Zone-Atelier "Armorique"

https://osur.univ-rennes1.fr/za-armorique/
Responsable : Jacques Baudry (SAD Paysage)

La ZA dite de "Pleine-Fougères" a changé de nom en 2011 pour devenir la ZA Armorique « Paysages, Usages, Transferts, Biodiversité »

Objectifs
Les objectifs de la zone atelier sont de comprendre par l’observation, la modélisation et l’expérimentation : 1) les relations entre la structure du paysage, les modes d’usages des terres (en particulier agricoles) et les processus écologiques contrôlant la distribution des espèces animales et végétales et les fonctionnements biogéochimiques, 2) la façon dont les politiques publiques, en particulier celles relatives à l’agriculture et à l’agro-environnement font évoluer les structures paysagères et les usages des terres, 3) évaluer en retour l’efficience des politiques publiques en termes de protection des ressources et de la biodiversité, et de services écosystémiques rendus. La zone atelier, mise en place entre 1993 et 2000, couvre une superficie de 130 km², elle comporte un gradient de paysages bocagers et une zone alluviale classée Natura 2000 et Patrimoine régional naturel de Bretagne. Le gradient de bocage est constitué de paysages qui diffèrent à la fois par leur structure paysagère, les types d’exploitations agricoles, la composition en différents groupes d’espèces (plantes, d’insectes, passereaux, …) et la qualité de l’eau. Le dispositif permet donc de comparer les patrons et processus écologiques dans différents paysages. La concentration des recherches sur un site restreint permet d’avoir, pour des processus différents, des variables de contrôle similaires. Ces variables de contrôle sont le climat, la structure du paysage (réseau de bordure, mosaïque de culture), le type d’exploitation agricoles et les pratiques d’usage et de gestion des différents éléments du paysage et les politiques publiques. La connaissance de ces variables sur le temps moyen (10 ans) permet de prendre en compte des effets cumulatifs de pratiques ou des effets retard dans les relations entre patrons écologiques et évolution de l’usage des terres. Le dispositif permet donc d’avoir des approches pluri-échelles dans l’espace et le temps. Deux questions importantes 1) déterminer si le poids relatif des différentes variables de contrôle varie dans le temps ou reste stable et 2) quels sont les moyens dont disposent les agriculteurs pour gérer les processus écologiques et valoriser les services écosystémiques.
Les paramètres observés
le relief Le relief est caractérisé à une échelle fine par une mission LIDAR (Laser aéroporté) effectuée en avril 2009. Les données ont été acquises avec une densité de points moyenne de 4 points/m2 et une précision de 0,3 m en X et Y et de 0,12 m en Z. Elles permettront de mettre en évidence la présence de microtopographies du sol (ex. fossés, talus, accumulation de terre le long des talus en lien avec l’érosion), ainsi que la hauteur de la végétation à différents niveaux, ce qui devrait permettre d’améliorer sa caractérisation (ex. pratiques agricoles associées aux haies bocagères). la cartographie de l’occupation du sol La cartographie de l’occupation du sol est réalisée chaque année sur la zone atelier depuis 1993 à partir de la photo-interprétation de clichés aériens acquis par ULM en été. Les cartographies numériques sont produites à l’échelle parcellaire, les limites parcellaires étant redéfinies chaque année. Une base de données spatialisée conforme à l’orthophotoplan de l’IGN a ainsi été générée. Deux objectifs sont actuellement poursuivis : 1- La mise en conformité de cette base de données avec la directive INSPIRE (Construction des modèles de données et de métadonnées) ; 2- L’évaluation d’images de télédétection optiques à très haute résolution spatiale pour la cartographie de l’occupation des sols et l’identification de pratiques agricoles. A terme, il est envisagé de substituer les clichés aériens ULM par des images satellitaires dont l’acquisition sera programmée, afin d’automatiser au maximum les phases d’acquisition et de traitement des données. le climat L’hétérogénéité du paysage et les aspérités de la surface (topographie, bocage, …) engendrent une forte variabilité spatiotemporelle du climat aux échelles locales. L’installation de 8 stations météorologiques réparties suivent les unités paysagères montrent d’importantes variations climatiques comme par exemple, 2-3°C de différences entre un site dégagé sur un plateau et un fond de vallée pourtant distant de quelques dizaines de mètres. les systèmes agricoles • les assolements et systèmes de culture Le couplage annuel entre la cartographie de l’occupation du sol par télédétection et les données du Référentiel Parcellaire Graphique (RPG) des déclarations faites par les agriculteurs dans le cadre de la Politique Agricole Commune permettra de caractériser les successions culturales et assolements (combinaisons de cultures et prairies au sein des exploitations) et de formaliser des dynamiques de ces systèmes. • le suivi des pratiques agricoles - Depuis 1996, la gestion des bordures de trois ensembles de parcelles, correspondant à des structures paysagères différentes, est suivie par observation trimestrielle (300 bordures). Ceci permet d’informer les conditions écologiques locales, (ombrage, apport d’herbicide) et leurs effets écologiques cumulés. - Suivi la réponse des agriculteurs dans leurs pratiques au changement de leur environnement (facteurs climatiques, socioéconomiques dont fonciers, et de l’action publique). Acquisition de données par suivi en enquête auprès d’agriculteurs. les politiques publiques Suivi des textes annuels de mise en œuvre de la politique agricole commune. la biodiversité Les dispositifs d’observation sur la biodiversité sont conçus pour avoir des variables de réponse à différentes échelles d’espace et pour traiter des questions relatives à la conservation des espèces et des questions relatives aux services rendus par la biodiversité à l’agriculture. Les observations concernent les plantes qui réagissent beaucoup aux variables locales, des insectes marcheurs qui se déplacent peu, les micro-mammifères et les oiseaux qui ont des rayons d’action importants.
Prospective
Pour la ZA Armorique, il y a deux enjeux d’extension et un enjeu d’articulation. Au plan de l’extension, il est prévu d’intégrer un site périurbain déjà étudié par les équipes du CAREN pour y suivre les dynamiques de la biodiversité et du climat en lien avec l’extension urbaine. L’autre extension est thématique, il s’agit d’intégrer des recherches en biogéochimie pour comprendre les services écosystèmiques délivrés par les éléments de trame vertes tels que les bandes enherbées et de faire le lien entre la biodiversité terrestre, du sol et aquatique dans leurs relations avec les activités humaines. L’intégration des résultats des différents projets reste un défi, même si nombre de ces projets sont interdisciplinaires. Cela prend de plus en plus de temps au coordinateur. Il est donc nécessaire qu’il soit secondé par un adjoint assurant nombre de tâches de gestion courante. Ce pourrait être un ingénieur qui aurait aussi en charge d’assurer des tâches d’observation sur la partie urbaine de la zone atelier.