planeri n’est pas parasite et reste strictement dulcicole. Toutefois, leur degré d’isolement reproducteur et leur histoire de divergence demeurent méconnus. Ces questions ont été abordées par des approches expérimentales, de génomique de populations et de simulations démographiques. Des croisements expérimentaux ont révélé un faible isolement reproducteur, confirmé par des degrés variables de flux géniques dans les populations naturelles. Les analyses génétiques ont montré que les deux taxons représentaient probablement des écotypes avec un isolement reproducteur partiel suggérant que les barrières reproductives endogènes ne réduisaient que partiellement la migration efficace entre écotypes. L’importance du contexte géographique actuel et passé dans l’étude de la spéciation a aussi été mise en évidence par des analyses à l’échelle du génome. Ainsi, les populations isolées de L. planeri évoluent principalement sous l’effet de la dérive génétique et ont une diversité réduite. Les inférences démographiques ont suggéré que la divergence a été initiée en allopatrie puis suivie de contacts secondaires résultant en un parallélisme génomique partiel entre réplicas de paires de populations. Une hétérogénéité de la divergence génomique a démontré que les ilots génomiques de différenciation ne résultaient pas de l’action récente de la divergence écologique. En outre, nos résultats suggèrent un impact faible de la fragmentation anthropique des cours d’eau sur la diversité génétique des populations de L. planeri. Les populations résidentes possèdent une diversité génétique plus grande lorsque le flux de gènes est possible avec L. fluviatilis dans les parties aval des cours d’eau. Globalement cette thèse a démontré que les paires d’écotypes parasites et non-parasites de lamproies représentent un excellent modèle d’étude de la spéciation et notamment de l’architecture génomique de la divergence.

Abstract:
This thesis investigates the process of speciation between the European lampreys Lampetra fluviatilis and L. planeri. The two species have drastically different life history strategies: L. fluviatilis is parasitic and anadromous while L. planeri is non-parasitic and strictly freshwater resident. Yet their level of reproductive isolation and history of divergence remain poorly understood. A multidisciplinary approach including experiments, population genomics analyses and historical reconstruction was undertaken to address these issues. Experimental crosses revealed a very low level of reproductive isolation, partially mirrored by variable levels of gene flow in wild populations. Genetic analyses revealed that the two taxa were best described as partially reproductively isolated ecotypes suggesting that endogenous genetic barriers partially reduced effective migration between ecotypes. Genome wide analyses showed the importance of the current and ancient geographical context of speciation. In particular, parapatric L. planeri populations diverged mostly through drift and displayed a reduced genetic diversity. Demographic inferences suggested that divergence have likely emerged in allopatry and then secondary contacts resulted in partial parallelism between replicate population pairs. A strong heterogeneity of divergence across the genome was revealed by sympatric populations suggesting that genomic islands of differentiation were not linked to ongoing ecological divergence. Further investigations showed that the genetic diversity of L. planeri populations was weakly affected by human-induced river fragmentation. Resident populations displayed a higher diversity when gene flow was possible with L. fluviatilis populations in downstream sections of rivers. Overall this thesis showed that parasitic and non-parasitic lamprey ecotypes represent a promising model for studying speciation and notably the genomic architecture of divergence.


Contact : Quentin Rougemont (INRA ESE)