Voyage d'étude en Russie pour Flore Ballaud

Flore Ballaud est en thèse (2012-2015) au sein du laboratoire ECOBIO de l’OSUR. Elle est encadrée par André-Jean Francez et Aquim Quaiser. Le contexte scientifique Flore étudie la diversité virale et microbienne dans les tourbières à Sphagnum : plus précisément, elle s’intéresse aux interactions entre les virus et les bactéries, notamment dans un contexte de changement climatique, et donc de réchauffement. En effet, les tourbières constituent des puits de carbone organique, mais sont aussi source, via l'activité microbienne notamment, de CO2 et de CH4 (dioxyde de carbone et méthane) dont on connait le rôle dans l'effet de serre. Actuellement, à l'échelle annuelle, l'accumulation du carbone est supérieure aux émissions, et de ce fait, le bilan du fonctionnement d'un tourbière permet un stockage du carbone. On suppose cependant qu'avec le réchauffement climatique, l'activité des microorganismes dans ces écosystèmes pourrait s'intensifier, ce qui aurait pour conséquence d'augmenter la proportion de carbone minéralisé par rapport à celui accumulé. La fonction globale de 'puits de carbone' que représentent actuellement les tourbières pourrait alors être remise en cause. On sait que dans les océans, le rôle des virus est un facteur affectant l'activité des procaryotes et la minéralisation du carbone. En revanche, il n'y a actuellement aucune donnée sur l'importance des virus dans les tourbières : le but de la thèse de Flore est donc de comprendre les interactions entre les bactéries et les virus, leur rôle dans le fonctionnement du cycle du carbone dans les tourbières, et de voir si un réchauffement modéré pourrait modifier ces interactions. Sa thèse se focalise actuellement sur les tourbières en France, mais les régions froides du globe qui disposent de tourbières, dont la Sibérie, sont particulièrement concernées par ces processus qui s'accélèrent avec le dégel du permafrost. C’est donc dans ce cadre scientifique que Flore a été amenée à se rendre en Russie en novembre 2013, mais également dans un contexte d'échanges bilatéraux entre la France et la Russie. Le voyage en Russie L'agence Rossotroudnitchestvo, structure émanant du ministère russe des affaires étrangères, est chargée de promouvoir la science, la culture et la langue russe à travers 70 pays dans le monde. Elle est représentée à Paris par le Centre de Russie pour la Science et la Culture. Afin de soutenir et de développer les relations scientifiques entre les chercheurs russes et français, l'agence Rossotroudnitchestvo à Paris a sélectionné cette année 15 jeunes chercheurs français - dont Flore - issus des humanités et des sciences exactes, pour participer à un voyage académique d'une semaine entre Moscou et Tomsk (du 10 au 17 novembre). Cet échange, financé par l'agence, sera reconduit pour d'autres jeunes chercheurs en 2014. L'objectif immédiat de ces échanges 'Next Generation', menés en Europe, en Amérique et en Asie, est de promouvoir les relations internationales afin d'améliorer le classement des structures d'enseignement et de recherche russes. A cet effet, une vaste politique de soutien financier visant à favoriser l'accession de quinze universités russes au Top100 du classement de Shanghai a été mise en place par Le Ministère de l'Enseignement Supérieur russe. L'échange a commencé par la visite du Ministère de l'Education et de la Science, et la visite de l'Agence Rossotroudnichestvo à Moscou (le 11 novembre).
La délégation s'est ensuite rendue à Tomsk, en Sibérie (12 et 13 novembre) : la ville dont le nom ferait volontiers sourire les moscovites !
Il ne faut pourtant pas s'y tromper, fermée aux étrangers jusqu'en 1991, Tomsk est devenue depuis un pôle universitaire important : elle compte plus de 500 000 habitants, dont 100 000 étudiants. La politique de Tomsk est d'accueillir 30% d'étudiants étrangers sur ses bancs et dans ses laboratoires d'ici 2020, en simplifiant les procédures pour les échanges universitaires et en développant des programmes d'enseignement en anglais. Les principales universités de Tomsk sont le TGU (Université d’Etat de Tomsk),
le TPU (Université Polytechnique de Tomsk)
et le TUSUR (Université d’Etat de Tomsk des Systèmes de Commande et de Radio électronique) où la délégation a été (très bien) accueillie.
Le principal événement de cet échange était la participation à « L'école des jeunes scientifiques de France et de Russie » (14 novembre) dont le but était de présenter les actions et programmes forts des universités de Tomsk pour la mise en place de partenariats et de projets communs entre les centres de recherche russes et français.
Ce fut l'occasion pour Flore de rencontrer Oleg Pokrovsky, directeur de recherche au laboratoire de Geosciences Environnement Toulouse, et Sergei Kirpotin, Professeur et Vice-recteur de l'Université d'Etat de Tomsk, chargé des relations internationales. Ces deux chercheurs sont impliqués dans le centre franco-sibérien et travaillent sur l'impact du réchauffement climatique sur le fonctionnement du permafrost et des tourbières de Sibérie. Dans la cadre de sa thèse qui porte précisément sur les interactions virus/bactéries dans les tourbières, et leur réponse au réchauffement climatique, ces rencontres représentaient une excellente opportunité de développer ses travaux à l'international et de faciliter les procédures pour aller échantillonner (faire des prélèvements in situ) en Sibérie. Le voyage s'est terminé avec la visite de l'Université Nationale de Recherche Atomique à Moscou (MePhi) (15 novembre). Les formations du MePhi concernent de nombreux domaines et sont ouvertes aux étrangers ; le MePhi affiche également une volonté de nouer des échanges avec des universités étrangères.
Enfin, la visite de Moscou le 16 novembre a cloturé une semaine particulièrement dense ! Cet échange a été l'occasion de découvrir un pays sous un angle auquel on accède rarement : rencontres avec des hommes politiques, des administrateurs, des chercheurs et des étudiants. En Russie, peut-être plus qu'en Europe occidentale, les contacts avec ces différentes sphères sont essentiels pour mener des projets, mais aussi pour mieux comprendre le pays. Flore est rentrée en France, un peu "bousculée" par ce voyage, mais avant tout sous le charme de la Russie - et plus particulièrement celui de la Sibérie - où elle espère pouvoir retourner pour ses travaux de recherche, mais aussi pour sa culture ! Liens : >>> Un article (en cyrillique !) de la visite de la délégation française au MePhi >>> Un reportage (en russe !) de la visite à Tomsk >>> La page perso de Flore Ballaud
Contact OSUR : Contact scientifique : @"+"@"+"";self.close();' onmouseover='window.status="mai"+"lto:"+"@"+"@"+""; return true;' onmouseout='window.status="";return true;'>Flore Ballaud (ECOBIO) Communication : Alain-Hervé Le Gall (OSUR)