Une médaille de Bronze du CNRS pour Catherine Dupont du CReAAH

Catherine Dupont du Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire (CReAAH) de l'OSUR, chargée de recherche en archéologie-archéomalacologie, est l'heureuse lauréate d'une médaille de bronze 2014 du CNRS, décernée par l'Institut Ecologie et Environnement (InEE). La médaille de bronze du CNRS récompense des chercheurs (une quarantaine par an), dont les travaux en font des spécialistes de talent dans leur domaine. Cette récompense représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes. Les travaux de Catherine consistent à développer l’étude des invertébrés marins (mollusques, échinodermes, crustacés) découverts en contexte archéologique, c’est-à-dire accumulés par l’homme par le passé. Cette discipline appelée archéomalacologie est novatrice en France. Elle intervient dès la fouille et demande des développements méthodologiques quotidiens pour adapter nos connaissances de la biologie des espèces sur des échantillons archéologiques. Ainsi, une collection de référentiels aidant à la détermination des invertébrés marins se met peu à peu en place sur Rennes. Elle est également précieuse pour reconstituer les dimensions originelles des invertébrés marins à partir des petits fragments de carbonate de calcium (coquilles, carapace, doigt de crabe, test d’oursin…) découverts en contextes archéologiques. L’axe chronologique pris en compte pour développer cette discipline dans l’équipe d’Archéosciences du CReAAH débute à partir des premiers dépotoirs alimentaires connus, c’est-à-dire dès la fin du Mésolithique, il y a 8 000 ans et ce jusqu’à la Renaissance. Le développement de l’archéomalacologie le long du littoral atlantique européen a permis de mettre en lumière une multitude d’activités orientées autour des coquillages marins : alimentation, parure, outils, teinture, décors muraux, transport d’algues, matériau de construction, témoin de voyage, collection d’enfant, drainage de sol… Il se révèle crucial pour notre connaissance de l’évolution des invertébrés consommés de la Préhistoire à nos jours, même pour des périodes récentes pour lesquelles les textes restent muets sur ces vestiges animaux. Il permet également de redécouvrir des activités qui ont été oubliées de notre mémoire. Par exemple, la teinture à partir de coquillages tels les pourpres était connue pour l’Antiquité. Les recherches de Catherine ont montré que cette activité était déjà bien implantée sur le littoral atlantique avant l’arrivée des influences romaines et perdurent jusqu’au Moyen-Age. Ces invertébrés marins sont également des témoins de la biodiversité passée mais aussi de paléoenvironnements. Leurs squelettes sont parfois de véritables disques durs qui ont enregistrés tous les paramètres de leurs milieux de vie. >>> En savoir plus sur les recherches de Catherine Dupont