Les cycles de populations des campagnols victimes du changement climatique ?

Alain Butet du laboratoire ECOBIO de l'OSUR est co-auteur d’un article publié dans la revue Science*.
Les cycles de populations des campagnols d’Europe ont vu leur amplitude diminuer ces trente dernières années. (photo Xavier Lambin, graphique Thomas Cornulier)
Présentation : Les cycles de populations des campagnols victimes du changement climatique ? Les campagnols, ces petits rongeurs herbivores, sont connus pour leurs cycles de populations : tous les 3 à 5 ans, celles-ci atteignent des pics vertigineux – jusqu’à 200 fois le nombre habituel d’individus. Des chercheurs français et européens viennent de montrer que l’amplitude de ces cycles s’est largement atténuée ces trente dernières années, et ce dans toute l’Europe. Ils peuplent les plaines agricoles et les clairières forestières du nord au sud de l’Europe et constituent le met de prédilection de nombreux mammifères et rapaces (renards, chats sauvages, mais aussi chouettes, busards, faucons crécerelles...). Les campagnols du genre Microtus étaient jusqu’ici connus pour leurs cycles de population : tous les 3 à 5 ans, un pic d’abondance voyait le nombre des individus multiplié par 100, voire 200. « Or des études locales effectuées ces dernières années suggéraient la disparition de ces cycles », indique Alexandre Millon, enseignant-chercheur à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine (IMBE) (CNRS/Aix-Marseille université). Pour en avoir le cœur net, une équipe de scientifiques a lancé une vaste étude comparative à l’échelle européenne. Les données de 12 sites de référence (dont le marais de Rochefort, en Charente-Maritime), collectées en continu depuis 20 à 40 ans, ont été analysées. Les résultats sont sans appel : si les cycles n’ont pas disparu – les facteurs régulateurs des populations de campagnols comme les prédateurs, les parasites, mais aussi les plantes qu’ils consomment, continuent à les engendrer –, l’abondance des campagnols atteinte lors des pics s’est effondrée. « Ce phénomène n’est ni accidentel, ni localisé, mais généralisé à l’ensemble de l’Europe » précise Alexandre Millon. Pour les chercheurs, un changement environnemental global peut expliquer cette modification sur le long-terme, même si la piste du changement climatique demeure à confirmer… Reste également à déterminer l’impact de la diminution des populations de campagnols sur les écosystèmes et, en particulier, sur les nombreux prédateurs qui en font leur festin. Article Europe-Wide Dampening of Population Cycles in Keystone Herbivores, publié dans Science le 5 avril par Thomas Cornulier, Nigel G. Yoccoz, Vincent Bretagnolle, Jon E. Brommer, Alain Butet, Frauke Ecke, David A. Elston, Erik Framstad, Heikki Henttonen, Birger Hörnfeldt, Otso Huitu, Christian Imholt, Rolf A. Ims, Jens Jacob, Bogumila Je?drzejewska, Alexandre Millon, Steve J. Petty, Hannu Pietiäinen, Emil Tkadlec, Karol Zub et Xavier Lambin. Contact chercheurs Alexandre MILLION, Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie marine et continentale (IMBE), Principal : CNRS / Université Aix-Marseille/ Université d’Avignon/IRD, Mél : @, Tél. : 04 42 90 84 74 Contact presse Vanina Beauchamps-Asssali, Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie marine et continentale (IMBE), Principal : CNRS / Université Aix-Marseille/ Université d’Avignon/IRD, Mél : @ Contact OSUR Alain Butet (ECOBIO) @"+"@"+"";self.close();' onmouseover='window.status="mai"+"lto:"+"@"+"@"+""; return true;' onmouseout='window.status="";return true;'>contact