ZAAr - Thèmes de recherche

Soumis par Alain-Herve Le Gall le mer 23/06/2021 - 15:57

Axe 1 : Aménagements, politiques publiques et dynamiques des paysages

 

Animatrices: Claudine Thenail et Alexandra Langlais

Mots-Clés : Transition socio-écologique, gestion adaptative, solidarité écologique, résilience des territoires, géo-ingénierie écologique, justice environnementale, connectivité écologique, multifonctionnalité, services écosystémiques, trajectoires sociales et écologiques, socio-écosystème

L’objectif de cet axe est de produire des connaissances et méthodes pour aider à intégrer la dynamique des paysages - vus comme systèmes socio-écologiques - dans les politiques publiques et en particulier dans celles liées à l’aménagement des territoires. Les questions plus particulièrement traitées dans cet axe sont les suivantes :

  1. Quels sont les écarts entre connaissances mobilisées dans les politiques publiques et connaissances socio-écologiques, qui peuvent expliquer les difficultés dans la prise en compte de la dynamique des paysages dans ces politiques publiques ?
  2. Comment augmenter les capacités de ces politiques publiques à prendre en compte les acteurs et facteurs des dynamiques socio-écologiques des paysages, afin de mieux préserver / développer leurs fonctionnalités écologiques et sociétales ?
  3. Quels sont les écarts de perceptions écologiques et sociales de la biodiversité dans les politiques d’aménagement du paysage ?

Il s’agira ainsi de construire un canevas de méthodes et connaissances commun permettant l’identification et l’évaluation des trajectoires paysagères clés et leurs conditions de réalisation. Un rapprochement des démarches interdisciplinaires de recherche sur les dynamiques du paysage et celles portant sur les modalités de conception des politiques publiques sera nécessaire. En dernier lieu, l’un des objectifs de cet axe est de construire des démarches prospectives permettant de combiner les apports des différentes disciplines et les acteurs locaux pour identifier et évaluer des objets de politiques publiques intégrant les dynamiques paysagères mais également pour en assurer le suivi. L’analyse dans différents contextes paysagers des écarts de perception sociale versus écologique de la biodiversité permettra par ailleurs une gestion des paysages plus intégratrice des différents acteurs du territoire. De telles recherches couplant des approches sociales et écologiques seront menées et feront notamment référence à des protocoles de sciences participatives.

Axe 2 : Relations entre dynamique spatio-temporelle du paysage et biodiversité

Animateurs: Cendrine Mony et Thomas Houet

Mots-Clés : Théorie de la hiérarchie, Résilience/résistance, Adaptation/Plasticité, Théorie de la niche, Fonctionnalité de la biodiversité 

Les questions de recherche de cet axe sont les suivantes : 

  1.  La diversité des supports de télédétection, combinée aux données écologiques, permet-elle de mieux comprendre la répartition des espèces ? Les nouvelles données (séries temporelles optiques et radar à haute résolution spatiale, données de nuit, données thermiques) disponibles pour caractériser le paysage et ses propriétés climatiques permettent-elles de mieux comprendre les mécanismes structurants la biodiversité ? 
  2. Quelle est l’influence de l’hétérogénéité caractérisée à haute résolution spatiale et temporelle des couverts végétaux et de leur dynamique temporelle sur la biodiversité (du gène à la métacommunauté) ? Quel est le rôle en particulier et l’importance respective de l’hétérogénéité non visible liée aux pratiques agricoles (agriculture biologique vs. conventionnelle par exemple) sur les patrons de réponse des organismes ? 

 Il s’agira de traduire le plus efficacement possible les données massives en télédétection (haute résolution spatiale, haute répétitivité temporelle) en une donnée pertinente sur le plan écologique ou agronomique. Il s’agit d’envisager à la fois les compartiments non cultivés (flore spontanée en bordure de parcelle) ou cultivés (diversité cultivée, flore adventice dans la parcelle), ainsi que différentes échelles d'espace (diversité locale aux échelles de la parcelle ou de la bordure, hétérogénéité des couverts cultivés et des éléments non cultivés à l'échelle du paysage) et de temps (diversité intra-annuelle, successions culturales...). La prise en compte des différentes échelles de temps dans la structuration de la biodiversité est l’un des points forts de ce projet. 

 

Axe 3 : Influence de la dynamique spatio-temporelle du paysage sur les processus écosystémiques

Animateurs: Christophe Piscart et Luc Aquilina

Mots-Clés : Modèles de méta-écosystèmes terrestre/aquatique, théorie de la stœchiométrie, modélisation des systèmes complexes, réactivité des systèmes, théorie des filtres écologiques, stabilité des écosystèmes 

Les questions de recherche de cet axe sont les suivantes : 

  1. Dans quelle mesure la géomorphologie et les structures paysagères contrôlent les temps de résidence de l’eau et la réactivité des systèmes, modélisation débit/concentration. 
  2. Quel est le rôle du paysage et plus particulièrement des pratiques agricoles sur les émissions de composés organiques volatiles par les sols 
  3. Quelle est l’influence du paysage sur la structure des réseaux trophiques et les fonctions écosystémiques associées ? Y-a-t-il des effets de complémentarité, de synergie ou d'antagonisme sur différentes fonctions (régulation biologique des bio-agresseurs, pollinisation, support pour la biodiversité, production) ? 
  4. Quel est le rôle du paysage dans la propagation des risques sanitaires, en particulier en ville ? Ici, seront considérés les risques de type crue, zoonoses, allergènes. 

Pour les deux premières questions, il s’agira de compléter les résultats exploratoires obtenus lors du précèdent contrat aussi bien en termes de temps de transit des eaux, que sur la quantité et la diversité de composés organiques des sols pour aller plus loin dans la compréhension de la réactivité des systèmes et la modélisation des processus écosystémiques, notamment aux interfaces sol/eau et sol/atmosphère. En ce qui concerne la question 3, nos approches se sont principalement basées sur les services écosystémiques pris individuellement lors du dernier contrat. Toutefois il existe de fortes interactions entre services pouvant amplifier ou annuler les bénéfices attendus. Ce prochain contrat s’intéressera plus spécifiquement à ces interactions à partir d’approche multi-services plus en phase avec la réalité des socio-écosystèmes. Enfin les travaux sur les risques sanitaires par le passé se sont focalisés sur les maladies zoonotiques (par exemple la thèse de G. Perez (2016) sur l’influence du paysage sur les communautés de rongeurs comme hôte des maladies vectorisées pour les tiques). De nouveaux projets sur cette thématique s’intéresseront au rôle des trames vertes urbaines dans la distribution des risques sanitaires en zones urbaines. De plus, des travaux devraient émerger sur la gestion des risques sanitaires liés aux eaux urbaines (usées et pluviales) de Rennes métropole.  

 

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