Stratégies de diversification végétale et interactions entre insectes bénéfiques floricoles : quels impacts sur les communautés d’ennemis naturels et de pollinisateurs et sur le contrôle biologique des phytophages ?



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08/12 : soutenance de thèse d'Emma Jeavons (Université de Rennes 1, ECOBIO)

Emma Jeavons (Université de Rennes 1, ECOBIO) soutient sa thèse, intitulée "Stratégies de diversification végétale et interactions entre insectes bénéfiques floricoles : quels impacts sur les communautés d’ennemis naturels et de pollinisateurs et sur le contrôle biologique des phytophages ?", le mardi 8 décembre 2020 à 09:00

Devant le jury :

  • Sandrine PETIT-MICHAUT (Rapporteure) : Directrice de recherche, INRAE, UMR 1347 Agroécologie, Dijon
  • Philippe JEANNERET (Rapporteur) Senior Researcher, Agroscope, Paysage Agricole et Biodiversité
  • Mathilde BAUDE (Examinatrice) : Maître de conférence, Université d’Orléans, LBLGC, Orléans, France
  • Adrien RUSCH (Examinateur) : Chargé de recherche, INRAE, UMR 1065 SAV, Bordeaux, France
  • Joan VAN BAAREN (Directrice de thèse) : Professeure, Université de Rennes 1, UMR 6553 ECOBIO
  • Cécile LE LANN (Co-encadrante de thèse) : Maître de conférence, Université de Rennes 1, UMR 6553 ECOBIO



En raison de la situation sanitaire, la soutenance n’est malheureusement pas ouverte au public. Il sera toutefois possible d’assister à la soutenance en visioconférence.



Résumé:

La crise de la biodiversité affecte le fonctionnement de tous les écosystèmes, notamment agricoles, via une perte des services écosystémiques. Favoriser les populations d’organismes à l’origine de ces services via des stratégies de diversification végétale est un levier prometteur pour maintenir une production agricole élevée ainsi que la santé des écosystèmes, mais les résultats obtenus sont variables et peu expliqués. L’objectif de cette thèse est de comprendre comment l’augmentation de la diversité cultivée impacte la structure et le fonctionnement des communautés de pollinisateurs et d’ennemis naturels en considérant leurs interactions. Nos résultats montrent que la diversification des ressources modifie la composition des communautés, pouvant mener à des interactions négatives.  Dans les réseaux trophiques puceron – parasitoïde – hyperparasitoïde, la diversification semble avoir augmenté l’hyperparasitisme et la compétition entre les parasitoïdes primaires, ce qui expliquerait un contrôle des pucerons limité. L’utilisation massive des fleurs cultivées par les abeilles domestiques semble limiter l’utilisation de cette ressource par les pollinisateurs sauvages. De plus, nous avons observé une diminution du service de régulation des pucerons par les parasitoïdes en réponse à une forte abondance de pollinisateurs, signalant pour la première fois de possibles interactions négatives entre ces deux groupes. Optimiser plusieurs services écosystémiques simultanément demande de repenser les paysages agricoles en considérant l’utilisation des ressources de chaque groupe d’organismes à différentes échelles spatio-temporelles ainsi que les interactions au sein et entre ces groupes.

Vegetation diversification schemes and interactions among flower-visiting beneficial insects: which impacts on natural enemy and pollinator communities and on biological control of herbivores?

Biodiversity loss affects the functioning of all ecosystems, including agroecosystems, through the loss of essential ecosystem services. Supporting populations of organisms providing those services though vegetation diversification schemes is a promising tool to maintain a high agricultural production as well as ecosystem health. Nevertheless, those schemes show contrasted and unexplained results. This work aims at understanding how increased cultivated diversity impacts pollinator and natural enemy community structure and functioning by considering interactions within and among those groups. Our results show a community shift in response to increased resource diversity, possibly leading to negative interactions. In aphid – parasitoid – hyperparasitoid trophic  foodwebs, resource diversification seemed to increase hyperparasitism and competition among primary parasitoids, that could explain the limited aphid control. The intensive use of cultivated flowers by the domestic honeybee seemed to limit wild pollinator use of this resource. Moreover, we highlighted a decrease in aphid parasitism rate in response to high pollinator abundances, suggesting for the first time possible negative interactions among those groups. Rethinking agricultural landscapes considering resource use of each group at different spatio-temporal scales as well as interactions within and among groups is essential to optimize simultaneously several ecosystem services and reach more autonomous and resilient agricultural production.




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Emma Jeavons (Université de Rennes 1, ECOBIO) / @







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