Identités

La demande de création d’un OSU auprès de l’université de Rennes 1 est née d’une double motivation :
Celle de poursuivre et faire évoluer le Centre Armoricain de Recherches en Environnement (CAREN) vers une réelle structure capable d’assurer des missions d’observation sur le long terme, de piloter la recherche, et de jouer un rôle fort dans la coordination des enseignements dans le domaine de l’environnement ;
Celle de la direction de l’INSU de pérenniser le pôle de recherche régional construit autour du CAREN dans le cadre de sa politique nationale dans le domaine des Sciences de la planète et pour les questions environnementales associées.

Après quelques vicissitudes – un vote favorable par le Comité Scientifique de l'INSU le 26 novembre 2007, un premier refus du CA de l'université du 26 mars 2008 puis un vote favorable le 2 avril 2009, un avis favorable du CNESER du 21 septembre 2009 –, l'OSU a finalement été créé par arrêté du ministère de l'éducation nationale et de la recherche le 12 octobre 2009. Ce résultat est clairement un bilan de l'action de la fédération de recherche CAREN.


Une identité scientifique

Ce projet et sa construction est le fruit d’une démarche interdisciplinaire menée dans le Centre Armoricain de Recherches en Environnement depuis l'an 2000 autour de 3 mots-clés : Terre, Ecosystèmes et Sociétés. Les recherches menées par les 7 unités ou équipes du CAREN dépassent le simple cadre des sciences de la planète et concernent l’identification, la quantification et la modélisation des processus complexes des systèmes naturels – géosphère, hydrosphère et biosphère – et leurs interactions avec les sociétés. La plupart de ces recherches concernent les systèmes continentaux et leurs interfaces. Ce champ de recherche élargit les objectifs scientifiques du CAREN qui portent sur le devenir des ressources renouvelables ou non en lien avec les activités humaines.

La 2ème identité scientifique de l’OSUR est d’être fondamentalement pluridisciplinaire en associant géologues, biologistes, géographes, archéologues avec un fort ancrage dans les disciplines fondamentales : physique, chimie et modélisation mathématique. Cette diversité d’approche a la double ambition de comprendre les systèmes d’études dans toutes leurs dimensions temporelles – géologiques, historiques et avec leur dynamique actuelle –, et de créer les conditions d’émergence de recherches interdisciplinaires ce qui, pour les recherches sur l’environnement, représente un enjeu reconnu par toutes les grandes institutions scientifiques internationales.

La 3ème identité de l’OSUR est l’expérimentation et la modélisation de systèmes complexes. La complexité décrit les multiples interactions qui existent, pour une problématique donnée, entre les systèmes physiques, biologiques et/ou sociaux, et dont la dynamique résultante n’est pas simplement la somme des interactions élémentaires. Il s’agit d’un champ de recherche en plein essor qui dépasse les clivages disciplinaires avec l’émergence de nouvelles formes de recherche à la fois systémiques et basées sur des fondements théoriques solides. Les chercheurs de l’OSUR participent à cette dynamique scientifique dans plusieurs domaines des sciences de la Terre, de la biologie-écologie, et des sciences humaines, avec des approches originales notamment en modélisations expérimentale et numérique. L’une des priorités de l’OSUR, à la suite du CAREN, est de développer la plateforme expérimentale existante et le pôle de modélisation numérique qui constituent notamment des outils très efficaces pour le développement des collaborations interdisciplinaires. Enfin, l’OSUR a une identité forte sur l’observation scientifique long-terme des systèmes environnementaux. Cette démarche, fondatrice des OSU, est indispensable pour que la communauté scientifique nationale et internationale puisse disposer de données fiables qui permettront de détecter les évolutions “lentes” de l’environnement et d’affiner les modèles. Le CAREN a initié cette démarche en prenant la responsabilité d’un service d’observation labellisé de l’INSU et de deux zones ateliers, et en participant activement à plusieurs services nationaux de l’INSU et de l’INRA. L’OSUR poursuit et développe cette démarche.


Une continuité avec le CAREN (2000-2010)

Dans ses missions constitutives, l’OSUR a pour objectif d’être un pôle de recherche qui assume pleinement les missions d’observation, de coordination de la recherche, et de formation dans le domaine des sciences de la planète, de l’environnement, de l’écologie et des interactions homme/milieu pour les équipes qui le composent. A ce jour, l’Observatoire est forte de ~670 personnels permanents. Dans la suite du CAREN, l’OSUR a pour vocation de reprendre la coordination scientifique dans son domaine de compétence auprès des établissements de recherche (universités de Rennes 1 et 2, CNRS, INRA, Agrocampus Ouest, BRGM, …) et des collectivités territoriales (région, département, Rennes Métropole, …). Cette mission se fait par une contractualisation de l’OSUR, composante de l’université de Rennes 1, avec les autres établissements de recherche concernés. L’OSUR est aussi un pôle d’animation scientifique et de coordination de projets autour des questions environnementales vers l’ensemble des disciplines potentiellement impliquées. Les collaborations avec les équipes de recherche en physique, chimie, droit, économie, etc. seront poursuivies et développées dans le cadre de la politique scientifique de l’OSUR. L'Institut de Physique de Rennes (IPR) a ainsi rejoint l'OSUR en 2017 en tant qu'unité constituante.


Des missions étendues

Les points précédents soulignent la filiation de l’OSUR avec la fédération de recherche CAREN. Le statut d’Observatoire des Sciences de l’Univers donne un cadre administratif beaucoup plus efficace pour piloter la recherche et assurer les missions spécifiques sur la recherche, l’observation, la formation, la communication et l’expertise

. … à la recherche Au-delà de l'animation de la recherche, le statut d'OSU permet de mettre des moyens plus importants, notamment humains, pour mutualiser les outils de la recherche. Le CAREN avait créé une structure de coordination des moyens analytiques et expérimentaux. L'OSUR continue cette politique en la développant autour de plateformes nationales, de structures de coordination, et de services opérationnels de soutien technique

… à la formation L’OSUR, comme composante de l’université (UFR dérogatoire), est une structure de formation avec une ambition forte dans le domaine de l’enseignement, à la hauteur des enjeux environnementaux. Son champ d’intervention concerne les formations en sciences de la terre, écologie, archéologie et géographie. Il poursuit la politique mise en place par le CAREN qui a en particulier contribué à la mise en place de plusieurs cursus originaux : un enseignement numérique des universités de Rennes 1 et 2 (ENVAM, UVED),  des filières Master à l’interface entre la biologie, les Sciences de la Terre et la physique,  une filière interdisciplinaire sur les Systèmes Complexes Naturels et Industriels en collaboration avec la physique. L’OSUR développera une politique de formation à la fois : sur les métiers de base en géologie, écologie, géographie, archéologie, et sur des formations plus interdisciplinaires sur l’étude des systèmes physiques et chimiques environnementaux (ressources, interactions homme/milieu, systèmes complexes, …). D’un point de vue général, l’OSUR permet de donner une grande lisibilité et une cohérence aux formations sur l’environnement proposées par les universités de Rennes 1 et 2, qu’elles soient classiques ou numériques, en collaboration étroite avec les UFR « Sciences de la Vie et de l’Environnement » et « Structures et Propriétés de la Matière » de l’université de Rennes 1, et l’UFR "Sciences Sociales" de l’université de Rennes 2.

… à l'observation La mssion d'observation est constitutive d'un OSU. Le CAREN a initié cette démarche en prenant la responsabilité du service d’observation H de l’INSU, de la zone-atelier “Pleine-Fougères”, qui est intégrée dans un réseau d'excellence européen (Rex Alter-net), de la zone atelier « Antarctique et Subantarctique », en participant activement à plusieurs services nationaux de l’INSU (dont le RENAG – Réseau National des GPS - et de l’INRA (dont AgrHys –Agro-Hydro-Systèmes- et PFC - Petits Fleuves Côtiers), et en développant des bases de (méta)données sur plusieurs thèmes de recherche. L’OSUR est le cadre institutionnel adéquat pour poursuivre et développer ces missions sur le long-terme. Il peut recevoir des crédits fléchés en rapport avec ses missions propres et du personnel (chercheurs du corps du Corps National des Astronomes et Physiciens et personnels techniques).